L'émeute du dimanche 20 juillet 2014 à Sarcelles désigne des déprédations antisémites dans un centre commercial d'une ville de banlieue parisienne à forte population juive, après la dispersion d'un rassemblement statique organisé près de la gare RER, à un kilomètre de là, contre guerre de Gaza. Interdit, il avait réuni environ selon la police. et les organisateurs..
Pendant près de deux heures, jusqu'aux environs de 19 heures, à seulement quelques dizaines de mètres d'une synagogue, protégée par des cars de CRS, de nombreuses entreprises de Sarcellois, Juifs et non-Juifs, ont été attaquées et pillées par des émeutiers, pour certains armés de barres de métal et de gourdins en bois. Le gouvernement révèle le lendemain qu'un tract anonyme retrouvé dans un abribus avait appelé précédemment à une "descente" dans le quartier juif de la ville avec des armes blanches.
Le lendemain, le gouvernement dénonce fermement l'antisémitisme de l'émeute. Certaines informations de presse erronées seront corrigées par la suite, comme celle d'une synagogue "en partie incendiée" et d'un "commissariat attaqué". Sur la vingtaine de personnes arrêtées pendant et après la fin de l'émeute, quatre sont mineures et quatre sont condamnées en comparution immédiate à de la prison ferme pour port d'arme ou attaque de la police.
Les organisateurs du rassemblement, qui le voulaient "pacifique", mettent de leur côté en cause le rôle joué par une contre-manifestation, elle aussi interdite, annoncée le même jour à Sarcelles par la Ligue de défense juive (LDJ), impliquée le dimanche précédent dans une échauffourée avec des jeunes revenant d'une autre manifestation contre guerre de Gaza, s'étant dispersée moins d'un demi-kilomètre plus loin. La LDJ a de son côté rappelé qu'à Sarcelles, le jour de l'émeute, les forces de l'ordre étaient en sous-effectif, et une enquête de Médiapart précisé qu'elles étaient disposées au delà de l'entrée du centre commercial vandalisé, sans pouvoir assurer sa protection.
Lieu et durée de l'émeute L'émeutes du 20 juillet a lieu dans une ville de banlieue parisienne du Val-d'Oise, où la communauté juive représente un cinquième à un quart des de 61000 habitants. Sur l'ensemble du pays, une croissance de 700 % de l'antisémitisme a été déplorée depuis les années 1990, selon un groupe de surveillanceFT, Anti-Semitic attacks rise in France as Gaza conflict stirs tensions, By Adam Thomson in Paris, http://www.ft.com/cms/s/0/aee8175c-2472-11e4-be8e-00144feabdc0.html#axzz3Ek6FKVM9., avec un nombre d'insultes, harcèlement et agressions physiques plus élevé que la moyenne européenne..
Selon Arié Alimi, juif qui a grandi à Sarcelles et revient régulièrement voir sa famille qui y habite, par ailleurs avocat de deux des Sarcellois jugés en comparution immédiate,deux jours après le drame, il ne s'agit pas "d'émeutes antisémites au sens propre du terme mais d'actes antisémites en débordement de la manifestation" qui avait eu lieu avant. Interdite l'avant-veille par le maire de la ville, avait réuni 500 personnes à un kilomètre de là, à la gare RER de Garges-Sarcelles, de 15 heures à 15 heures 45. A la dispersion de ce rassemblement statitque, une partie des manifestants a pris la direction de la synagogue et commencé vers 16h54 des pillages et déprédations, les affrontements avec la police ne prenant fin qu'un peu avant 19 heures. Contexte Contexte géopolitique Les événements de Gaza ont suscité de l'émotion en France, notamment au sein de la population française d'origine arabe, selon des groupes de gauche radicale et postcoloniale et par les médias de droite .
