Doliocarpus spraguei est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Dilleniaceae. C'est une liane néotropicale.

En Guyane, les Doliocarpus sont appelés Liane chasseur (créole), Tameyut (Wayãpi), Samugne (Palikur), Dia titey, Toku titei (Aluku), Cipó-d'agua (Portugais). Au Brésil, on la connaît aussi sous le nom de Cipó piririca.

Description Doliocarpus spraguei est plante grimpante ligneuse une liane, ou un petit arbuste grimpant, à feuilles simples alternes, à branches quasiment cylindriques, lisses, grises et glabres.

Les feuilles sont glabres, rigides-coriaces, sombres (un peu plus pâle en dessous), brillantes sur les deux faces (surtout en dessous). Le pétiole des feuilles est long de , presque noir lorsqu'il est sec, et canaliculé sur la face supérieure. Le limbe, est généralement wikt:condupliqué, mesure , est de forme elliptique, ollongue-elliptique ou obovale-elliptique, présente une base aiguë, acuminé et aiguë à l'apex. La marge est généralement entière ou légèrement ondulée, particulièrement dans la moitié supérieure de la lame, ou, plus rarement, obscurément et lâchement denticulé dans la moitié supérieure. La nervure principale est saillante sur la face abaxiale, et légèrement imprimée sur la face adaxiale. Les 8 à 10 nervures secondaires sont courbes, parallèles (les supérieures s'anastomosent parfois indistinctement à proximité de la marge), saillantes en dessous, et pas ou peu sur la face supérieure. La nervation tertiaire est dense, réticulée, et distinctement éminente sur les deux faces.

Les fleurs sont regroupées, selon les auteurs, en racèmes ou par 10-20, en cymes denses, ou en fascicules semiglobuleux, d'environ de diamètre. Le pédoncule très court mesure de long. Les petites bractées sont de forme lancéolée-triangulaire. Les pédicelles sont longs d'environ . Pédoncules, bractées et pédicelles sont glabrescents, légèrement couverts de poils minuscules. La fleur ouverte est parfumée, jaune ou blanche, et mesure environ de diamètre. Elle comporte 5 sépales inégaux mesurent jusqu'à de long, sont de forme oblongue à obovale-elliptique ou obovale-oblongue, assez épais, persistants, et glabrescents ou courtement poilus sur la face extérieure. Les 3 pétales de forme suborbiculaire, mesurent environ de long et de large, et sont précocement décidus. Les nombreuses étamines se composent de filets filiformes, minces, dilatés à l'apex, et de petites anthères subglobuleuses, érigée. L'unique carpelle est subglobuleux et glabre.

Le fruit est une baie rouge, coriace, sub-globuleuse, d'environ de diamètre. Il contient 1(-2) graines noires, sub-réniformes, longues d'environ pour de large, entourées d'un arille presque blanc.

Répartition On rencontre Doliocarpus spraguei sur les plateau des Guyanes et dans le bassin amazonien : Colombie, Venezuela, Trinidad, Guyana, Suriname, Guyane et Brésil.

Écologie Doliocarpus spraguei pousse sur les sols sableux et dans les écotones entre savanes, savanes arbustives sclérophylles, forêts ripicoles et forêts humides entre . On le trouve notamment sur les pentes des Tepui.

Les fleurs de Doliocarpus spraguei sont visitées par une mélipone (Meliponini) amazonienne : Melipona rufiventris paraensis Ducke.

Doliocarpus spraguei est l'hôte d'un insecte gallogènes de la famille des Cecidomyiidae.

Chimie Doliocarpus spraguei est la seule espèce connue dans son genre qui contienne un flavonol peu commun : la « méarnsétine 3-rhamnoside, hitherto » (également isolé chez Acacia mearnsii et Dorycnium suffrruticosum) qui y coexiste avec de la « quercetine » et de la « myricetin 3-rhamnosides ». Une autre étude précise que les feuilles de Doliocarpus spraguei contiennent les flavonoïdes suivants : Kaempférol, Mearnsetine, Mearnsetin 3-rhamnoside, Myricétine, Myricetin-3-O-α-L-rhamnoside, Quercetine, Quercetin-3-O-α-L-rhamnoside, Procyanidine et Prodelphinidine.

Utilisations Dans la microrégion du Salgado (Pará, Brésil), la tige fibreuse de Doliocarpus spraguei est utilisée comme lien sur les parois des casiers de pêche, ainsi que dans la fabrication de vanneries pour le transport du poisson.

La sève abondante et potable contenue dans cette « liane à eau » est connue pour désaltérer les chasseurs assoiffés en forêt : on peut remplir un verre à boire avec un tronçon d'un mètre de long.

Outre pour désaltérer, les Doliocarpus sont employés en Amazonie, pour soigner les ulcères causés par la Leishmaniose (écorce) et comme aphrodisiaque. Doliocarpus spraguei est connu dans la région du Rio Jauaperí pour ses propriétés réparatrice et pour le lavage d'estomac.

La sève des Doliocarpus était autrefois utilisée en Guyane comme dépuratif. Les Urubú- du Brésil s'en servent comme tonique. Elle fournit un remède Palikur contre la coqueluche, la diarrhée, contre la « blesse » (sikgep, une douleur mobile située sous les côtes sur lesquelles elle appuie), et en traitement de longue durée, contre le diabète.

En Guyane, un Doliocarpus est un ingrédient de remèdes Aluku pour soigner les douleurs abdominales, la blennorragie et les morsures de serpent.

Les tiges de Doliocarpus entrent dans la préparation d'un puissant aphrodisiaque au Guyana.

Histoire naturelle En 1775, le botaniste Aublet propose la diagnose suivante pour Calinea scandens (synonyme de Doliocarpus spraguei) : vignette|gauche|Doliocarpus spraguei par Aublet (1775) Planche 221. L'on a groſſi toutes les parties de la fleur. - 1. Portion de rameau avec les pédoncules d'un bouquet de fleurs. Écailles des pédoncules, Bouton de fleur. - 2. Calice. - 3. Fleur vue en deſſous. - 4. Fleur vue en deſſus. - 5. Un pétale. - 6. Ovaire, Style, Stigmate entouré d'étamines. - 7. Étamine ſéparée. - 8. Ovaire coupe en travers. - 9. Jeune ſemence.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Liste des plantes décrites par Fusée-Aublet

Références taxinomiques

Catégorie:Dilleniaceae Catégorie:Espèce de Dilleniales (nom scientifique) Catégorie:Dicotylédone de Guyane Catégorie:Végétation tropicale américaine Catégorie:Plante décrite par Aublet