Le cimetière de Roubaix est situé au bord du Canal de Roubaix, à Roubaix. Mis en service en 1849, de nombreux industriels, hommes politiques et artistes qui ont fait la renommée de la ville y reposent. Ce cimetière fait partie des répertoriés dans lesquels reposent des soldats du Commonwealth.
Situation et accès Trois entrées permettent d'accéder à l'intérieur du cimetière : L'entrée principale, située 1 place Chaptal, donnant sur la Grande Rue. L'entrée de la rue Ampère, est desservie par les lignes de bus Ilévia L8 et L4. L'entrée de la rue du Cartigny, est desservie par les lignes de bus Ilévia L8 et CIT5 et 33.
Origine du nom Le cimetière porte le nom de cimetière de Roubaix depuis sa création.
Historique Fief de la Bourde thumb|left|Le château de la Bourde à Roubaix en 1641, dessin d'Antoine Sandérus. Le fief de la Bourde qui est tenu de la seigneurie de Roubaix et qui comprend 10 bonniers, est situé aux confins de Roubaix, entre Wattrelos, les terres de la Grande Vigne et de la Havrerie. En 1621, Le fief de la Bourde consiste en un manoir avec cense, jardins, chemins, issues, fossés, eaux et terres à labour.
On trouve successivement comme propriétaire, Bouchard de la Bourde en 1269 (homme de fief du Seigneur de Roubaix), Jacques du Bos en 1391, Pierrars du Bos (bailli de Roubaix de 1428 à 1441) en 1401, puis les familles Coene, Dragon, de la Vitche, de Croix, Van Hurne, de Schooren. En 1740, Jacques Adrien Frasneau d’ Hyon, vicomte de Cantelen, en payait le relief Le Fontenoy et la Bourde (histoirederoubaix.com). Le fief de la Bourde disparait en 1899, remplacé par le cimetière de Roubaix.
Construction et agrandissements thumb|right|120px|Chapelle de cérémonie du cimetière de Roubaix. Le premier cimetière de Roubaix entoure l’église Saint-Martin qui elle, contient les tombes des personnalités illustres de la ville. En temps d’épidémie, les inhumations se font éloignées du centre de la ville car en 1669, les magistrats de Roubaix font construire dans un champ de la ville qui conserva le nom dEpidem, un asile pour pestiférés et un cimetière pour ceux qui succombent de la maladieSociété d'études de la province de Cambrai - 1914, page 208 (gallica.bnf.fr).
Une ordonnance royale du concernant les inhumations, interdisant l’inhumation dans et autour des lieux de culte, impose aux communes de déplacer leur cimetière en périphérieLe cimetière de Roubaix (landrucimetieres.fr). Le , le premier magistrat de la ville de Roubaix, décide de la création d'un cimetière sur un terrain de l'hospice de Roubaix puis de la suppression du cimetière de l'église. mais faute de bénédiction du nouvel emplacement, la ville de roubaix continue d'inhumer autour de l'église Saint-Martin.
En 1796, Floris Marie Joseph Delaoutre, futur maire de Roubaix, fait don à la commune de Roubaix, d’un terrain situé dans la Cense de BeaurewartSociété d'émulation de Roubaix - Patrimoine quartiers (histoirederoubaix.com). Sur ce terrain, au lieu-dit Champ de Beaurewart, le long du chemin (actuelle rue de Valmy) qui conduit au Fief de la Potennerie, débutent le , les premières inhumations du second cimetière de Roubaix. En 1807, un architecte déclare qu'il n'est plus possible d'inhumer dans ce cimetière et en , la municipalité décide d’acquérir un terrain appartenant à l'hospice de Roubaix pour permettre la construction du troisième cimetière. Ce terrain est situé au Hameau du Fresnoy (actuelle École nationale supérieure des arts et industries textiles). Ce nouveau cimetière dit du Fresnoy, est bénie le .