La presse observe un "embarras international face à l'escalade à Gaza" "L'embarras international face à l'escalade à Gaza" dans Le Monde du 12 juillet 2024 et que le soutien inconditionnel de François Hollande à Israël "a créé des vagues jusqu'au sein du PS""Israël-Palestine : l'indignation sélective de François Hollande" Le Point du 11 juillet , dans le cadre d'errements plus larges de la diplomatie française Hollande gaza l'ombre de Gaza, les errements de la diplomatie française, par Alain Gresh Monde Diplomatique, 15 juillet 2014 . En France, des manifestations sont prévues pour décourager le gouvernement israélien d'"enclencher des opérations terrestres" ce qui inquiète dans la communauté juive, suscitant la demande du Crif "d'interdiction des manifestations en faveur du Hamas" ou perçues comme telles. Contexte universitaire Le contexte universitaire est marqué par des épisodes tendus le mois précédent entre les collectifs Palestine et l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), qui en novembre 2023 demande à l'administration de l'IEP Paris d'interdire "l’organisation d’un checkpoint" simulé "devant la cafétéria", au cours duquel des étudiants "déguisés en soldats israéliens" demandent "les cartes étudiantes des élèves avant de les laisser passer"Article dans Tribune juive du 26 mars 2014 . L'UEJF échoue ensuite en mars à faire interdire, dans le même IEP Paris, la "participation à une campagne illégale" pour le boycott d'Israël. Le même mois elle organise "Avoir 20 ans en Israël", un "tour de France" des grandes écoles et d'universités par une dizaine d'Israéliens francophones, avec l'association What Israël, qui combat le mouvement international BDS (Boycott, désinvestissement, sanctions) lancé en 2005 par plus d'une centaine d'ONG palestiniennes"En visite à Paris-VIII, de jeunes Israéliens pris à partie par des étudiants" par Nathalie Brafman, dans Le Monde du 22 mars 2014 . Les visiteurs ont été selon l'UEJF violemment pris à partie le 14 mars, par des membres du collectif Palestine de l'université de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), qui deux ans plus tôt avait vu son colloque sur Israël, jugé controversé", annulé et estime "qu'avoir 20 ans en Israël, c'est effectuer son service militaire dans l'armée d'occupation". A 17 heures, la sécurité intervient, les tables sont démontées, les jeunes Israéliens partent. L'UEJ dénonce 4 jours après des "menaces antisémites et antisionistes" lors de cet incident"Menaces antisémites et antisionistes à l’Université Paris VIII contre une délégation d’étudiants israéliens emmenés par l’UEJF", 18 mars 2014, site de l'UEJF Sacha Reingewirtz, son président, soulignant 8 jours après dans Le Monde qu'ailleurs "les débats ont pu être vifs" mais "constructifs", tandis que le collectif Palestine propose de participer à un débat avec l'UEJF, mais avec la présence d'universitaires. Selon l'UEJF, les jeuns israéliens avaient été "reçus avec des slogans haineux" à Saint-Denis, mais "la rencontre s’est très bien passée à l'IEP Paris. Manifestations autorisée du 13 juillet, de Barbès à Opéra Le 13 juillet 2014, quelques jours après le début des événements de Gaza, une manifestation en soutien aux Palestiniens, autorisée, réunit 7000 personnes selon la policeet quatre fois plus selon les organisateurs. Partie de Barbès Rochechouart, se disperse vers 17h. Vers 17h30 ou 18h selon les sources, des participants et des groupes de défense juifs se "sont affrontés", avant de s'accuser "mutuellement d'avoir allumé la mèche""Synagogue de la Roquette : à chacun sa version" par Patricia Tourancheau, Willy Le Devin et Lucas Burel, le 15 juillet 2014 dans Libération .
La plupart des témoignages sont collectés par la presse les trois jours suivants, en révélant que métro Bastille avait été fermé le jour de la manifestation, obligeant lors de sa dispersion à recourir métro Voltaire, située au bout de la rue de la Roquette, reliant les deux stations, et qui héberge au numéro 84, à un demi-kilomètre du métro Bastille, la Synagogue Don Isaac Abravanel, où un événement de prières pour la paix en Israël avait réuni 300 à 400 personnes , annoncé le jeudi précédent et maintenu sur conseil de la préfecture malgré l'inquiétude du président de cette synagogue et la présence de militants de la Ligue de défense juive (LDJ) et du Betar venus protéger la prière.
