La maison de Médicis (it. : casata dei Medici) est une famille patricienne apparue au au sein de la république de Florence et qui devient, au , la famille régnant sur le grand-duché de Toscane. Elle s'éteint en ligne directe avec la mort du duc Jean-Gaston de Médicis en 1737.

À l'origine exploitants agricoles puis négociants et banquiers fortement impliqués dans l'industrie et le commerce de la laine, les Médicis, dont les activités s'étendent à toute l'Europe occidentale (Bruges, Londres, Lyon, etc.), sont dès le une des familles les plus riches et les plus influentes de Florence.

Au , ils deviennent la famille dirigeante de la république, malgré des oppositions parfois violentes (conjuration des Pazzi en 1478, prise du pouvoir par Savonarole de 1494 à 1498). Ils jouent aussi un rôle considérable dans les débuts de la Renaissance italienne, le Quattrocento. Au , ils transforment la république de Florence en une monarchie, le duché puis grand-duché de Toscane, dont ils détiennent le trône pendant deux siècles.

Parmi les Médicis les plus connus, on trouve trois papes et deux reines de France : Catherine de Médicis (1519-1589), épouse de Henri II, et Marie de Médicis (1575-1642), épouse de Henri IV et ascendante de tous les membres actuels de la maison de Bourbon.

La branche grand-ducale s'éteint en 1737 en ligne masculine et en 1743 en ligne féminine. La maison de Médicis subsiste encore aujourd'hui par sa .

L'histoire de cette famille a inspiré des œuvres littéraires (Lorenzaccio d'Alfred de Musset, 1834) ou audiovisuelles (série Les Médicis : Maîtres de Florence, 2016-2019.).

Histoire vignette|droite|Laurent le Magnifique par Girolamo Macchietti.

La famille de Médicis est à l'origine une dynastie de banquiers établie à Florence, en Toscane. À son apogée, la banque des Médicis compte jusqu'à dix filiales : à Venise, Rome, Naples, Milan, Pise, Genève, Lyon, Avignon, Bruges et Londres.

La branche ainée descend de Cosme l'Ancien, Pierre de Médicis et Laurent le Magnifique, son fils, pour s'achever par l'assassinat d'Alexandre le Maure en 1537. Le pouvoir passe alors à la branche cadette descendant de Laurent l'Ancien (frère cadet de Cosme l'Ancien), alors représentée par Cosme de Toscane, qui accède au pouvoir en 1537. Les deux branches, associées à patriciennes de Florence, forment au un clan qui accapare les leviers du pouvoir dans la ville en se posant en partisans du peuple contre l'oligarchie florentine, constituée de riches familles commerçantes (familles Albizzi, Alberti, Strozzi) à la tête des 7 Arts majeurs..

La famille Médicis s'éteint en 1737 en ligne masculine. Deux familles italiennes reprennent le nom : les Luigi de' Medici di Ottajano et les Medici Tornaquinci della Castellina.

Dans les arts, les Médicis sont une dynastie adepte du mécénat et du collectionnisme. Anne-Marie-Louise de Médicis, électrice douairière du Palatinat du Rhin, dernière représentante de la maison, lègue en 1743 sa collection à la ville de Florence, sous la condition que les trésors restent dans la ville, ce qui la transforme alors en une « gloire du Monde », comptant plus de .

Origines vignette|Fresque dans la chapelle des Mages de Benozzo Gozzoli de 1459 en l'honneur des Médicis sur le thème du voyage des Rois mages, figurant des membres de cette famille en parade dans la campagne de Toscane.

Cosme l'Ancien Medici reconnait les débuts modestes de sa famille, racontant que leur aïeul aurait été un médecin, d'où le nom Medici, et un apothicaire. Ainsi, les tourteaux ou besants de leurs armoiries représenteraient les pilules qu'il fabriquait dans son officine (cinq rouges pour le poumon, le foie, le cœur, l'estomac et les intestins, une bleue figurant la panacée)..

vignette|redresse=0.5|gauche|Blason originel des Médicis (en haut) avant 1494.

