Couma guianensis est une espèce d'arbres néotropical de la famille des Apocynaceae. C'est l'espèce type du genre Couma Aubl..
Il est connu en Guyane sous les noms de Bois vache, Mapa, Coumé (Créole), Yuwa (Wayãpi, Teko), Ukum (Palikur), Sorva (Portugais), Miliki udu, Bad wud (Aluku, Taki-taki), Gan Mapa (nenge tongo), ou Coumier de la Guyane, Poirier de la Guyane, Poirier des Créoles (Exposition ColonialeHerbarium de l'Exposition Coloniale, 1870).
Au Suriname, on l'appelle Péra (Sranan tongo, Arawak), Amaapa*, Amaa-parjan, Akoema (Kali'na), Mappa* (Nenge tongo), Dokalli* (Aluku) (*= noms partagés avec Ambelania sagotii et Parahancornia amapa).
Le monde anglophone le désigne comme Dukaballi (Démérara). Dans le monde hispanophone, il est nommé Gaimaro macho, Nicuyé, Vacahosea (Venezuela). Au Brésil, on l'appelle Sorveira, Sowa (Portugais).
Description Couma guianensis est un grand arbre atteignant de haut (environ de haut dans les forêts de savanes). Son tronc cylindrique atteint de DHP. La cime est peu importante et irrégulière. L'écorce, les tiges et toutes les parties contiennent un latex très abondant, épais, non vénéneux, se coagulant très vite. Le bois est doux, fibreux. L'écorce noire et écailleuse, régulièrement fissuré, verruqueuse, verdâtre, est fibreuse à l'état frais, devenant granuleuse en vieillissant, rugueuse et fendillée, formant un réticule régulier. Le flachis rouge, exsude un latex blanc abondant. Les jeunes rameaux sont bruns, trigones, devenant très rugueux et noirs. Il tend à produire une branche à l'aisselle de chaque feuille.
Les feuilles sont simples, entières, opposées au stade du semis, devenant rapidement verticillée par 3. Le limbe mesure environ , est glabre, coriace, pendant, caduque, de forme elliptique à largement elliptique, à base aiguë à arrondie rétrécie et à l'apex courtement acuminé, vert foncé sur le dessus (face adaxiale), et vert pâle sur la face abaxiale. Les 10-13 paires de nervures secondaires sont imprimées sur le dessus, saillantes abaxialement, et se rejoignent et s'anastomosent à de la marge. Les nervures tertiaires sont principalement transversale, s'étendant au-delà des nervures secondaires. Le pétiole long de , est doté d'une glande intrapétiolaire. Les stipules sont presque toujours absents ou réduits à une côte unissant les pétioles.
L'inflorescence est organisée en groupes de 3 corymbes axillaires, situés vers le sommet des rameaux, d'environ de diamètre, alternant avec des jeunes feuilles rose pâle, légèrement poisseuses. Ses ramifications et les calices sont de couleur brun-violet avec des lenticelles brun clair. Les bractées et bractéoles sont minuscules. Les pédicelles sont longs d'environ .
Le calice est long de . Les lobes des 5 sépales brun-violet, sont longs de , pubescents sur les deux faces. La corolle légèrement parfumée, comporte un tube glabre à l'extérieur, parsemé de longs poils à l'intérieur et dans la gorge, long de pour de large. Les lobes des 5 pétales sont roses en dessous, acuminés, pubescents sur les deux faces, mesurant . Il existe un wikt:indument infrastaminal, violet foncé. Les anthères sont obtuses, longues de . L'ovaire est glabre, avec l’extrémité du style dépassant à peine le calice.
Le fruit est une baie globuleuse, portée par un pédoncule long de , mesurant environ . Sa peau est fine, jaune, devenant rouge-roussâtre à maturité, est striée longitudinalement La pulpe comestible est douce.
Il contient 4 à 5 graines ovales, aplaties, longues d', dans une pulpe de même couleur que la peau.
Répartition Couma guianensis est présent au Suriname, en Guyane et au nord du Brésil jusqu'à l'est du Pérou.
Écologie Couma guianensis est un grand arbre à feuillage caduque, commun des forêts anciennes et des vieilles forêts secondaires de terre ferme (non inondées).
En Guyane, Couma guianensis fleurit avant de feuiller en août-septembre, et fructifie en (juillet-)septembre-octobre ou d'octobre à février.
La chute des feuilles et la feuillaison de Couma guianensis ont été étudiées : ces arbres défeuillent au moins une fois par an (avec 2 intervalles de 5 à 18 mois), et cela peut se produire à n'importe que mois de l'année.
Le pollen de Couma guianensis a été décrit.
On observe des inclusions minérales microscopiques dans le xylème de Couma guianensis
Couma guianensis aurait des propriétés allélopathiques et antifongiques.
Couma guianensis est pollinisé par des Apidae, et disséminé notamment par les singes Tamarin à face nue de Martins.
Couma guianensis produit une litière de composition variable.
Couma guianensis est une des plantes hôtes de la larve de l'Arlequin de Cayenne Acrocinus longimanus (Linnaeus, 1758) (Cerambycidae), de Hylettus coenobita (Erichson, 1847) (Cerambycidae), de nématodes gallogènes Meloidogyne spp., et de la mouche antillaise des fruits Anastrepha obliqua (Macquart, 1835).
Culture On multiplie Couma guianensis par graines. Il rejette facilement de souche.
Utilisation Couma guianensis est surtout réputé pour ses excellents fruits : avant maturité, le fruit contient un latex âpre. Bien mûre, la pulpe est un peu pâteuse mais douce et de goût agréable, et peut être consommée crue.
Les Créoles de Guyane considèrent son abondant latex blanc comme buvable et nourrissant. Il peut être ajouté au thé ou au café à la place du lait.
Le bois de Couma guianensis est « tendre » (comparativement aux essences guyanaises habituelles), de couleur claire, léger, homogène en couleur et en grain, avec des propriétés proches des résineux utilisés en Europe, et est peu exploité.
Chez les Wayãpi, le latex blanc et doux est léché sur le tronc incisé pour soigner la diarrhée. Ils consomment le fruit après l'avoir battu (pour coaguler son abondant latex) : sa chair est également considérée comme antidiarrhéique (l'usage est similaire pour Ambelania acida).
Au Brésil, le latex de Couma guanensis était une marchandise prisée chez les Caboclos à l'époque du boom du marché du caoutchouc, mais elle n'a plus aucune valeur aujourd'hui.
Ce latex, mélangé à l'huile de ricin, est utilisé comme anthelminthique et anti-dysentérique.
Il serait par ailleurs dangereux pour les yeux, car il peut coller à la cornée.
Il peut aussi entrer dans la composition de peinture à la chaux.
Dans le genre Couma, plusieurs espèces sont employées sous le nom commercial de Cow tree dans l'industrie du chewing-gum.
Chimie De la gomme tirée du latex de Couma guianensis, appelée « Goma de Mascar », a été rapportée par Aublet au et analysée par le Dr Rouelle :
Protologue En 1775, le botaniste Aublet propose le protologue suivant :
Références
Références taxinomiques
Catégorie:Rauvolfioideae Catégorie:Espèce d'Apocynaceae (nom scientifique) Catégorie:Plante décrite par Aublet Catégorie:Fruit tropical Catégorie:Arbre fruitier Catégorie:Plante décrite en 1775 Catégorie:Plantes comestibles de Guyane