En janvier 1848, le manque de place dans le cimetière fait que la municipalité songe à utiliser les emplacements des victimes du choléra qui avaient été inhumées en 1832. Ces grandes fosses appelées Saloirs sont ouvertes mais les corps étant encore bien conservés et la mairie de Roubaix renonce à utiliser ce terrainJournal du Cher du 15 janvier 1848 (retronews.fr). En effet, la population ayant quadruplée, la municipalité décide de construire un nouveau cimetière et lors d'une séance extraordinaire du conseil municipal présidé par Vincent Decarne le , est présenté le rapport d'élaboration d'un nouveau cimetièreL’Indicateur de Roubaix et de Tourcoing du 15 octobre 1848 (bn-r.fr). Le conseil municipal décide de construire le nouveau cimetière sur le bord du canal de Roubaix qui relie l'Escaut à la Deûle, sur des champs proches du Fief de la BourdeArchives départementales du Nord (archivesdepartementales.lenord.fr), limitrophe de Wattrelos. La municipalité achète le , des terrains pour y faire construire l’entrée et ensuite les quatre premiers carrés. Le , les corps du cimetière du Fresnoy, sont translatés dans le nouveau cimetière. Le , la municipalité achète le cinquième et sixième carré puis le 31 aout 1855, les quatre carrés suivants. Trois types d'inhumation sont prévus : dans des fosses communes, dans des concessions à temps limité autour et enfin dans des monuments plus prestigieux de type chapelle.
Pour agrandir le cimetière, la ville de Roubaix achète le , des terres du Fief de la Bourde au comte de Lannoy. Le cimetière possède un logement de fonction qui est occupé par Henri Dillies qui occupe les postes de sonneur, fossoyeur et gardienJournal de Roubaix du 20 septembre 1893 (bn-r.fr). En février 1886, le Journal de Roubaix organise une souscription pour l’érection d'un monument réservé aux doyens, curés et vicaires morts à RoubaixLa Croix 14 février 1886 (retronews.fr).
Le , la ville achète les dernières terres du Fief de la Bourde aux héritiers du comte de Lannoy et de ce fait, le Fief de la Bourde ainsi que son château, disparaissent. Le nom de hameau de la Bourde est resté et la ferme de la Bourde se trouve désormais sur le territoire de WattrelosL'égalité de Roubaix Toyrcoing du 31 août 1935 (bn-r.fr). Pour permettre l'agrandissement du cimetière vers la rue du Cartigny, on rase fin 1932 les maisons du Bas quartier où se trouve notamment l'ancien hirondellier de Jean DesbouvrieJournal de Roubaix du 21 septembre 1932 (bn-r.fr).
Inhumation et funéraille En 1856, William Davis, un père de famille anglais et sa femme Marthe Sykes, se voient refuser d'y faire inhumer leur enfant dans le cimetière de Wasquehal car son fils est de religion Protestante. Le maire Louis Théodore Joseph Brulois, lui adjoint comme emplacement, le carré affecté aux noyés, pendus et suicidés. Finalement,l'enfant est inhumé dans le carré protestant du cimetière de RoubaixLa Presse du 17/08/1856 (gallica.bnf.fr).
En 1868, est inhumé Gustave Kinck, une des victimes de Jean-Baptiste Troppmann et dont une couronne d'immortelles confectionnée par les membres des sociétés de Saint-Charles et Saint-Louis est posée sur la sépultureLe Peuple français du 10 novembre 1869 (retronews.fr).
En 1883, plusieurs milliers de personnes assistent aux obsèques des onze victimes de l'incendie de la manufacture Dillies-Frères à RoubaixJournal des débats politiques et littéraires du 9 novembre 1883 (retronews.fr). Un monument dédié aux victimes du travail (à la suite de l'incendie de la manufacture Dillies-Frères) est érigé après un vote du conseil municipal en date du 6 novembre 1883.
Trouble social Lors des grèves dans le Nord de mars 1889, une femme belge est arrêtée puis menacée d'expulsion pour avoir tenu des paroles violentes au cimetière de RoubaixLe Messager de Paris du 18 mars 1889 (retronews.fr).
