Augustin Frigon, né le à Montréal et mort le à Lac-des-Seize-Îles, est un ingénieur canadien français diplômé en génie civil, en génie chimique et en génie électrique avec prépondérance de ce dernier génie dans sa carrière.
Il fit des études supérieures dans plusieurs établissements : l'École polytechnique de Montréal, le Massachusetts Institute of Technology (MIT), l'École supérieure d’électricité de Paris et la Faculté des sciences de l'université de Paris (Sorbonne).
Il occupa d'importantes fonctions administratives, académiques et techniques durant sa vie professionnelle dont notamment les suivantes : directeur général de l'Enseignement technique de la province de Québec (Canada); professeur titulaire, responsable des laboratoires, directeur des études et principal de l'École polytechnique de Montréal ; fondateur de revues techniques; membre du Conseil national de recherches du Canada; fondateur de l’Institut scientifique franco-canadien; président de la Commission d’électricité du Québec; directeur adjoint et directeur général de la CBC/Société Radio-Canada.
Biographie Augustin Frigon est né le à Montréal et il meurt le à Lac-des-Seize-Îles à l'âge de .
D'étudiant à principal de l'École polytechnique de Montréal De l'âge de 17 ans où Augustin Frigon commence ses études à l'École polytechnique de Montréal en 1905 à son décès en 1952, il s’est toujours impliqué dans son alma mater. Il y est professeur (1909-1927) dès sa graduation en génie civil et en génie chimique. Et à la suite de l'obtention d'une troisième spécialité en génie électrique qui deviendra son domaine d'expertise, il est responsable des laboratoires (1910-1917) et titulaire de la chaire d’électricité (1917-1922). Puis, il accède à des fonctions administratives en tant que directeur des études (1923-1935) et par la suite en tant que principal (1936-1952) jusqu'à son décès.
Il est le premier Canadien français directeur des études, et le troisième en ayant succédé au Français Émile Balète (1873-1908) et au Belge Alfred Fyen (1908-1923).
Il est un des trois directeurs de l'École qui ont accédé par la suite à la fonction de principal. Il en est le premier et celui qui eut la plus longue présence à ces deux postes soit une période consécutive de près d'une trentaine d'années.
Études aux États-Unis et en France
Au Massachusetts Institute of Technology Augustin Frigon, vu ses bons résultats scolaires et son désir de joindre le corps professoral, profite d'une nouvelle politique d'aide de l'École polytechnique. Cela lui permet de réaliser des études avancées en génie électrique au Massachusetts Institute of Technology en 1909 et 1910.
À l'École supérieure d’électricité de Paris et à la Faculté des sciences de l’Université de Paris (Sorbonne) Ce n'est qu'après la fin des hostilités en Europe, qu'il put aller poursuivre des études avancées en France en 1920 sur une période de trois années. Dans un premier temps, il obtint un diplôme d'ingénieur électricien de l'École supérieure d’électricité de Paris, puis un doctorat en sciences appliquées de la Faculté des sciences de l’Université de Paris dont il est le premier Canadien français diplômé. Pendant son séjour, il obtint la bourse Hughes décernée par la Société française des ingénieurs électriciens, ainsi qu'une deuxième bourse spéciale aux fins de recherches de la Commission nationale des recherches scientifiques de France.
Ingénieur-conseil Tout en étant professeur à temps partiel à l'École polytechnique de Montréal, Augustin Frigon a pratiqué le génie-conseil. Il agit en tant qu'ingénieur-conseil de 1910 à 1917 pour la Commission des services d’utilité publique de Québec. De 1912 à 1916 , il est associé avec Arthur Surveyer, un gradué lui aussi de l'École polytechnique, pour former la firme Surveyer & Frigon. Par la suite, Arthur Surveyer allait former une nouvelle association avec les ingénieurs Émil Nenniger et Georges Chênevert qui allait devenir SNC puis SNC-Lavalin.
En 1928, Frigon participe à titre d’ingénieur-conseil à l’élaboration des plans du nouvel édifice de l’Université de Montréal sur le flanc du mont Royal dont l'architecte est Ernest Cormier.
Directeur général de l'enseignement technique au Québec Le gouvernement du Québec nomma Augustin Frigon à la tête de la Direction générale de l'enseignement technique du Québec en 1924, fonction qu'il occupa jusqu'en 1935. À ce titre, il fut impliqué dans la gestion des écoles techniques dont les principales étaient à l'époque celles de Montréal, de Québec, de Trois-Rivières et de Hull.
C'est sous sa direction et avec la collaboration du directeur Alphonse Bélanger de l'École technique de Montréal que l'École du meuble de Montréal fut fondée issue des activités d'ébénisterie de l'École technique de Montréal, et que Jean-Marie-Gauvreau en devint le premier directeur. Ce dernier lui rendit hommage dans Technique, revue industrielle dont Augustin Frigon fut un des fondateurs en 1926, soulignant ainsi en quelques mois après son décès ..
Participant à la fondation et à la direction de revues
Revue trimestrielle canadienne En 1915, il participa notamment avec Édouard Montpetit à la naissance de la Revue trimestrielle canadienne (RTC). La revue publiera des articles sur les sciences polytechniques et les sciences économiques mais aussi des articles sur des questions légales, sur des présentations historiques et sur d'autres sujets non techniques pouvant être d'intérêts pour les ingénieurs et un public plus large intéressé par cette nouvelle revue. Il siégeait alors sur le comité de direction ainsi que sur le comité d'administration et de rédaction. Il agissait aussi en tant que secrétaire-général de la revue. Dans le premier numéro paru en mai, il y rédigea un article Application de la théorie des erreurs aux calculs de l'ingénieur.
