Le disciple que Jésus aimait (en grec ancien : , ho mathētēs hon ēgapā ho Iēsous), ou le disciple bien-aimé, est un personnage mentionné à plusieurs reprises dans l’Évangile selon Jean. Il s'agirait de l'un des disciples de Jésus de Nazareth.

Les exégètes et les chercheurs en ont proposé plusieurs identités, suivant la tradition chrétienne : soit l'apôtre Jean, fils de Zébédée, soit un personnage secondaire qui aurait pris de l'importance en fondant la communauté johannique, soit encore un personnage symbolique incarnant une manière de disciple parfait. Certains l'identifient au rédacteur de l'évangile johannique ou à Lazare.

Analyses Lors de la Cène, c'est le disciple bien-aimé, qui, « couché sur le sein de Jésus », lui demande qui va le trahir.. Lors de la Crucifixion, Jésus confie sa mère Marie au disciple bien-aimé, en disant : « Femme, voici ton fils », puis au disciple « Voici ta mère ».. Quand Marie Madeleine découvre le tombeau vide, elle court le dire au « disciple bien-aimé » et à Pierre. C'est le premier à atteindre le tombeau.. C'est encore lui qui le premier reconnaît Jésus au lac de Tibériade après sa Résurrection. Dans l'épilogue, Pierre s'enquiert auprès de Jésus du sort de ce disciple. Enfin, pour certains exégètes, il est possible qu'il s'agisse du « disciple connu du grand-prêtre » qui accompagne Pierre et Jésus lors de la confrontation de ce dernier avec Hanne, cité par .

L'évangile s'achève par deux versets. qui identifient ce « disciple bien-aimé » à l'auteurJean Zumstein, L'Évangile selon Jean, in Daniel Marguerat (dir.), Introduction au Nouveau Testament : Son histoire, son écriture, sa théologie, éd. Labor et Fides, 2008, . dans ce qui constitue l'épilogue de l'évangile« C’est ce disciple qui rend témoignage de ces choses, et qui les a écrites. Et nous savons que son témoignage est vrai. Jésus a fait encore beaucoup d’autres choses ; si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde même pût contenir les livres qu’on écrirait » ; cf , dont une majorité de commentateurs estime qu'il est de rédaction plus tardive que le chapitre précédent et de rédaction relativement ancienneLa première mention connue apparaît sur le papyrus 66, datant de l'extrême fin du ; cf. partie Manuscrits.. L'interprétation traditionnelle voit dans le passage à la première personne l'opportunité d'identifier l'auteur de l'évangile avec « le disciple que Jésus aimait » A Historical Introduction to the New Testament,bible.org: Exegetical Commentary on John 21, bible.org: The Gospel of John: Introduction, Argument, Outline..

En attribuant ainsi le texte à une personne nommée « Jean » (évangile selon Jean)., il est vraisemblable que le cercle des éditeurs johanniques, à l'instar de la tradition, envisageait l'apôtre Jean, mettant ainsi le « disciple bien-aimé » en relation avec le cercle des disciples proches de Jésus et garantissant de la sorte son autoritéJean Zumstein, L’Évangile selon Saint Jean (13-21), éd. Labor et Fides, 2008, .. vignette|Saint Jean l'évangéliste, par le Greco, v. 1600. Trois approches prédominent en ce qui concerne l'identité de ce « disciple bien-aimé ». :

