La traite des êtres humains aux États-Unis est une variante d'esclavage moderne qui se produit sur le territoire des États-Unis. Cette pratique est corrélée à d'autres activités illégales, comme l'immigration clandestine et des transactions sur des personnes (y compris des mineurs) à des fins de travail forcé ou d'exploitation sexuelle.

Selon la définition officielle des Nations unies, la traite des êtres humains est . La traite des êtres humains ne se confond pas avec la migration forcée ni avec le trafic illicite de migrants.

Selon la loi fédérale (18 USC § 1589), obliger autrui à travailler par la force, la coercition ou la peur constitue un crime. L'Office to Monitor and Combat Trafficking in Persons indique qu'en 2017, le pays se situe dans la tranche la plus favorable (niveau 1) du Rapport sur le trafic des personnes.

Le , le président américain Donald Trump promulgue la loi Stop Enabling Sex Traffickers Act ; elle permet de fermer les sites internet qui facilitent la traite des êtres humains et de poursuivre en justice leurs propriétaires et leurs utilisateursTrump signs ‘FOSTA’ bill targeting online sex trafficking, enables states and victims to pursue websites The Washington Post, April 11, 2018.

Rapports et statistiques

Les États-Unis s'efforcent d'éradiquer la traite des êtres humains, tant sur le sol national qu'à l'échelle mondiale. Chaque année, le département d'État publie une compilation de données sur la traite dans de nombreux pays qui s'appuie sur les standards établis dans le Victims of Trafficking and Violence Protection Act of 2000 (voir plus bas). Le même organisme fournit des statistiques sur les affaires de traite d'humains poursuivies par l'État fédéral ainsi que des estimations sur les victimes ; toutefois, le rapport prévient que ces statistiques ne sont pas forcément représentatives du nombre réel de victimes de la traite, en raison d'une part du manque de cohérence entre les États et entre les organismes qui luttent contre les trafics et, d'autre part, de l'impossibilité de recenser les victimes non détectées.

D'après le Rapport sur le trafic des personnes de 2013, rédigé par le département d'État, les États-Unis se situent au niveau 1 en termes de traite des êtres humains. Ce classement signifie que le gouvernement fédéral respecte les standards américains minimaux de la loi Victims of Trafficking and Violence Protection Act of 2000 dans la lutte contre la traite. Ces standards minimaux, énoncés au paragraphe 108 de la loi, indiquent les conditions suivantes :

Ci-dessous sont indiquées les statistiques émanant de divers organismes américains et des Nations unies.

Procureur général

D'après les estimations du rapport du procureur général en 2005, environ à sont, chaque année, victimes de traite aux États-Unis, bien que ce chiffre soit peut-être surestimé.

Département de la Justice

En 2011, le département de la Justice émet un rapport sur les « caractéristiques des incidents soupçonnés d'être liés à la traite des humains entre 2008 et 2010 », qui indique : Entre 2008 et 2010, les groupes de travail contre la traite ont ouvert sur des personnes soupçonnées de pratiquer ce crime ; 82 % des incidents suspects relèvent du trafic sexuel, dont la moitié concerne des victimes de moins de 18 ans ; Environ 10 % des incidents relèvent du travail forcé ; 83 % des victimes dans les cas confirmés liés au trafic sexuel sont des ressortissants américains, tandis que la plupart des cas confirmés de travail forcé sont des migrants clandestins (67 %) ou réguliers (28 %) ; 25 % des victimes confirmées ont bénéficié d'un T visa dans le cadre du programme pour aider les victimes de traite.

Si ces statistiques reflètent les estimations les plus fines du gouvernement, les rédacteurs mettent en garde sur le fait qu'elles reflètent l'information disponible et enregistrée par les organismes publics et locaux d'application des lois ; or, ces systèmes de centralisation des données sont encore en évolution et ne recensent probablement pas la totalité des incidents.

Rapport du département d'État

En 2011, d'après le rapport du département d'État, les États-Unis appartiennent au meilleur niveau dans la lutte contre la traite des humains ; des organismes fédéraux non précisés ont poursuivi 181 personnes pour traite et ont obtenu 141 condamnations dans 103 affaires de traite. Parmi les poursuites recensées par le département d'État, 32 cas concernaient le travail forcé et 71 le trafic sexuel.

Immigration and Customs Enforcement En 2009, l'Immigration and Customs Enforcement (ICE), agence de police douanière et de contrôle des frontières, a ouvert 566 dossiers ; les enquêtes ont permis 385 arrestations, plus du double par rapport à l'année fiscale précédente, qui ont conduit à 145 mises en accusation et 165 condamnations.

Human Smuggling and Trafficking Center

Human Smuggling and Trafficking Center est un centre de renseignements inter-organismes qui recueille des informations sur les voyages illicites, dont ceux qui concernent la traite. Le centre est aussi chargé de se coordonner avec des organismes et des diplomates à l'étranger afin de surveiller et de combattre la traite des êtres humains à l'échelle international. Avec la promulgation du Trafficking Victims Protection Reauthorization Act (TVPRA) en 2008, le HSTC reçoit aussi la prérogative de compiler une base de données exhaustive sur les personnes victimes de traite.

Types de traite

D'après les recherches menées à l'université de Californie à Berkeley au nom de l'association anti-traite Free the Slaves, 46 % des personnes réduites en esclavage sur le territoire des États-Unis sont forcées de se prostituer. Le département américain de la Justice a poursuivi 360 défendeurs pour des actes de traite humaine entre 2001 et 2007 et il a obtenu 238 condamnations.