Le soir-même, une manifestation pro-palestinienne prévue à Lille le lendemain est interdite en raison de la fête nationale. mais pas partout., un communiqué du premier ministre Manuel Valls parle de violences "aux abords des synagogues"Le Monde – Valls ne laissera pas « le conflit israélo-palestinien s'importer en France » et une tribune dans Le Monde de l'avocat Arno Klarsfeld dénonce un "antisémitisme de rue", sans donner de détails. Le lendemain François Hollande déclare que "le conflit israélo-palestinien ne peut pas s'importer" lors de son allocution du 14 juillet., le nouveau grand rabbin de France, Haïm Korsia, donne un entretien à Libération dénonçant une "une foule complètement hystérique et dangereuse", avec "les mêmes mots de haine qu’on a entendus dans la manifestation", haine qui "n'est "pas liée à ce qui se passe à Gaza", en expliquant que 'des groupes de manifestants ont voulu converger vers la synagogue de la rue des Tournelles", empêchés par police, puis "sont allés ensuite à la synagogue de la rue de la Roquette pour l’attaquer avec une grande violence" et où "le premier choc a été encaissé par les services de protection de la communauté (...) le temps que la police arriveHaïm Korsia, entretien du 14 juillet 2014 dans Libération, par Annette Lévy-Willard "Le Grand rabbin de France dénonce une "haine des juifs" en France" AFP le 15/07/2014 et Christian Estrosi, député-maire de Nice affirme à l'Assemblée nationale que la République est « en danger ». Dans sa ville, 350 personnes avaient la veille occupé la place Garibaldi de façon pacifique durant deux heures. La préfecture annonce vouloir interdire la prochaine manifestation propalestinienne alors qu'émergent des événements Facebook rassemblant des milliers de personnes, où revient l'idée de ne pas "abandonner le terrain aux extrémistes juifs""Gaza : la préfecture veut interdire une manifestation propalestinienne à Paris", Le Monde avec AFP, le 16 juillet 2014 . Six policiers ont été "légèrement blessés"Reuters, 14 juillet 2014 et huit personnes interpellées après le 13 juillet, cinq envoyées en correctionnelle et une condamnée à quatre mois de prison ferme, une source policière parlant de "quelques dizaines" de personnes impliqués au total dans des jets de projectiles "autour de la place de la Bastille". Inquiétudes pour la synagogue de la rue des Tournelles La veille de la manifestation du 13 juillet, beaucoup en parlent sur Twitter, dont un sous le pseudo "Israel Kahane" du nom de Meir Kahane, fondateur de la LDJ. Selon témoin, vers 17h30 la manifestation a "été pris à partie par un attroupement d'individus casqués et armés de bâtons criant "sales nègres, sales arabes", une vidéo diffusée le surlendemain sur YouTube montrant des membres de la LDJ échanger insultes et projectiles avec des dizaines de manifestants, qui finissent par les charger puis doivent refluer en raison de la présence des CRS, dont un cordon s'interposait entre le parcours de la manifestation et la mosquée. Les manifestants auraient reçus insultes et projectiles comme semblent l'indiquer témoignages et images vidéos. Inquiétudes pour la synagogue de la rue de la Roquette Quelques minutes après, ou vers 18h00, selon les sources, une autre altercation a éclaté, entre manifestants et police, à "300 mètres" de cette synagogue, selon son président Serge Benhaïm, resté devant durant tout l'épisode, qui avait les jours précédents "été voir les forces de l'ordre" pour leur demander de "changer la trajectoire du défilé pro-palestinien" ou "de l’écourter", le jugeant "dangereux", afin qu’il arrive "loin" de la synagogue, où un événement avait été décidé le jeudi et diffusé sur Facebook.