Alpha... directions est une bande dessinée de Jens Harder, publiée en 2009. Elle est le premier tome d'une trilogie.
L'ouvrage, bande dessinée ou récit graphique de sur , retrace l'évolution de l'univers et de la Terre sur .
Composition Le récit combine des représentations scientifiques avec des images issues de la religion et de l'histoire culturelle, qui reflètent la manière dont les hommes, à différentes époques, ont expliqué la naissance de leur monde : ainsi s'établit un dialogue entre l'histoire du monde et l'histoire culturelle, dont les jalons peuvent être aussi divers que Dürer, Magritte, Holbein, Van Gogh.
L'ouvrage repose sur une sobre bichromie, soulignée d'un trait noir. La tonalité des planches change en fonction de l'âge de la Terre. À la fin de chaque chapitre, un bref résumé rappelle les événements majeurs de la période.
Analyses vignette|Adam et Eve, tableau de Lucas Cranach l'ancien qui sert d'inspiration à Harder dans Alpha... directions.
Pour Thierry Groensteen, Harder cite dans 95% de ses planches des visuels déjà existants qu'il emprunte, . Il les redessine toutes, ce qui donne une homogénéité à un ensemble très disparate.
Les tableaux ne sont pas cités pour eux-mêmes, mais forment un système. En convoquant Magritte, Jules Verne, la mission Apollo et Michel-Ange, Harder résume en une page . En procédant au recadrage du motif, comme il le fait avec le tableau de Lucas Cranach, il en change le sujet : l'image ne met plus en valeur Adam et Eve, mais les capacités d'adaptation des espèces animales.
L'ouvrage joue ainsi sur plusieurs niveaux de symboles : citer les tableaux, c'est d'abord reconnaître leur statut d'œuvres, et faire confiance aux lecteurs pour les reconnaître. Ces œuvres d'art sont cependant surtout utilisées pour leur motif, et non pour leur qualité intrinsèque : elles s'insèrent dans l'histoire plus large des représentations humaines. L'art n'est pas distinct de la science, il est désacralisé et apparaît comme une expression de l'activité humaine parmi d'autres.
Si Harder dessine des images qui évoquent d'anciennes gravures sur bois, c'est parce que l'image scientifique du monde est selon lui menacée : la connaissance scientifique du monde ne laisse certes plus de place aux interrogations irrationnelles, mais ne propose pas pour autant d'images pour les remplacer. Jens Harder souhaite donc créer quelque chose .
Réception critique Pour Rabea Weihser, il s'agit d'une œuvre monumentale, du travail d'une vie entière. Paul Gravett le recense en 2018 dans sa liste des dix meilleurs romans graphiques pour le Guardian. Frank Patalong regrette le contraste entre des textes secs, voire scolaires, et les images, ludiques et audacieuses. Pour Thierry Groensteen, le de Harder est une bande dessinée très atypique. Selon Télérama, le dessinateur est .
Des expositions reprenant des pages choisies dAlpha sont organisées, notamment du au à la Bibliothèque de la Cité des sciences et de l'industrie, au Muséum d'Aix en Provence du au ainsi que du 12 au au centre de culture scientifique Atlas à St Ouen.
Prix et récompenses 2010 : Prix de l'audace au festival d'Angoulême 2010 : Prix Max et Moritz de la meilleure publication locale de bande dessinée
Notes et références
Voir aussi Bibliographie .
Catégorie:Bande dessinée documentaire Catégorie:Roman graphique