Saint-Martin-de-Castillon est une commune française située dans le département de Vaucluse, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Géographie vignette|gauche|Vue du Luberon depuis le village. Le village de Saint-Martin-de-Castillon est un village perché des monts de Vaucluse, en face de la montagne du Grand Luberon sur lequel une partie de la commune s'étend. gauche|vignette|Au matin, vue du Luberon depuis le village.

Accès et transport Le principal axe de circulation est la départementale 900 (ex-nationale 100), dans la vallée du Calavon, reliant Céreste à Apt. Il est doublé, en parallèle, par une piste cyclable. Le GR9 traverse la commune sur laquelle passent d'autres chemins de randonnées vers le Luberon.

Hameaux et lieux-dits vignette|La Bégude de Saint-Martin-de-Castillon en 1909. La commune de Saint-Martin-de-Castillon compte plusieurs hameaux : Courenne les Basses Courennes la Bégude le Boisset la Tuilière le Griffon Glorivette.

Relief Au sud de la commune, le versant du Luberon s’élève à au rocher de l'Aigle. Il est entaillé de nombreux vallons parallèles. Au centre et au nord, se trouvent de petites vallées et plans de cultures coupés de collines occupées par de petits bois et des garrigues.

Voies de communication et transports Voies routières

Services autocars Lignes régionales, réseau Zou ! alt=|vignette|119x119px|Logo du réseau Zou ! Saint-Martin-de-Castillon est desservie parZou ! Le réseau de transport de la Région Sud :

2 lignes de PROXIMITÉ : + LigneTracé Avignon ↔ Apt ↔ Saint-Martin-de-Castillon ↔ Forcalquier ↔ La Brillanne Apt ↔ Saint-Martin-de-Castillon ↔ Banon

Sismicité

Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtimentsZonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48.

Hydrographie

Au sud du village, le Calavon traverse la commune d'est en ouest, formant une large vallée.

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Apt-Viton », sur la commune d'Apt à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...

Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022..

Urbanisme Typologie Au , Saint-Martin-de-Castillon est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Apt, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (53,7 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (52,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (39,1 %), zones agricoles hétérogènes (35,6 %), terres arables (18,1 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (6,5 %), zones urbanisées (0,7 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Histoire Préhistoire et Antiquité Dans les collines, le Néolithique a laissé ses marques (outillage lithique) sur l’oppidum de Sainte-Croix, dans l’abri sous roche de Castillon et sur les sites de Saint-Fare et du Cannet. Au quartier de Fournas, une épée de l’âge du bronze a été mise au jourSautel, Gagnière et Germand, Préhistoire et protohistoire. Essais historiques sur le département de Vaucluse, Lyon, 1933..

Grâce à la via antica, le commerce avec les Phocéens fut intense : oboles massaliotes datées du avant notre ère ont été retrouvées à Courenne, et le long de la Voie Domitienne (via Domitia) ce sont les monnaies impériales d’Auguste à Constantin ainsi qu'un autel dédié à Minerve qui témoignent de l’importance du trafic entre le et le .

Haut Moyen Âge vignette|La tour d'Embarbe. Cette prospérité est balayée par les grandes invasions. La dernière, celle des Sarrasins entre le , semble même avoir fait souche si l’on en croit la toponymie de certains lieux-dits de cette partie du Luberon : Barbière, Barbeiras, Tour d’Embarbe, Testanières, les Vallons des RoumisEn’Barba signifie le seigneur barbare, en provençal En’, pour un homme, et Na, pour une femme, sont des marques de noblesse, Testanières se traduit par les Têtes Noires, Roumi est le nom donné aux chrétiens par les musulmans.

Le monastère des bénédictines de Saint-Martin, cité dans le cartulaire d’Apt en 896 (monasteriolum S. Martini), a disparu, mais reste, près de la Bégude, Saint-Pierre le Reclus, qui en 1099 était la propriété de l’abbaye camarguaise de Saint-Pierre de Psalmody. Saint-Jean du « Boxetum », dans le cimetière du hameau du Boisset, est nommé dès 1020 et Santa-Maria de Pogito, dont le nom a été transformé en Notre-Dame de Courenne, date du La chapelle de Notre-Dame de Courenne était ornée, en réemploi, d’une «transcenna» carolingienne qui a été volée en 1976..

Bas Moyen Âge Du , le village est constitué de deux gros bourgs : Saint-Martin qui appartient à l’Église d’Apt, et Castillon (qui trouve son origine dans le castellum, le château-fort, fief des Agoult.

