Henri Dubouillon, né le à ParisAu de la Cour des Noues. et mort le dans le , est un architecte et un décorateur français.

Il est considéré comme l'un des architectes les plus importants de l'époque Art déco et Art nouveau. Il fut nommé président d'honneur de la Société nationale des architectes de Francehttps://www.google.fr/books/edition/Techniques_et_architecture/YNobAQAAMAAJ?hl=en&gbpv=1&bsq=%22Pr%C3%A9sident+d%27honneur+:+Henri+Dubouillon%22&dq=%22Pr%C3%A9sident+d%27honneur+:+Henri+Dubouillon%22&printsec=frontcover Nomination en tant que Président Honoraire.

Biographie

Enfance Henri Dubouillon naît le au domicile de ses parents (12, cour des Noues), dans le arrondissement de Paris.

Henri Dubouillon grandit dans une famille modeste du arrondissement de Paris, où son père, Adolph Joseph Dubouillon, est marchand de beurre. La cour des Noues, où il voit le jour, est un microcosme ouvrier typique de l'époque, façonné par l'effervescence industrielle et le dynamisme des faubourgs parisiens.

Son prénom, Henri, est choisi en raison de sa naissance à la veille de Noël, un clin d’œil à cette fête religieuse. Henri fréquente l’école communale, comme beaucoup d’enfants de sa génération, mais doit rapidement entrer dans le monde du travail.

À l’adolescence, il devient apprenti maçon, un métier exigeant qui le familiarise avec les aspects pratiques et techniques de la construction : le transport des matériaux, l’érection de murs et le maniement du mortier.

L’expérience de l’apprentissage comme maçon dès l’adolescence lui permet de tisser un lien profond avec les réalités du métier, consolidant des bases pratiques qui influenceront son travail d’architecte..

Formation Henri Dubouillon mène sa scolarité à l’École nationale supérieure des arts décoratifs de 1904 à 1906. En 1907, à seulement , il devient architecte.. Il apparaît dans l'annuaire Sageret en 1911 et continue d'y figurer jusque dans les années 1930.. Henri Dubouillon s'impose rapidement comme un architecte autodidacte de talent, illustrant l'ascension d'une génération d'hommes du début du siècle, à la croisée des mondes artisanal et académique.

Débuts en tant qu'architecte dans les années 10-20 Henri Dubouillon conçoit tout au long de sa longue carrière de nombreux bâtiments d'habitation et des hôtels particuliers sur Paris et ses environs.

Il commence sa carrière dans l'Est parisien, en déposant en des « autorisations à bâtir » (ancêtre des actuels permis de construire) qui concernent trois immeubles situés rue Dupont-de-l'Eure, aux numéros 5, 7 et 9. Henri Dubouillon fait ensuite de nombreux projets aux Lilas, où quatre immeubles portent sa signature. Il réalise des immeubles principalement en brique, témoignant d’une maîtrise de l’échelle et du décor.

Ses nombreux projets immobiliers lui apportent rapidement de la reconnaissance en tant qu'architecte. Il fait percer, sur un terrain lui appartenant, une rue en 1913 entre l’avenue Gambetta et la rue Haxo. Il fait construire sur ce terrain huit immeubles, entre 1913 et 1914, tous dans un style assez semblable et typique de l'avant-Première Guerre mondiale. Comme c'était le cas pour de nombreux propriétaires de terrains, la rue prend son nom, alors qu’il n'a que 27 ans.

Il se spécialise ensuite dans les années 1920 et au début des années 1930 dans la construction d'immeubles et hôtels particuliers bourgeois dans l'Ouest parisienListe d'immeubles réalisés par Henri Dubouillon à Paris et en Ile-de-France, sur le site pss-archi.eu..

Années 1920-1940 — Reims et Reconstruction

À partir de son cabinet annexe ouvert au 13 rue de la Renfermerie à Reims, Henri Dubouillon réalise dans la cité champenoise un programme d'immeubles et de maisons particulières documenté pour la période 1922-1924Claude Somek, L'immeuble d'habitation parisien 1919-1939, thèse, Université de Picardie Jules Verne, 2018, p. 87.. Il intervient ensuite, après 1945, comme architecte expert des chantiers de la Reconstruction dans la région rémoise. Le détail individualisé de ces réalisations reste à inventorier.

