alt=Homme utilisant un otoscope sur une fillette inquiète tenant un ballon|vignette|Médecin américain examinant le conduit auditif d'une fillette micronésienne à l'hôpital de Pohnpei dans le cadre du Partenariat du Pacifique en 2011. La santé aux États fédérés de Micronésie concerne les populations vivant dans l'espace géographique des actuels États fédérés de Micronésie. Les conditions sanitaires avant les premiers contacts avec l'Occident sont inconnues. Au moment de l'arrivée des Européens dans l'océan Pacifique, les populations micronésiennes ont atteint un équilibre démographique.

Des années 1800 jusqu'à la fin du , l'accroissement des contacts s'accompagne d'une introduction fréquente de maladies infectieuses qui dévastent les îles, emportant plus de 30 % de la population. De la domination allemande jusqu'à la fin de l'occupation japonaise en 1944, l'introduction de la médecine occidentale, entre autres de la vaccination, et de mesures de santé et d'assainissement permet une maîtrise des épidémies et une diminution des maladies endémiques parasitaires, respiratoires et gastro-intestinales. Cependant, la population des îles Yap, au contraire des autres parties du pays, continue à décliner durant cette période en raison des maladies.

À compter des années 1960, l'augmentation du niveau de vie provoque des changements dans le régime alimentaire à cause d'un accroissement de la place des aliments importés. Les maladies non transmissibles telles que le diabète et les deviennent fréquentes, peut-être favorisées par une composante génétique des populations. La malnutrition infantile, qui a augmenté des aux en raison notamment d'une mauvaise utilisation du lait en poudre, est en baisse constante depuis les avec le retour de l'allaitement maternel.

Les principaux problèmes de santé rencontrés au début des années 2000 sont des maladies chroniques telles que l'hypertension artérielle, le diabète, à cause d'une évolution dans les pratiques alimentaires, et le cancer. La lèpre et la tuberculose touchent de nombreux Micronésiens. À la date de 2013, les États fédérés de Micronésie n'ont pas de centres de soin de santé mentale ni de psychiatres ou de psychologues.

Avant l'indépendance, les puissances occupantes assuraient, avec plus ou moins de vigueur, une politique sanitaire. Par la suite, les gouvernements des quatre États de la fédération ont l'entière responsabilité des questions liées à la santé et la majeure partie des lois sur la santé médicale relève de la compétence des États. Une part importante du financement du système médical est assurée par les États-Unis. Les dépenses totales de santé dans le pays sont de par habitant en 2014. Cela représente environ 13,7 % du PIB. Le système de santé est jugé adéquat pour fournir des soins mais l'isolement géographique des îles rend l'obtention et le stockage des fournitures, mais aussi l'accès aux soins, difficiles.

Selon l'ONU, en 2019, le taux de mortalité infantile pour mille naissances vivantes est estimé à 21,8 pour les femmes et à 27,2 pour les hommes. L'espérance de vie à la naissance est de pour les hommes et de pour les femmes.

Historique

Au , des épidémies dévastatrices Les conditions sanitaires avant les premiers contacts avec l'Occident sont inconnues. Au moment de l'arrivée des Européens dans l'océan Pacifique, les populations micronésiennes ont atteint un équilibre démographique.

Dans la première moitié du , l'intensification des contacts provoque un déclin démographique. Les autochtones sont en effet soumis à de nouvelles bactéries et virus introduits par les équipages de baleiniers, de commerçants, de colons et de missionnaires. Aux effets ravageurs de ces maladies s'ajoute la dépendance à l'alcool, substance que découvrent les Micronésiens. Ces différents facteurs ont un effet dévastateur sur les communautés insulaires, dont les coutumes sociales, les pratiques de vie et les idées sur la maladie ont rendu la propagation des maladies inévitables.. Quelques missionnaires, médecins de formation, administrent des soins.. alt=Les quatre États sont des ensembles d'îles, de gauche à droite : Yap, Chuuk, Pohnpei, Kosrae|vignette|Carte actuelle des États fédérés de Micronésie. Des années 1840 à la fin du , l'île de Pohnpei est touchée par de nombreuses épidémies de grippe (1843, 1856, 1871, 1874 et 1879) et de rougeole (1861 et 1894). La tuberculose et la dysenterie y sont également des causes de mort courantes. En 1854, une épidémie de variole, déclenchée par le baleinier américain Delta qui débarque deux malades et un corps, décime l'île qui perd environ 40 % de sa population, soit , malgré les efforts d'un missionnaire et d'un médecin américain pratiquant la variolisation sur des centaines d'autochtones. Mais le lieu le plus touché est Kosrae, dont 90 % de la population disparaît entre 1838 et 1890 pour atteindre . À Pohnpei et Kosrae, le pian est fréquent, et plus encore les maladies sexuellement transmissibles qui réduisent parfois presque à néant les naissances, participant au déclin des populations. Les îles Yap et les îles Truk sont beaucoup moins touchées, même si la grippe arrive aux îles Yap en 1843 et 1863, apportée à chaque fois par le même commerçant britannique. Les îles Yap ne sont pas souvent visitées par les navires avant qu'un commerce florissant de coprah débute dans les , tandis que les îles Truk ne deviennent un port d'escale et un lieu de résidence des agents d'entreprise qu'à la fin du siècle.

L'arrivée de la médecine occidentale dans la première moitié du

Les efforts allemands En 1887, les Espagnols construisent une infirmerie dans leur colonie de Pohnpei mais elle est inaccessible aux Micronésiens. Au tournant du siècle, l'Allemagne acquiert les îles Carolines où se trouvent les actuels États fédérés de Micronésie. Elle affecte des médecins aux Îles Yap et à Pohnpei et envoie pour de courtes périodes du personnel médical dans d'autres îles. Un hôpital de 40 lits ouvre en 1903 aux îles Yap et en 1913, l'administration allemande se propose d'en ouvrir prochainement un autre dans les îles Truk mais l'annexion japonaise l'année suivante l'en empêche. Au début du , la consommation d'alcool est interdite et le restera jusqu'en 1959-1960.

