La rue du Bac est une voie publique de la commune de Suresnes, dans le département français des Hauts-de-Seine.
Situation et accès vignette|gauche|Plaque de la rue. La rue commence place Henri-IV et se termine quai Gallieni, qui longe la Seine.
Elle est desservie par la gare de Suresnes-Mont-Valérien (lignes L et lignes U du Transilien) et par la gare de Suresnes-Longchamp (ligne 2 du tramway).
Origine du nom vignette|gauche|Vue de la maison du passeur au baquet de Suresnes, 1797. Son nom provient du bac de Suresnes, un bac qui avant la construction du premier pont de Suresnes permettait de traverser la Seine, de l'embarcadère qui se trouvait à l'est de la voie jusqu'à l'autre rive, au débouché du chemin de l'Abbaye, qui desservait l'abbaye royale de LongchampRuines de l'abbaye de Longchamp - Le dénouement, et par extension Paris..
Au cours de l'Histoire, la voie a porté successivement plusieurs noms : ruelle aux Bœufs (c. ), petite ruelle (1731), rue du Bac (1813), rue du Roi-de-Suède (1864) et de nouveau rue du Bac depuis 1881Suresnes, ses lieux dits et ses rues vous parlent, Société historique de Suresnes, 1968..
Historique vignette|gauche|Le bac de Suresnes sur le plan de Roussel en 1731. La rue du Bac est face au chemin de l'Abbaye.
Aux , autour du petit village de Suresnes, de riches propriétaires parisiens se font construire des villégiatures dotées de vastes jardins. Elles disparaissent au XIX siècle, absorbées lors de la révolution industrielle et de l'urbanisation qui s'ensuit. Louis II de La Trémoille, duc de Noirmoutier possédait par exemple une propriété située entre la rue de la Barre, la rue du Bac, la rue des Bourets et la SeineRené Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 165-166 et 218-220.. En 1782, elle est la propriété de Madeleine Péan, veuve de l'écuyer seigneur de Morande et économe général du clergé de France Louis MenyRené Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 218-220.. En 1822, Rouques, teinturier à Paris, acquiert une partie du domaine. Il s'agit du premier îlot important de Suresnes où s'établissent des activités proto-industrielles. La teinturerie évacue ses eaux dans la Seine. L'année suivante, Rouques fait élever une cheminée et en 1830 obtient le droit d'acquérir une machine à vapeurRené Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 347-348 et 353..
En 1852, Terrier, qui a repris la teinturerie, s'associe avec Jean Bernadotte (petit cousin du roi de Suède Charles XV de la maison Bernadotte), lequel prend finalement la direction de l'affaire. Souhaitant inviter son cousin à visiter son usine lors de l'exposition universelle de 1867, il propose d'édifier une fontaine à l'angle de la rue du Bac et de la rue des Bourets, à la condition que la première soit renommée « rue du Roi-de-Suède ». Le roi ne vient finalement pas mais la rue garde ce nom jusqu'en 1881René Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 462-465.Suresnes, ses lieux dits et ses rues vous parlent, Société historique de Suresnes, 1968, p. 10..
vignette|La rue du Bac au croisement avec la place Henri-IV sur une photographie ancienne. C'est le que la municipalité de Suresnes approuve un projet de pont suspendu partant de cette rue, afin de remplacer le bac, dont le dernier passeur avait cessé son activité l'année précédente. L'administration nationale a toutefois gain de cause et le point de départ du pont est finalement déplacé plus au sud, au niveau de la rue de la Barre, renommée rue du Pont (disparue lors du réaménagement du quartier dans les années 1970, elle se situait peu ou prou au niveau de l'actuelle galerie Bagatelle). Quant au pont, inauguré en 1842, il est incendié en 1870, reconstruit en 1874, agrandi en 1901 puis finalement remplacé par un nouveau pont en 1951, en amont de l'ancien.René Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 510-516..
Le , par autorisation impériale, un marché est créé rue du Bac. Ouvert le mercredi et le samedi, il constitue une innovation importante dans le développement de Suresnes. Il est transféré après la guerre de 1870 au niveau de l'actuelle place du 8-Mai-1945Michel Hebert et Guy Noël, Suresnes, , t. 1, Éditions Alan Sutton, 1995, p. 116..
Lors de la Première Guerre mondiale, qui mobilise beaucoup d'ouvriers, certaines usines doivent fermer. Des cantines populaires dirigées par la femme du maire sont installées rue du Bac et rue du Mont-ValérienRené Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 494-495..
Au début de la Seconde Guerre mondiale et de l'Occupation, le , la première présence allemande se manifeste par un side-car arrivant par la rue du BacRené Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 580-581..
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire vignette|Le panneau. Au croisement avec le quai Gallieni, un panneau figurant une publicité de l'ancienne entreprise de biscuits Olibet rappelle l'histoire industrielle de Suresnes, quand des usines bordaient ses quais entre la seconde moitié du XIX siècle et la première moitié du XX siècle. En effet, en 1880, la biscuiterie Olibet est construite sur une partie de la propriété qui appartenait au début du XVIII siècle à la famille d'Estrée, entre la rue du Port-au-Vin et la rue du Bac. Les enfants de Suresnes vinrent un certain temps s’y fournir auprès du concierge, qui leur donnait les biscuits cassés impropres à la vente. L'usine est démolie en 1940 pour laisser place à une entreprise métallurgiqueRené Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 473.Michel Hebert et Guy Noël, Suresnes, , t. 1, Éditions Alan Sutton, 1995, p. 140..À ce niveau se trouve de nos jours le siège de Louis Dreyfus Armateurs. Au sud-ouest, la rue borde le « Village anglais ». Il doit son nom aux maisons alignées comme dans une ville anglaise, avec un style architectural harmonieux. Datant de 1923, dans un contexte où l'architecture anglo-normande est en vogue et l'usage de la brique favorisé dans les projets urbains inspirés de ce qui se fait outre-Manche, il est construit sur le site de l'ancienne teinturerie Meunier, disparue en 1893. Si chaque habitation est unique, elles sont toutes construites en brique, en pierre meulière et en moellon, certaines ayant des poutres apparentes. Les toits sont à deux pentes, avec des tuiles.Panneau historique explicatif situé au croisement de l'avenue de la Belle-Gabrielle et celle des Conférences de Suresnes.Mylène Sultan, « Les métamorphoses de deux villes », lexpress.fr, 13 novembre 2008..
Notes et références
Bibliographie Octave Seron, Suresnes d'autrefois et d'aujourd'hui, Le Livre d'histoire (rééd. 2000), 1926. René Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965. Suresnes, ses lieux dits et ses rues vous parlent, Société historique de Suresnes, 1968. Francis Prévost, Histoires de Suresnes, Suresnes Information, 1989. . .
Articles connexes Histoire de Suresnes Pont de Suresnes
Bac