Des anarchistes de Roubaix ont manifesté devant la tombe de l'assassin de monsieur Deplasse, directeur d'une usine de tissage, tué au cours d'une grève. Les manifestants ont déployé un drapeau noir et ont prononcé des discours d'une extrême violence. Des bagarres ont éclaté entre manifestants et agents de policeLe Petit Clermontois du 24 avril 1890 (retronews.fr). L'assassin était un ouvrier récemment congédiéLe Parti ouvrier du 12 avril 1890 (retronews.fr).
En aout 1892, quinze ouvriers assistent à un discours de monsieur Watteau devant la tombe de la petite-fille de l'anarchiste Houcques et dont l'inhumation est faite par le groupe de la Libre-Pensée. Au même moment, le vicaire de la paroisse Saint-joseph qui officiait un enterrement religieux fut pris à partie par l'orateur qui discourut sur la vénalité des prêtres. Le vicaire lui demande alors de ne pas insulter la religion. L'orateur finit son discours par Vive la révolution sociale et le vicaire répond Vive le bon dieuMémorial de la Loire et de la Haute-Loire du 28 août 1892 (retronews.fr).
En 1896, les syndicats se sont rendus en cortège sur le monument dédié aux victimes du travail et sur les tombes des conseillers socialistes. Un citoyen prononce un discours où il salue ceux qui furent les véritables damnées du seul enfer qui existe, l'enfer social. Il ajoute qu'il faut vaincre les oppresseurs qui jouissent de tous les privilèges car cent ans après la révolution, nous sommes les nouveaux serfs de la classe capitalisteLe Peuple français du 2 mai 1896 (retronews.fr). La même année, a lieu l'inhumation de l'anarchiste Louis Legrand par le compagnon Edmond Mauduit, qui parle au nom du groupe Forçats de Lille et qui termine en criant Vive la révolution sociale et vive l'anarchieLe Phare des Charentes du 4 octobre 1896 (retronews.fr).
Religion Le décret du 23 prairial de l' (1804) de fixe les questions relatives à l'organisation des cimetières et des funérailles. Les communes ont l'obligation de créer un cimetière spécialement affecté à chaque culte ou d'affecter à chaque culte une partie du cimetière.. La loi du abroge cet du décret du de l', ce qui conduit à l'interdiction des carrés confessionnels. Au cimetière de Roubaix, il existe un carré musulman.
Les chapelles Le cimetière compte 316 chapellesGuide de l'été 2021 (hellolille.eu), construites en pierre de Soignies qui font partie de la volonté des grandes familles de l’industrie roubaisienne d’affirmer leur réussite et leur puissance pour la postérité. Parmi les chapelles, on trouve une pleureuse nommée La Douleur qui orne la tombe de Dubroeucq-Chevaucherie (Georges Joseph Dubroeucq et Aline Joseph Chevaucherie) et qui est l’œuvre de Carlo Sarrabezolles. Les chapelles du cimetière de Roubaix se composent en trois types.
Premier type : construction simple. Souvent de taille modeste, elles se caractérisent par des façades peu travaillées, des éléments de second œuvre de moyenne facture et des décorations intérieures très sommaires (décor de surface et représentation de la vie des défunts).
Deuxième type : modèles composés. De tailles variables, elles se caractérisent par des façades composées à partir d’éléments types (fronton, piédroits, façades latérales, vitraux et ferronneries), des éléments de second œuvre de facture intéressante, voire remarquable de façon ponctuelle, de référence claire à un style architectural (néoclassique, néogothique, etc.), d'éléments décoratifs rapportés pour renforcer le style (bacs plantés et pinacles) et de décorations intérieures élaborées, étendues sur les trois côtés principaux et parfois le plafond (décor de surface peint, représentation de la vie des défunts et autres décors).
Troisième type : œuvres uniques. Généralement de grandes tailles, elles se caractérisent par des façades dessinées dans un style éclectique ou présentant une typologie particulière, des éléments de second œuvre de belle facture, une richesse des ornements venant renforcer un caractère monumental et des décorations intérieures élaborées, étendues sur l’ensemble des surfaces (décor de surface, représentation de la vie des défunts, sol mosaïque, sculptures et mobilier remarquable).
Monuments aux morts et mémoriaux