Michel Ohayon, né le à Casablanca, est un homme d'affaires français, propriétaire de la holding Financière immobilière bordelaise (FIB) et de quelques parts dans sa filiale Hermione People & Brands (HPB) ; à travers elles, il possède plusieurs biens immobiliers ainsi que diverses enseignes telles que Go Sport ou, jusqu'en 2022, la marque Camaïeu : il a ainsi construit son patrimoine professionnel par endettement, en investissant dans l'immobilier et les enseignes de commerce. En 2023, beaucoup d'entre elles sont en difficultés économiques. En , face à des , il est mis en examen pour banqueroute, abus de biens sociaux et escroqueries en bande organisée mais continue d'investir malgré tout.

Biographie Michel Ohayon naît en 1961 à Casablanca.. Quand il a deux ans, ses parents partent du Maroc pour Mérignac, dans la banlieue de Bordeaux, où ils deviennent marchands de tissus...

Débuts en tant que franchisé En 1984, alors qu'il a 22 ans, Michel Ohayon ouvre à Mériadeck un magasin de prêt-à-porter en franchise de Daniel Hechter. L'emplacement devient largement bénéficiaire. Les profits dégagés par les ventes, ainsi que l'aide de son père, lui permettent de racheter d'autres boutiques et de posséder au bout de quelques années quinze magasins, employant 150 salariés...

Virage vers l'immobilier commercial Mais il comprend que le véritable bénéficiaire du commerce reste celui possédant les murs. Il passe alors de la vente sous franchise à l'immobilier. En 1991, l'immobilier commercial connaît des difficultés et les prix, en dehors de Paris, sont particulièrement bas. : . Vers la même période, Michel Ohayon crée la Financière immobilière bordelaise (FIB) pour racheter ses propres murs. et lui agrège, une à une, des dizaines de sociétés créées pour mener à bien des chantiers immobiliers (achats d'immeubles, travaux, mises en location de franchises « solides » et reventes). Les années 1990 l'amènent à multiplier les acquisitions, jusqu'à celle du Grand Hôtel de Bordeaux, où il est en concurrence avec un notable bordelais, Clément Fayat.. Ce bâtiment voisin du Grand Théâtre lui permet d'entrer dans le secteur prisé de l'hôtellerie de luxe, après des rénovations et des agrandissements pour plusieurs dizaines de millions d'euros..

Michel Ohayon engage un grand projet de galerie commerciale à Bordeaux, Burdipolis, qui ne voit jamais le jour ; le projet sera également mené à Lille mais le terrain est finalement cédé en 2003. Il possède de plus en plus de murs et d'emplacements dans des centres commerciaux, qu'il loue aux plus grandes enseignes, dont Celio, l'une de ses premières affaires, H&M ou Etam. Ces clients considérés fiables rassurent les établissements bancaires, qui n'hésitent pas à prêter à Michel Ohayon. Le tout lui permet d'acquérir des biens immobiliers dans l'une des grandes artères commerçantes de Bordeaux, dont la rue de la Porte-Dijeaux qu'il transforme en . Par l'intermédiaire de la il a également des projets de constructions dans la cité phocéenne.

En 2005, en pleine bulle immobilière, il vend une partie de ses propriétés à Grosvenor pour 110 millions d'euros. en faisant une plus-value lui apportant du cash pour investir dans d'autres achats. Le siège de la FIB est déplacé à Paris, où Michel Ohayon emménage.

Fin 2006, il entre en discussion pour acheter le groupe Partouche.. Finalement, la famille Partouche refuse l'offre début 2007...

Il enchaîne par la suite les achats d'hôtels de luxe, avec le Trianon Palace à Versailles en 2014, le Waldorf Astoria de Jérusalem trois ans plus tard, le Sheraton de Roissy en 2017. Dans ce domaine, son plus bel achat reste le Grand Hôtel de Bordeaux alors en mauvais état ; il le fait rénover puis ouvre en 2007. S'il n'est alors pas le favori au moment du rachat, cette acquisition lui apporte par la suite une stature dans la ville, forme de représentation de son . Il se porte acquéreur également d'un vignoble à Saint-Émilion, château Trianon, avec le projet d'y faire un ou deux hôtels de luxe, un musée de l'automobile, une galerie d'art contemporain, plusieurs restaurants, des bureaux, des magasins ainsi qu'un centre de congrès. Il a également un projet à Marseille, la résidence Bao.

Diversification dans la vente au détail À partir de 2018, Michel Ohayon multiplie les acquisitions, à travers la FIB, dans le secteur de la vente au détail, qui connaît une grave crise, appelée retail apocalypse. Il ne croit pas en un basculement total de la consommation des boutiques physiques aux points de vente dématérialisés mais croit au . En effet, selon lui, l'engorgement du trafic dans les villes, ainsi que la numérisation à outrance, pourraient conduire à terme de plus en plus de consommateurs à revenir aux magasins de quartier. Il pense ainsi que le commerce a vocation à devenir omnicanal, tendance qui profitera aux groupes intégrés ayant créé un maillage important.

