(« Contre notre gré : les hommes, les femmes et le viol ») est un ouvrage de Susan Brownmiller sur le viol, paru en 1975 ; elle y développe l'idée que le viol est .
Résumé
Brownmiller critique des auteurs comme Richard von Krafft-Ebing, Sigmund Freud, Karl Marx et Friedrich Engels car elle considère qu'ils ont survolé la question du viol, qu'elle définit comme . Elle écrit qu'à sa connaissance, aucun zoologue n'a jamais observé de viol parmi les animaux dans leur habitat naturelBrownmiller, Susan (1975). Against Our Will: Men, Women, and Rape, Simon & Schuster. Pelican Books edition, 1986: pp. 11, 12, 15.. Brownmiller se livre à l'examen des systèmes de croyance généralisés voulant que les femmes victimes de viol ont mérité leur sort, comme l'ont évoqué Clinton Duffy et d'autres auteurs. Brownmiller aborde le thème du viol en temps de guerre, remet en question le concept freudien selon lequel les femmes vivent des fantasmes de viol et compare ce crime aux lynchages collectifs d'Afro-Américains par des hommes blancs. Cette comparaison vise à montrer par quels mécanismes le lynchage fut un temps considéré comme acceptable dans certaines communautés, qui ensuite ont changé de regard, avant que les législations n'évoluent à leur tour ; Brownmiller espère que le même mouvement va se développer concernant le viol.
Accueil critique
D'après Kathryn Cullen-DuPont, Against Our Will a concouru à changer le regard et l'attitude de la société envers le viol. Cullen-DuPont déclare que le livre est cité parmi les causes ayant favorisé les évolutions législatives sur le viol, par exemple dans les codes pénaux des États qui exigeaient la présence d'un témoin dans les affaires de viol et qui autorisaient l'avocat des défendeurs à présenter devant la Cour, à titre de preuve, la vie sexuelle des victimes avant le viol. Dans The New York Times Book Review, Mary Ellen Gale écrit que l'ouvrage . Dans la liste des livres du siècle de la New York Public Library, Against Our Will figure dans la catégorie « ascension des femmes ». Dans The New York Times, le critique Christopher Lehmann-Haupt écrit sur l'ouvrage une analyse largement positive, remarquant que Brownmiller , qui offre un programme pour moderniser les lois relatives au viol ; il estime toutefois que le traitement réservé au viol en temps de guerre est détaillé et abrutissant à l'excès.
D'autres auteurs ont émis des critiques sur l'ouvrage. L'universitaire rejette Against Our Will, déclarant qu'il s'agit d'un Essay initially published in shorter form in The Gay Liberator (Detroit) in 1976 and complete in mimeographed pamphlet that year. Posted online 2001.. Angela Davis soutient que Brownmiller a écarté le rôle des femmes noires dans le et que les écrits de Brownmiller sur le viol et la « race » sont devenus un . Les conclusions de Brownmiller sur les motivations des violeurs font l'objet de critiques de la part de l'anthropologue dans son ouvrage (1979), ainsi que de et Craig T. Palmer dans (2000). L'historien Peter Gay estime que le livre Against Our Will mérite sa place dans les débats féministes sur le viol mais que l'autrice ne rend pas justice à Sigmund Freud.
Pour la critique Camille Paglia, Against Our Will est un livre bien intentionné mais il constitue un exemple . L'écologiste comportementaliste écrit que, même si Brownmiller annonce qu'aucun zoologue n'a constaté de viol chez les animaux dans leur habitat naturel, il existait déjà des « preuves abondantes » d'accouplements forcés dans le règne animal en 1975 et que, depuis lors, la documentation sur ce comportement est encore plus fournie.
Notes et références
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