La littérature malienne est une littérature africaine produite au Mali ( en 2022) ou par sa diaspora.
C'est une littérature essentiellement de langue française (pour l'écrit), mais se développe une production de textes, littéraires ou non, en langues africaines, même si les ouvrages (en langues maliennes), restent relativement peu connus et souvent inédits. L'arabe reste la langue de la religion musulmane, sous toutes ses formes.
Avant 1000 L’expansion de l'islam en Afrique débute avec la conquête musulmane du Maghreb (647-709), suivie de la conquête musulmane de la péninsule Ibérique (711-726). L’Islam au Mali débute au , sans doute introduit par les Kountas (Zénètes de Mauritanie), réputés détenteurs d’un prestigieux savoir intellectuel et religieux. Le commerce transsaharien (or, sel, ivoire, esclaves, bijoux, tissu, dattes, blé, etc.) s’effectue par les peuples berbères : Kountas et Touaregs.
La zone de langue soninké (langues mandées) s’organise longtemps autour du royaume du Ouagadou (de -300 à + 300), puis de l’empire du Ghana (300-1240), animiste, tolérant envers l’Islam quand celui-ci s’introduit. Mais les connaissances de cette période sont lacunaires. Et il n'existe pas (encore) de traces écrites.
1000-1500
La civilisation islamique, avec arabisation culturelle et islamisation religieuse, élargit progressivement le monde arabo-musulman et permet un âge d'or de l'Islam ( - ), y compris dans une partie du Sahel. Le Mandé, pays malinké ou mandingue, se réorganise dans divers royaumes sahéliens (750-1900).
L’Empire du Mali (1230-1545), ou empire mandingue, est le plus stable de ces États. Tous les empereurs en sont musulmans, la religion officielle est l'islam, mais la plus grande partie des populations y sont animistes, acceptant l'islam de l'empereur comme un attribut de sa force magique. L’empereur n'a pas la volonté de convertir la population, car, dans la société médiévale malinké, le commerce des prisonniers est source de revenus lors des guerres. L'histoire militaire de l'empire du Mali suggère de nombreux conflits, en lien en partie avec la traite orientale (ou arabe). De cette époque datent quelques témoignages d’observateurs arabes, géographes et historiens.
Le texte politique fondateur de l’empire mandingue est la Charte du Manden (vers 1222-1236), en malinké, inscrite sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité au Mali. Diverses aires culturelles préfèrent conserver leurs religions traditionnelles : Bambaras, Dogons, Khassonkés, etc.
La littérature de langue arabe (études islamiques, adab, poésie arabe) se développe, en même temps que les langues mandingues. L’hassanya, arabe dialectal sud-saharien, reste essentiellement un dialecte oral, et la plupart des écrits sont en arabe littéraire. Les trois grandes médersas (mosquées-universités) de Tombouctou, Sankoré (1325), Djingareyber (1327) et Sidi Yahya (1400-1440) accueillent de nombreux et grands érudits islamiques (anciens).. Les manuscrits de Tombouctou ( - ) attestent de la qualité intellectuelle et spirituelle de ces différents centres culturels, dont la Grande Mosquée de Djenné (vers 1280) ou la Mosquée de Larabanga (Ghana, vers 1400).
Diverses tariqa ou confréries soufies s’établissent et interagissent : principalement Qadiriyya, Sanousiyya, Tijaniyya, Hamalliyya.
Balla Fasséké (Balla Fassali Kouyaté) est, d’après la tradition, le premier griot, d’où découlent toutes les familles de griots et griottes (djélilu) mandingues, organisées en castes héréditaires. Le griot est réputé dépositaire de la tradition orale (histoire du pays, généalogie, art oratoire). Lors de ses performances, s’accompagnant du luth traditionnel à 4 cordes (djéli n’goni, kamele ngoni), il transmet le savoir collectif, et il le constitue. Ce qu’il déclare est réalité : déclamation des récits historiques, louange des héros fondateurs et de leurs exploits, recours au merveilleux, éloge des personnes notables, et d’abord du roi-guerrier que sa famille accompagne. Les performances peuvent être organisées pour toute sorte de cérémonie (mariage, deuil, victoire, défaite, etc.), par un griot seul mais le plus souvent en groupe musical. Les griots existent dans la plupart des pays de l’Afrique de l’ouest, avec diverses variantes.