Revue industrielle technique En tant que Directeur général de l'enseignement technique au Québec, il participa à la création en 1926 et à la direction de la revue industrielle Technique jusqu'en 1935. Dans le premier numéro de la revue de , il y publie un article Notre nouvelle école d’imprimerie.
Rôle dans la radiodiffusion canadienne Augustin Frigon réalisa plusieurs activités techniques et administratives en lien avec la radiodiffusion canadienne qui le mena à devenir directeur général de la Société Radio-Canada (1943-1951).
À la suite de son décès en 1952, le président du Bureau des gouverneurs de CBC/Société Radio-Canada, Davidson Dunton (qui deviendra coprésident avec André Laurendeau de la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme), écrivit dans le quotidien Montreal Star qu'Augustin Frigon "a fait preuve d'une grande compétence, de beaucoup d'énergie et d'une dévotion sans relâche pour servir le public canadien". Le quotidien La Presse rapporte des propos similaire de Davidson Dunton dans la nécrologie d'Augustin Frigon qu'il ''a consacré sa haute compétence, sa grande énergie, et son dévouement entier au public canadien''.
Tableau des fonctions, postes et activités d'Augustin Frigon +Période AnsFonctions, postes et activités d'Augustin Frigon durant ses études supérieures et sa carrièreDomaine académique Pour l'École polytechnique de Montréal et son milieu universitaire1909-192718Professeur1910-1917; 1922-19238Responsable des laboratoires1912-19143Cofondateur du Bulletin des anciens de l’École polytechnique de Montréal 1917-19236Directeur du département d’électricité (inclut la période d'études à Paris)1922-Professeur titulaire de la chaire d’électricité de l’École polytechnique (nommé pendant son séjour à Paris)1923-193512Directeur de l'École (2 mandats)1927-19293Vice-président et président de l’Association des anciens élèves de l'École1933-19352Principal par intérim de l'École 1936-195216Principal de l'École (jusqu'à son décès)Pour le Massachusetts Institute of Technology (MIT)1909-1910Membre du British Empire Association du MIT1910-194636Secrétaire honoraire (Embassador of Technology)Pour l'Université de Montréal1913Chargé de cours au Corps-école d’officiers canadiens (CEOC) de l’Université de Montréal 1922Chargé de cours de physique à la faculté des sciences de l’Université de MontréalPour l'École supérieure d’électricité de Paris1921-19222Assistant et ingénieur stagiaire au Laboratoire central de l’ÉcoleAutres1921Premier président du Cercle des étudiants canadiens de Paris1931-19322Président du Cercle universitaire de MontréalPour la Revue trimestrielle canadienne1915Cofondateur1915-1916; 1918-193621Secrétaire-général1915-194328Membre du comité d'administration et de rédaction1915-195237Membre du comité de direction (jusqu'à son décès) Domaine gouvernementalPour le Gouvernement du Canada et des organismes fédéraux1924-193915Membre du Conseil national de recherches du Canada1928-19292Membre de la Commission royale de la radiodiffusion (commission Aird)1929-1935(?)Représentant du Conseil national de la recherche à la Canadian Engineering Standards Association 1936-19448Directeur général adjoint de la Société CBC/Radio-Canada 1937Chef négociateur du Canada à la Conférence de La Havane pour les fréquences radio1938Représentant du Canada à la Conférence internationale sur les télécommunications au Caire.1941Représentant du Canada au Pan American Council1944-19518Directeur général de la Société CBC/Radio-Canada1945-19473Directeur du Canadian Information Service1952Directeur des projets de la Société CBC/Radio-Canada (jusqu'à son décès)Pour le Gouvernement du Québec et des organismes provinciaux1922Conseiller technique auprès du Département des terres et forêts de la province de Québec1924-193512Directeur général de l’enseignement technique de la province de Québec1926-193510Cofondateur et directeur de la revue industrielle Technique1934Poste au Bureau aviseur du Bureau des examinateurs électriciens1934-19352Membre de la Commission de l’électricité de la province de Québec (commission Lapointe)1935-19362Président de la Commission d’électricité de Québec1931-195121Membre du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publiquePour la Ville de Montréal et des organismes dans la cité1926-193510Président de la Commission des services électriques de la Cité de Montréal1928-19358Commissaire à la Commission des écoles catholiques de Montréal 1931-19355Membre de la Commission pédagogique de la Commission des écoles catholiques de Montréal Domaine privé et génie-conseil 1909Ingénieur à la Montreal Light, Heat & Power1910-19177Ingénieur-conseil à la Commission des services d’utilité publique de Québec1912-19164Ingénieur fondateur et associé de la firme d'ingénieur-conseil Surveyer & Frigon1916-19172Gérant à la Canadian Siegwart Beam Company1928Ingénieur-conseil à l’élaboration des plans du nouvel édifice de l’Université de Montréal. Autres domaines 1907-195245Membre étudiant, membre associé et membre à vie de l'Engineering Institute of Canada1916Membre de la Commission d’arbitrage à l’expertise du Lac Saint-François 1918Co-responsable du comité génie électrique de la section de Montréal de l'Engineering Institute of Canada1921Interprète pour la France à la Commission internationale de l’éclairage1926-195226Membre du conseil exécutif de l'Institut scientifique franco-canadien (jusqu'à son décès) 1930-19334Membre du conseil d’administration de la Society for the Promotion of Engineering Association1932-19343Vice-président et président de la section de Montréal de la Corporation des ingénieurs professionnels du Québec1932-19343Juge honoraire au concours de l’Association des Artisans de la Carrosserie Fisher, section canadienne 1939-195213Directeur au conseil d’administration de la Canadian Geographical Society (jusqu'à son décès) 1941Cofondateur de Radio-CollègeMembre du Comité canadien de la Commission électrotechnique internationale
Tableau de la reconnaissance de son mérite et de sa contribution