, médiatisé sous son surnom de « Monkeydactyl », est une espèce fossile de reptiles volants de l'ordre des ptérosaures, dans le genre fossile Kunpengopterus dont il constitue la seconde espèce découverte, découverte en mi-2019 et décrite en . Il a vécu pendant la période du Jurassique moyen dans la formation de Tiaojishan du Liaoning, en Chine (dans le nord-est), il y a 160 millions d’années. Cependant, ce taxon est surtout connu pour une particularité qu'il est lui-même le seul à posséder au sein de sa famille et de l'ordre entier des Pterosauria, celle d'avoir des pouces opposables.

Historique

L'espèce Kunpengopterus antipollicatus est écrite en 2021 par les douze paléontologues , R. V. Pegas, W. Ma, G. Han, X. Jin, M. E.C. Leal, N. Bonde, Y. Kobayashi, S. Lautenschlager, X. Wei, C. Shen and S. Ji.

L'holotype est conservé au musée des Ptérosaures de Beipiao en Chine. Il a été décrit par une équipe internationale de chercheurs de Chine, du Brésil, du Royaume-Uni, du Danemark et du Japon dont l'étude a été publiée en deux articles dans la revue Current Biology.

Fossiles Selon Paleobiology Database en 2026, cette espèce Kunpengopterus antipollicatus a une seule collection référencée de fossiles, du Bathonien supérieur du Jurassique moyen au Kimméridgien inférieur du Jurassique supérieur, c'est-à-dire datant de .

Étymologie Le nom d'espèce « antipollicatus » signifie justement « qui a un pouce opposable » en grec ancien (anti qui signifie « opposé » et pollex qui signifie « pouce »).

Le surnom Monkeydactyl est formé de deux mots anglais, , et , issu du grec ancien (dáktylos) signifiant , soit littéralement : .

Description Kunpengopterus, ou « Monkeydactyl » par les chercheurs ayant eux-mêmes décrit l'animal, était un ptérosaure de moins d'un mètre qui avait une envergure estimée à . L'animal ressemblait beaucoup à K. sinensis, une autre espèce du genre, ainsi qu'à des genres proches de la famille des Wukongopteridae tels que le genre type Wukongopterus lui-même ou le plus connu Darwinopterus, nommé d'après le célèbre naturaliste Charles Darwin. Ainsi, il avait une queue longue, un cou court et un museau long garni de dent, surtout vers l'extrémité, (voir l'image ci-contre) avec possiblement une crête sur le front comme ses proches relatifs.

Kunpengopterus antipollicatus était un ptérosaure darwinoptère possédant, comme les autres genres de la famille à laquelle il est rattaché, des caractéristiques similaires aux premiers membres de l'ordre des Pterosauria, plus basaux et primitifs, tels les rhamphorhynchoïdes (qui inclut les Rhamphorhynchidae dont Rhamphorhynchus) avec une queue longue, un cou court et des poignets courts (métacarpes) mais également des membres plus évolués et dérivés comme le groupe des ptérodactyloïdes (qui inclut la plupart des ptérosaures de moyenne à grande taille tels Pterodactylus, Pterodaustro ou encore Ptéranodon) possédant une queue courte, un cou long, de longs poignets définis par une autapomorphie et enfin avec une seule ouverture (fenestra) nasoantorbitale en avant des yeux. Ce mélange de ces caractères sont les spécificités qui font que cette famille et ordre au sein de celui des Pterosauria sont remarquables. Le fossile découvert dans la formation de Tiaojishan comprend un squelette quasiment complet à l'exception d'une partie du crâne.

Comme le reste des représentants des Monofenestrata, il ne possédait pas d'ouverture crânienne différenciée ou fenestra en face de la cavité oculaire (car fusionnée avec l'ouverture nasale), caractéristique commune propre au groupe et qui permettait d'alléger le poids du crâne. Il n'avait donc qu'une seule ouverture comme les ptérodactyloïdes.

