Taralea opositifolia est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Fabaceae. C'est un arbre originaire d'Amérique du Sud. C'est l'espèce type du genre Taralea Aubl..

Il est connu en Guyane sous les noms de Bois-crapaud, Bois violet, Gagnac, Gagnac rivière, Gaïac, Gaïac de l'eau (Créole), Neko udu (Aluku). Au Venezuela, on le désigne comme Arepillo, Zapatero (Espagnol). Au Brésil, on l'appelle Cumarurana, Cundurú (Portugais), et ailleurs Almendrillo, Zapatero (Espagnol), Opposite Taralea (Anglais, nom commercial).

Taxonomie Taralea opositifolia appartient à la tribu des Dipterygeae (qui a fait l'objet d'une révision taxonomique) et est à ce titre proche de Dipteryx odorata qui produit les fèves tonka.

Description Taralea opositifolia est un arbre haut de pour environ de diamètre.

La base du tronc est digitée, ou à petits contreforts.

L'écorce est grise et lisse, avec un rhytidome blanchâtre, fissuré verticalement, lenticellé, rugueux.

Le phloème est de couleur crème à rose clair.

L'aubier est blanc à jaunâtre.

Les jeunes rameaux sont canaliculés.

Son bois a une densité de .

Les feuilles sont généralement opposées, composées, paripennées à (4)6-8 folioles souvent opposées.

Les folioles sont coriaces à finement coriaces, glabres, ponctuées-pellucides, à nervation peu visible sur la face supérieure, de forme ovale ou oblongue-elliptique, à apex aigu ou acuminé, à base arrondie ou large cunéiforme, et mesurant de long et de large.

La nervure médiane est déprimée sur le dessus, et carénée sur le dessus.

Les rachis sont légèrement comprimés, canaliculés, marginés, non prolongés, et longs de , à pétiolule pulvinné (pulvinules longs de ).

Les stipules sont caduques.

L'inflorescence est de type grappe ou panicule terminal pubérulent.

Les bractées et bractéoles sont lancéolées, longues de , rapidement caduques.

Les axes principaux sont longs de .

Les pédicelles mesurent de long.

Le calice coriace, gris-tomenteux campanulé se compose d'un tube long d'environ , d'où dépassent deux lèvres : la lèvre supérieure à 2 grands segments aliformes, est de forme oblongue-lancéolée, coriace, long d'environ pour ± de large, glabrescent, violacé ou rose à l'intérieur.

la lèvre inférieure à 3 dents courtes, est de forme linéaire-lancéolé.

Les sépales sont longs de .

La corolle aux ailes déployées mesure ± de large.

Les pétales sont violacés, onguiculés, longs de ± : l'étendard est souvent jaune ou tacheté de jaune, orbiculaire, réfléchi bifide, tandis que les ailes et la carène sont violettes oblongues.

On compte 10 étamines jaunes, monadelphes, avec des anthères versatiles, alternativement plus longues et plus courtes.

L'ovaire est blanc-soyeux, densément pubescent, un peu stipité, porte un petit stigmate terminal au bout du style, et contient l ovule.

Le fruit est une gousse déhiscente comprimée, plate, de forme ovale à elliptique, cunéiforme à chaque extrémité, mesurant de profil de long pour x de large, avec des valves glabres, épaisses, ligneuses, verdâtres à brun foncé à maturité, et contenant une graine unique.

La graine est ovale, comprimée, aplatie, inodore, mesurant de de long, pour de large.

Répartition Taralea opositifolia est présente en Amazonie : dans le nord (y compris l'Amazonie du Venezuela, la Colombie, le Guyana, le Suriname, la Guyane, et le bassin supérieur du Rio Negro au nord du Brésil), dans l'ouest (des pentes orientales des Andes jusqu'à la partie occidentale de l'Amazonie brésilienne, y compris l'Amazonie équatorienne, péruvienne, bolivienne et sud-colombienne, et l'État d'Acre au nord-ouest du Brésil), dans le centre (de la frontière ouest du Brésil au bassin du Rio Tapajós), et dans l'est (du bassin du Rio Tapajós à l'embouchure de l'Amazone, y compris l'Amapá, le Pará et le Maranhão).

Écologie Au Brésil, Taralea opositifolia est un arbre rare de mi-canopée, de fin de succession tardive dans les várzea basse. Il affectionne aussi bien les várzea basses (forêts inondées à plus de de hauteur, avec une période d'inondation moyenne de plus de 50 jours par an), que les Igapó (forêts inondées d'eaux noires et de , par exemple le long des Rio Negro, Rio Tapajós et Rio Xingú), jusqu'aux forêts amazoniennes de terre ferme (non inondées).

C'est une espèce de succession tardive, apparaissant parmi des arbres âgés de plus de 150 ans.

Avec sa hauteur moyenne de , elle occupe l'étage moyen dans la stratification forestière, parmi les arbres de .

Son feuillage est persistant : il ne présente pas de perte de feuilles remarquable.

Au Venezuela, Taralea opositifolia pousse dans les forêts ripicole au bord des rivières d'eaux noires, autour de .

On l'a vu fleurir en novembre en Guyane.

On a étudié les spécificités physiologiques entourant la formation des fleurs de Taralea oppositifolia.

Taralea oppositifolia est la plante hôte d'au moins deux insectes xylophages de la famille des Cerambycidae : Eclipta taraleaphila Tavakilian & Peñaherrera-Leiva, 2003 et Odontocera javieri Tavakilian & Peñaherrera-Leiva, 2003.

L'anatomie des folioles de Taralea oppositifolia et ses implications pour la systématique évolutionniste ont été étudiées.

Utilisation Le bois de Taralea opositifolia est très dur, utilisé pour la construction de maisons, des poteaux, des colonnes, des encadrements de portes et fenêtres, de la marqueterie, des panneaux et du parquets.

Ses extrait auraient des propriétés anti-cancéreuses.

Taralea oppositifolia présente un grand potentiel économique, notamment d'un point de vue médicinal. Une étude des structures sécrétrices a mis en évidence la présence de polysaccharides, lipides, d'alcaloïdes et de composés phénoliques

Les extraits de Taralea oppositifolia présentent des effets inhibiteurs de la tyrosinase qui joue un rôle dans la production de la mélanine et la pigmentation de la peau

Taralea oppositifolia fait partie des plantes médicinales amazoniennes décrites par C.F.P. von Martius au .

Diagnose vignette|gauche| Taralea oppositifolia (Pl. 298) d'après Aublet, 1775 (1. Bouton de fleur. - 2. Calice. - 3. Fleur épanouie. - 4. Gouſſe. - 5. fève. - 6. Foliole de grandeur naturelle.) En 1775, le botaniste Aublet propose la diagnose suivante :

Références

Voir aussi Articles connexes fève tonka Liste des plantes décrites par Fusée-Aublet

Liens externes

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