Le Convoi de la liberté () est un mouvement de protestation contre l'obligation vaccinale anti-Covid-19, imposée aux personnes entrant au Canada par voie terrestre et introduite le par le gouvernement du Canada. Ce mouvement se compose de convois de camions et de divers véhicules qui traversent chaque province canadienne et se rejoignent à Ottawa, le , pour faire le siège du Parlement fédéral. Par la suite, les revendications contre l'obligation vaccinale s'étendent à la levée de toutes les mesures sanitaires. Divers manifestants demandent également la démission de Justin Trudeau, premier ministre du Canada. Des contre-manifestations sont organisées, notamment par des résidents exaspérés par l'inaction de la police face à cette occupation. Le chef du Service de police d'Ottawa démissionne. Le mouvement de protestation se prolongeant en une crise nationale, le gouvernement fédéral déclare l'état d'urgence dans le cadre de la loi sur les mesures d'urgence. Des convois se rassemblent également dans les capitales du Québec, de Colombie-Britannique et de l'Ontario.
Le Convoi de la liberté est l'objet de controverses, en raison de son mode d'action, ses liens avec l'extrême droite et la participation active de groupes extrémistes.
Des actions protestataires, inspirées d'initiatives prises par le Convoi de la liberté, sont envisagées ou réalisées dans d'autres pays du monde, notamment en Europe, en Australie et en Nouvelle-Zélande.
Contexte En , alors que la pandémie de Covid-19 se prolonge et s'amplifie à cause de l'émergence du variant Omicron, le gouvernement du Canada, dirigé par le premier ministre Justin Trudeau, déclare la nécessité d'une extension de l'obligation vaccinale aux chauffeurs routiers qui traversent les frontières du Canada. Le , l'exemption de quarantaine de deux semaines dont bénéficiaient les camionneurs et autres travailleurs essentiels entre officiellement en vigueur. Des personnalités politiques telles que Jason Kenney, premier ministre de l'Alberta, et des camionneurs protestent, soutenant que la mesure pourrait exacerber les perturbations de la chaîne d'approvisionnement.... Depuis le , les États-Unis ont également une exigence de vaccination pour les personnes non-américaines. L'Alliance canadienne du camionnage estime que 85 % des canadiens sont déjà vaccinés contre le Covid-19., et que l'obligation aurait un impact sur des des deux pays qui traversent régulièrement la frontière..
Dans le pays, s'organise alors un mouvement de protestation contre l'obligation vaccinale anti-Covid-19 pour entrer par voie terrestre au Canada. Ce mouvement, baptisé « Convoi de la liberté », se compose de convois de camions et de divers véhicules qui traversent chaque province canadienne et convergent, le , vers le à Ottawa, capitale du pays, amenant la police à renforcer la surveillance sur la colline du Parlement, emplacement du Parlement fédéral... Les revendications des protestataires s'étendent rapidement à la levée de toutes les mesures sanitaires.. Divers manifestants demandent également la démission du premier ministre Justin Trudeau.. Des convois provinciaux se rassemblent également dans les capitales du Québec., de Colombie-Britannique. et de l'Ontario.. Des contre-manifestations sont organisées, notamment par des résidents de la capitale canadienne... Les manifestations persistantes engendrant une crise nationale, le gouvernement fédéral canadien déclare l'état d'urgence dans le cadre de la loi sur les mesures d'urgence. La ville d'Ottawa et la province de l'Ontario font de même.. C'est la seconde fois, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, que l'État canadien recourt à des mesures légales exceptionnelles pour mettre fin à une crise d'ampleur nationale. La première fois remonte à la crise d'Octobre 1970, au cours de laquelle le premier ministre Pierre Elliott Trudeau avait mobilisé l'armée pour contrer les activités terroristes du Front de libération du Québec.
L'Alliance canadienne du camionnage, une organisation nationale représentant les camionneurs canadiens, désapprouve publiquement les actions du Convoi de la liberté et annonce ne pas soutenir le mouvement de protestation.., tandis que les camionneurs à l'origine de la protestation sont dénoncés par le premier ministre canadien comme une aux .. Le mouvement est soutenu par plusieurs politiciens conservateurs. La Chambre de commerce du Canada est en faveur de la vaccination, mais demande le report de la date limite de mise en œuvre de l'obligation vaccinale, tandis que la Coalition manufacturière canadienne exprime son soutien à la levée immédiate de l'obligation..
Déroulement Le premier convoi quitte Prince Rupert en Colombie-Britannique le et arrive à Prince George dans la soirée. Le lendemain, un autre convoi part de Delta avec des supporteurs se rassemblant le long de la route 1. rapporte que diverses entreprises de camionnage ne soutiennent pas les actions et que les camionneurs ne sont pas autorisés à participer en utilisant les véhicules de l'entreprise..
28 janvier Les premiers convois venant de l'Ouest du pays arrivent à Ottawa. Les manifestants se regroupent dans le centre-ville notamment sur la rue Wellington.. La province de la Nouvelle-Écosse interdit les rassemblements le long des autoroutes, plus précisément sur la Transcanadienne (route 104) entre la frontière de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick, en raison des rassemblements liés au passage de convoi...
29 janvier Des convois partant du Québec, et des maritimes qui ont convergé la journée d'avant à Montréal, partent tôt le matin en direction d'Ottawa. Sur le bord de certaines routes et sur plusieurs viaducs le long du trajet, des centaines de personnes se rassemblent pour montrer leur soutien..
