La Semaine nationale de la culture, également connue sous le sigle de SNC, est une biennale culturelle qui se tient à Bobo-Dioulasso depuis 1990. C'est une manifestation pluridisciplinaire d'ampleur nationale, instaurée au Burkina Faso en 1983 sous l'égide du président Thomas Sankara, peu après la révolution voltaïque.

Historique

Origine La genèse de la SNC remonte à la fin de l'année 1983, lorsqu'elle voit le jour pour la première fois à Ouagadougou du 20 au . Ce premier rendez-vous culturel a réuni près de 2000 artistes de différentes disciplines, incluant les arts du spectacle, les arts plastiques et la littérature. Dès ses débuts, la SNC suscite un engouement tant auprès des artistes que de la population, affirmant ainsi sa vocation de rendez-vous culturel majeur dans le pays.

Au cours des années suivantes, la SNC a entamé une itinérance à travers les différentes régions du pays, illustrant ainsi sa volonté de promouvoir la culture burkinabé dans toute sa diversité. La deuxième édition, organisée à Gaoua en 1984, a constitué un tournant significatif dans l'histoire de la SNC, marquant l'expansion géographique de l'événement et son impact sur le développement culturel des régions hôtes. Des projets d'infrastructure majeurs, tels que la construction de salles de spectacles et d'un aérodrome, ont témoigné de l'engagement des autorités en faveur de la promotion de la culture à travers le pays. Après la quatrième édition qui s'est déroulée simultanément à Koudougou et à Réo, la manifestation connait une restructuration.

En 1985, la SNC fait une pause stratégique afin de réorienter ses objectifs et sa structure. Un séminaire national est ainsi organisé à Matourkou sous la supervision du secrétaire permanent de la SNC de l'époque, Prosper Compaoré, réunissant les acteurs culturels et les décideurs politiques autour de la redéfinition de la manifestation. À la suite de cette réflexion collective, la SNC reprend ses activités en 1986 à Bobo-Dioulasso, avec sa troisième édition, marquant ainsi le début de nombreux changements, notamment dans sa périodicité et sa localisation.

Évolution et Institutionnalisation À partir de la cinquième édition en 1990, la SNC devient biennale et se fixe à Bobo-Dioulasso. Cette décision a permis de renforcer l'ancrage de l'événement dans la vie culturelle du pays et de développer des infrastructures destinées à la promotion de la culture burkinabè.

Cette sédentarisation de la manifestation confère à Bobo-Dioulasso un statut particulier en tant que foyer culturel du pays, renforçant son attractivité et son rayonnement à l'échelle nationale et internationale.

De fil en aiguille, la SNC va prendre une envergure institutionnelle avec la construction dans la ville hôte de son siège qui sera inauguré en 2000, lors de la 10e édition. Un secrétariat permanent a été institué, avec Prosper Compaoré comme premier secrétaire permanent. Cette institution a joué un rôle crucial dans la planification et l'organisation de la SNC, contribuant ainsi à sa pérennité et à son rayonnement national et international.

Le tout premier parrain de la biennale est Adama Fofana , alors conseiller spécial du président du Faso et ancien ministre chargé des relations avec le Parlement. Au fil des années, la SNC devient l'une des manifestations culturelles d'envergure qui fait la renommée du Burkina Faso.

Éditions notables

2002: 12e edition L'histoire de la SNC n'a pas été exempte de défis. Si jusqu'à l'édition 11, la manifestation s'est toujours déroulée sans incidents majeurs, ce ne sera pas le cas en 2002, à la 12e édition. La veille, une foire commerciale, introduite pour la première fois, va connaître des imprévus. Un incendie , provoqué par un court-circuit dû à des branchements électriques, a ravagé 46 stands d'exposition de textile et de produits de la pharmacopée traditionnelle. Le sinistre avait occasionné la perte de plusieurs millions de FCFA.

2020: 20e edition Initialement prévue du au sous le thème "La diversité culturelle, ferment de l'unité nationale", la 20e édition a été reportée à cause de la pandémie de coronavirus. Quelques jours avant le début prévu, le gouvernement du Burkina Faso a décidé de suspendre les événements de grande envergure, conformément aux mesures sanitaires visant à limiter la propagation du virus. Après plusieurs reports, la 20e édition s'est finalement tenue du au .

