L'animal politique (en grec ancien : ζῷον πoλιτικόν) désigne, chez Aristote, l'être humain en tant qu'il est naturellement destiné à vivre au sein d'une communauté politique. Cette définition repose sur la thèse que l'homme possède de manière propre le langage et la raison qui lui permettent de délibérer sur le juste et l'injuste et de participer à la vie de la cité. La société politique apparaît ainsi comme l'accomplissement de la nature humaine. Il s'agit d'une idée importante de la philosophie politique d'Aristote.

Définition Aristote définit l'homme comme un dans la Politique. Il vit véritablement lorsqu'il est en société, de telle sorte qu'il peut y déployer ses capacités et y vivre heureux. L'homme qui ne vit pas en société est perçu par Aristote comme étant en quelque sorte déviant de sa nature. Il écrit qu'à ce titre, l'homme qui vit seul n'est pas homme, il est ou bien un animal, ou bien un dieu.

Il faut préciser que animal politique ne veut pas dire seulement animal social. Animal social veut dire vivre en communauté (comme le font les abeilles par exemple); animal politique veut dire en plus que nous sommes faits pour vivre dans une Cité (forme antique de l'Etat) et que nous partageons des valeurs avec nos semblables.

Cette définition de l'homme renvoie donc à sa théorie de la Cité, qui est selon lui un produit de la nature, et non d'une convention ou d'un artifice. Cette derniere position était à l'époque défendue par les sophistes, et, plus tard durant l'Antiquité, par Épicure, qui faisait du contrat social le fondement de la Cité. Pour Aristote, la preuve que la vie politique est naturelle à l'homme c'est que nous possédons le langage qui est la faculté permettant de discuter et de se mettre d'accord sur des valeurs communes, ce qui est à la base de l'État.

Postérité

Chez Marc-Aurèle Marc Aurèle, philosophe stoïcien, admet que l'homme est un animal politique par nature dans ses Pensées pour moi-même. Il écrit que .

Chez Hobbes Thomas Hobbes a lu et connaît bien la Politique d'Aristote. Il se montre toutefois radicalement en rupture avec le Stagirite sur la question du caractère politique et sociable de l'homme. Dans le De Cive, Hobbes soutient que .

Chez Spinoza Baruch Spinoza, dans son Éthique ( partie), reprend la définition d'Aristote. Il écrit que les passions tristes des hommes font que, en effet, il leur arrive fréquemment de rentrer en conflit ; mais qu'.

Chez Comte Auguste Comte, qui a lu Aristote, reprend la théorie de l'animal politique pour l'adapter au positivisme. Dans ses Discours sur l'esprit positif, il écrit que : .

Chez Marx Karl Marx reprend et accepte la définition de l'homme comme animal politique dans son Introduction à la critique de l'économie politique. Il écrit que .

Notes et références

Catégorie:Concept de philosophie politique