La Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en république démocratique du Congo (MONUSCO), créée le MONUSCO, Portail de la MONUSCO, est une mission de maintien de la paix en république démocratique du Congo (RDC) de l’ONU. Elle succède à la Mission de l'Organisation des Nations unies en république démocratique du Congo (MONUC) créée par la résolution 1279Résolution 1279 du Conseil de sécurité du Conseil de sécurité en date du .

Le , James Swan est nommé à la tête de la MONUSCO par le secrétaire général des Nations unies, António Guterres. Le , Swan prend officiellement ses fonctions. Dotée d'un budget annuel d'environ de dollars, le rôle principal de la MONUSCO est de protéger les civils congolais et de soutenir la stabilisation et le renforcement des institutions de la RDC et des réformes clés en matière de gouvernance et de sécurité. Le quartier général de la mission est installé à Kinshasa, et ces deux bureaux se trouvent dans les villes de Goma et Bunia.

Depuis , la MONUSCO est engagée dans un processus de retrait de ses forces de maintien de la paix, avec un retrait définitif de RDC prévu pour la fin de l'année 2024. Les troupes restant à démobiliser sont présentes dans les provinces du Nord-Kivu et d'Ituri.

Historique

vignette|gauche|Un hélicoptère sud-africain Denel AH-2 Rooivalk assurant la protection d’un convoi d’ex-combattants FDLR, pour leur enrôlement au camp de transit de Kanyabayonga. La situation en république démocratique du Congo (RDC) est d'une très grande complexité. En 1999, le pays dirigé par Laurent-Désiré Kabila, est dans un état de déliquescence suite aux années passées sous le régime de Mobutu. La RDC est dotée d'un État déstructuré, artificiellement créé par la colonisation, avec un territoire de plus de 2 millions de kilomètres carrés, peuplé par près de 60 millions d'habitants, et dont la population est très variée, parlant 250 langues différentes, dont le kinyarwanda, parlé par les Congolais rwandophones, situés dans l'est du pays. En 1994, après la prise de Kigali par le Front patriotique rwandais (FPR) mettant fin au génocide des Tutsi au Rwanda, des centaines de milliers de réfugiés rwandais, principalement des Hutu, trouvent refuge dans l'Est du Zaïre, nom de la RDC à cette époque. Au sein de ces réfugiés, et les encadrant, se trouvent les anciennes milices génocidaires et les anciennes Forces armées rwandaises (FAR), qui utilisent certains camps de réfugiés des régions du Kivu comme bases d'appui dans leur objectif de reconquête du Rwanda. À cela s'ajoute le pillage permanent dont souffre ce pays victime de ses immenses richesses depuis deux siècles, , et une myriade de conflits locaux.

Créée pendant la deuxième guerre du Congo pour tenter de ramener la paix dans ce pays, la Mission de l'Organisation des Nations unies en république démocratique du Congo (MONUC) a pour objectif de faire respecter l'accord de cessez-le-feu de Lusaka, .

En 2003, une opération militaire autorisée par l'ONU, européenne et ponctuelle, l'opération Artémis, vient soutenir la MONUC, au nord de la région du Kivu dans le conflit qui touche le district de l'Ituri.

Malgré la fin de la deuxième guerre du Congo en 2003, la situation reste complexe dans l'est du pays où des conflits de basses intensités continuent à déstabiliser la régionRadio France internationale, Pillage de la RDC : l’union fait la force.

En 2004, 2006 et 2008, le mandat de la MONUC est élargi à 3 reprises.

De 1999 à 2008, la situation en république démocratique du Congo (RDC) donne lieu à une cinquantaine de résolutionsRésolutions du Conseil de sécurité du Conseil de sécurité des Nations unies. Malgré ces résolutions et les bleus déployés en RDC, la paix n'a pas pu être réinstaurée.

En , alors qu'un nouveau conflit dans le Nord-Kivu oppose le gouvernement congolais et le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), la MONUC doit faire face à la démission de son commandant deux mois après sa prise de fonction.

Le , le Conseil de sécurité des Nations unies par la résolution 1925, décide de la transformation de la MONUC pour devenir la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en république démocratique du Congo (MONUSCO) le .

À partir du , les forces congolaises appuyées par une brigade d'intervention de l'ONU lancent une offensive avec des moyens lourds : plus de congolais déployant des chars T-55 et des véhicules de combat d'infanterie BMP-2 et la brigade de la force d'intervention de la MONUSCO appuyé par de l'artillerie, des Mi-35 de l’armée ukrainienne, trois Denel AH-2 Rooivalk de la force aérienne sud-africaine (qui interviennent à partir du ) lancent une offensive générale dans la zone de contrôlée par le Mouvement du 23-Mars (M23) qui déclare déposer les armes le .

Le rôle de la MONUSCO a été confirmé et repris dans l'Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la république démocratique du Congo et la région de 2013.

Le , deux experts de l'ONU, Zaida Catalan (suédoise) et Michael Sharp (américain) sont portés disparus alors qu'il enquêtaient dans la province du Kasaï central sur des fosses communes liées au conflit armé qui avait éclaté dans la région après la mort du chef coutumier Kamuina Nsapu, tué par les forces de sécurité en . Plusieurs enquêteurs onusiens s'interrogent sur le rôle de Kinshasa. Les militaires congolais restreignent les déplacements des casques bleus uruguayens chargés d'enquêter sur la zone de la disparition. Le , les cadavres des deux experts sont retrouvés dans un village, enterrés dans une fosse avec une troisième personne de nationalité congolaise. Zaida Catalan a été décapitée. Dans la semaine qui suit, une vidéo de l’exécution par balle des deux experts fuite dans la presse. Selon la version officielle, ils ont été exécutés par des miliciens de la secte Kamuina Nsapu. Mais, en , un rapport remis au Conseil de sécurité de l'ONU estimait que ce double meurtre était un "guet-apens prémédité" et n'excluait pas l'implication de membres de la sécurité d'État. Le , la justice militaire congolaise prononce, 51 condamnations à mort. Malgré tout, les quatre ans de procès n'ont pas répondu à toutes les questions sur l'assassinat des experts onusiens et n'ont pas permis d'identifier d'éventuels commanditaires.