Afin de réduire la propagation des maladies infectieuses par les équipages étrangers, des mesures de quarantaine sont mises en œuvre dans certains districts. La vaccination régulière est également introduite et en 1907 la partie occidentale des îles Carolines, comprenant les actuels états de Yap et de Pohnpei, est presque immunisée contre la variole. Durant la colonisation allemande, le médecin Robert Koch identifie le pian comme la cause des défigurations et lésions corporelles auparavant attribuées à la syphilis et met en évidence l'aspect courant des maladies respiratoires, allant de la coqueluche à la tuberculose.

Durant l'ère allemande, la population des îles Yap chute rapidement, passant de à habitants au cours de la première décennie du . En 1907 puis en 1908-1909, des épidémies de dysenterie emportent au total 700 personnes et en 1910 la grippe fait de nombreuses victimes. En outre, la natalité est faible, ce qui est imputé par les autorités à la propagation de la gonorrhée et à la pratique généralisée de l'avortement. Pour tenter de contrer ce déclin, l'administration allemande cherche à empêcher les prostituées de monter dans les bateaux et les marins infectés de descendre à terre. De même, elle tente d'empêcher la pratique de faire venir des filles d'autres villages pour servir d'hôtesses (mispil) dans les maisons des hommes.

La politique sanitaire japonaise À l'arrivée des Japonais fin 1914 dont l'occupation est légalisée par le mandat des îles du Pacifique cinq ans plus tard, la démographie des populations autochtones, après avoir fortement baissé, stagne désormais hormis dans le district de Yap où elle continue de diminuer en raison de la tuberculose, d'un problème respiratoire non identifié produisant une inflammation, des diarrhées infantiles et des gonorrhées qui empêchent les naissances.. +Naissances et décès de 1925 à 1930NaissancesTaux de natalitéDécèsTaux de mortalitéYap9914,430344,1Chuuk35823,837224,1Pohnpei19925,516921,7 Durant le mandat japonais, la charge normale de travail des hôpitaux et dispensaires est constituée par les parasites intestinaux les troubles respiratoires et les maladies de la peau .

alt=Deux japonais assis auscultent deux patients assis alors qu'une infirmière japonaise, assise à un bureau, écrit.|vignette|Vue intérieure de l'hôpital du district des îles Truk vers 1930. Dès , les autorités navales japonaises autorisent les médecins des garnisons à prodiguer gratuitement des traitements médicaux aux populations locales et aux civils japonais. Dans chaque quartier-général de district naval est établi un petit hôpital et des efforts sont faits pour améliorer l'assainissement et l'hygiène corporelle des Micronésiens. La transmission du pouvoir à des autorités civiles en 1922 s'accompagne de la création d'hôpitaux gouvernementaux sur les Îles Yap, aux Îles Truk, à Pohnpei et plus tard à Kosrae.. Des programmes de vaccination obligatoire sont menés jusque dans des îles éloignées et quelques femmes autochtones reçoivent une formation paramédicale. Une colonie de lépreux pour faire face à l'augmentation des cas et, en 1935, un sanatorium de pour isoler la tuberculose sont établis aux îles Yap. Des épidémies surviennent encore mais elles sont progressivement maîtrisées. Des modèles subventionnés de maisons plus saines, c'est-à-dire plus lumineuses, plus ventilées et moins vulnérables aux intempéries que les bâtisses traditionnelles sont proposés. Dans les plus grandes îles, des bains et latrines publiques sont établis, des accès à l'eau potable aménagés. Le programme de santé publique japonais est cependant un échec, selon Mark R. Peattie, en raison du trop faible financement des actions menées. Dans les îles Yap, l'action japonaise est rejetée, perçue comme une tentative d'abolir les coutumes traditionnelles..

Les premiers temps de la politique sanitaire américaine Les actions militaires de la Seconde Guerre mondiale ont occasionné peu de morts. Alors que jusque-là la communauté était majoritairement chargée de la fourniture des soins de santé, avec la présence américaine formalisée par la création du territoire sous tutelle des îles du Pacifique (TTIP), c'est dorénavant le gouvernement. Lorsque les États-Unis s'installent, les insulaires sont généralement en mauvaise santé même s'ils se sont bien remis de l'immédiat après-guerre.. Dès la fin des années 1940, le taux de natalité remonte, celui des décès descend et l'espérance de vie augmente.

En 1965, les États-Unis sont sévèrement critiqués par l'Organisation mondiale de la santé pour la faible qualité des services publics de santé. L'OMS pointe un manque de coordination dans la planification, la budgétisation et la supervision générale des questions de santé, l'absence de plan d'activité sanitaire, une prévalence des maladies résultant de mauvaises conditions d'hygiène, des équipements médicaux anciens ou décrépits, des hôpitaux sous-équipés, un personnel souvent insuffisamment formé..

Mis sous pression par les rapports négatifs de l'ONU concernant la gestion du territoire, les États-Unis augmentent considérablement, entre autres, le budget de la santé. La législation américaine sur la planification de la santé est étendue aux États fédérés de Micronésie. L'administration américaine embauche et supervise les médecins locaux et paye toutes les factures. Dans les années 1980, un conglomérat de programmes fédéraux et internationaux est mis à la disposition des gouvernements micronésiens. L'un d'eux, appelé Programme de référence médicale, permet à des patients d'être envoyés au à Hawaï. Des hôpitaux plus grands et plus modernes sont construits...