En 1119, les Agoult sont en conflit avec le comte de Forcalquier, Guillaume, qui prend d'assaut le châteauMariacristina Varano, Espace religieux et espace politique en pays provençal au Moyen Âge (). L'exemple de Forcalquier et de sa région, thèse soutenue à l'université d'Aix-Marseille I, 2011, 452.. Lorsque le comté de Forcalquier perd son indépendance en 1209, à la mort de Guillaume II, un de ses neveux, Guillaume de Sabran tente de le relever. Après une lutte de dix ans, il passe un accord à Meyrargues le 29 juin 1220 avec Raimond Bérenger IV, comte de Provence et lui aussi héritier du comté de Forcalquier. Par cet accord, la moitié sud du comté, dont Saint-Martin, lui est donnée. Guillaume de Sabran conserve sa moitié de comté jusqu'à sa mort, vers 1250Varano, , 486..

En 1314, les deux bourgs et leurs hameaux sont devenus les fiefs des Simiane, la branche jumelle des Agoult. Mabille de Simiane, dame de Castillon, par un acte daté de 1321, octroie à ses gens le droit de nommer leurs syndics. Sa seigneurie passera ensuite aux familles de la Voulte et de Ventadour.

Temps modernes En 1540, Pierre de Forli, le nouveau prince-évêque d’Apt, lance contre les hérétiques les premières escarmouches qui précédent les guerres de Religion : Castillon et son fort sont mis à sac et ruinés. Le bourg est abandonné par ses habitants qui se réfugient à Saint-Martin qui est mieux défendu. On perd même trace de son emplacement exact puisqu’en 1592, Jean Bompar, qui réalise la première carte de Provence, situe Castillon au pied du Luberon, sur la rive gauche du Calavon comme Auribeau et Castellet.

Le village prend le nom de Saint-Martin-de-Castillon au quand il devient le fief des Pontevès de Buoux. Ils revendront leur seigneurie, décimée par la Grande Peste entre octobre 1720 et août 1721, aux barons du Piguet au cours de l’année 1734.

La situation du village est telle que le négoce se plaint de ne pas trouver sur place des courtiers « auxquels ils puissent s'adresser pour l'achat de leurs vins ».

Révolution française

Lors de la Révolution, en 1790, les habitants choisissent d’appeler leur commune Luberon la Montagne. Changement qui ne fut pas du goût de tous, puisque cinq ans après la statue de la Liberté fut « trouvée sans bras ni tête, jetée dans la rue, toute mutilée ».

Un siècle plus tard, une riche agriculture s’était développée : vignes, fruitiers, légumes et blé. Celui-ci était moulu sur place dans les moulins installés depuis le Moyen Âge le long du Calavon.

Il est à signaler que le « Tombeau de la Musulmane » date de 1860 et a été construit en tant que chapelle funéraire par la famille Légier.

La fête des Fiélous vignette|La danse des fiélous en 1912. vignette|Place Principale du village. Au , le temps du Carême était coupé par une mascarade, la fête des «fiélous»Autrement dit la fête des fileuses., véritable bacchanale où chacun se travestissait et où la gauloiserie était élevée au niveau d’un art.

Un journal de l'époque donne un compte rendu de cette manifestation : « Rien de plus gai et d'amusant comme cette longue file de personnes, originalement costumée selon la mode du bon vieux temps, se livrant en cadence à des pas de la plus primitive des chorégraphies et toutes porteuses de quenouilles lumineuses, toutes chantant des couplets en langue provençale que le chœur reprend en se livrant à des avant-doux de recul... Cette joyeuse mascarade n'a que le tort de se produire en Carême »Le Mercure Aptésien, 2 mars 1879..

Les femmes sont revêtues d'un ample jupon blanc brodé ou garni de dentelles, parsemé d'étoiles, de lunes, d'ornements dorés ou argentés. Les hommes portent la veste noire décorée d'or et d'argent avec un col en dentelles. Leur chapeau blanc est recouvert de mousseline, garni de fleurs, de fruits, de rubans et autres colifichetsCette fête, digne des Saturnales ou des Lupercales antiques, revêt le caractère d'une danse astrologique destinée à chasser les génies néfastes et à augmenter la puissance fertilisante des rayons solaires..

Tous les participants chantent la chanson des «fiélous» :

Lei fieloua, lei cascavèu Ei tout ça qu'aven de pus bèu La candello que ia deduns Esclara nostre camin Ses amouçavo anarie mau Tant voudrie jita lou fanauCe qui se traduit par : Les quenouilles, les grelots / C'est tout ce que nous avons de plus beau / La chandelle qui se trouve dedans / Éclaire notre chemin / Si elle s'éteignait, ça irait mal / Il vaudrait mieux alors jeter le fanal.

Cette manifestation a été ponctuellement reprise depuis la fin du .

Seconde Guerre mondiale