Kenneth Robert Rosewall dit Ken Rosewall, né le à Sydney (Australie), est un joueur de tennis australien, dont la carrière s'étend de 1949 à 1980.
Considéré comme l'un des plus grands champions de l'histoire du tennisGreatest Player Of All Time: A Statistical Analysis by Raymond Lee, Friday, September 14, 2007Ray Bowers on Tennis Server (2000), il a remporté 133 titres en simple messieurs, dont vingt-cinq tournois professionnels considérés comme majeurs qui se décomposent en huit titres du Grand Chelem, quinze titres du Grand Chelem professionnel et deux WCT Finals, soit l'un plus grands palmarès de l'histoire du tennis masculin en simple.
Rosewall est le joueur qui a probablement le plus disputé de simples dans l'histoire du tennis masculin, au moins connus à ce jour.. Il est aussi probablement le joueur qui a remporté le plus de simples dans l'histoire du tennis soit connus à ce jour..
Rosewall est le seul tennisman, avec Rod Laver, à avoir accompli le Grand Chelem professionnel, en 1963, s'adjugeant le U.S Pro, le French Pro et le Wembley Pro dans la même saison. Il totalise vingt-trois titres de catégorie « Chelem » (Pro Slam et Grand Slam), amateurs, professionnels et ère Open cumulés.
Il a fait partie des vingt meilleurs joueurs du monde (amateurs et professionnels confondus) chaque année de 1952 à 1977, soit pendant plus d'un quart de siècle sans interruption. Il fut probablement l'un des deux meilleurs joueurs du monde pendant environ neuf années et le meilleur de la première moitié des années 1960.
Vainqueur de la Coupe Davis à trois reprises avec l'équipe d'Australie, en 1953, 1955 et 1956, Ken Rosewall fit également preuve d'une longévité inégalée : passé professionnel en 1957, il joue son ultime tournoi en 1982, à l'âge de 47 ans. Il fut également le joueur le plus âgé (37 ans, 2 mois et 1 jour) à remporter un titre du Grand Chelem, à l'occasion de l'Open d'Australie 1972, et le plus âgé à atteindre une finale d'un tournoi du Grand Chelem, lors de l'US Open 1974, à l'âge de 39 ans.
Rosewall est membre du International Tennis Hall of Fame depuis 1980.
Carrière La carrière amateur : 1950-1956 Comme la très grande majorité des joueurs de tennis qui ont commencé leur carrière avant l'ère Open, Rosewall débute sur le traditionnel circuit amateur géré par la Fédération internationale de lawn tennis et par les fédérations nationales avec notamment la Coupe Davis, qui est le principal objectif des joueurs de cette époque (les tournois du Grand Chelem étant certes importants mais souvent secondaires comparés à l'épreuve créée par Dwight Davis).
Rosewall s'est notamment révélé pour la première fois à 15 ans et 11 mois quand il atteint, en , les demi-finales du New South Wales Metropolitan Championships (à ne pas confondre avec the New South Wales Championships), battu par Ken McGregor, alors le australien derrière Frank Sedgman.
En , Rosewall remporte son premier tournoi à Manly près de Sydney.
En 1952, il est probablement devenu pour la première fois un des 20 meilleurs joueurs du monde (amateurs et professionnels confondus) : dans son classement uniquement réservé aux amateurs, Lance Tingay du Daily Telegraph de Londres le classa ex æquo avec son partenaire de double Lew Hoad. Rosewall avait entre autres atteint les quarts de finale des Internationaux amateurs des États-Unis à Forest Hills, en battant notamment en huitièmes la tête de série américaine, Vic Seixas (à l'époque le tournoi désignait des têtes de série américaines et des têtes de série étrangères).
Il vient juste d'avoir 18 ans lorsqu'il reçoit le trophée des Internationaux amateurs d'Australie, son premier titre dans un tournoi du Grand Chelem. Quatre mois plus tard, il récidiva à Roland-Garros et il conquit aussi le titre du Pacific Southwest à Los Angeles (ce tournoi était considéré par beaucoup comme le grand tournoi des États-Unis après Forest Hills). Pour compléter le tableau, il atteint aussi les quarts de finale à Wimbledon et les demi-finales de Forest Hills, où il fut battu par Tony Trabert le futur vainqueur du tournoi. Ce dernier ayant récidivé lors du Challenge Round (« tour du défi ») de Coupe Davis, beaucoup d'experts accordèrent la première place chez les amateurs à Tony Trabert, Rosewall étant crédité de la dans cette catégorie.
