Punto Rojo, "Point rouge" , était un journal anarchiste édité par Práxedis G. Guerrero à El Paso au Texas, entre 1909 et 1910.

Punto Rojo est une des initiatives menées par un groupe d'activistes révolutionnaires réunis au sein du Partido liberal mexicano (Parti libéral mexicain, PLM) autour de Ricardo Flores Magón, dans un effort journalistique et propagandiste, pour renverser la dictature de Porfirio Díaz. Cet effort était mené autant au Mexique même que depuis les États-Unis où beaucoup d'opposants avaient été contraints de se réfugier.

Histoire

Antécédents Le périodique Revolución lancé en 1907 par la "Junte Organisatrice du Parti Libéral Mexicain" à Los Angeles, en Californie, avait été suspendu en mai 1908, après la destruction de son imprimerie par des agents des services secretsNota en la misiva para Eulalio Treviño y Aurelio N. Torres, de RFM 21 de junio de 1907, Archivo Electrónico Ricardo Flores Magón.. À cette époque, Práxedis Guerrero, l'un des derniers responsable de la publication de Revolución, avait été chargé, de concert avec d'autres membres du PLM comme Enrique Flores Magón et Antonio de Pío Araujo, des préparatifs d'une insurrection contre Porfirio Díaz programmée pour le . L'insurrection du PLM a cependant échoué, répétant l'échec de 1906. Après une polémique interne, certain projetaient une nouvelle tentative en septembre, le PLM a décidé de se préparer jusqu'à 1909.

Práxedis Guerrero s'était établi à El Paso, au Texas, à la frontière avec Ciudad Juárez, au Chihuahua. La "Junte Organisatrice" du PLM l'avait envoyé comme délégué pour contacter les groupes de Mexico, Puebla et d'Oaxaca. De retour aux États-Unis, il avait rencontré des représentants du journal socialiste pour expliquer les raisons qui poussaient le PLM à entreprendre une révolution au Mexique..

Publication De retour à El Paso, Guerrero a commencé la publication de Punto Rojo. Le premier numéro est paru le , quatre pages format "digest" (environ 5½ x 8¼ pouces) imprimées sur une petite presse maniée par Guerrero lui-même dans la maison de son ami, le socialiste William LoweCertains auteurs comme Armando Bartra (1977) mentionnent que le premier numéro est apparu le 8 août, Ward S. Albro (1996) cite l'Archivo de Relaciones Exteriores, L-E-947, qui enregistre le premier numéro le 15 août. Le premier numéro des Artículos de combate de Práxedis G. Guerrero, Ediciones Antorcha (1977) date du n° 3 de Punto Rojo, le 25 août. Si le journal était un hebdomadaire, le numéro 1 correspondrait au 15 août.. La manchette du journal portait la devise "Je ne suis pas une marchandise, je suis une idée; et les idées ne s'achètent pas, elles se défendent". Punto Rojo No. 1, 15 de agosto de 1909, en Archivo de Relaciones Exteriores, L-E-947..

Punto Rojo prit bientôt de l'ampleur et d'autres membres du PLM, comme Enrique Flores Magón, commencèrent à y collaborer. Dans le même temps Práxedis Guerrero collaborait en parallèle au périodique Evolución Social ("L'Évolution sociale") édité par León Cárdenas Martínez à Toyah, dans l'ouest de Texas. Ceci a amené des esprits nouveaux à l'organisation révolutionnaire qui avait décliné après l'échec de 1908 et les arrestations qui avaient suivi, auxquelles avaient échappé Manuel Sarabia et ..

Comme Revolución, le journal publié par le PLM à Los Ángeles, Punto Rojo est arrivé à être publié de façon hebdomadaire avec un tirage de . Le journal faisait notamment la promotion de la grève générale révolutionnaire au Mexique, à travers des articles contre la dictature de Díaz et divers aphorismes et poèmes écrits par Guerrero sur la condition humaine et la révolutionTorres Pares, Javier. "El Partido Liberal Mexicano, el Movimiento Obrero y la Frontera (1900-1912)", Revista El Chamizal, No. 11, Universidad Autónoma de Ciudad Juárez, Diciembre de 1991..

Poursuite et répression Le journal a immédiatement éveillé l'attention des autorités, le consul du Mexique à El Paso a envoyé le premier numéro au Secrétariat aux affaires étrangères et a dénoncé Guerrero comme le chef séditieux recherché par les autorités. Cependant, le consul croyait que Punto Rojo était édité dans les presses de , qui publiait des critiques du gouvernement Diaz depuis des années..

En , le consul du Mexique à Tucson, en Arizona, signale l'arrivée d'agents provenant de El Paso, afin de localiser à Morenci dans le Michigan, où s'était réfugié précédemment Práxedis Guerrero, des personnes qui pourraient identifier le responsable de Punto Rojo. En effet, dans la région de El Paso ils ne réussissaient pas à trouver quelqu'un pour l'identifier physiquement.

Pourchassé par les autorités, Práxedis Guerrero, qui parlait de Punto Rojo comme de son "chamaco", son enfant, a dû quitter El Paso et confier le journal aux mains de Lowe, Clemente García et Antonio Velarde. Toutefois, Guerrero a continué à leur envoyer ses écrits quel que soit l'endroit où il se trouvait.

Disparition En avril 1910, Punto Rojo est déclaré «libelle criminel» et une récompense de a été offerte pour la capture de son éditeur, Práxedis Guerrero, accusé de violer les lois de neutralité des États-Unis. Bien que Guerrero ait réussi à s'échapper, l'imprimerie est rendue impossible à utiliser et la documentation confisquéeBarta, op. cit. . , mentionne dans son livre Le Mexique barbare que le Service Secret, dans son envie de gagner la récompense, s'est emparé de la liste des abonnés qu'elle a utilisé pour trouver les noms de personnes contre lesquelles commencer ses investigations. Kenneth Turner mentionne aussi qu'il existait au moins dix autres cas de journaux en espagnol à destination des lecteurs mexicains qui ont été supprimés par les autorités tout au long de la frontière 14a. edición (2004), ..

Neuf mois après son apparition, Punto Rojo est supprimé en . Pendant son existence, il avait néanmoins réussi être diffusé dans tout le sud des États-Unis et à travers le Mexique dans divers états : Chihuahua, Coahuila, Sonora, Tlaxcala, Oaxaca, Veracruz ou TabascoBartra, op. cit. ..

Plusieurs des articles écrits par Práxedis Guerrero parus dans Punto Rojo ont été republié dans la quatrième série de Regeneración, à partir du , à Los Ángeles en Californie ; et encore les années suivantes, après la mort de Guerrero en décembre 1910. De même, ses aphorismes parus dans la section "Puntos Rojos". Et la formule de Punto Rojo, "Vous ne pouvez être des lions ? Bien. Soyez juste des hommes" (¿Qué no podéis ser leones? Bueno. Sed simplemente hombres) est apparu comme devise à l'en-tête de beaucoup de numéros de Regeneración au cours de cette période.

Notes et références

Articles connexes

Regeneración Parti libéral mexicain

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