Les Médicis sont vraisemblablement originaires du Mugello, situé à au nord de Florence, où la famille possédait des terres agricoles. Ils ont probablement émigré à Florence au cours du , pour profiter de l'expansion économique que connaissait la « République des fleurs ». Ainsi, parmi les tout premiers Médicis dont il est possible de relever des traces, il apparaît que certains s'adonnent au change et à la banque. C'est le cas de Chiarissimo Medici, établi à Florence en 1201, leur plus vieil ancêtre connu, père d'Averardo de' Medici.. Sans qu'on sache s'il doit être rattaché précisément à cette famille, on note un Francisco Medici qui prête en mars la somme extraordinaire de florins d'or bon poids au comte de Savoie, Amédée VICompte du receveur général de Chablais, châtelain de Sembrancher, 22 février 1348-31 mai 1349, Archivio di stato di Torino, ASTO-69-124r-21..

Un Averardo di Averardo de' Medici [sic], mort à Florence en 1318, est élu gonfalonnier de justice pour la république en 1308 jusqu'en 1314. Il est le premier à accumuler d'importants avoirs financiers, suffisamment pour qu'il puisse prendre place au sein de l'oligarchie de la cité. L'un de ses fils est Salvestro de' Medici, dit Chiarissimo, mort à Florence en 1350, et qui fut ambassadeur de la république à Venise. En 1378, Salvestro propose une réforme élargissant le suffrage au sein de la république de Florence, s'attirant ainsi la sympathie de la population pour sa famille. Averardo est le père de Giovanni di Bicci de' Medici, fondateur de la puissance financière de la famille, qui influencera l'histoire de Florence et de la Toscane.

Jean fonde la banque des Médicis en 1397. Cette banque devient la plus importante d'Europe au milieu du .. Giovanni diversifie aussi ses activités en faisant l'acquisition de deux ateliers de laine à Florence, alors industrie dominante de la ville. Le capital qu'il retirera de ses activités bancaires, qui s'étendent partout en Italie et même au-delà, permettra à ses successeurs d'asseoir leur influence politique. La croissance de la Banque sous Giovanni est telle qu'elle lui permettra de passer du rang de citoyen mineur à celui de second citoyen le plus riche de la République.

La Seigneurie

Cosme l'Ancien (1434-1464) Le fondateur de la puissance ou de l'ascendant politique des Médicis est Cosimo il Vecchio (1389-1464) ou Cosme l'Ancien. Celui-ci, de retour d'exil en 1434, a défait l'oligarchie des Grands (le parti des Albizzi) et, tout en maintenant les apparences républicaines des institutions florentines, a assuré son contrôle sur la vie politique de Florence. S'appuyant sur les masses populaires favorables, l'essentiel de son système de contrôle reposait sur le clientélisme et sur la sélection des éligibles aux postes de magistratures. Il s'assurait ainsi de peupler les organes républicains d'hommes loyaux et redevables qui n'oseraient agir à l'encontre de ses désirs.

Outre son implication politique, Cosme continuait de gérer étroitement la banque familiale et la porta à son sommet. Il fut probablement, à une période de sa vie, l'homme le plus riche d'Europe, banquier des Papes et des Rois, mais aussi commerçant de produits de luxe et industriels dans le domaine de la laine et de la soie.

Ses ressources financières considérables lui permirent d'investir un montant important dans l'architecture, la sculpture, la peinture mais aussi dans la collection de pierres précieuses et d'objets d'orfèvrerie. Il s'intéressa également à la recherche de manuscrits anciens et récents, ce qui lui permit d'ouvrir la bibliothèque laurentienne, première bibliothèque publique d'Europe. Il est à l'origine du trésor des Médicis que chacun de ses successeurs enrichira.

Le palais de Cosme l'Ancien, le Palazzo Medici est un symbole important de la représentation du pouvoir à Florence. Cette architecture rappelant le Palazzo Vecchio laisse transparaître implicitement le pouvoir de ce personnage illustre. Pour les plus cultivés et les plus fins florentins de l'époque cette maison est un bijou de références culturelles avec par exemples des bustes dans le hall de réception du Palazzo.

