vignette|Portrait de Georg Hegel.

Leçons sur l'histoire de la philosophie (titre original : Vorlesungen über die Geschichte der Philosophie) est une œuvre philosophique de Georg Hegel publiée à partir de ses propres manuscrits et de notes de cours prises par ses élèves. Il s'agit de leçons données sur une période s'étalant de 1805 à 1830.

Genèse L'ouvrage est collecté et publié pour la première fois en 1832 par Karl Ludwig Michelet, qui avait été son étudiant.

Résumé

Introduction du cours de Heidelberg

Avant-propos L'introduction agit comme un avant-propos au cours. Hegel confie à ses étudiants que lui, qui a vécu , considère que les étudiants peuvent être heureux que leur .

Hegel soutient que l'époque est à un renouveau de la philosophie, et qu'ainsi .

En effet, maintenant que la s'est sauvée des guerres napoléoniennes, le philosophe espère . Hegel se montre particulièrement patriote car il écrit que si la philosophie a failli disparaître partout, .

Le philosophe soutient que . Hegel présente en quelque sorte sa théorie de l'homme : .

Définition de l'histoire de la philosophie Hegel considère que les historiens de la philosophie n'ont, jusqu'à présent, fait que collectionner les auteurs et leurs idées, sans les mettre en rapport. Or, . Regarder l'histoire de la philosophie, c'est, dit-il, observer . Ces philosophes ont permis, tour à tour, .

Ce trésor a été donné en héritage aux hommes de l'époque contemporaine. La ne s'est pas . Hegel reprend le concept de chaîne sacrée de Johann Gottfried von Herder pour qualifier la transmission de la tradition à travers les âges. Cette chaîne sacrée, toutefois, a la particularité d'avoir fait fructifier en permanence la pensée de ceux qui ont précédé. Cette chaîne, dès lors, .

Hegel explique l'évolution des idées par le mouvement de l'Esprit universel, qui ne demeure pas en repos. Il peut toutefois être stationnaire chez un peuple en particulier durant un temps indéterminé. Hegel porte à ce titre un jugement sévère sur la philosophie chinoise ().

Le philosophe souligne que faire l'histoire de la philosophie pour y trouver la vérité peut paraître contradictoire, car l'histoire est ce qui a été mais n'est plus, là où la vérité est éternellement. Dès lors, . Cela serait ignorer que, , l'histoire de la philosophie ne juxtapose pas des thèses successives ; et contrairement aux sciences dures, un paradigme nouveau ne vient pas détruire les thèses anciennes.

Introduction du cours de Berlin Hegel reprend en grande partie l'introduction qu'il avait donnée à l'université de Heidelberg. Il rappelle que nous avons en héritage des siècles de pensée. Il part du contemporain pour remonter aux anciens : .

Notion et détermination de l'histoire de la philosophie L'auteur commence par donner la définition la plus commune de l'histoire, à savoir une . L'histoire de la philosophie, elle, est généralement comprise comme une simple . Hegel fustige la philosophie telle qu'elle est parfois enseignée, c'est-à-dire comme une ; cela en fait . Faire cela, c'est omettre que les pensées des philosophes ne sont pas des opinions, car une opinion est personnelle, elle n'est pas générale, et elle n'existe que par soi et pour soi, là où les thèses philosophes doivent être soutenues.

Celui qui fait une histoire de la philosophie se trouve face à une multiplicité de systèmes philosophiques qui témoignent de la diversité des pensées. En plus de cela, le fait que la philosophie ne présente pas une pensée unique du vrai lui prête le flanc aux attaques : .

Hegel s'oppose à la conception de la philosophie comme une spéculation abstraite qui n'aboutirait qu'à des généralités creuses. Il est vrai que la philosophie , et que donc ; toutefois, .

Le philosophe s'attaque à l'opinion commune selon laquelle le hasard est le moteur de la vie humaine (), et il assigne à la philosophie la tâche de .

Notion de la philosophie La philosophie évolue selon les époques, car les cultures des peuples diffèrent. La philosophie est ; . L'activité philosophique exige, toutefois, . Cela est permis, selon Aristote, .

Hegel critique une position commune au sujet des religions : il . Le philosophe considère que la religion est importante car . Si Hegel admet que la philosophie et la religion , il soutient que la philosophie a une forme bien différente de la religion.

L'auteur aborde ensuite la question de l'intellection et de la compréhension. Il pose des conditions de intelligibilité. Une connaissance peut dépendre d'une métaphysique, ou encore de la pré-connaissance de quelque chose. Ainsi, . Cela revient toutefois à dire que l'intelligibilité dépend encore d'une métaphysique, car on avait déjà connu la chose dans un premier temps.

