Le gouvernement Arsenio Martínez Campos est le gouvernement du royaume d'Espagne en fonction du au .

Histoire thumb|Le général Arsenio Martínez Campos. Après la victoire dans la troisième guerre carliste, le gouvernement Cánovas entreprit de mettre fin à l'autre guerre en cours, celle de Cuba. Le général Martínez Campos fut envoyé au commandement des opérations sur l'île où il débarqua en . Dans une tentative de réduire le soutien de la population aux rebelles, il introduisit des normes de nature humanitaire dans les actions des soldats espagnols qui commencèrent à donner des résultats, profitant de la division interne croissante des insurgés. À l'automne 1877, Martínez Campos entama des négociations avec les insurgés qui débouchèrent sur la signature le de la paix de Zanjón. Celle-ci incluait deux principales : la concession à Cuba d’un statut similaire à celui de Porto Rico et une amnistie sur les faits commis par les deux camps au cours des dix ans de guerre. C'est ainsi que le conflit prit fin, à l'exception des hostilités maintenues jusqu'en mai contre une faction indépendantiste dirigée par Antonio Maceo, qui avait refusé l'accord mais finit par se rendre. Deux revendications des insurgés ne furent pas acceptées par Martínez Campos : l' et la garantie que le général continuerait à assurer le respect de l'accord. Malgré tout, la paix de Zanjón fut considérée comme le début d'une nouvelle ère pour l'île, . Cependant, de nombreux planteurs et propriétaires d'esclaves ne le considérèrent pas ainsi et l'un de leurs représentants en vint à le décrire . thumb|left|Entrée triomphale du général Martínez Campos à La Havane après la signature de la paix de Zanjón qui mettait fin à la guerre des Dix Ans (La Ilustración Española y Americana, 14 juin 1878).

À partir de , le gouvernement Cánovas approuva une série de décrets en application (partielle) de ce l'accord qui avait été conclu, qui implantèrent à Cuba la structure administrative des provinces péninsulaires, bien qu'avec d'importantes restrictions et certaines particularités,et l'on concéda à Cuba une représentation aux Cortès.

thumb|Le gouvernement présidé par le général Martínez Campos (en haut au centre). En bas à droite Salvador Albacete, ministre de l'Outre-mer. Au début de 1879, Martínez Campos revint en Espagne, convaincu que seule l'introduction de réformes politiques et économiques pourrait empêcher une nouvelle insurrection à Cuba. Le , il prit la présidence du gouvernement en raison du prestige qu'il avait acquis en tant que pacificateur de la « Grande Antille » et compte tenu des difficultés que le gouvernement Cánovas rencontrait pour appliquer la « paix de Zanjón» . Les « constitutionnalistes » de Sagasta protestèrent de ne pas être appelés à gouverner mais, selon Carlos Dardé, . Selon José Varela Ortega, ce fut l’une des raisons qui emmenèrent Cánovas à conseiller au roi le changement de gouvernement : freiner les en mettant à la tête du cabinet un général . D’autre part, Cánovas resta dans l'ombre aux commandes du pouvoir comme le démontrèrent les élections du et du où les canovistes conservèrent une large majorité. thumb|left|Séance d’ouverture des Cortès célébrée au palais du Sénat le (La Ilustración Española y Americana, 8 juillet 1878).

En application de la nouvelle loi électorale approuvée en sous le gouvernement Cánovas, des élections générales furent célébrées l’année suivante avec un suffrage censitaire extrêmement restrictif. Seuls personnes environ avaient le droit de vote, non seulement réservé aux hommes majeurs âgés d’au moins remplissant certains critères (énonomiques) de cens mais avec une certaine capacité intellectuelle pour émettre librement le vote. Les électorales donnèrent une nouvelle fois une majorité écrasante au Parti libéral-conservateur dirigé par Cánovas, avec contre 56 pour le Parti constitutionnel de Sagasta, un résultat qui laissa Martínez Campos à la de Cánovas. Après la séance d’ouverture du nouveau Parlement, le président du Congrès souhaita la bienvenue aux représentants de la (Cuba) , les encourageant à intervenir . thumb|Esclaves travaillant dans une plantation de canne-à-sucre à Cuba. Le projet de loi sur l'abolition de l’esclavage à Cuba que Martínez Campos présenta aux Cortès prévoyait la libération des esclaves mais avec une formule transitoire concédant aux anciens maîtres le de leurs esclaves durant , ce qui signifiait le droit à continuer de les utiliser mais avec l'obligation de leur verser un salaire et de subvenir à leurs besoins, y compris médicaux ainsi que l’enseignement primaire aux enfants. La loi et cet emménagement furent néanmoins rejetés par les propriétaires des plantations et usines sucrières et leurs représentants dans la péninsule, Le débat parlementaire fut reporté jusqu’au en raison des préparatifs du deuxième mariage du roi célébré le .

