Le collège de l'Oratoire est un ancien bâtiment d'enseignement situé à Riom.
Histoire Les premiers collèges de Riom Saint Amable est un prêtre de Riom au . Grégoire de Tours qui se rend plusieurs fois à Riom vante la sainteté d'Amable faisant beaucoup de miracles. Quand l'église de Riom est reconstruite, elle est dédiée à saint Amable. Le clergé s'est regroupé autour de l'église et a eu son écolâtre. Les prescriptions du concile d'Aix-la-Chapelle de 817 sont appliquées pour recevoir un nombre d'élèves en augmentation. Ces prescriptions défendent d'admettre aux mêmes cours les jeunes se destinant au service de l'Église et les élèves du dehors qui s'en retournent chez eux après leur leçon. Les maîtres religieux ont dû établir une classe à l'extérieur de la clôture.
La veille de Noël 1062, Pierre de Chavanon, archiprêtre de Langeac, âgé de 55 ans, quitta la maison presbytérale avec deux disciples. Ils s'établir dans un lieu appelé Pébrac (Piperacum) où se trouvait une chapelle dépendant de l'église Saint-Andéol de Polignac, dont le titulaire a transmis les droits à Pierre de Chavanon. L'évêque de Clermont Durand lui a donné l'habit des chanoines de Saint-Augustin et le titre de prévôt. En 1077, le même évêque lui a remis l'église Saint-Amable de Riom. qui est réuni au monastère de Pébrac. Saint Pierre de Chavanon est désigné dans les titres anciens premier prévôt, fondateur et prédicateur de Pébrac. Il a installé à Riom les chanoines réguliers de Saint-Augustin. Il est mort le . Le premier abbé de Saint-Amable de Riom est Dalmace de Chalez qui a réuni sous son autorité l'abbaye de Riom et la prévôté de Pébrac. Ces deux successeurs sont Robert (1093-1094) et Bernard de Chanac. Ce dernier a participé au concile de Clermont de 1095 et obtenu du pape Urbain II la transformation de la prévôté de Pébrac en abbaye indépendante sous la direction de Pierre de Chanac. Bernard de Chanac est resté abbé de Saint-Amable jusqu'en 1097. L'abbaye s'est alors enrichie de plusieurs donations. En 1196, Guy II d'Auvergne a concédé à l'abbé et aux religieux de Saint-Amable l'Hôtel-Dieu de Riom. Le pape Célestin III et l'évêque de Clermont Robert d'Auvergne ont confirmé cette donation à l'abbé Drogon.
L'abbaye Saint-Amable de Riom et les chanoines réguliers de Saint-Augustin avaient charge d'âmes. Le chapitre était curé primitif et devait pourvoir à l'administration spirituelle de la paroisse. Pour éviter que la communauté soit détournée des obligations de la vie régulière, un de ses membres était désigné pour exercer les fonctions pastorales. Les religieux vont aussi employer des prêtres séculiers. Ces derniers vont se constituer en communauté de prêtres libres, Universitas clericorum riomensium, en 1240, qui élit son syndic et a construit une chapelle dans le quartier du Marthuret après l'accord du pape Innocent III, 1245. Alphonse de Poitiers accorde une aide pour construire l'église Notre-Dame-du-Marthuret en 1263 à la demande du pape Urbain IV. La construction de l'église est terminée en 1291. L'université des prêtres a été transformée en chapitre de chanoinesLa bulle du pape Nicolas IV du nomme l'église ecclesia secularis Beatae Mariae de Martoreto de Riomo
En 1213, à la suite d'une lutte armée entre les deux frères, l'évêque Robert d'Auvergne, et le comte d'Auvergne Guy II, le roi Philippe II Auguste a envoyé une armée et a pris la ville de Riom. Un bailliage royal y est alors installé.
Vers 1280; les Cordeliers se sont installés au faubourg de Layat.
Guillaume-Michel Chabrol a écrit dans le tome IV des Coutumes locales de la Haute et Basse Auvergne : « Il y avait eu de tout temps une école publique ou université, & l'on y enseignait le droit civil et canonique. En 1168, Guillaume Dauphin, comte de Clermont, confirma en faveur d'Eustache, abbé de Saint-Amable, et de ses religieux, en présence d'Étienne, évêque de Clermont, le droit qu'ils avaient déjà sur ces écoles ».
