L'histoire de la ville de Rome traite principalement des origines de la ville, du développement de la République romaine, de la naissance et du déclin de l'Empire romain, jusqu'à la période contemporaine Implantation latino-falisque
Les premières implantations dans la zone du Latium par des populations italiques indo-européennes, les Latins, remontent à l'âge du bronze ( - ).
À l’origine, les Latins occupaient seulement une zone très limitée, dite latius vetus, tandis que dans les environs vivaient de nombreux groupes ethniques, dont le plus influent était celui des Étrusques. Quand commença la phase « historique » des peuples installés dans la péninsule, alors que les Falisques occupaient la vallée du Tibre entre les monts Cimini et les Sabatini, les Latins occupaient seulement une petite zone, qui allait de la rive droite de la partie finale du cours du Tibre, des monts Albains jusqu’à la côte de la mer Tyrrhénienne.
Leur territoire était limitrophe de celui des Étrusques dont la zone d'influence commençait immédiatement sur la rive septentrionale du Tibre. Les Volsques, d’origine osque, occupaient la partie méridionale du Latium et les monts Lépins ; les Aurunces la côte tyrrhénienne à cheval sur l’actuelle limite entre le Latium et la Campanie ; au nord, sur les monts Apennins, se trouvaient les Sabins ; à l’est les Aequiens. Dans la vallée du Trero, les Herniciens contrôlaient la route commerciale vers la Campanie, et entre Ardea et Anzio étaient installés les Rutules.
Les premiers campements latins s'installèrent sur le mont Palatin vers le mais s'étendirent rapidement dans les zones voisines, sur l'Esquilin et sur le Quirinal. Le choix initial n’était certainement pas le plus salubre ; la zone était couverte de marais et d’étangs, même s’il était cultivable grâce à la grande disponibilité en eau. Il fut probablement choisi pour sa position à proximité de l’île tibérine et par la possibilité de franchissement à gué du Tibre à cet endroit, une situation qui, par la suite, se révéla précieuse en raison de sa bonne situation sur les routes commerciales de l’époque. L'île, qui constituait le dernier gué avant l'embouchure du fleuve, était devenue le point d’intersection de deux axes commerciaux importants : l’un, fluvial, reliant la côte à l’intérieur de la Sabine, était utilisé pour le commerce du sel qui représentait dans l’Antiquité un aliment fondamental pour la vie humaine. L’autre, routier, reliant l’Étrurie aux comptoirs et aux villes grecques de Campanie, servait aux échanges commerciaux entre ces deux populations. Contrôler l'île signifiait maîtriser les échanges qui y transitaient et c’est très probablement de là que vient l'importance de Rome à ses débuts.
Fondation de la ville
La fondation de Rome est légendaire ; elle est attribuée à Romulus, descendant d'Enée. Romulus aurait été élevé par une louve, avec son frère Rémus. La tradition populaire généralement admise – et reprise aussi par Varron (qui dans le De lingua latina jeta les bases de l'étude linguistique du peuple latin) – veut qu'elle ait été fondée par Romulus le 753 av. J.-C. ; après avoir tué son frère. Dans ses Annales, Ennius situe la fondation en 875 av. J.-C., tandis que Fabius Quintus se rapproche de la position de Varron la situant en 748 av. J.-C. Déterminer la date exacte de la naissance de Rome n'a jamais été une tâche facile pour les historiographes, Lucius Cincius Alimentus (auteur d'écrits en forme d'annales) et l’historien grec Timée de Tauroménion (qui vécut environ au troisième siècle av. J.-C.) plaçaient respectivement en 729 av. J.-C. et en 814 av. J.-C. la fondation de la future « ville éternelle » (pour Timée, donc, elle est presque contemporaine de celle de Carthage).
D'un point de vue scientifique, on admet que Rome est née de l'association des tribus de la région (et de la réunion des villages qui occupaient le sommet des collines) vers le ; il faut y voir une décision stratégique et politique plutôt que la construction d'une cité ex nihilo. Ainsi commença la période de la « Rome carrée », ainsi nommée d'après la forme carrée du mont Palatin, même si on ne peut pas encore parler d'une véritable ville. Le développement de cette implantation commence sous la domination étrusque. Les fouilles menées autour du Forum Boarium (Marché aux bœufs) et du Forum Romanum (Forum de Rome) démontrent une occupation d'abord relativement fruste, puis une influence reliée à la culture étrusque, notamment de nombreux fragments de céramique architectonique, contemporaine d'une évolution dans les modes funéraires. Au cours du , l'urbanisation gagne les grands centres italiens, formant un chapelet de cités commerciales, unies par les échanges mais non fédérées. L'enjeu stratégique de la future Rome explique en grande partie la domination progressive de la culture étrusque dans cet embryon de ville. Rapidement, la société se diversifie, la population croît, et la monarchie s'impose.
Romulus sera le premier roi de Rome et six autres monarques lui succéderont, eux aussi probablement d’origine étrusque. À chaque souverain, on attribue généralement une contribution particulière dans la naissance et la création des institutions romaines et dans le développement socio-politique de la cité : Romulus est considéré comme le fondateur de la ville, à laquelle il donna ses principales institutions civiles et le Sénat, Numa Pompilius créa les principales institutions religieuses (parmi lesquelles le temple de Janus, le culte des vestales, la charge de Grand Pontife - pontifex maximus - la subdivision de l’année en douze mois avec, précisément réglementées, toutes les fêtes et célébrations religieuses), Tullus Hostilius, en battant les Sabins et en conquérant Alba Longa, amorça l'expansion territoriale dans le Latium, à Ancus Marcius on doit la fondation du port de Rome par excellence, Ostie, Tarquin l'Ancien érigea le temple de Jupiter et construisit le cloaca maxima, Servius Tullius divisa la population citadine en cinq classes de cens et construisit la première enceinte fortifiée (les murailles serviennes dont on peut observer quelques vestiges à l'intérieur du Forum Termini) ; le dernier roi fut Tarquin le Superbe qui, à cause de son comportement arrogant et de son mépris envers les citoyens et les institutions romaines, sera chassé par le peuple en 509 av. J.-C.
