Un vers sotadéen ou vers sotadique (en latin : , en grec ancien ) a pour rythme fondamental l'ionique majeur | — — ∪ ∪ |. Le sotadéen est un tétramètre dicatalectique. C’est un vers utilisé en poésie morale et satyrique.

Étymologie Sa création est attribuée au poète grec Sotadès, d’où son nom.

Schéma Sotadès a lui-même écrit selon le schéma pur du vers : Ἥρην ποτέ | φασιν Δία | τὸν τερπικέ|ραυνον […]Fragment 7 D.

En utilisant — pour une syllabe longue, ∪ pour une courte, et X pour une syllabe anceps ou libre (dernière syllabe du vers, soit — soit ∪Voir Syllabe anceps (indifférenciée).), il se schématise de la façon suivante : | — — ∪ ∪ | — — ∪ ∪ | — — ∪ ∪ | — X |

Beaucoup de remplacements sont possibles : au niveau du mètre, l'ionique majeur peut être remplacé par l'ionique mineur : | ∪ ∪ — — |, par le molosse : | — — — | et même par des trochées : | — ∪ — ∪ |. au niveau des syllabes la longue du majeur (moins souvent la ) peut être remplacée par deux brèves.

Parentés

Les syllabes sont le plus souvent 13, 14 ou 15. Le sotadéen peut donc être très proche de l'hexamètre dactylique, ce dernier représentant un registre héroïque contraire au sotadéen, ressenti comme vulgaire et parfois affectéWei-Jong YEH, Structures métriques des poésies de Pétrone : pour quel art poétique ?, Louvain, Peeters, 2007, p. 104.. Un spondée final fait du sotadéen un vers dont le schéma métrique pur est palindromique, raison pour laquelle Sotadès est aussi connu pour être l'inventeur du palindrome.

Exemples antiques

En grec ancien

Voici sept vers sotadéens grecsPs.-Sotadès, 8 = Stobée, Anthologie, III-1-66. :

| — ∪ — ∪ | — — ∪ ∪ | — ∪ — ∪ | — ∪ | Τῆς τύχης σκοπεῖν δεῖ τὸ μέγιστον ὡς ἔλαττον͵ | — ∪ — ∪ | — — ∪ — | — ∪ — ∪ | — — | (deuxième mètre atypique) καὶ τὸ μὴ παρὸν μὴ θέλειν οὐδὲ γὰρ σόν ἐστιν. | — ∪ ∪ ∪ ∪ | — — — ∪ | — — ∪ ∪ | — ∪ | Ἀμφότερα μένειν οὐκ οἶδεν ἕστηκε γὰρ οὐδέν. | — — ∪ ∪ | — ∪ — ∪ | — ∪ — ∪ | — ∪ | Ἂν πλούσιος ὢν καθ’ἡμέραν σκοπῇς τὸ πλεῖον, | — ∪ — ∪ | — ∪ — ∪ | ∪ ∪ ∪ — ∪ | — ∪ | ἐς τοσοῦτον εἶ πενιχρός , ἐς περισσός. | — ∪ — ∪ | — — — | — ∪ — ∪ | — — | Ὡς πένης θέλει σχεῖν͵ καὶ πλούσιος πλέον σχεῖν͵ | — ∪ ∪ — — | — — | — — ∪ ∪ | — — | (erreur de West) ἴσον ἔχουσιν αὐτῶν αἱ ψυχαὶ τὸ μεριμνᾶν.

En latin

Voici quatre vers sotadéens latinsPétrone, Satyricon, XXIII-9. :

| — — ∪ ∪ | — ∪ — ∪ | — ∪ ∪ ∪ ∪ | — — | Huc huc cito convenite nunc, spatalocinædi, | ∪ ∪ — ∪ ∪ | — — ∪ ∪ | — ∪ — ∪ | — — | Pede tendite, curs(um) addite, convolate planta | ∪ ∪ ∪ ∪ ∪ | — — ∪ ∪ | — ∪ — ∪ | — — | (premier mètre atypique, que certains du coup rectifientWei-Jong YEH, Structures métriques des poésies de Pétrone : pour quel art poétique ?, Louvain, Peeters, 2007, pp. 527-529.) Femore facili, clun(e) agil(i) et manu procaces, | — — ∪ ∪ | — — ∪ ∪ | — ∪ — ∪ | — — | Molles, veteres, Deliaci manu recisi.

Références

Bibliographie Paul Maas, Greek Metre, Oxford, Clarendon Press, 1962, , . Alphonse Dain, Traité de métrique grecque, Klincksieck, 1967, , . Martin Litchfield West, Introduction to Greek Metre, Oxford, Clarendon Press, 1987, .

Articles connexes Métrique (poésie) Métrique antique Pied (poésie) Scansion Vers

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