Entre et , affaires déclarées de traite humaine sont recensées aux États-Unis, dont (soit 83 %) portent sur le trafic sexuel. Le trafic sexuel est corrélé aux réseaux de trafic illicite de personnes, qui sont dirigés par des organisations du crime basées au Mexique, en Europe de l'Est et en Asie. Parmi les personnes réduites en esclavage aux États-Unis, la servitude domestique représente 27 % des victimes, l'agriculture 10 % et les autres secteurs 17 %.

Trafic sexuel

Le département de la Santé et des Services sociaux estime que, chaque année, entre et sont exposés au risque d'exploitation sexuelle. Les enfants considérés comme fugueurs sont particulièrement vulnérables devant la prostitution ou la traite vers l'industrie du sexe. En 1999, sur les considérés comme fugueurs à un moment donné, 71 % risquaient de tomber dans la prostitution. d'entre eux ont déclaré qu'ils ont effectivement offert des prestations sexuelles en échange d'argent. , professeur à l'université du New Hampshire et directeur du Crimes Against Children Research Center, déclare : . Le département d'État des États-Unis estime que chaque année, en enfants entrent illégalement sur le territoire national via la frontière avec le Mexique.

Exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales

En 2003, sont arrêtés pour prostitution, dont 14 % n'ont pas encore 14 ans. Une étude menée par l'International Labor Union indique les garçons sont davantage exposés au risque de traite dans le secteur agricole, le trafic de drogue et la délinquance. Les filles risquent plutôt d'être contraintes de participer à l'industrie du sexe et dans la servitude domestique. En 2004, le département du Travail a identifié exploités dans des conditions qui contreviennent aux standards de métiers dangereux. La même année, sont exploités dans des conditions qui enfreignent les lois sur le travail des mineurs. En raison de la nature secrète de la traite, il est difficile de produire une image précise de l'ampleur du phénomène.

En 2001, la School of Social Work de l'université de Pennsylvanie publie une étude sur l'exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales (ESEC) menée dans 17 villes des États-Unis. Même si les rédacteurs n'ont pu s'entretenir avec les adolescents concernés, ils estiment, via des réponses secondaires, que jusqu'à Américains sont exposés au risque d'exploitation sexuelle en permanence. Le Center for Court Innovation de New York, s'appuyant sur plusieurs analyses, agrège des résultats sur la prévalence à New York : selon ces estimations, sont reconnus victimes d'ESEC. Les chercheurs déclarent que ce chiffre est sous-estimé pour des raisons méthodologiquesCurtis, R., Terry, K., Dank, M., Dombrowski, K., Khan, B., Muslim, A., Labriola, M. and Rempel, M. The Commercial Sexual Exploitation of Children in New York City: Volume One: The CSEC Population in New York City: Size, Characteristics, and Needs . National Institute of Justice, United States Department of Justice. September 2008.. Un article paru dans Village Voice recense les statistiques d'arrestations dans 37 grandes villes des États-Unis pendant 10 ans : il n'a trouvé que 827 affaires signalées chaque année à la police.

Les plus fragiles sont les enfants sans-abri ou en fugue. En 2009, le National Runaway Switchboard déclare qu'un tiers des jeunes en fugue aux États-Unis sont incités à la prostitution dans les 48 heures s'ils vivent dans la rueWashington DC: A Sexual Playground for Pimps and Johns: Exposing child prostitution rings in DC, by Aisha Ali, Examiner.com Mar. 17, 2009; retrieved 12/27/2014.

En 2007, une étude du State Office of Children and Family Services à New York estime que la ville abrite victimes d'exploitation sexuelle alors qu'ils n'ont pas encore 18 ans. Au moins 85 % d'entre eux, sur l'ensemble de l'État, ont interagi à un degré ou un autre avec le système de protection de l'enfance, principalement via des procédures relatives à la maltraitance ou la négligence. À New York, 75 % d'entre eux ont vécu en famille d'accueil. Mishi Faruqee, responsable des questions juridiques liées à l'enfance dans la Correctional Association of New York, a remis en question la fiabilité de ces estimations, qu'elle pense largement inférieures à la réalité. Cet avis est corroboré par SNRG-NYC, qui a estimé le nombre de ces victimes à .

Travail forcé

D'après le National Human Rights Center à Berkeley, en Californie, il existe en 2004 de travail forcé sur le territoire des États-Unis, dont un tiers est exploité dans la servitude domestique, d'autres sont des enfants. En réalité, la servitude étant par nature dissimulée, il est difficile d'obtenir des statistiques précises et ce nombre pourrait être bien plus élevé. Le gouvernement américain ne recense que les survivants, à savoir les victimes d'actes graves de traite d'humains, qui ont reçu l'aide du gouvernement pour bénéficier d'aides à l'immigration. Des recherches menées à l'université d'État de San Diego estiment que, parmi les immigrants clandestins venus du Mexique, se trouvent 2,4 millions de victimes de traite d'êtres humainsLooking for a Hidden Population: Trafficking of Migrant Laborers in San Diego County. Des enquêtes menées par l' déclarent que les organismes chargés de l'application des lois ne s'occupent pas en priorité des affaires de traite ; ils se montrent réticents à aider les victimes pour leur permis de séjour et considèrent que les preuves manquent pour étayer déclarations des victimes.

En 2014, le National Human Trafficking Resource Center signale 800 affaires de trafic relatifs au travail forcé sur le sol américain, dont 172 portent également sur le trafic sexuel. Les types les plus courants de travail forcé touchent les employés de maison (servitude domestique), les voyageurs de commerce, les secteurs de l'agriculture ou les fermes, les services de restauration ou d'alimentation, les services de santé et de beauté, la mendicité, la vente au détail, le paysagisme, l'hôtellerie, le bâtiment, les festivals, les soins aux personnes âgées, la gestion forestière, la fabrication et le nettoyage.

Servitude domestique