La pandémie de Covid-19 vient renforcer encore les possibilités de rachats, même si ces enseignes étaient déjà en difficulté avant. Ainsi, par l'intermédiaire de l'entité Hermione People & Brands (HPB) dirigée par ses enfants, sont achetés La Grande Récré (109 points de vente), qui n'est pas directement intégrée à HPB, les murs de 22 magasins Galeries Lafayette dont il conserve l'enseigne en franchise, Camaïeu (511) où il arrive tel un chevalier blanc, Go Sport (179) et la franchise Gap (21) pour la France ; achetée , cette dernière est rapidement revendue à Go Sport pour 38 millions d'euros. L'acquisition à l'époque des 26 Galeries Lafayette laisse certains observateurs septiques alors que le plan de sauvegarde parait peu solide. Une fois l'acquisition réalisée, il n'intervient pas directement, laissant une autonomie à des gestionnaires mis en place.

Difficultés économiques et procédures judiciaires La liquidation de Camaïeu fin 2022 est vue par la presse comme un échec personnel d'Ohayon... même si l'enseigne avait déjà vécu deux redressements auparavant et était : À la suite de la mise en redressement judiciaire de Go Sport (marque propriétaire également de la franchise Gap France pour la France), certains salariés pointent . D'après le magazine Challenges, cela risque de ternir .

Près de deux cents ex-salariés de Camaïeu portent plainte contre Michel Ohayon en 2023 pour « abus de biens sociaux ». Ils mettent en cause des « opérations financières anormales » qui auraient mené l’entreprise à la faillite..

En , le tribunal de commerce de Bordeaux place en redressement judiciaire trois de ses sociétés, dont celles qui détiennent notamment les hôtels de luxe Trianon Palace à Versailles et l'Intercontinental Grand Hôtel de Bordeaux. Ce redressement fait suite au non-remboursement de trois emprunts contractés auprès de la Bank of China. à hauteur de 200 millions d'euros.. Ces difficultés viennent se cumuler avec les problèmes financiers du groupe Go Sport durant la même période.

La Financière immobilière bordelaise est placée en redressement judiciaire le et La Grande Récréé le mois suivant.. Mi-, parmi les six écoles d'enseignement supérieur privées non-reconnues par l'Etat, celle d'Aix-en-Provence, affiliée du réseau Campus Academy, fondée en 2019 par Michel Ohayon mais désormais propriété de son fils, ferme pour des motifs d'ordre économique, celle de Nantes ayant déjà fermé auparavant et celle de Rennes étant sur le point de le faire à son tour . Le groupe Campus Academy s'occupe de trouver une solution pour les 130 étudiants impactés.

Le , Michel Ohayon annonce la mise en redressement judiciaire des vingt-cinq magasins Galeries Lafayette qu'il a rachetés, mais publie un correctif le pour annoncer la mise sous sauvegarde.

Le , la juridiction nationale chargée de la lutte contre la criminalité organisée (Junalco) annonce l'ouverture d'une enquête préliminaire sur une possible escroquerie en bande organisée. Dans le cadre de cette enquête, le , Michel Ohayon ainsi que quatre dirigeants de son empire commercial sont placés en garde à vue à Paris.

En , il obtient l'effacement de 70 % de ses dettes par le groupe Galeries Lafayette et une échéance sur dix ans pour régler les 30 %.

Le , le tribunal de commerce de Bordeaux valide le plan de redressement proposé par Michel Ohayon, ce qui lui permet de conserver ses trois hôtels de luxe (Grand Hôtel de Bordeaux, de l'hôtel Sheraton de l'aéroport de Roissy et du Trianon Palace de Versailles). Son large patrimoine immobilier dans de grandes villes françaises reste son meilleur atout en terme de garanties, malgré des dettes, accumulées auprès de multiples établissements bancaires par la FIB, estimées à 392 millions d'euros à fin août.

En , il est mis en examen pour banqueroute, abus de biens sociaux et escroqueries en bande organisée. Il est notamment soupçonné d’avoir détourné de l’argent des sociétés Go sport, Gap France et Camaïeu. Le magazine Capital souligne que pour faire grossir son groupe sur un modèle économique fragile, il sans fonds propres, mais sans doute aussi sans volonté d'enrichissement personnel. Son épouse, qui occupe entre autres le poste de directrice artistique des galeries Lafayette, est également mise en examen. Des mouvements d'argent suspects ou fictifs auraient permis de détourner plus de 50 millions d'euros et des PGE auraient, sans certitude, disparus. Placé sous contrôle judiciaire, Michel Ohayon conteste les accusations de banqueroute et d'obtention de PGE.

Famille Michel Ohayon est le père de cinq enfants, dont Déborah qui travaille sur des projets liés aux rachats de son père ou Charles-David qui s'occupe des hôtels du groupe. Sa femme Léa a fondé Les Bains de Léa, entreprise de spas.

Patrimoine En , Michel Ohayon est la fortune de France, avec un patrimoine estimé par Challenges à 1,1 milliard d'euros ; cette estimation de fortune reste contestée par le fait que son patrimoine professionnel n'est fait que d'endettements.

Notes et références

Bibliographie

Catégorie:Naissance en juillet 1961 Catégorie:Naissance à Casablanca Catégorie:Homme d'affaires français