Impact sur l'architecture des cinémas Art Déco

Henri Dubouillon a marqué l’évolution des salles de cinéma en les transformant en espaces culturels alliant modernité et esthétisme. Son œuvre la plus emblématique dans ce domaine, le Pantin Palace (1921), situé le long du canal de l'Ourcq à Pantin, se distingue par sa décoration « atmosphérique », inspirée de célèbres salles parisiennes comme le Rex. Les plafonds étoilés et les jeux de lumière contribuent à une expérience immersive, tandis que la conception soignée assure une acoustique optimale et une visibilité idéale pour les spectateurs.

Outre le Pantin Palace, Henri Dubouillon conçoit également plusieurs cinémas en banlieue parisienne, notamment à Montreuil et Pantin, répondant à la demande croissante de divertissements dans les quartiers populaires. Ces réalisations combinent modernité technique, fonctionnalité et esthétique Art déco, caractéristique des années 1920.

Henri Dubouillon réalise notamment l'Alhambra (style Art nouveau) et le Stella Cinema.

L’approche novatrice d’Henri Dubouillon influence la conception des cinémas de son époque, en les intégrant harmonieusement au tissu urbain, tout en mettant en valeur leur rôle culturel et social. Bien que certaines de ses salles ont disparu, son travail reste un témoignage important de l'architecture cinématographique du début du siècle..

Années 30 après la crise de 1929 Durant cette période difficile, Henri Dubouillon se concentre sur la valorisation de son patrimoine immobilier, démontrant une capacité d'adaptation qui reflétait sa double expertise d'architecte et de gestionnaire.

Avec Charles Lemaresquier, Henri Dubouillon contribue à maintenir la construction d'immeubles bourgeois jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Il réussit notamment la transcription de l'immeuble typique de Louis Bonnier en immeuble « moderne », par le biais d'une décoration de style Art déco, à tendances néo-classiques.

Henri Dubouillon a son cabinet d'architecture à Paris, 57 avenue Gambetta, puis au 249 bis rue des Pyrénées et finalement au 24 rue Raynouard, dans le , dans les années 1930.

Après la Seconde Guerre mondiale Henri Dubouillon est également l'un des architectes experts qui travaille aux chantiers de la Reconstruction. Dès la fin de la guerre, il ouvre au 13 rue de la Renfermerie à Reims une annexe et travaille dans la région aux chantiers de la Reconstruction.

En parallèle de ses projets de reconstruction, Henri Dubouillon joue un rôle clé dans la modernisation de l'architecture post-guerre, s'efforçant d'allier tradition et innovation, tout en répondant aux besoins urgents de logements.

Henri Dubouillon en tant qu'homme d'affaires Outre son activité d'architecte, Henri Dubouillon est expert de la coopérative ouvrière de La Bellevilloise et fonde sa propre société immobilière, « Le immobilier », à travers laquelle il mène une partie de ses opérations spéculatives.. Parmi les trois immeubles déposés en autorisation à bâtir en août 1911 rue Dupont-de-l'Eure, les et relèvent de commandes de tiers tandis que le est sa propriété personnelle. Aux Lilas, il s'associe aux entrepreneurs Ronteix Frères, implantés au Pré-Saint-Gervais, pour la réalisation d'immeubles en brique..

Reconnaissance et distinctions Architecte important du début du , il a donné son nom à la rue Henri-Dubouillon, située dans le arrondissement de Paris. Il est intéressant de noter que la rue Henri-Dubouillon est l'une des rares à Paris à avoir été nommée d'après une personne de son vivant, témoignant de la reconnaissance exceptionnelle dont il jouissait à seulement 27 ans.

La décoration d'Henri Dubouillon par le ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts illustre une rare convergence entre reconnaissance académique et pratique professionnelle, dans une époque marquée par des distinctions rigoureuses..

Il appartient à la SN, Société nationale des architectes, et est inscrit à l'ordre en 1943. Le Conseil de l’ordre des Architectes, lors de sa séance du , accorde le titre d’architecte honoraire à Henri Dubouillon en rappelant que celui-ci avait été inscrit sous le numéro 709 au tableau de l’Ordre..