Depuis 2019, le rôle principal de la MONUSCO est de protéger les civils congolais et de soutenir la stabilisation et le renforcement des institutions de l'État en RDC et des réformes clés en matière de gouvernance et de sécurité. Mais force est de constater que, après plus d'une vingtaine d'années de présence des forces onusiennes en république démocratique du Congo, la géostratégie dans la région des grands lacs africains ne cesse d’être de plus en plus perceptible sur la base du pillage des minerais de sang, des violences sexuelles, des crimes de guerre et crimes contre l'humanité. De plus, « depuis plusieurs années, les forces armées de maintien de la paix sont intervenues souvent, très mal ou trop tard, mais la charte onusienne leur interdit de se mêler des affaires intérieures des États. En effet, à cause d’une passivité trop excessive, elles paraissent moins efficaces sur le terrain où elles interviennent. Cela est sans doute dû au fait que les résolutions votées par les États membres préconisent, par peur du danger, la simple interposition et non le rétablissement du droit, au besoin par la force. »

En , Des centaines de manifestants en colère ont saccagé et pillé à Goma, les installations de la mission des Nations unies, accusée d’inefficacité dans sa lutte contre les groupes armés de l’est de la république démocratique du Congo. Après avoir barricadé les grandes artères de Goma, ces manifestants scindés en deux groupes ont pris d’assaut le siège local de la MONUSCO ainsi que sa base logistique. D'autres manifestations ont lieu notamment à Beni et à Butembo et à Uvira entraînant officiellement la mort de 36 personnes et plus 170 blessés.

Situation de la MONUSCO depuis 2023 En , la république démocratique du Congo (RDC) signe des accords pour le retrait complet de la force de maintien de la paix des Nations unies de la MONUSCO. Un sujet déjà évoqué en , lors du 32e sommet de l’Union africaine (UA), par le président congolais, alors nouvellement élu, Félix Tshisekedi, avec Antonio Guterres, Secrétaire général de l'ONU.

Le , la MONUSCO quitte sa dernière base dans le territoire du Sud-Kivu. Les prochaines troupes à démobiliser sont celles présentes dans les territoires du Nord-Kivu et d'Ituri. Le retrait définitif de la MONUSCO, qui compte environ de la paix stationnés à travers le pays, est prévu pour la fin de l'année 2024.

La dégradation de la situation sécuritaire et le désengagement des forces régionales, telles que la Communauté d'Afrique de l'Est, et la SAMIDRC, conduisent à une réévaluation de la présence des forces de maintien de la paix en RDC. Fin 2025, le Conseil de sécurité des Nations unies renouvelle le mandat de la MONUSCO jusqu'en , et maintient ses effectifs à environ . Elle est désormais chargée d'appuyer techniquement les processus de paix de Washington et de Doha.

Concernant le commandement, le diplomate américain James Swan est nommé chef de la mission le par le secrétaire général des Nations unies, António Guterres et prend officiellement ses fonctions le suivant, succédant à Bintou Keita après un intérim assuré par Vivian van de Perre.

Par ailleurs, la MONUSCO est confrontée à une réduction de 40 % de son budget d'activité et l'annonce, en , du retrait de soldats sud-africains d'ici la fin de l'année 2026 pour des motifs budgétaires nationaux.

Organisation Siège et bureaux en république démocratique du Congo vignette|Déploiement de la MONUC en .

Avec le plan de désengagement de la MONUSCO qui a démarré après l'année 2020, le nombre des bureaux de la MONUSCO est passé à trois, à l'exception de Kinshasa qui reste le siège principal.

Quartier Général : Kinshasa Bureaux : Goma et Bunia Sous bureau : Beni

Le QG de Kinshasa se trouve sur le boulevard du 30 juin, en plein quartier des affaires (commune de Gombe), à quelques centaines de mètres des principales ambassades (Belgique, France, États-Unis) et des grands hôtels (Hôtel Memling). La principale base logistique et ses dépôts est située au sud-est de la ville, dans la commune de Limete. Une autre implantation importante se trouve située au sud-ouest de la Gombe (quartier Socimat), à proximité de la baie de Ngaliema.

Représentant spécial du secrétaire général et Chef de la MONUC (1999-2010) AnnéeNom1999-2001 Kamel Morjane2001-2003 Amos Namanga Ngongi 2003-2007 William Lacy Swing2007-2010 Alan Doss

Représentant spécial du secrétaire général et Chef de la MONUSCO (2010-) AnnéeNomCommentaires2010-2013 2013-2015 Martin Kobler2015-2018 2018-2021 Leila Zerrougui2021-2025 Bintou KeïtaDémission en - Bruno LemarquisReprésentant spécial adjoint de l'ONU en RDC. En charge par intérim de la MONUSCO du au - Vivian van de PerreReprésentante spéciale adjointe pour la protection et les opérations au sein de la MONUSCO. En charge par intérim de la MONUSCO.- James Swan

Commandants des forces armées