Découverte et présence de « pouces opposables » Cependant, Kunpengopterus antipollicatus est surtout connu pour une particularité qu'il est lui-même le seul à posséder au sein de sa famille et de l'ordre entier des Ptérosaures, celle d'avoir des pouces opposables. Le nom d'espèce « antipollicatus » signifie justement « qui a un pouce opposable » en grec ancien (anti qui signifie « opposé » et pollex qui signifie « pouce ») chose qui n'est d'ailleurs pas retrouvée chez l'autre espèce du même genre K. sinensis, décrite en 2010 par . Caractéristique unique dans ce cas précis chez les ptérosaures et rarissime chez les reptiles, elle indique un mode de vie clairement arboricole (confirmé définitivement après des tests en comparaison d'autres espèces de ptérosaures sur un ensemble de caractères anatomiques liés à l’adaptation sur ce mode vie) et a été découverte à la suite d'une analyse de son fossile par tomographie microcalculée (micro-CT), une technique de balayage s’appuyant sur les rayons X pour imager un objet. Suggérant une partition de niche parmi ces ptérosaures, il fournit ainsi la première preuve quantitative qu’au moins certains membres de la famille des Darwinoptera et Wukongopteridae étaient arboricoles.

En effet, cette caractéristique offre de nombreux avantages, car elle permet de bien saisir et tenir, de s'agripper et d'avoir une meilleure accroche aux branches, aux troncs ou dans tout milieu en hauteur. Elle offre ainsi la capacité de prendre et manipuler des objets, de la nourriture ou d'attraper des proies (même si ce n'est encore que spéculatif pour K. antipollicatus). Non seulement Kunpengopterus antipollicatus vivait dans les arbres, mais plus encore que tous ses proches ou tout autre ptérosaure (qui devaient au moins utiliser les arbres comme plateforme pour s'y reposer), il témoigne d'une spécialisation (ici appelée plus précisément en biologie une spéciation) à un milieu précis, une niche écologique lui permettant de ne pas trop entrer en compétition avec les autres espèces de ptérosaures.

C'est ce que précise , de l’Université chinoise des géosciences, et l'un des auteurs de l'étude sur l'animal : , car cette découverte met aussi en lumière l'organisation de la zone de découverte de l'animal qui était un habitat forestier complexe dans lequel des espèces apparentées étroitement se répartissaient dans différentes niches écologiques et évitaient ainsi de fait la concurrence entre elles.

Premier et plus ancien animal à avoir développé des pouces opposables Il est donc aujourd'hui considéré comme le premier et plus ancien animal, selon les connaissances actuelles, à avoir développé des pouces opposables véritables dans l'histoire de la Terre. Or, cette caractéristique a longtemps été mentionnée comme spécifique aux primates (lémuriens, petits et grands singes de l'ancien et nouveau monde et l'Homme), alors que d'autres rares animaux la possèdent également comme les opossums d'Amérique (aux pattes arrière, comme l'Opossum de Virginie), le Grand panda, le Koala, certaines grenouilles arboricoles ou même les Caméléons. Cela démontre que ces espèces ont toutes suivi une évolution convergente. Dans tous les cas, la découverte de Kunpengopterus antipollicatus constitue l'une des découvertes historiques, significatives et majeures de 2021 les plus importantes en paléontologie.

Classification Kunpengopterus a été placé dans la famille des Wukongopteridae, un groupe de ptérosaures caractérisés par un mélange de caractères primitifs et dérivés.

Voir aussi

Liens externes

Bibliographie

Publication originale

Notes et références Notes

Références taxonomiques

Références

Catégorie:Paléontologie en Chine Catégorie:Ptérosaure d'Asie Catégorie:Ptérosaure du Jurassique Catégorie:Taxon fossile décrit en 2021 Catégorie:Monofenestrata Catégorie:Espèce de ptérosaures (nom scientifique) Catégorie:Ptérosaure des records Catégorie:Ptérosaure piscivore