Description La semaine nationale de la culture offre l'opportunité aux artistes burkinabè d'exprimer leurs talents dans divers domaines. Ainsi, toutes les expressions culturelles des treize régions du pays se rencontrent pour magnifier le riche patrimoine, la diversité et célébrer le vivre-ensemble des populations. Musique, danse, théâtre, littérature, Slam et plusieurs autres formes artistiques se côtoient. L'art culinaire, la lutte traditionnelle, le tir à l'arc et bien d'autres formes d'expressions culturelles et cultuelles sont valorisées.

Missions La SNC a pour mission d'identifier et valoriser le patrimoine artistique et culturel national; de promouvoir le rapprochement et le brassage harmonieux des différentes formes d'expressions culturelles du Burkina Faso; de promouvoir et valoriser les créations artistiques et littéraires du Burkina Faso et de sa diaspora; et de renforcer la coopération culturelle et artistique internationale.

Organisation L’organisation pratique est confiée à une structure administrative publique, dénommée «secrétariat technique de la Semaine nationale de la culture». Depuis sa création, la SNC a été principalement conçue en deux volets:

Volet compétitif (Grand Prix national des arts et des lettres): cette compétition met en lice des artistes dans divers domaines tels que les arts plastiques, les arts du spectacle, l'art culinaire, la littérature et les sports traditionnels. Elle se déroule en deux phases, comprenant les Semaines Régionales de la Culture (années impaires) et la phase finale (années paires). Volet festivalier: ce volet comprend une variété d'activités festives et de réflexion, telles que des foires commerciales, des conférences, des activités récréatives sur les plateaux off, ainsi que des manifestations littéraires et artistiques. Ces événements offrent une plateforme aux artistes pour exprimer leur créativité et leur talent, tout en favorisant le rapprochement et le brassage harmonieux des différentes expressions culturelles du Burkina Faso.

La Semaine régionale de la culture (SRC) C'est une étape préliminaire importante pour la participation au Grand prix national des arts et des lettres à la SNC.

Cette compétition, considérée comme le cœur de la culture régionale, est organisée à travers 14 événements régionaux. Les artistes, les sportifs et les professionnels de la culture participent au concours sans quota prédéterminé. Son objectif principal est de sélectionner les représentants des 13 régions du pays (plus la région autonome de Houet) pour la phase finale de la SNC, conformément au règlement intérieur de chaque catégorie artistique.

Le Grand prix national des arts et des lettres Le Grand prix national des arts et des lettres (GPNAL) est le cœur de la SNC. Il a été créé en 1974 avant le décret de création de la SNC en 1983. Il se déroule pendant la Semaine nationale de la culture (SNC).

C'est un cadre d'expression culturelle artistique. Plusieurs artistes et groupes d'artistes venus des différentes régions du Burkina Faso rivalisent de talent devant un public et un jury. Les prestations sont retransmises sur la Radiodiffusion-Télévision du Burkina (RTB). Dans les arts du spectacle, il y’a les disciplines artistiques suivantes: orchestre, danse traditionnelle, Slam, musique traditionnelle instrumentale, vedette de la chanson traditionnelle, chœurs populaires, etc.

Plus d'une soixantaine d'ethnies se retrouvent pendant une semaine pour célébrer ensemble leurs valeurs culturelles.

Les compétitions du GPNAL sont organisées autour de cinq catégories comportant chacune des disciplines, genres ou rubriques et se déroulent en deux phases matérialisées par les Semaines régionales de la culture (année impaire) et la phase finale (année paire). La compétition va mettre en valeur des variétés d'arts, avec pour les arts du spectacle deux pools (adulte et jeune):

Catégorie A: les arts du spectacle comprenant deux (02) pools repartis en neuf disciplines: Le Pool adulte (danse traditionnelle, musique traditionnelle instrumentale, chœurs populaires, vedette de la chanson traditionnelle, création chorégraphique, orchestre et slam) Pool jeune (danses traditionnelles et ballet). Pendant trois jours, les enfants venus des différentes régions du Burkina Faso étalent leur savoir-faire et leur savoir-être en matière d'identité culturelle