À Ottawa, des milliers de personnes se rassemblent en appui aux camionneurs et revendiquent la fin des mesures sanitaires. Aux alentours de midi, Maxime Bernier, le chef du Parti populaire du Canada prononce un bref discours.. Peu avant , le Centre Rideau, situé dans le centre-ville, doit fermer ses portes à la suite du non-respect des mesures sanitaires par des manifestants. témoigne un agent de sécurité du centre au .. En soirée, la manifestation se transforme en fête avec musique, danse, chants, alcool, cannabis et tirs de feux d’artifice devant le parlement..
La dégradation de la statue de Terry Fox suscite la condamnation, tout comme l'affichage de croix gammées nazies et le stationnement sur la tombe du Soldat inconnu.. Certains manifestants ont exigé d'être nourris par une soupe populaire pour les sans-abri d'Ottawa....
Des manifestations ont lieu à Winnipeg et Regina..
Le , la police d'Ottawa procède aux deux premières arrestations.. Le lendemain, elle distribue 30 contraventions. Selon la police, il y a 676 camions.
Le , un convoi d’une dizaine de voitures quitte Sept-Îles, sur la Côte-Nord en direction de Québec. Toujours le , les organisateurs annoncent par un communiqué de presse qu’ils ne quitteront pas Ottawa avant que .. Le lendemain 200 personnes ont accueilli le convoi à Chicoutimi..
Le , des manifestants s’installent dans le parc de la Confédération. Ils y construisent une cabane de bois en guise de cuisine communautaire et stock du carburant.
Le , quelques centaines de manifestants se réunissent devant l’Assemblée nationale du Québec..
Le , des manifestations d’appui aux revendications des convois ont lieu à Toronto., Québec, Fredericton, Winnipeg., Regina, Edmonton, Vancouver, Victoria et dans le village frontalier de Coutts, en Alberta..
Comme le samedi d'avant la manifestation se transforme en fête dans les rues d’Ottawa..
Le au matin, un campement qui était érigé par des Québécois au parc de la Confédération d'Ottawa est démantelé à cause de la pression policière..
À 11 heures le dimanche , la police d’Ottawa annonce avoir distribué plus de 450 amendes depuis samedi matin pour une multitude d’offenses..
Le en fin d'après-midi, dans un bref communiqué, le maire Jim Watson déclare l'état d'urgence. Il mentionne que ..
Le SPVQ a procédé à trois arrestations et au remorquage d’un véhicule. Les agents ont aussi donné 50 constats d’infraction en vertu des différents règlements municipaux, 72 en vertu du Code de la sécurité routière et 48 pour stationnement illégal..
Le , une injonction de 10 jours est accordée en faveur de résidents du centre-ville d'Ottawa interdisant la poursuite des bruits de sirènes et des klaxons répétitifs. Le maire Jim Watson demande au gouvernement de déployer des renforts policiers pour « étouffer l’insurrection ».
La police d'Ottawa a annoncé, à la suite de la proclamation de l'état d'urgence, l’interdiction de ravitailler, en carburant notamment, les protestataires. Les personnes contrevenant à cet ordre s'exposeront à une arrestation. La police a également entrepris de saisir les bidons d’essence et bonbonnes de gaz accumulés au centre de ravitaillement temporaire des manifestants dans un stade de baseball. Sans carburant, les camionneurs ne pourront plus se chauffer dans leur véhicule alors que les températures sont négatives. Les organisateurs du mouvement ont lancé un appel aux citoyens afin d’héberger les protestataires.
Le , une soixantaine de véhicules ont tenté de perturber la circulation devant l’aéroport d’Ottawa, mais ont eu peu d’impact..
Le toujours, des médias signale que des ex-militaires et agents de la Gendarmerie royale du Canada sont parmi les têtes pensantes et les organisateurs de ce convoi, et que cela fait craindre un risque pour la sûreté de l'ÉtatAnne-Caroline Desplanques / OTTAWA | Des ex-militaires et agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) entraînés et organisés sont parmi les têtes pensantes de l’occupation de la capitale fédérale et mettent la police sur les dents. dans le Journal de Montréal 10 février 2022 (consulté le 12 février 2022)..
Le , Doug Ford décrète l’état d’urgence en Ontario..
Le , des manifestants se rassemblent à Montréal en matinée avant de partir en convoi vers Ottawa.. Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, est présent. Des contre-manifestants opposés au convoi pour la liberté, qu’ils qualifient de sont également présents.
Le pont Ambassadeur, bloqué depuis quelques jours, est débloqué à la suite d'une intervention policière..
Le , la Gendarmerie royale du Canada procède a l’arrestation de 11 personnes au blocage du poste frontalier de Coutts, en Alberta.. À Ottawa, plus de 200 citoyens bloquent l’accès à une vingtaine de véhicules qui tentaient de se rendre à la colline parlementaire. Les résidents du centre-ville d’Ottawa se disent frustré par l’inaction des services policiers.
Le matin du , la Gendarmerie royale du Canada procède, au blocage du poste frontalier de Coutts, en Alberta, à la saisie d’une cache d’armes à feu et de munitions composée de 13 armes d’épaule, d'armes de poing, de plusieurs ensembles de gilets pare-balles, d'une machette, d'une grande quantité de munitions ainsi que de chargeurs de grande capacité.. Deux arrestations ont lieu plus tard dans la journée dont celle d'un homme en possession de deux armes à feu..