La Guyonnière est une ancienne commune française située au nord-est du département de la Vendée en région Pays de la Loire. Depuis , elle forme, avec quatre autres communes, Montaigu-Vendée.

Localisée dans le Haut-Bocage vendéen, elle est membre de Terres-de-Montaigu. Ses habitants se nomment les Guyons et Guyonnes.

Géographie vignette|gauche|Carte de la commune.

La Guyonnière est une commune rurale dont le territoire municipal s’étend sur , soit , dans le Haut-Bocage vendéen. Ses paysages sont une succession de champs entourés de haies. Elle se situe au sud du Massif armoricain, sur des terrains primaires formés de roches dures imperméables (granit, gneiss, schiste avec un filon de quartz blanc orienté vers la colline de Meslay). Son altitude moyenne est de , avec des niveaux fluctuant entre à la Grillère (où une tour hertzienne de a été élevée.) à « Commune 22510 », Géofla, version 2.2, base de données de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) sur les communes de la France métropolitaine, 2016 .« La Guyonnière », Répertoire géographique des communes, fichier de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) sur les communes de la Métropole, 2015. à l'ouest, là où quitte son territoire la rivière de l’Asson qui traverse la commune d'est en ouest, avant de se jeter dans la Maine à Montaigu. Le ruisseau de la Cour, un affluent, prend sa source près du bourg à d'altitude.. La commune se situe ainsi dans le bassin versant de la Sèvre Nantaise et donc de la Loire.

La Guyonnière relève du canton de Montaigu. Elle englobe une partie des faubourgs est de cette ville, notamment le nord de la zone industrielle du Planty, le cimetière paysager du Prieuré et le site du lycée Léonard-de-Vinci. Elle est par ailleurs limitrophe des communes de Saint-Hilaire-de-Loulay au nord-ouest, de Treize-Septiers au nord-est, de La Boissière-de-Montaigu à l'est et de Saint-Georges-de-Montaigu au sud.

Le bourg est traversé par la route départementale 86 qui relie Saint-Georges-de-Montaigu à Treize-Septiers. Il est longé par la départementale 23 entre Montaigu et La Boissière-de-Montaigu, qui passe entre le Bois de la Cour au nord et le lac de la Chausselière au sud, site d'un camping. Le nord de la commune est traversé par la départementale 753 entre Montaigu et Treize-Septiers (route reliant Saint-Jean-de-Monts à Cholet), et l'est inclut le tronçon de la départementale 202 (rocade Sud de Montaigu) reliant la départementale 753 à la départementale 137, l'ancienne route nationale entre Nantes et La Rochelle.

vignette|gauche|Lieux-dits de La Guyonnière. Les lieux-dits sont (en italique ceux qui figurent sur la carte de Cassini fin ) : la Bézochère, la Fradinière, Tournelièvre, la Bléterie, Bois-Chalons, les Pionnières, Sainte-Anne, la Papinière, la Gobtière, la Bonninière, la Bretinière, la Ronde, la Grillère, la Fossère, la Clairbaudière, la Cour, le Bordage-de-la-Rondardière, la Rondardière, la Carrière, la Grande et la Petite-Fontaine, le Fossé-Neuf, la Friborgère, la Chausselière, la Boizetière, la Courtinière, le Rivage, la Saulnerie, le Bordage-Lucas, la Promenade, le Bordage-Caillé, les Fontenelles, la Trounière, la Brosse, la Vigne-Fleurie, la Roche-Moreau, la Tuilerie, l'Étang, la Roche-Thévenin, Bel-Air, le Val, la Rabotière, la Jambaud, la Marin, Meslay, Duchaffault, la Basse et la Haute-Gouraudière, le Peu, Meslay-des-Landes, les Loges, le Petit-Planty, le Prieuré.

Histoire Antiquité Des fouilles archéologiques conduites par l’Institut national de recherches archéologiques préventives au début des années 2010 au lieu-dit du Gardou, au nord-est du bourg, ont permis de mettre en évidence un espace funéraire de datant du Haut-Empire romain, utilisé entre la fin du et le courant du après Jésus-Christ.. En 2016, d’autres fouilles au sud du bourg ont mis en évidence la présence d’une maison gallo-romaine, avec fossés, débris de céramique ainsi que la trace d'un four domestique..