Catégorie B: Les arts plastiques : Les compétitions en arts plastiques sont constituées essentiellement de peinture, de sculpture et de Batik (technique d’impression des étoffes pratiquée au Burkina Faso). Catégorie C: La littérature française et la langue nationale La catégorie de la littérature en français est composée de roman, nouvelle, poésie, théâtre, conte et de la littérature en langues nationales mooré, dioula et de fulfulde. Catégorie D: L'art culinaire: Pour l’art culinaire, il y a les plats légers, les plats lourds, les boissons et les desserts. Catégorie E: Les sports traditionnels: Dans la catégorie sports Traditionnels nous avons le tir à l'arc et la lutte traditionnelle.

Palmarès officiel du grand prix national des arts et des lettres de la SNC 2018: 19e édition

Catégorie lutte traditionnelle +PoolCatégoriepoidsLauréatsPrixRégionJeune fille1ère 41/45Dianda Aminata 150 000FSud-EstJeune fille2ème46/50Da.Y.Loraine 150 000FSud-OuestJeune fille3ème55Toni Sabine150 000FBoucle du Mouhoun Jeune garçon1ère 41/45Foro Armel Odilon150 000FBoucle du Mouhoun Jeune garçon2ème46/50Toé Lamou Aimé 150 000FBoucle du Mouhoun Jeune garçon3ème51/55 Zanté Dominique150 000FBoucle du Mouhoun Adulte1ère 65/75Diallo Serge200 000FBoucle du MouhounAdulte2ème76/85Toni Ferdinand 200 000FBoucle du MouhounAdulte3ème86+Zerbo Eloi200 000FBoucle du Mouhoun

Catégorie Tir à l’arc PoolLauréatsPrixRégionJeune garçonKambiré Ollo Bouototé 100 000FSud-Ouest Adulte dameOusse Ini Brigitte100 000FSud-Ouest Adulte hommeKambiré Tho 150 000FSud-Ouest

Catégorie Art culinaire DisciplinesLauréatsPrixRégionPlat léger Nikiema/Kabré Mamounata 200 000FCentre-Est (Koulpélogo) Plat lourdKouraogo Koudpoo200 000FSud-Ouest (Poni) DessertZoungrana Cathérine 200 000FCentre (Kadiogo)BoissonKonseibo T. Donalde200 000FPlateau-Central (Oubritenga)

Catégorie Littérature DisciplinesLauréatsPrixTitreRomanAlexis Pengwendé Yameogo500 000FMoah, le fils de la folleNouvelleWenceslas K. M. COMBARY500 000FL’agression originelle et autres nouvelles PoésieJoseph Sanou500 000FPar-delà les dunes, l’Oasis

Catégorie Art plastique DisciplinesLauréatsPrixSculptureTraoré Ibrahim500 000FPeintureAndré Sanou 500 000FBatik Ouédraogo Samuel 500 000F

Catégorie art du spectacle sous la catégorie d'expressions culturelles traditionnelle PoolDisciplinesLauréatsPrixRégionJeuneBallet Zoukana Création1000 000FHaut bassins/ houetAdulteSlamMinoungou Nathanael dit Melerd500 000FEst/Gourma AdulteOrchestre Douglipo 1000 000FEst/Gourma AdulteCréation chorégraphique Centre Guiré1000 000FCentre/Kadiogo Des prix d'une valeur de 500 000 à 600 000 FCFA ont été attribués aux ambassadeurs de chaque région.

Catégorie art du spectacle sous la catégorie disciplines des expressions culturelles modernes d'inspiration traditionnelle par régions

Boucle du Mouhoun DisciplinesLauréatsPrixProvincesDanse Traditionnelle Pool AdulteTroupe Nazounki de Dossi600 000 F CFABalésDanse Traditionnelle Pool JeuneTroupe Yoropo600 000 F CFAMouhoun Musique Traditionnelle InstrumentaleTroupe Yiribasso600 000 F CFAMouhounChœurs PopulairesChœur Populaire de Bounou 600 000 F CFABalés Vedette de la Chanson ModerneDrabo Sali500 000 F CFASourou