Camaret-sur-Aigues est une commune française, située dans le département du Vaucluse en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Dénomination
Le nom officiel de la commune, défini par le Code officiel géographique de l'INSEE, est Camaret-sur-Aigues.
Toutefois, il est parfois fait usage, sans aucun caractère officiel, de l'appellation « Camaret-sur-Aygues » ou simplement « Camaret ».
Géographie
La commune de Camaret-sur-Aigues est située à 6,5 kilomètres au nord-est de la ville d'Orange.
Accès et transports Les routes départementales 23, 93 et 975 arrivent au bourg alors que la route départementale 43 le contourne par l'ouest.
L'autoroute la plus proche est l'autoroute A7.
Relief La commune est relativement plate avec une différence de seulement entre le point le plus haut de la commune, à l'extrême est de celle-ci, et le point le plus bas, situé à l'ouest-sud-ouest du bourg, en bordure de commune, au niveau de la mayre de Raphaëlis.
Géologie Le sol est principalement constitué d'alluvions quaternaires.
Sismicité Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtimentsZonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48..
Hydrographie vignette|centré|500px|L'Eygues, lieu de baignades. L'Eygues passe au nord du bourg. Plusieurs canaux (canal de Carpentras et canal du moulin) et petits cours d'eau comme les mayres de Mourelette, de Raphaëlis, d'Ancione passent aussi sur la communeL'eau dans la commune..
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Orange », sur la commune d'Orange à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en ..
Urbanisme
Typologie Au , Camaret-sur-Aigues est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022..
Elle appartient avec Travaillan à l'unité urbaine de Camaret-sur-AiguesUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération intra-départementale regroupant deux communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Camaret-sur-Aigues comprend une ville-centre et une commune de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Orange, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (84,2 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (89,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : cultures permanentes (66,1 %), zones agricoles hétérogènes (18,1 %), zones urbanisées (10,2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (3,3 %), forêts (1,4 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (0,8 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie La forme la plus ancienne est de Camareto, attestée en 1137. Ce toponyme suggère un thème pré-celtique *kam-ar avec le sens de hauteur arrondieAlbert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Éd. Larousse, 1968, ..
Histoire
Antiquité Au cours du , des fouilles avaient découvert du numéraire, des urnes funéraires, des lampes à huile, des vases dits lacrymatoires et des miroirs d'argent poli. Une pierre tumulaire épigraphe intégrée dans la façade d'une maison avait été descellée et vendue. Elle portait l'inscription S. P. SEVERIUS SIBI ET SVIS VIVUS FECIT. Avaient aussi été répertoriés des vestiges d'un aqueduc qui fournissait Orange en eau de sourceJules Courtet, , ..
Au cours du , des fouilles menées plus scientifiquement, ont permis de retrouver au quartier des Marelles un fragment d'autel épigraphe, et trois sépultures à tegulæ sur le site des GarriguettesRobert Bailly, , ..
Moyen Âge vignette|Porte des remparts médiévaux. Durant tout le bas Moyen Âge et jusqu'à la Révolution, Camaret dépendit de la baronnie de Sérignan. Elle avait d'abord appartenu à la principauté d'Orange puisque Raymond VII de Toulouse, comte de Provence, l'avait donné en fief, dès 1237, à Raymond des Baux. Ce fief fut donné comme dot à Tiburge d'Orange lors de son mariage avec Adhémar de Poitiers, comte de Valentinois. Celle-ci, en 1324, accorda l'élection de deux syndics pour représenter la communauté. Leurs successeurs, le , signèrent un prix fait pour que fussent édifiés de nouveaux remparts.
Le chevalier Guillaume Fabri fut coseigneur de Camaret-sur-Aigues jusqu'à ce qu'il fût condamné au chapitre des LattesAD du 13, série B1593f131v.. En 1346, ce fut l'ancien baile de Pélissanne (1345), Raymond Martini qui fut chargé de vendre ses biens. Vers 1346, Guillaume d'Orange fut seigneur de Camaret et de Sérignan. Noble et puissant, Jean de Baux, sire de Camaret et de Sérignan eut à son service comme juge ordinaire de ses deux terres, en 1369, un noble bachelier, originaire d'Orange, Bérenger Sadoyrani, juge d'Arles (1372) et de Sisteron (1387)Chiffoleau, Les justices, ..
Renaissance En 1495, le Conseil de Ville obtint de la baronnie l'autorisation que chaque habitant puisse cultiver une éminée de jardin exempte de dîme sur les fruits et les herbages.
Les guerres de Religion sévirent pendant une décennie. Camaret ayant été pris par les religionnaires, le , le capitaine pontifical Fabrice Serbelloni vient mettre le siège. Après quatre jours de canonnade, ses troupes investirent le village et passèrent par le fil de l'épée 100 prisonniers. Une nouvelle attaque des calvinistes de Nyons eut lieu en 1573. Mais leur homme de main qui devait leur ouvrir les portes fut démasqué et ils se retirèrent. Il n'en fut pas de même deux ans plus tard. Le , les huguenots d'Orange forcèrent la place, mais durent rapidement se retirer face aux troupes envoyées par le cardinal d'ArmagnacJules Courtet, , ..
Ces attaques ont permis de savoir qu'en 1565, les remparts s'ouvraient par trois portes : la Grande Porte ou Portail Bérenguier, dite aussi des Ursulines ; la porte Jaubert ou Portalet ; la porte Carbonnel. Celles du Portail et de Carbonnel étaient précédées d'un pont levis. Les affrontements finis, deux autres portes furent ouvertes, celle de la Brèche et celle de la TourRobert Bailly, , ..
Ce fut en 1599 que les deux syndics du village changèrent leur titre pour prendre celui de consul.
Révolution : les jugements de 1794 De nombreux habitants de Camaret impliqués dans des actions contre-révolutionnaires ont été emprisonnés à Orange sur dénonciations d'autres habitants. Parmi eux, la plupart furent relâchés faute de preuves, mais certains furent exécutés8 L 80 - Archives départementales du Vaucluse (dossiers de plusieurs personnes arrêtées à Camaret et jugées par le tribunal révolutionnaire d'Orange en l'an II).. : Le 12 thermidor : Joseph-Andéol Coste, ex-maire, juge de paix, président de la section fédéraliste, 42 ans (, Camaret) Nicolas Courbier, perruquier, fédéraliste, 35 ans (1759, Avignon) François Alphonse Martin Gaudibert, notaire, contre-révolutionnaire, réfugié à Camaret, 36 ans (1758, Vacqueyras) Le 13 thermidor : Louis Biscarrat, capitaine de la garde nationale, avait fait arrêter l'ex-maire révolutionnaire, dénoncé par son voisin, 52 ans (, Uchaux) Jean-Antoine ou Joseph-Antoine Lambert, médecin, secrétaire de la section fédéraliste, 46 ans (, Camaret) Louis Grangeon, cultivateur, avait escorté l'ex-maire révolutionnaire arrêté, 23 ans (, Camaret) Le 14 thermidor : Jean-Louis Raymond, cardeur de laine, contre-révolutionnaire, menaça les patriotes, 56 ans (, Camaret) Jean-Pierre Latour, assesseur de juge, notable et ex-maire, avait dénoncé plusieurs patriotes à la section fédéraliste, 52 ans (, Camaret) Le 15 thermidor : Bernard Collet, religieux récollet, a refusé de prêter le serment constitutionnel, 66 ans (, Camaret) Étienne-Simon Teyssier, a prêché le fanatisme, 76 ans (, Barbentane) Joseph Fabre, notaire, secrétaire de la section fédéraliste, 42 ans (, Violès)