Les allures sont, en équitation, les différentes façons que le cheval a de se déplacer. Il existe des allures naturelles, que le cheval pratique lorsqu’il est en liberté, et des allures artificielles qui peuvent lui être inculquées par le biais du dressage. Certaines races de chevaux possèdent naturellement des allures supplémentaires et sont connues sous le nom de chevaux d'allures ou chevaux de marche.
Les allures sont classées en trois catégories :
les « allures naturelles » sont celles que le cheval exécute d'instinct : le pas, le trot, le galop et le reculer sont les quatre allures naturelles typiques, les « allures artificielles » sont acquises par le dressage, les « allures défectueuses » résultent d'une douleur ou d'une mauvaise utilisation du cheval et sont éliminatoires en compétition.
Ces allures sont dites piquées quand le geste du genou prédomine et rasantes lorsque le geste est étendu au ras du sol.
Allures naturelles Au XIXe siècle, l'écuyer Jules Lenoble du Teil (1838-1898) écrit dans son Étude sur la locomotion du chevalJules Lenoble Du Teil, Étude sur la locomotion du cheval et des quadrupèdes en général, considérée dans ses rapports avec l'équitation, Paris : J. Dumaine, 1873 que « le trot est une allure à deux temps sautée et le galop une allure à trois temps sautée ».
C’est ainsi que nous comprenons qu’un individu utilisant quatre membres pour se mouvoir ne peut physiquement pas avoir d’allures comportant moins de quatre mises en appui successives. À ces quatre temps s’ajoutent, pour le cheval au trot ou au galop, les temps de suspension d’appui, temps durant lesquels il n’y a aucune mise en appui au sol.
Alors que le guépard a une série de mises en appui dite « rotatoires » (antérieur gauche – antérieur droit – postérieur droit – postérieur gauche), le cheval a lui des mises en appui dite « transverses » communément nommées comme « diagonales » dans le monde équestre traditionnel.
Pour le trot, la mise en appui s’organise par exemple comme suit : postérieur gauche - antérieur droit - postérieur droit - antérieur gauche.
En conséquence, nous pouvons affirmer que le trot comme le galop sont des allures à quatre temps successifs de mise en appui. Cette observation factuelle , qui nécessite donc une relecture.
Allures du cheval en liberté Les allures naturelles sont celles du cheval en liberté.
Le pas est une allure marchée, à quatre temps égaux séparés. La vitesse moyenne des chevaux à cette allure est de (). Lorsque le cheval évolue en liberté au pas avec les rênes entièrement flottante, on parle de « pas libre ». Le trot est une allure sautée, symétrique, à deux temps égaux, par bipèdes diagonaux. Chaque temps est séparé par une période de projection (deux temps, deux projections). La vitesse moyenne des chevaux à cette allure est de (). Le galop est une allure sautée et basculée, asymétrique, à trois temps suivis d'une période de projection. La vitesse moyenne des chevaux à cette allure est de 21 à (350 à ). Il arrive que le galop soit à quatre temps, lorsque le cheval atteint une grande vitesse en course ou dans la nature, ou lorsqu'il galope très lentement ou sur place (galop terre à terre). Le galop à quatre temps est une allure artificielle. Il existe différents types de galops, tels le galop à juste, le galop à faux ou contre galop, le galop rassemblé, le galop allongé, le galop désuni, ou encore le canter. Le reculer est une marche rétrograde qui est naturelle même si elle est relativement inhabituelle.
Le contre-galop, dans lequel le cheval galope à droite lorsqu'il tourne à gauche, et inversement, est une gymnastique qui oblige le cheval à engager le postérieur sur lequel il galope. C'est une excellente gymnastique qui améliore l'équilibre vertical en augmentant l'amplitude de l'épaule extérieure.
Certains chevaux possèdent des allures naturelles supplémentaires comme : Le tölt est une allure marchée à quatre temps. Le cheval conserve en permanence un pied en contact avec le sol et fournit un fort engagement des postérieurs. L'ordre des posés est identique à celui du pas. Il s'agit d'une allure très confortable pour le cavalier. On la trouve notamment chez le cheval islandais. L'amble volant (de course, ou sauté) que l'on retrouve aussi chez le cheval islandais, est un amble à dont un en suspension (à ne pas confondre avec l'amble commun, dit « de cochon » cf ci-dessous). Il s'obtient à partir du galop et peut atteindre la vitesse d'un galop de course. Certains chevaux américains ont des allures spécifiques proches de l'amble : le slow gait, le trot amblé et le running walk, ce qui signifie littéralement « marche en courant ».
Équilibre naturel du cheval Le cheval libre a son propre équilibre qui n'est pas forcément le meilleur. Des défauts de conformation ou de mauvaises habitudes peuvent lui provoquer des ruptures d'équilibre qui peuvent aller jusqu'à la chute. Le cheval sur les épaules et le cheval sur les hanches sont les deux formes d'équilibre naturel du cheval. Le cheval sur les épaules est bâti en descendant. La surcharge de son avant-main l'amène à baisser son encolure et à raser le sol. Le cheval sur les hanches a un équilibre plus mobile si les gestes de l'arrière-main ont pu se développer normalement. L'art du cavalier est de passer d'un équilibre à l'autre et de se déplacer ainsi sur des bases longues ou courtes.
Incidence du cavalier sur les allures naturelles
Le cheval monté subit le poids du cavalier, ses déplacements, et aussi une contrainte morale qui peut, tout comme la surcharge, provoquer des contractions et modifier ses allures naturelles. Selon la répartition de son poids, ses indications, son tact, le cavalier modifie plus ou moins heureusement l'attitude naturelle de son cheval. Il doit lui imposer, sans force aucune, les divers équilibres qui lui permettent de s'en rentre totalement maître.