Henri Dubouillon milite activement pour les droits des architectes non diplômés, plaidant pour une reconnaissance équitable des talents issus de parcours atypiques.

Décès Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise ( division).

Principales réalisations D'après la liste d'immeubles réalisés par Henri Dubouillon à Paris et en Île-de-France.

Projets réalisés Années 1910 1911 : 9-11 rue de l'Est aux Lilas, ensemble de deux immeubles signés « H. Dubouillon architecte 1911 » sur des plaques apposées en façade ; brique ocre jaune avec frises de brique rouge et brique émaillée bleue sur certains linteaux, pan coupé en courbe surmonté d'un fronton orné d'une tête de lion en céramique, ferronneries à motifs de volutes et feuilles de marronnier. 1912 : 113 avenue Pasteur aux Lilas 1912 : 10 rue Jean-Moulin aux Lilas 1912 : 91 rue de Noisy-le-Sec aux Lilas, immeuble R+5+combles à six travées, en brique avec brisis en ardoise et pignon en meulière. 1912 : 5, 7 et 9 rue Dupont de l'Eure à Paris 1912 : 20 rue des Partants à Paris 1913 : 6 rue Désirée à Paris 1913-1914 : huit immeubles dans la rue Henri-Dubouillon (notamment , , , et ) dans le , voie ouverte par l'architecte sur un terrain lui appartenant entre l'avenue Gambetta et la rue Haxo, et lotie intégralement par ses soins 1914 : 2 rue Georges-Pompidou aux Lilas 1914 : 203 avenue Gambetta dans le , à l'angle de la rue Henri-Dubouillon 1914 : 94 rue de Paris aux Lilas

Années 1920 1921 : cinéma « Pantin Palace », 5 quai de l'Ourcq à Pantin, salle de 1 000 places de type « atmosphérique » inspirée du Rex avec décor étoilé et jeux de lumière, dotée d'un orchestre et accueillant également spectacles de music-hall et représentations théâtrales ; fermé en 1966, transformé en garage puis démoli dans le cadre de l'extension de l'hôtel-de-ville de Pantin.. 1923 : 18 rue Ribera à Paris , au coin de la rue Léon-Bonnat 1924 : 5 rue Léon-Cogniet à Paris 1924 : 24 rue Raynouard à Paris , au coin de la rue Chernoviz 1925 : immeuble bourgeois d'angle à Paris , à l'intersection de l'avenue Gambetta, de la rue Saint-Fargeau et de la rue HaxoJean-Noël Allheilig, « Henri Dubouillon, architecte (1887-1966) », Bulletin de l'AHAV, , Paris, Association d'histoire et d'archéologie du arrondissement, trimestre 2017, 20 p. 1925 : 4 rue Léon-Bonnat à Paris 1925 : 6 rue Léon-Bonnat à Paris 1925 : 8, rue Léon-Bonnat à Paris 1926 : 5-5 bis-7, rue Eugène-Manuel à Paris Page 9 - Recensement par la Ville de Paris des protections patrimoniales et description de l'immeuble de rapport de style Art Déco construit par l'architecte Dubouillon en 1926. à l'angle de la villa Eugène-Manuel, ensemble de trois immeubles de sept étages, classé Art déco affirmé, à la limite de l'Éclectisme post-haussmannienL’immeuble d’habitation parisien 1919-1939 : 6.000 édifices de 4 étages et au-delà, plusieurs courants architecturaux, une strate originale dans l’histoire de la ville - Page 411 1927 : 76, 78 et 80 avenue de La Bourdonnais à Paris , ensemble d'immeubles de sept étages, classé Art déco affirméL’immeuble d’habitation parisien 1919-1939 : 6000 édifices de 4 étages et au-delà, plusieurs courants architecturaux, une strate originale dans l’histoire de la ville - Page 293 1927 : 16 boulevard Pereire à Paris 1927 : 115bis avenue Achille Peretti devenue avenue du Roule à Neuilly-sur-Seine 1927 : 2 place Joffre à Paris Plan de l'immeuble bourgeois situé à l'angle du 2 Place Joffre et 46bis avenue de la Motte Picquet 1928 : 6 square des Écrivains-Combattants-Morts-pour-la-France à Paris (photo en infobox supra)- Magazine d'architecture La Construction moderne - Septembre 1929 - Page 593 à 596.