L'abbaye Saint-Amable a conservé assez longtemps ces droits sur l'enseignement public à Riom. Les cours donnés correspondent à ceux d'une école primaire où les élèves apprennent à lire, écrire et compter et d'une école secondaire. Les manuscrits étant rares, l'écriture ne pouvant se faire que sur du parchemin cher, l'enseignement est essentiellement oral. Les maîtres emploient pour enseigner la méthode individuelle dans les écoles primaires. Près de Riom, au , à l'abbaye Saint-Pierre de Mozac trois cents étudiants suivent les cours de dix professeurs sous l'autorité du chantre. L'école de Mozac a été surtout célèbre pendant l'abbatiat de Pierre VII de Vallières, entre 1294 et 1309.
En 1270, maître Pierre Chardon se voit faire défense au nom de l'officialité de tenir les « Écoles du Collège ou Université de Riom » sans l'autorisation de l'abbé de Saint-Amable. En 1281, l'abbé permet à Pierre de Limoges de professer le cours de droit civil et de droit canonique. En 1292, l'abbé Guido Bompar a accordé aux maîtres Jean Colombier et Étienne Boyer l'autorisation d'ouvrir à Riom un cours de grammaire et de logique.
En 1340, Guillaume Pontas de la Roche et Bernard de Chades présentent une requête au chapitre de Saint-Amable pour ouvrir des cours de grammaire et de logique à Riom. Ils obtiennent l'accord de l'abbé Étienne de Bompard ratifié par l'official.
La guerre de Cent Ans, à partir de 1346, va entraîner des troubles dans le royaume et la misère avec le brigandage des grandes compagnies et les jacqueries. La jacquerie auvergnate conduite par Pierre Bruyère de Limagne est écrasée en 1384 par le duc de Berry. Les écoles d'Auvergne tombèrent alors en décadence.
Au début du , la municipalité va se mettre en possession des écoles. Les textes ne permettent pas de connaître les épisodes de cette mainmise et si elle a été conflictuelle ou non. Il est probable que ce changement a été provoqué par le désir des chanoines de se libérer d'une charge lourde. En 1404, dans une supplique adressée au pape Benoît XIII par les religieux de Saint-Amable après l'élection de Pierre Morge font l'aveu de la pauvreté de l'abbaye. L'abbaye a demandé à conserver un droit de regard sur l'enseignement. La ville achète aux bénédictins de Mozac, en 1429, une maison dans le quartier de Naigueperse « pour illec tenir eschole à apprendre jeunes enfants en sciences, tenir aussi un physicien et pour y tenir leur consulat et parlement, et pour eulx assemblées à traiter les négoces et affaires de ladite ville et y tenir leurs titres et autres biens du consulat ». La ville a la direction des écoles dans la première moitié du . Les élus ont dû choisir les régents des écoles de Riom. On voit qu'en 1454, ils choisissent maître Antoine du Breuilh, bachelier dans chacun des droits, à partir de la Saint-Jean.
Pendant un siècle, aucun document ne permet de suivre la vie des écoles de Riom. Les religieux vont demander à la cour de Rome la sécularisation de l'abbaye pour mieux participer à la vie urbaine. En 1515, Guillaume de Benauld, chanoine de la cathédrale de Clermont, obtient la commende de l'abbaye Saint-Amable. Il est le premier abbé commendataire. Le , une déclaration faite après une assemblée générale des habitants de Riom approuve le principe d'une sécularisation de l'abbaye. La sécularisation de l'abbaye est prononcée par une bulle du pape Paul III le .