Moyen Âge Les origines de la commune remonteraient au , différentes familles, dépendant des seigneuries de la Rondardière, de la Roche-Thévenin et du Planty, ayant été les propriétaires successifs des terres de la paroisse. Selon les Chroniques paroissiales du diocèse de Luçon, « un castel fortifié occupait l'emplacement actuel de l'église et du presbytère », celle-ci trouvant son origine probable dans la chapelle de ce château. La place longeant le cimetière à l’ombre de l’église porte d’ailleurs actuellement le nom de place des Douves. Le nom latin de Guioneria est attesté en 1306. Il donnera celui de La Guyonnière, le suffixe toponymique « ière » ayant vraisemblablement été ajouté au nom propre « Guyon ».. À l'origine, paroisse du diocèse de Poitiers, lorsqu'en furent séparés l'évêché et le diocèse de Luçon, en 1317, c'est à ce dernier et au doyenné de Montaigu que fut rattachée la paroisse de La Guyonnière.

Située sur la zone frontière entre le duché de Bretagne et le comté du Poitou, La Guyonnière, comme les paroisses voisines (sauf Montaigu), fit partie des marches avantagères au Poitou sur la Bretagne, du Moyen Âge jusqu’à la Révolution française, dépendant ainsi des deux provinces du point de vue de la souveraineté et de la suzeraineté, mais dont seul le seigneur de la province dite « avantagère », en l’occurrence le Poitou, jouissait des droits de justice. (Arch. dép. Vendée, BIB PC 16). Sous l’Ancien Régime, La Guyonnière relevait judiciairement de la sénéchaussée de Poitiers et militairement du gouvernement du Poitou.

Guerres de Vendée Charles-Samuel-Martin Goupilleau, nommé curé de La Guyonnière en 1771, refusa, lors de la Révolution, de prêter serment à la Constitution civile de 1792. Il fut exilé à Fontenay où il mourut en décembre de la même année..

En , la Guyonnière entra dans l’insurrection vendéenne par la participation de ses habitants, mêlés à ceux des paroisses voisines, à la prise de Montaigu des mains des Républicains., jusqu'en septembre de la même année.

Louis-Charles de Besné, comte du Chaffault, seigneur de Meslay, revenu en 1780 s’installer sur ses terres, après une glorieuse carrière dans la marine royale à la fin de laquelle il obtint le titre d’amiral, consacrait ses loisirs à l'agriculture et à la bienfaisance. En 1793, il encouragea l'insurrection vendéenne. Après la reprise de Montaigu par les Républicains, en septembre, il fut arrêté à Meslay et envoyé à Nantes où il mourut en détention l'année suivante.

En , un engagement entre Bleus et Blancs eut lieu sur la butte du moulin de la Grillère. En 1794, vint le temps de la brutale répression avec les colonnes infernales des armées républicaines, qui brûlèrent notamment l’église et les châteaux de la Cour, Meslay et la Roche-Thévenin.

Fin 1799, à l'époque de la reprise d'armes, un engagement eut lieu à Meslay lors de la tentative par l’armée catholique et royale du Bas-Poitou et du Pays de Retz de s'emparer de Montaigu, laquelle fut repoussée par les républicains.

Pendant cette période révolutionnaire, la population de La Guyonnière passa de près de avant le conflit à quelques centaines en , lors de la paix de Montfaucon-sur-Moine..

Pierre-Charles Jagueneau, le prêtre qui acheta la cure de la paroisse en était aussi un prêtre réfractaire. Il prit part à la Virée de Galerne à la fin de cette année-là. Après la signature du traité de La Jaunaye en , il vint s'installer à La Guyonnière. Lors d’un retour de persécution contre les prêtres non assermentés, il fut arrêté en 1797 pour être déporté. Il s’évada sur la route de Rochefort. En 1804, de retour dans sa paroisse, il fut arrêté à nouveau après que l’on eut découvert dans son jardin des barres de plomb et des moules à balles. Il avouera ensuite, devant le ministre de la police Fouché, son implication dans l’« Affaire des Plombs » visant à soulever la Vendée avec l’aide des Anglais. Il sera emprisonné jusqu’à la Restauration où il revint finir ses jours en Vendée....