Rosewall régresse un peu dans la hiérarchie en 1954 car il se contente d'une place de finaliste à Wimbledon et son pays avait perdu la Coupe Davis au profit des États-Unis.
L'année suivante, Rosewall remporte tous ses simples de Coupe Davis, permettant ainsi à son pays de reconquérir le saladier convoité. En remportant les Internationaux amateurs d'Australie, il a empêché Tony Trabert de réaliser le Grand Chelem amateur en 1955. Ce dernier prit sa revanche en finale des Championnats des États-Unis amateurs à Forest Hills.
En 1956, Lew Hoad et Ken Rosewall gagnent les trois titres en double des tournois sur herbe du Grand Chelem. Lors de leurs jeunes années, les deux Australiens sont affublés de divers surnoms comme « The Gold-dust Twins » ou « The Whiz Kids » pour exprimer leur précocité et leur talent. En , Rosewall priva encore un joueur du Grand Chelem, en l'occurrence Hoad, son partenaire de double, en finale de Forest Hills. Si Hoad fut sans conteste le meilleur amateur et de loin en 1956 (défense victorieuse de la Coupe Davis et petit Chelem), Rosewall fut le meilleur amateur de fin de saison en vainquant Hoad 3 fois de suite (Forest Hills, Adelaide et Melbourne).
Lors de sa carrière amateur, Rosewall participe à 3 Challenge Rounds victorieux de Coupe Davis (1953, 1955, 1956). Dans cette épreuve, il remporte 15 simples sur 17 (durant l'ère Open, il participe, en double, à une autre conquête en 1973 et gagne 2 simples sur 2 en 1975). Il a aussi remporté 1 Championnat amateur des États-Unis (1956), 1 Roland-Garros amateur (1953), 2 Championnats amateurs d'Australie (1953, 1955) et le Pacific Southwest à Los Angeles (ce tournoi créé en 1927, avait à l'époque le troisième plus beau tableau de joueurs après Wimbledon et Forest Hills). Rosewall a aussi atteint 4 grandes finales (2 à Wimbledon, 1 à Forest Hills et 1 en Australie (plus 1 à Los Angeles)).
Il quitte ensuite le circuit traditionnel amateur.
Banni des grands événements traditionnels : la carrière professionnelle de 1957 au 30 mars 1968
Le promoteur et ancien joueur professionnel Jack Kramer avait essayé d'embaucher les « Whiz Kids » (Hoad et Rosewall) fin 1955 sans succès mais un an plus tard il est revenu à la charge et Rosewall a finalement accepté l'offre de Kramer. Lors du Challenge Round de la Coupe Davis en Rosewall a essayé de convaincre son coéquipier Hoad de le rejoindre dans les rangs professionnels mais ce dernier n'a pas sauté le pas.
Rosewall a ainsi joué son premier match professionnel, le à Kooyong (Melbourne) contre le meilleur joueur professionnel de l'époque Pancho Gonzales. Mais comme Rosewall l'a expliqué plus tard, il a constaté à ses dépens la grosse différence de niveau qui séparait les meilleurs amateurs des meilleurs professionnels : dans la tournée en Australie et aux États-Unis qui a opposé les deux joueurs jusqu'en mai, Gonzales est sorti net vainqueur en dominant Rosewall, 50 matchs à 26. Lors de pauses dans la tournée Rosewall a aussi participé à 2 tournois, l'Australian Pro (Championnats professionnels d'Australie) à Sydney en février et l'U.S. Pro (Championnats professionnels des États-Unis) à Cleveland en avril : ces compétitions ont clairement révélé l'écart entre les meilleurs pros et les meilleurs amateurs puisque Rosewall fut nettement battu, en ne remportant aucun set, respectivement par Sedgman (deuxième meilleur pro en 1956) et par Segura (troisième meilleur pro en 1956). Après la Seconde Guerre mondiale, parmi les meilleurs amateurs des joueurs tels que Dinny Pails, Frank Parker, Ken McGregor, Ashley Cooper, Malcolm Anderson, Mervyn Rose, Alex Olmedo, Barry MacKay, Butch Buchholz ou Fred Stolle ont nettement échoué dans les rangs professionnels. Cependant une minorité de grands joueurs amateurs ont réussi, grâce à leur talent et à leur travail très dur, à remporter quelques grandes épreuves professionnelles au bout de quelques mois ou d'une année : Kramer, Pancho Segura, Gonzales, Frank Sedgman, Trabert, Hoad, Andrés Gimeno, Rod Laver. Rosewall fut aussi de ceux-là puisqu'en , huit mois après ses débuts pro, il remporta le titre de Wembley Pro, le plus grand tournoi européen de l'époque, où seuls Sedgman et Trabert parmi les meilleurs manquaient, aux dépens de Segura. Et en fin d'année Rosewall gagna sa première tournée professionnelle, en compagnie de Hoad, Sedgman et Segura, en Australie.