La situation se compliqua pour Martínez Campos lorsqu'en août eut lieu une résurgence de la guerre à Cuba avec le début de ce qui serait connu comme la (qui se termina en décembre de l’année suivante). Le général Polavieja qui était au commandement des troupes espagnoles de Cuba avait écrit en juin au capitaine général de l'île Ramón Blanco y Erenas : .

right|thumb|Gravure de Juan Comba sur la visite d’Alphonse XII à la localité murcienne d’Alcantarilla au motif des terribles inondations connues sous le nom de (). thumb|left|La situació d'Espanya (La Campana de Gracia, 27 juillet 1879). La légende en bas de page dit : . L'Espagne est représentée par une femme bâillonnée par la loi sur l’imprimerie et assaillie par la misère, la dette, le phylloxéra, la trichine et un fléau de criquets.

Une nouvelle source d’inquiétude pour le gouvernement fut les terribles inondations qui se produisirent en octobre dans les provinces d’Almería, d’Alicante et, surtout, de Murcie, qui seraient connues sous le nom de (). Le roi se rendit immédiatement dans les zones affectées, gagnant ainsi l’affection de la population.

Après la célébration du mariage royal, les divergences au sein du gouvernement sur le projet de réforme fiscale et de réduction des tarifs douaniers proposé pour Cuba par le ministre de l'Outre-mer Salvador Albacete et sur le projet de loi visant à abolir l'esclavage dont les Cortès allaient commencer le débat devinrent évidentes. Cela obligea Martínez Campos à présenter sa démission à Alphonse XII le . Après avoir essayé d'autres options pour éviter la « séquestration de la prérogative royale » le roi n'eut d'autre choix que de rappeler Cánovas pour qu'il formât un gouvernement. thumb|Timbre postal de l’île de Cuba à l'effigie du roi Alphonse XII (1878). Cánovas s'efforça de rétablir l'unité du Parti conservateur et finalement, conscient qu'il n'était plus possible de le retirer, assuma le projet de Martínez Campos d'abolir l'esclavage, en quoi il avait apparemment le soutien du roi , et malgré l'opposition qu'il rencontra de la part des esclavagistes cubains du Union constitutionnelle. Après avoir introduit plusieurs modifications favorables aux propriétaires d'esclaves (comme le maintien des châtiments corporels, auquel s'est opposé le constitutionnel de Sagasta) dans le projet de Martínez Campos, il réussit à obtenir son approbation en février de l'année suivante. Les esclavagistes réussirent à faire en sorte que le règlement d'application de la loi introduisent des restrictions encore plus importantes, telles que l'application de peines de aux qui refuseraient de travailler, qui quitteraient la plantation sans autorisation, encourageraient les grèves ou désobéiraient aux ordres des contremaîtres. Avec tous ces changements, l'Union constitutionnelle déclara en qu'elle accepte le système du « patronage ».

Le remplacement de Martínez Campos par Cánovas à la tête du Gouvernement provoqua l'affrontement entre les deux personnages et finalement le départ du Parti conservateur du groupe qui soutenait le général, dont beaucoup étaient des amis militaires, et son rapprochement avec le constitutionnel de Sagasta, ce qui constitua une étape décisive pour la naissance du Parti libéral-fusionniste, l'autre grand parti du régime politique de la Restauration. Six mois après son départ du gouvernement, le , Martínez Campos et Cánovas eurent un âpre débat au Sénat, au cours duquel le premier souligna le rôle du pronunciamiento de Sagonte dans l'avènement de la monarchie et le second le dédaigna. déclara Cánovas.

Composition

Notes et références

Annexes Articles connexes Règne d'Alphonse XII Système politique de la Restauration (Espagne)

Bibliographie

Martinez Campos Catégorie:1879 en Espagne Catégorie:Mars 1879 Catégorie:Décembre 1879