Sylvestre-François, comte Du Chaffault, né à Montaigu en 1734, fils de Julien-Gabriel Du Chaffault, et filleul et neveu de Louis-Charles du Chaffault, avait émigré et rejoint le prince de Condé, à Worms lors de la Révolution. Il s'engagea dans la cavalerie, et fut récompensé par le titre de chevalier de saint Louis, en 1798. Rentré en France en 1802, sa femme étant décédée en 1793 lors de la Virée de Galerne, il se fit ordonner prêtre en 1803. La paroisse de la Guyonnière lui fut offerte par l’évêque de La Rochelle, diocèse dont elle relevait alors, par suite du Concordat. Il y remplit les fonctions de curé de 1809 à 1819 avant de décéder à Nantes en 1822.

Le curé de La Guyonnière fut, de 1820 à 1837, Jean-Baptiste Chauveau, né à Saint-Hilaire-de-Loulay vers 1789, puis de 1838 à 1874, Charles Amiot, originaire de Boussay (44). L’église de la paroisse, jadis en forme de croix latine, et composée d'une simple nef flanquée de deux petites chapelles de chaque côté du chœur, avait été brûlée et en partie ruinée pendant la Révolution. La reconstruction commença par l’érection d’un nouveau clocher en 1848. On éleva de à , trois nefs, de style roman, puis en 1855 les voutes. En 1864, la construction d’une abside, de deux absidioles et de la sacristie compléta l’édifice.. Adolphe Verdon né en 1832 à Saint-Hilaire-de-Voust, fut ensuite curé de la paroisse de 1874 jusqu'à son décès en 1897..

En 1886, fut ouverte une école privée de filles, tenues par les religieuses de Mormaison, bâtie sous souscription sur un terrain offert par les frères Boiziau, prêtres natifs de la commune. Petits-fils du maire Jacques Boiziau, après avoir officié dans plusieurs paroisses vendéennes, Théophile (1843-1914) fut chanoine à Luçon de 1908 jusqu'à sa mort et Eugène (1851-1927) se retira en 1922 à La Guyonnière.

vignette|gauche|Chapelle de Meslay. Arrière-arrière-petit-fils de l'amiral du Chaffault par sa grand-mère maternelle et petit-fils de Charles-Henri de La Roche-Saint-André par son grand-père maternel, l'abbé Paul-Michel de Suyrot (1816 Chambretaud - 1901 Nantes), missionnaire apostolique, chanoine honoraire de Luçon, était propriétaire du domaine de Meslay, à La Guyonnière, où il se retira en 1868. Il y établit en 1876 un orphelinat agricole avec des garçons choisis dans le canton de Montaigu. En 1888, il en confia la direction aux frères de la Sainte-Croix d'Angers. En 1897, il licencia son orphelinat et offrit son domaine aux Passionistes qui y installèrent un noviciat..

vignette|Réplique de la grotte de Lourdes à Meslay. Chassés de Meslay au début du par la législation anticléricale d’Émile Combes, les Passionistes n’y reviendront qu’après la Première Guerre mondiale. Ils y demeurèrent jusqu’en 1961, avant d’en transférer la propriété aux Pères de Chavagnes. Ces derniers cédèrent les bâtiments et les communs en 1973 au ministère de l’Agriculture qui y installa un centre de formation, dont le nom actuel est « Institut de Meslay »...

En 1993, un trésor de 1742 louis et double louis d'or est découvert à Meslay et son identification au trésor qu'aurait caché l'amiral du Chaffault avant d'être arrêté sous la Révolution est suffisamment étayée par ses descendants pour que ceux-ci gagnent, en 2000, le procès par lequel ils en réclamaient la restitution. Ils perdent néanmoins en appel en 2004..