Une littérature écrite en langues mandingues remonte au , aux performances orales conservées dans ce qu'on appelle aujourd'hui certains des manuscrits de Tombouctou : Épopée de Silâmaka et Poullôri, Épopée de Soundiata.
La caste des chasseurs dispose de ses propres bardes (soraw), pour chanter les éloges et les exploits (épiques) des membres de la caste.
1500-1850 Après l’Empire mandingue et l’Empire de Gao (850-1430), l’Empire songhaï (1464-1595) assure une stabilité, avant que la région devienne Pachalik de Tombouctou (ou du Soudan, 1591-1826), province marocaine, sans que rien change localement.
Les érudits islamiques continuent de travailler et constituent les manuscrits de Tombouctou ( - ), principalement en arabe, et très minoritairement en peul et en songhaï, conservés dans les mausolées de Tombouctou ( - ).
Parmi les érudits de la période : , Al-Qadi Aqib ibn Mahmud ibn Umar (1507-1583), Mohammed Bagayogo (1523-1593), Ahmad Baba al-Timbukti (1556-1616/1627) (Abu Al-'abbas Ahmed Ibn Ahmed Al-Massufi).
Les , en arabe, ce sont surtout quatre textes : la Notice historique (vers 1660) Mahmud Kati (1468 ?-1593 ?) (Mohamed Alpha Kota), explorateur, chroniqueur, Tarikh el-fettach (vers 1655), et la bibliothèque Fondo Kati Abderrahmane Es Saâdi (1596-1656), Tarikh es-Soudan (vers 1650) Baba Goro, Durar al-hisan fi akhbar baʿd muluk al-Sudan (Perles de beautés concernant la guerre menée par divers rois de Soudan) (vers 1660).
1850-1960 Le partage de l'Afrique (1880-1914), après les années 1870, aboutit à des colonies, intégrées dans des empires coloniaux, dont l’empire colonial français. Le Mali (Soudan français, Haut-Sénégal) est une partie de l’Afrique-Occidentale française (AOF, 1895-1958).
La langue française est la principale langue véhiculaire officielle durant cette période. Elle est enseignée à une infime partie de la population.
Pour la période coloniale, l'ensemble des textes écrits disponibles, en français, relève de diverses catégories, principalement issus des archives publiques, civiles, diplomatiques, militaires, pénitentiaires : archives publiques administratives, diplomatiques, militaires, pénitentiaires, archives religieuses chrétiennes, archives personnelles, correspondances privées, journaux intimes, travaux scientifiques (géologiques, hydrologiques, agronomiques, linguistiques, ethnographiques) travaux historiques, textes littéraires, dont poèmes, romans, récits, textes autobiographiques, etc.
Les mosquées et les confréries soufies mènent leurs propres activités d'enseignement et de recherche, tiennent leurs propres archives, le tout en langue arabe.
1960-2000
La littérature orale et écrite accompagne engagements, espoirs, désenchantements des populations. L’énergie s’emplit aussi des grandes heures pré-coloniales, des grandes figures du passé malien, comme Soundiata Keïta (1190-1255), Oumar Tall (1794-1864), Samory Touré (1830-1900). La geste d'El-Hadj Omar et l'islamisation de l'épopée peule L'épopée peule du Fuuta Jaloo (2011)
Le passé littéraire est valorisé, au sens : Institut des hautes études et des recherches islamiques Ahmed-Baba, Bibliothèque commémorative Mamma-Haïdara, Bibliothèque des Manuscrits al-Wangari.
Il existe plusieurs associations de blogueurs maliens : Association des Blogueurs du Mali (@assoblogmali), Les Blogueurs Maliens (LBM).... Le blogueur Boukary Konaté (-2017) dont le blog bambara-français Fasokan. a été remarqué lors du concours The BOBs (Éducation et Culture) en 2012.