Allures artificielles Les allures artificielles, aussi appelées « airs », résultent du travail et des assouplissements menés par l'homme. Toutefois, ces allures artificielles « sont tirées des naturelles » selon La Guérinière.
Airs près de terre Les airs près de terre, ou airs bas, sont :
Le passage qui consiste en un trot écourté et raccourci qui à une cadence extrême va jusqu'à la réalisation d'un temps de suspension de chaque base diagonale. Le piaffer consiste en un trot sur place, relevé, rond, suspendu et majestueux dans lequel le cheval se projette d'un diagonal sur l'autre. L'élévation des membres en suspension est plus accentuée que dans le passage. Le galop de manège est un galop raccourci du devant avec des hanches actives. Les changements de pieds au galop qui peuvent être exécutés isolément ou successivement. Les exercices de deux pistes dans lesquels le cheval se déplace latéralement. Les passades dans lesquelles en repassant sur la même piste, le cheval change de main à chaque extrémité du terrain. Les pirouettes, exécutées au pas, au trot, au galop ou au piaffer. Le galop terre à terre qui est un galop à deux temps, dans lequel le cheval pose alternativement ses deux antérieurs puis ses deux postérieurs, et progresse par petits sauts. Il précède le plus souvent un saut d'école.
Airs relevés
Dans les airs relevés, le cheval se détache du sol. Les airs relevés sont aussi appelés sauts d'école.
Les aires relevés sont :
La pesade ou levade : le cheval s'assied sur ses postérieurs qui demeurent immobiles, lève son avant main tout en gardant ses antérieurs repliés. Le mézair ou moitié-air qui se situe entre le terre-à-terre et la courbette. La courbette qui est une levade exécutée dans une cadence plus soutenue et dans laquelle les hanches accompagnent l'avant-main lorsque celle-ci touche le sol. La croupade dans laquelle, en l'air, le cheval conserve ses membres repliés sous lui et à l'horizontale. La ballotade, exercice proche de la croupade dans lequel le cheval, en l'air, présente ses fers postérieurs. La cabriole qui est une ballotade dans laquelle le cheval détache une ruade en employant toutes ses forces.
Airs de fantaisie Les airs de fantaisie sont apparus au XIXe siècle (ou n'ont pas fait l'objet d'écrits connus avant cette période).
Le pas espagnol consiste en un pas cadencé et majestueux. Il peut être exécuté à quatre temps égaux ou à deux temps, et est considéré comme une très bonne gymnastique Le galop sur trois jambes est un galop durant lequel un antérieur est maintenu en l'air, le cheval continuant à galoper avec ses trois membres restants. Il est particulièrement épuisant pour le cheval. Le galop arrière est un galop rassemblé au point de parvenir à reculer, le cheval reculant notamment des postérieurs à chaque foulée.. Ces deux derniers airs sont considérés comme des prouesses acrobatiques.
Allures défectueuses
L'amble, allure sautée, symétrique, rasante, à deux temps, par bipèdes latéraux. Cette allure est aussi employée par des chevaux de course sous harnais (American Standardbred). Dans les épreuves de dressage équestre, l'amble est considéré comme une dégradation de l'allure et est fortement pénalisé. En Galice cette allure s'appelle andadura galega, elle est considérée non seulement comme une tradition équestre millénaire, mais aussi comme un sport à part entière. C'était l'allure du palefroi des chevaliers ; les chevaux capables de tenir ce trot confortable pour le cavalier sur de longues distances avaient une grande valeur au Moyen Âge. Le trottinement, allure intermédiaire entre pas rapide et trot, mais sans amplitude ni engagement de la part du cheval. L'entrepas, allure intermédiaire entre la pas et l'amble. Le traquenard, trot décousu ou désuni où les battues diagonales sont dissociées, provoqué en général par un excès de vitesse ou un mauvais dressage. Ce trot irrégulier qui use prématurément le cheval est sanctionné en course par la disqualification du cheval. L'aubin, allure où l'avant-main galope tandis que l'arrière-main trotte, ou inversement. Le saut de pie, allure où le cheval a un enlevé de la croupe Le galop désuni, allure où le cheval galope à gauche des antérieurs et à droite des postérieurs, ou inversement. Le galop rompu, galop sans phase de projection. Le galop à quatre temps, galop où le bipède diagonal est dissocié, l'un des membres précède l'autre. On dit d'un cheval qui se déplace d'une façon syncopée qu'il "marche par à-coups".
Changement d'allure
Transition
Le passage d'une allure à l'autre (ou la transition dans une même allure) peut se faire via différentes aides qui peuvent être combinées : la voix, les mollets, les talons (ou les éperons), la posture du cavalier, les rênes (ou le licol), la cravache et le fouet. La combinaison de plusieurs d'entre elles permet d'éviter les transitions non désirées.
Le cheval profite toujours d'une base diagonale pour changer d'allure.
Allonger Allonger consiste à augmenter la vitesse d'une allure par extension des gestes. Pour obtenir un allongement d'allure, le cavalier doit accompagner sa demande d'une adaptation du centre de gravité au nouvel équilibre. Les bons allongements ne doivent pas être précipités et doivent procéder d'une allure équilibrée et élastique.
Qualité des allures
Équilibre Le cheval doit être en équilibre dans ses différentes allures. On distingue deux types d'équilibre :
L'équilibre longitudinal qui est la juste répartition du poids entre l'avant-main et l'arrière-main. De cet équilibre dépend la position de son centre de gravité. L'équilibre latéral qui est la juste répartition du poids entre les deux bipèdes latéraux.