Hegel revient sur des philosophes antiques, dont Platon. Il lui reconnaît d'avoir eu la bonne idée de faire appel à des mythes pour être compris ; mais il s'oppose à l'idée que ce sont ses mythes qui ont fait de Platon un philosophe. Le mythe ne doit jamais être, pour le philosophe, qu'un dont il doit pouvoir se séparer. Les mythes et les symboles doivent être utilisés en philosophie pour rendre plus claires certaines idées, afin de les dé-voiler. Hegel remarque que certains, comme les francs-maçons, les utilise . Cela peut être trompeur car, selon le philosophe, la lecture des ouvrages écrits par les francs-maçons montrent que la franc-maçonnerie . Ainsi, Socrate était certes l'un des rares athéniens à ne pas avoir été initié aux mystères d'Éleusis, mais, finalement, les athéniens .

Hegel définit à nouveau la philosophie. Loin d'être le fruit d'une réflexion spontanée, la philosophie est un . Ainsi, .

Hegel revient sur le lien entre la culture qui produit une philosophie et la philosophie elle-même. Selon lui, . Aucune société antique n'est parvenue à fonder la notion selon laquelle l'homme, en tant qu'homme, est né libre et doit conserver sa liberté, alors qu'il s'agit du fondement du droit. D'aussi éminents penseurs que . Le christianisme a été une force positive en ce qu'elle a , quoique seulement devant Dieu, et que .

Manière de traiter les philosophies anciennes Hegel souligne notre ignorance au sujet de bien des propos qui auraient été tenus par des penseurs de l'Antiquité. Peu de leurs textes, en effet, nous sont parvenus. Dès lors, il ne faut pas, comme le font certains, présenter des rumeurs comme des faits, ni interpréter des philosophies anciennes à partir de concepts modernes. Le philosophe soutient que , c'est-à-dire que le mouvement de la philosophie va de l'abstrait au concret, et que c'est dans les plus anciennes philosophies que .

Le propos de l'auteur, ici, est que . Hegel en conclut qu'. Dès lors, se dire platonicien durant la modernité revient à un adulte de vouloir redevenir un enfant.

Introduction d'après les leçons de Hegel de 1823-1827/8 Hegel reconnaît qu'il est possible d'aborder l'histoire de la philosophie comme une forme d'introduction à la philosophie, parce qu'elle présente l'origine et le mouvement général de la discipline. Étudier l'histoire de la philosophie consiste donc .

Le philosophe indique que les pensées philosophiques doivent être comprises dans le cadre de leur contexte culturel. L'histoire de la philosophie ; de fait, . Historiquement, c'est , que se présente la matière générale de la philosophie.

Revenant sur la philosophie antique, Hegel traite couvre l'opposition platonicienne entre la connaissance et l'opinion (épistémè et doxa).

Notion de l'histoire de la philosophie

Rapport de l'histoire de la philosophie aux autres formations de l'esprit

Division générale de l'histoire de philosophie

Sources et bibliographie de l'histoire de la philosophie

La philosophie orientale Hegel remarque que la philosophie orientale est chronologiquement première. Elle était réputée dès l'Antiquité, car les Grecs comme les Égyptiens la considéraient. Le philosophe souligne toutefois combien on a longtemps peu connu ces philosophes, et comment ce sont les travaux et échanges intellectuels récents qui ont permis de les découvrir. Il distingue nettement la philosophie antique occidentale de celle de l'Orient, la ligne de fracture étant le caractère religieux de cette dernière : . Moins individualisante, les représentations divines des religions et philosophies orientales seraient moins anthropomorphiques.

Le philosophe traite dans un premier temps de la philosophie chinoise, puis de la philosophie hindoue. Il remarque que ; Hegel considère toutefois que la culture européenne rend difficile d'y trouver du génie. Il énumère un certain nombre de penseurs chinois, parmi lesquels Confucius. Il le juge toutefois négativement : ; il conclut : .

Hegel traite ensuite des gymnosophistes hindous, ascètes et philosophes qui . Il juge négativement l'historiographie hindoue : . Ici aussi, toutefois, philosophie et religion sont mêlées.

Appendice à l'Introduction Feuilles de l'introduction de Hegel Il s'agit des feuilles utilisées par Hegel pour faire cours, sur lesquelles le philosophe note les points essentiels à aborder. Elles sont détenues par l'université Harvard.

Introduction aux leçons de 1829-1830 L'enseignant dévoile aux étudiants sa conception de l'histoire et de l'enseignement de l'histoire de la philosophie. Il souligne comment il est nécessaire de raconter le contexte de la pensée (). Il annonce l'importance qu'il accordera à l'esprit : non seulement , mais cela signifie aussi que doivent être appréhendés selon l'esprit humain.

Hegel cherche ensuite à trouver la condition à laquelle la pensée relève de la philosophie. Le critère est que . Le religieux peut être pensé, bien sûr, et le croyant pense, mais la matière religieuse . La philosophie, elle, traite de la raison (noûs) . Le sujet abordé par Hegel sera donc .

Hegel souligne que s'il y a bien une abondance de systèmes philosophiques, mais seule une peut être juste. Il remarque que ceux qui veulent accuser ou dévaloriser la philosophie pointent souvent du doigt cette abondance de systèmes ().

Notes et références

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