Les publications en bambara, fulfulde, soninké, et autres langues africaines, restent quantitativement confidentielles.
2000-
Depuis 2000, chaque année, un festival littéraire Étonnants Voyageurs a lieu également à Bamako et dans les principales villes du Mali.
Depuis 2008, se tient, sur quatre jours, à Bamako, la Rentrée littéraire du Mali qui regroupe des écrivains et des hommes de culture du continent et de la diaspora pour célébrer le livre et ses acteurs. En 2018, les de la rentrée ont été célébrés et l'événement s'est étendu en délocalisant ses manifestations les villes de Djenné au centre du Mali et de Tombouctou au Nord. Sont attribuées diverses distinctions : prix Ahmed-Baba, prix Massa-Makhan-Diabaté.
Genres Toute l'expérience de l'orature n'est pas transcriptible.
Une grande partie passe par les diverses formes de chanson : interprètes, paroliers, chanteuses maliennes, chanteurs maliens, slameurs, slameuses.
Poésie Une des origines est la fonction de griot.
Ressources : Ismaila Samba Traoré, Anthologie de la poésie malienne, Bamako, Ed. La Sahélienne, Collection 50 voix, , Aziz Siten 'K, Anthologie Malienne de Slam Poésie, La Sahélienne, 2020 Pierre-Francis Lacroix (1924-1977), Poésie peule de l' Adamawa (1965) Siré Mamadou Ndongo, Le Fantang (1986), poèmes mythiques des bergers peuls, textes de la tradition orale peule Christiane Seydou. La poésie mystique peule du Mali (2008) . Le don du fleuve (Sendégué, Mali,poèmes peuls) (1998) Abdoul Aziz Sow, La poésie orale peule (2009)...
Théâtre Au Mali, selon les régions et les ethnies, de nombreuses formes traditionnelles de théâtre coexistent, divergeant en termes de forme, de personnages et d'actions. Le théâtre, généralement joué par de jeunes hommes, mêle rhétorique, parodie, comédie, imitation satirique. Les interventions ciblent des circonstances de la vie, comme la politique, le gouvernement ou les conflits de génération. Les acteurs attendent du public, partie intégrante du spectacle, des réactions spontanées, décidant si la rhétorique du porte-parole est considérée comme habile et spirituelle, scandaleuse.
Les spectacles de marionnettes et les mascarades se présentent également sous de nombreuses formes. Ce type de performance combine également théâtre, musique, danse et rhétorique. Les marionnettes peuvent représenter des stéréotypes de la société ou des fantômes, tandis que dans les mascarades les acteurs disparaissent entièrement sous des masques parfois immenses.
Dans les années qui précèdent et suivent l'indépendance du Mali, les gouvernements créent plusieurs compagnies de théâtre, de théâtre de marionnettes et de danse. Ces ensembles participent à des compétitions et jouent devant les invités des gouvernements respectifs.
En 1964, un institut culturel national est fondé, dont les activités conduisent à une certaine uniformisation des formes de théâtre et de danse, mais aussi marginalisent les cultures du nord-est du Mali au profit de celles du sud. Depuis que l'État s'est retiré du parrainage des troupes théâtrales professionnelles, les organisations d'aide au développement utilisent le théâtre comme médium. Ils espèrent utiliser ce forum culturel traditionnel pour mieux toucher le peuple malien avec ses préoccupations
Dans l’ethnie bambara, se pratique une forme de théâtre traditionnel dénommé kotéba. Chaque année, après les récoltes, les villageois se réunissent pour une fête où se mêlent les danses, les chants et le théâtre burlesque. À travers des saynètes, on se moque des villageois et de leur travers sans jamais nommer personne afin de ne pas blesser. Le kotéba permet de préserver l’unité du villageÀ chaque culture son théâtre ; Le théâtre traditionnel est d’abord populaire.
S’inspirant du kotéba, des troupes théâtrales tournent dans les villages afin de faire passer à travers les saynètes des messages concernant la santé (la prévention du sida, la vaccination) ou la protection de l’environnement.