L'augmentation de la bourgeoisie à Riom a entraîné l'accroissement du nombre d'élèves dans les écoles. La municipalité a dû étendre les locaux scolaires de la rue Chantepure (partie sud de la rue Gilbert de Romme) en louant des chambres en 1574. Le nombre d'élèves passant de 200 à 300 élèves, il a été nécessaire d'envisager de construire de nouveaux locaux. En 1578, les édiles ont choisi un terrain et entrepris de construire un nouveau bâtiment à l'emplacement de l'actuel collège Michel-de-l'Hospital. Sa construction est suffisamment avancée en 1581 pour qu'un régent soit recruté sous l'autorité duquel seraient placés deux ou trois maîtres. Jehan et Claude de la Grange sont engagés en 1585 pour 116 écus deux tiers en 1585. Dans l'assemblée qui se réunit le il est relevé que le collège reçoit 300 écoliers originaires de Riom et des villages alentour. En plus de cette charge pour les études secondaires, la municipalité s'intéresse aussi à l'enseignement primaire et affecte 200 écus pour payer le recteur et les maîtres d'école pour instruire les « élèves abécédères ». En 1588, les édiles se plaignent de la charge supportée par la ville pour assurer l'éducation des élèves car en même temps elle vient d'adhérer à la Ligue et doit augmenter les impôts pour assurer l'approvisionnement en armes et munitions. Dès 1589, l'harmonie cesse de régner entre le principal du collège et les maîtres. À partir de 1591, les directeurs du collège vont changer plusieurs fois. En 1600, tous les professeurs ont abandonné leurs postes. En 1608, les édiles fatigués de ces changements incessants de personnel enseignant se rapprochent des Jésuites de Billom dont le collège avait été fondé par Guillaume Duprat en 1558. Le Père Jacques Sirmond, jésuite, revenu en France en 1608 a envoyé trois régents. Mais en 1612, la municipalité n'a toujours pas réussi à régler le problème des directeurs du collège, les parents se plaignent et retirent leurs enfants du collège.
Le collège de l'Oratoire (1618-1791) La Congrégation de l'Oratoire de Jésus-et-Marie-Immaculée de France a été fondée le pour élever le niveau religieux, spirituel et moral du clergé français, et voué en particulier à l'enseignement, sous la forme d'un institut de prêtres séculiers vivant en communauté, sur le modèle de celui que venait de fonder à Rome Philippe Néri.
En 1617, le Père Bourgoing (vers 1585-1662) de la Compagnie de l'Oratoire de Jésus passe à Riom pour voir s'il y a une possibilité d'établir dans cette ville des pères de sa congrégation. Les consuls lui ont dit qu'ils seraient prêts à céder à la congrégation la direction et l'intendance du collège. La congrégation répond dans un courrier qu'elle accepte avec des conditions qui sont délibérées le .
Riom a vu, à cette époque, l'installation de quatre autres congrégations religieuses : les Capucins en 1606, les Carmélites en 1618, les religieuses de Notre-Dame en 1622 et les Visitandines en 1623.
Un traité est passé le entre la ville de Riom et le Père de l'Oratoire Jean Bence, un des premiers disciples du cardinal de Bérulle, délaissant à perpétuité le collège de Riom à la Congrégation de l'Oratoire, réimpression par Slatkine-Megariotis Reprints, Genève, 1976. Ce conseil de la ville approuve le traité le . Avant de s'installer dans le collège les Pères de l'Oratoire ont demandé des travaux. Deux Pères de l'Oratoire et deux Frères sont arrivés le pour commencer les cours le . La Congrégation de l'Oratoire s'est engagée, pour la somme de , à fournir trois professeurs pour les classes de , et , à donner l'instruction gratuitement à tous les élèves qui se présentent. Seul l'externat est prévu, l'internat n'existe pas. Les Oratoriens n'étaient opposés à l'internat. Un essai a été fait en 1650 mais il n'existe plus en 1684.
En 1622, l'assemblée de la ville émet le vœu qu'un nouveau contrat soit passé pour ouvrir des classes supérieures. Les classes de , et rhétoriques sont ouvertes de . Pour ces nouvelles classes, le Père Martin, supérieur, reçoit un supplément de . Le chapitre de Saint-Amable proteste pour la ratification des deux contrats au nom de son ancien droit sur la régence des écoles. Pour arranger cette protestation, un Père de l'Oratoire a été admis comme chanoine au sein du chapitre. Le revenu de pour l'entretien de six Pères et deux Frères se sont révélés insuffisants. Des dons et les achats de biens ont permis de donner des revenus complémentaires.