En 1439, Cosme arrive à amener le Concile de Ferrare à Florence. Ce concile qui se déroule de janvier à confère à Cosme un grand pouvoir au sein de la cité florentine. De plus ce concile amène un grand foisonnement culturel et religieux dans cette cité italienne.

Pierre le Goutteux (1464-1469) La mort de Jean de Médicis (Giovanni) en 1463, frère de Pierre Ier de Médicis et fils de Cosme qui devait lui succéder, replaça Pierre (Piero), le fils aîné, dans une situation imprévue d'héritier à laquelle il n'était pas préparé. En effet, sévèrement atteint de goutte, il passait la majorité de son temps alité, c'est pourquoi le fils cadet était destiné à succéder au père. Toutefois, il montra beaucoup d'intelligence et fut un excellent diplomate quand il succéda à son père en 1464.

Il élimina l'opposition formée contre son pouvoir à la suite de l'échec d'un complot visant à l'éliminer et ses bonnes relations avec Louis XI lui valurent le privilège d'ajouter à la boule bleue de ses armes trois lys de la maison de France. Par contre, les finances et les affaires familiales, qui avaient commencé à décliner au cours des dernières années de la vie de Cosme, ne s'améliorèrent pas. Des problèmes de gestion et le peu d'expérience de Pierre , s'ajoutant à une conjoncture peu favorable aux affaires, l'incitèrent à restreindre les activités financières des Médicis.

Il poursuivit l'œuvre de mécène entamée par son père et on lui attribue notamment la commande de la fresque La procession des Mages peinte par Benozzo Gozzoli où les membres de la famille Médicis sont représentés.

À sa mort en 1469, le pouvoir de la famille sur Florence était si bien assis que son fils Laurent, âgé d'à peine 20 ans, recueillit l'ascendant politique de ses prédécesseurs.

Laurent le Magnifique (1469-1492) Sous le gouvernement de Laurent le Magnifique (mécène avisé, poète à ses heures, stratège politique), Florence connaît son apogée. La République conserve ses institutions mais des réformes viennent achever de les vider de leur contenu et de leur sens. Laurent n'influence plus, il gouverne sans toutefois se comporter en despote.

À cette époque, Florence jouit d'une grande prospérité et représente un foyer intellectuel et artistique de premier plan.

La politique extérieure de Laurent est fondée sur le principe d'équilibre entre les États italiens pour assurer le maintien de la paix, essentielle au développement du commerce et des affaires. Cette politique pose toutefois problème au pape qui souhaite élargir l'État pontifical notamment en Toscane. C'est ainsi qu'un complot visant à éliminer Laurent et son frère cadet Julien s'élabore. Ce complot lie les Pazzi, rivaux bancaires des Médicis, et la papauté. La conjuration des Pazzi en avril 1478 se solde par l'assassinat de Julien tandis que Laurent n'est que légèrement blessé. Les Florentins en colère contre les assaillants s'adonnent à une répression qui fut, a-t-on dit, sanglante ce qui entraîne l'ouverture d'hostilités entre le Saint-Siège et son allié, le royaume de Naples, d'une part et la « ville des Fleurs », d'autre part. Laurent ne se tira de ce mauvais pas qu'en 1480 après avoir conclu un traité de paix dans une mission, souvent qualifiée de périlleuse, avec le roi de Naples qui avait la réputation d'être cruel. La paix ramenée fit croître la popularité de Laurent qui en profita pour affermir son pouvoir.

Il encourage les arts et les lettres mais ses efforts pour faire valoir le prestige des artistes florentins entraînent une certaine dispersion de ceux-ci au détriment de Florence.

Il enrichit le trésor familial mais ses ressources financières, beaucoup plus limitées que celles de son père et de son grand-père, ne lui permirent pas d'entreprendre de nombreux projets. En effet, la Banque des Médicis ne cessa de décliner du fait de l'inaptitude de Laurent à la gérer, du peu de temps qu'il y consacra mais aussi de la conjoncture qui est défavorable. Poète de talent, il fit des efforts pour valoriser la langue italienne comme langue de composition.