Une première approche consiste à l'assimiler à un personnage connu des textes du Nouveau Testament, à l'instar de ce que suit la tradition chrétienne avec Jean, fils de Zébédée ou encore, quoiqu'assez rarement, avec Lazare., Jean-Marc et ; compagnon de Paul de Tarse, mentionné par Clément d'Alexandrie ; cf. G. Vermes, op. cit., 2003, ., Matthias, Thomas ou encore Marie-MadeleineBrown, Raymond E. 1970. "The Gospel According to John (xiii-xxi)". New York: Doubleday & Co. Pages 922, 955. ; Dans une autre approche, des exégètes ont considéré ce « disciple bien-aimé » comme un personnage symbolique incarnant une manière de disciple parfait ; Une troisième approche défendue par Raymond Edward Brown envisage le « disciple bien-aimé » comme un personnage secondaire du ministère de Jésus qui, de ce fait, n'aurait pas été évoqué par les synoptiques et qui aurait pris de l'importance à travers la communauté johannique laissant à travers le quatrième évangile le portrait d'un personnage idéal, plus proche de Jésus par l'amour que Pierre lui-même. Selon Brown, ce « disciple bien-aimé », cité par ., qui serait le témoin oculaire sur lequel l'évangile attire l'attention au pied de la croix de Jésus , cité par ., pourrait être la source de la tradition du quatrième évangile, dont l'évangéliste serait un disciple, le ou les rédacteurs ultérieurs étant peut-être d'autres disciples relevant de l'« école johannique ».. Par ailleurs, l'ajout du chapitre 21 par quelqu'un qui n'est pas l'auteur du corps du texte semble témoigner d'une tentative pour identifier Jean, fils de Zébédée au « disciple bien-aimé ».. Dans ce chapitre., le dialogue entre Jésus et Pierre présuppose la mort du « disciple bien-aimé » qui ne peut de la sorte être l'auteur de l'intégralité du quatrième évangile..

Le « disciple bien-aimé » a souvent lui-même été identifié à Jean, fils de Zébédée, l'un des douze Apôtres. Des historiens comme Oscar Cullmann ont distingué deux Jean, l'apôtre et l'évangéliste, ce dernier étant identifié dans ce cas au « disciple bien-aimé ». L'attribution de l'évangile à un Jean le Presbytre, cité par Papias et distinct du fils de Zébédée, a été défendue par plusieurs exégètes comme Jean ColsonJean Colson, L’Énigme du disciple que Jésus aimait, Paris, Beauchesne, 1969., Oscar CullmannOscar Cullmann, Le Milieu johannique, étude sur l’origine de l’évangile de Jean, Neuchâtel-Paris, Delachaux et Niestlé, 1976., François Le QuéréFrançois Le Quéré, Recherches sur saint Jean, F.-X. de Guibert, 1994., Joseph A. GrassiJ.A. Grassi, The Secret Identity of the Beloved Disciple, New York, Paulist, 1992., James H. CharlesworthJ.H. Charlesworth, The Beloved Disciple, Valley Forge, Trinity, 1995., Xavier Léon-DufourXavier Léon-Dufour, Lecture de l’Évangile selon Jean, Paris, Seuil..

Dans un ouvrage de synthèse (Qui est le disciple que Jésus aimait), Joseph Lê Minh Thông, dominicain titulaire de l'enseignement sur saint Jean à l'École biblique et archéologique de Jérusalem, estime qu'..

Le disciple bien-aimé et l'évangile selon Jean Tenant de la réhabilitation de la théorie de témoins oculaires ayant directement connu Jésus, Richard Bauckham reprend l'hypothèse de la rédaction du quatrième évangile par le « disciple favori »Richard Bauckham, Jesus and the Eyewitnesses : The Gospels as Eyewitness Testimony (2006) . mais, bien qu'il ne lie pas ce dernier à l'apôtre Jean, ses hypothèses exégétiques et textuelles, qui soulèvent certaines difficultés. dont l'absence totale de mention de ce disciple dans les synoptiques., sont vivement débattuesVoir par ex. ..

Jean Zumstein tire prudemment les conclusions, largement acceptées, de ce débat sur : a) il faut faire la différence entre, d'une part, le , qui a été , et d'autre part, une ou deux générations plus tard (entre 85 et 100 de notre ère), le rédacteur de l'évangile issu de son témoignage et d'un demi-siècle de réflexion et d'interprétation et dans un contexte qui n'est plus celui qu'ont connu Jésus et ses premiers disciples ; b) identifier , origine de la tradition johannique, avec l'apôtre Jean, fils de Zébédée, dont on perd la trace après l'assemblée de Jérusalem (avant l'an 50), ne repose pas sur le texte, mais sur une tradition dont le premier témoin est Irénée de Lyon, vers 180.

Versets

Notes et références Notes

Références

Références bibliques

Bibliographie

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