En 1958 Rosewall eut l'opportunité de montrer qu'il était déjà un des meilleurs si ce n'est le meilleur joueur du monde sur terre battue. L'année précédente, les Championnats Professionnels de France ou French Pro (appelés aussi Championnats du monde professionnels sur terre battue quand ils étaient disputés à Roland Garros) n'avaient pas été organisés mais ils revinrent en 1958. Rosewall battit successivement Kramer, Sedgman et Hoad, blessé, pour empocher le titre. Rosewall termina aussi du tournoi des Champions à Forest Hills (incidemment aussi le site des Internationaux amateurs des États-Unis) et ex æquo (avec Gonzales et Sedgman) au Masters Round Robin Pro de Los Angeles (ces deux tournois américains étant les plus importants du pays cette année-là).
En 1959 pour la première fois depuis son passage chez les pros, Rosewall a mené face à Gonzales dans les tête-à-tête : 3 à 2 selon les statistiques de Joe McCauley qui fut notamment journaliste dans la revue américaine « World Tennis » (et même 5 à 2 selon The Times (New York) et le Sunday Times (of England) d'après ce qu'a écrit Peter RowleyKen Rosewall Twenty Years at the Top p. 182. Hormis cela Rosewall a gagné les deux éditions des Championnats professionnels du Queensland en 1959 (celles de janvier et de décembre).
L'année suivante Rosewall a de nouveau été intégré dans une grande tournée professionnelle mondiale, de janvier à mai, aux États-Unis, en Europe puis en Australie, avec Gonzales, Segura et Alejandro « Alex » Olmedo la nouvelle recrue professionnelle, meilleur amateur avec Neale Fraser en 1959. Cette tournée fut probablement l'apogée de toute la carrière de Pancho Gonzales. Le bilan final fut le suivant : 1. Gonzales 49 matchs gagnés et seulement 8 perdus, 2. Rosewall 32-25, 3. Segura 22-28, 4. Olmedo 11-44. Rosewall termina donc loin de Gonzales. Au milieu de la partie nord-américaine de la tournée Gonzales menait 23-1 (défaite unique, 6-4 4-6 13-11, face à Olmedo à Philadelphie) alors que Rosewall affichait un bilan de 11-13. À la fin de la tournée Gonzales avait battu Rosewall probablement 15 victoires à 4 (13-3 sûr). Incidemment cette tournée était une preuve de plus démontrant que les meilleurs professionnels étaient bien les meilleurs joueurs du monde puisqu'Olmedo termina bon dernier de ce tour.
Juste après cette tournée Gonzales disputa un tournoi mineur sans grands noms qu'il remporta le et décida de prendre sa retraite (comme souvent chez Gonzales ce fut une décision temporaire puisque, ayant besoin d'argent selon ses propres termes, il revint sur les courts le soit 7 mois 1/2 plus tard). En l'absence de Gonzales, Rosewall devint clairement le leader, remportant 6 tournois dont les 2 plus importants de l'année, chronologiquement le « French Pro » (c'est-à-dire les Championnats professionnels de France) à Roland Garros, et le tournoi de Wembley Pro (Hoad finaliste à Roland Garros et vainqueur de 4 tournois s'affirma comme le dauphin de son compatriote).