La déposition du dernier roi de Rome coïncida avec une période de fort déclin des Étrusques : ceux-ci en effet, dans leur expansion vers le sud, arrivèrent au contact des Grecs. À la suite d'un premier conflit avec les colons commença la décadence. Rome réussit ainsi à se libérer du joug étrusque, après avoir chassé Tarquin le Superbe. Les Étrusques laissèrent une influence durable sur Rome. Les Romains apprirent d'eux à construire des temples, et leur doivent l'introduction du culte d’une triade de dieux (Junon, Minerve et Jupiter) : Uni, Menrva et Tinia. Ils transformèrent Rome d'une communauté de bergers en une ville. Ils servirent encore d'intermédiaires dans la transmission d'éléments empruntés à la culture grecque, notamment une version occidentale de l’alphabet grec.
Organisation sociale
Le pivot de l’organisation sociale était constitué par la famille, qui n'était pas fondée seulement sur les liens du sang, mais aussi sur un rapport juridique de patria potestas. Le chef en était le pater familias, auquel faisaient allégeance les fils, l’épouse, les filles, les petits enfants, leurs épouses, les esclaves, les liberti et les clients.
Les diverses familles, selon les liens du sang, constituaient les gentes.
Le droit romain attribuait seulement à ces gentes la personnalité juridique. Très vite, Rome se peupla d’autres personnes, qui n'étaient ni esclaves, ni membres des gentes : ce n'étaient pas des patriciens et ils furent donc appelés plébéiens. Les plébéiens étaient des hommes libres, mais ils ne pouvaient pas fonder à leur tour une gens.
L'autorité du pater familias sur sa famille était illimitée, tant en droit civil qu'en droit pénal. L'autorité du roi était circonscrite aux devoirs militaires, à la politique étrangère et à arbitrer les conflits entre gentes.
Le peuple de Rome était à l'origine divisé en trois tribus (Ramnenses, Titientes, Luceres), principalement dans l'objectif du recrutement militaire, organisé en centuries.
Les rois tentèrent d’affaiblir le pouvoir du patriciat, dans le but de reconnaître des gens d’origine étrangère, les genti minori.
République romaine
Alliances et émergence de Rome Après l'an 509 av. J.-C., Rome s'allia avec d'autres villes latines pour leur défense commune contre les incursions des Sabins, tandis qu’entre-temps, avant 400 av. J.-C., la puissance étrusque était confinée à l'intérieur de l'Étrurie. Rome commençait à émerger comme la ville dominante du Latium, mais en 387 av. J.-C. (ou en 390 ?) elle fut mise à sac par des envahisseurs gaulois conduits par Brennos qui avait déjà envahi l'Étrurie. Par la suite et durant toute l'époque républicaine, l’État romain reprit l'offensive et mena une longue série de guerres : il conquit l'Étrurie, prit des territoires aux Gaulois dans le nord et soumit les autres Latins et les populations samnites au sud. En 290 av. J.-C. plus de la moitié de la péninsule était dominée par Rome. Au milieu du même les cités grecques furent soumises.
Les guerres contre les diverses cités italiennes, celles contre les Gaulois, les guerres puniques et celle contre la Macédoine, permirent de consolider la domination sur l'Italie et d'entamer l'expansion en Espagne et en Macédoine. La date marquante de cette expansion en Méditerranée est l'an 146 av. J.-C., année au cours de laquelle, après un siège de trois ans et trois guerres menées pendant un siècle contre Rome, Carthage tomba définitivement et fut complètement rasée par les légions romaines de Scipion Émilien ; Corinthe, ville symbole de la résistance grecque à la politique d’expansion romaine, fut également conquise et détruite ; par ces deux grandes victoires, Rome transforma son rôle de puissance régionale en Méditerranée occidentale en celui de superpuissance incontestée dans l'ensemble du bassin méditerranéen, qui depuis lors prit le nom de mare nostrum. Les classes dirigeantes s’ouvrirent à l'influence de la culture grecque et des œuvres d'art et d'artisanat artistique furent importées en grand nombre de Grèce et des provinces orientales de culture hellénique. Les grandes puissances hellénistiques en Orient (Empire séleucide, royaume de Macédoine, royaume d'Égypte ptolémaïque) sont battues ou vassalisées et l'Armée macédonienne qui domine depuis deux siècles les champs de bataille méditerranéens surclassée par les légions romaines, moins meurtrières mais bien plus mobiles et flexibles.
Les problèmes induits par une expansion aussi importante que soudaine que dut affronter la République furent énormes et de plusieurs sortes : les institutions romaines étaient jusqu'alors conçues pour administrer une cité-État ; désormais les provinces (comparables aux colonies des États modernes, à ne pas confondre avec les colonies romaines proprement dites, lesquelles étaient des implantations de citoyens romains à plein titre, cives optimo iure, hors du territoire public de la République mais relevant de l'administration directe de l'État romain) s'étendaient de l'Ibérie, à l'Afrique, à la Grèce et à l'Asie.
Arrivée massive d'esclaves et bouleversement économique et social