Les Plantagenêts sont une maison royale issue de la première maison d'Anjou avec le mariage en 1127 de Geoffroy V dit Plantagenêt, fils de Foulques V d'Anjou, comte d'Anjou et du Maine, avec Mathilde l'Emperesse, fille d', duc de Normandie et roi d'Angleterre.
Ils sont rois d'Angleterre de 1154 à 1485, ducs de Normandie et d'Aquitaine, comtes de Poitou et de Nantes, seigneurs d'Irlande, ducs de Bretagne, seigneurs de Chypre, etc.
Les maisons de Lancastre et d'York sont deux des branches des Plantagenêts, qui ont cessé de régner en 1485 à la mort du roi Richard III. Il subsisterait toutefois une branche bâtarde de cette maison dont l'aîné serait Henry Somerset (1958), de Beaufort.
Quoi qu'il en soit, la maison Plantagenêt est éteinte en ligne légitime depuis l'exécution d'Édouard Plantagenêt (1475-1499) en 1499 par , fondateur de la dynastie Tudor.
Ce nom de « Plantagenêt », sobriquet personnel de (1113-1151), a été donné a posteriori à l'ensemble de la dynastie des comtes d'Anjou qui en descendent.
Origine du nom Plantagenêt
« Plantagenêt »Plantagenet selon la graphie anglaise ; Plantegenêt d'après Michel Pastoureau dans Le roi tué par un cochon, Seuil, 2015, p. 21. fut d'abord le surnom personnel donné à Geoffroy V, comte d'Anjou et du Maine (1128-1151). L'origine de ce surnom est inconnue et ne fait pas l'unanimité chez les historiens. Selon les hypothèses les plus répandues, ce sobriquet ferait allusion à une branche de genêt que Geoffroy V piquait à son couvre-chef (d'où l'expression de « planter un genêt ») ou à la pratique d'utiliser cette plante pour camoufler ses abris de chasse. Le poète normand Wace explicite le sens du sobriquet « Plantagenêt » entre 1160 et 1170 : « Gisfrei, son frere, que l'on clamout Plante Genest, qui mult amout bois e forest » (« Son frère Geoffroi, qu’on appelait « celui qui plante du genêt », qui aima beaucoup bois et forêts »)Wace, Roman de Rou, éd. Anthony J. Holden, tome II, Paris, SATF, 1971, p. 266, v. 10.269-70. Cette phrase doit probablement être interprétée dans le sens que Geoffroy accroît des bois au détriment des cultures, afin de s'adonner aux activités cynégétiques puisque le terme forest est sans équivoque, désignant la réserve de chasse. Ce serait en référence à ce goût pour la chasse dans les landes de genêt que le comte « plante des genêts » ou fleurs sauvages.
Quoi qu'il en soit, ce surnom a été attribué rétrospectivement à tous ses descendants par les mâles (lignée agnatique). Au , pour faire valoir ses droits à la couronne, le duc Richard d'York reprit le nom de Plantagenêt, et son fils devint en 1461 le roi .
Histoire des Plantagenêts Origine de la famille Plantagenêt vignette|redresse|Émail Plantagenêt, effigie funéraire de Geoffroy V d'Anjou, vers 1160. Musée d'archéologie et d'histoire du Mans. Les Plantagenêts sont dans la lignée directe de la maison de Gâtinais-Anjou, branche cadette de la maison de Châteaudun ; ils ne sont pas de la lignée des Ingelgériens mais s'y rattachent en ligne féminineLes femmes, qui, après s'être émancipées des Robertiens, avaient fondé l'autonomie et la puissance du comté d'Anjou entre 930 et 1060. ; ils sont en effet issus du mariage d'Ermengarde d'Anjou, fille de Foulque III Nerra, comte d'Anjou, avec Geoffroy II du Gâtinais. Geoffroy III, Foulque IV, Geoffroy IV, Foulque V poursuivirent leur œuvre. On désigne parfois ces comtes sous le nom de Plantagenêts pour signifier qu'il s'agit d'une seule et même lignée agnatique, bien que ce surnom n'apparaisse qu'avec leur descendant Geoffroy V. Les Plantagenêts, successeurs des Ingelgériens, constituent la deuxième maison des comtes d'Anjou. Les Plantagenêts étant, par les mâles, une branche de la maison de Châteaudun, on considère généralement qu'ils sont issus de la famille franque des Rorgonides, possiblement liée aux premiers RobertiensChristian Settipani, Les ancêtres de Charlemagne. Addenda, 1990 et 2000.Christian Settipani, Les vicomtes de Châteaudun, 1999.Les seigneurs du Maine.. Par leur branche maternelle de la première maison des comtes d'Anjou, les Plantagenêts sont issus cognatiquement de la noblesse franque, les Ingelgériens.
Origine de la puissance de la famille Plantagenêt La puissance des Plantagenêts trouve son origine dans le mariage que fit Geoffroy V et qui permit à son lignage d'accéder à la royauté et d'échapper sur certains de ses territoires à la suzeraineté du roi de France. En effet, le , à l'âge de quinze ans, Geoffroy V, fils de Foulque V, épousa Mathilde l'Emperesse, fille et héritière d' (dit Beauclerc) et veuve d', en la cathédrale du Mans. C'est une conséquence indirecte du naufrage de la Blanche-Nef au large de BarfleurC. Warren Hollister, Henry I, édité et complété par Amanda Clark Frost, Yale University Press, 2001, .. Cette union représentait un gage de paix entre l'Anjou et la Normandie, qui avaient été en conflit à de nombreuses reprises au cours du . Mathilde l'Emperesse était plus âgée de onze ans, et leur mariage ne fut pas très heureux. Cette union ne créa pas immédiatement l'empire Plantagenêt. Mathilde fut évincée du trône d'Angleterre et de Normandie par Étienne de Blois à la mort d', en 1135. Geoffroy dut d'abord assurer ses possessions continentales en réprimant avec énergie des révoltes en Anjou (siège de Montreuil-Bellay 1149-1151) et en menant plusieurs campagnes en Normandie, dont il se proclama duc en 1144. Il soutint mollement Mathilde, qui, débarquée en Angleterre en 1139, finit par renoncer à la lutte (mais non à ses droits) en 1148. Geoffroy V Plantagenêt mourut à Château-du-Loir le , aux confins de l'Anjou historique et du Maine. Il repose en la cathédrale Saint-Julien du Mans.
et les grands Plantagenêts C'est leur fils qui fit valoir les droits de ses parents par un voyage en Angleterre en 1153 où il contraignit son oncle Étienne de Blois à le reconnaître pour héritier, par le traité de Wallingford. Il fut investi du trône en 1154 à la mort d'Étienne. fut couronné roi d'Angleterre le , dans l'abbaye de Westminster. Il avait réussi, en l'espace d'une dizaine d'années, à concentrer entre ses mains de nombreux territoires : en 1154, il dominait le royaume d'Angleterre, le duché de Normandie, le comté d'Anjou, le comté du Maine et, indirectement par sa femme Aliénor d'Aquitaine, le duché d'Aquitaine et le comté de Poitou. Décédé à Chinon le , et ayant manifesté, sur son lit de mortGuillaume de Newburgh Historia rerum Anglicarum, , p. 278, , son désir d'être enterré à FontevraudDans un premier testament daté de 1170, à l'occasion d'une maladie grave, Henri avait demandé à être enterré au prieuré de Grandmont. Mais après le meurtre de Thomas Becket, les Grandmontains s'opposèrent à ce projet. cf. , Guillaume le Maréchal fit transporter son corps à l'abbaye de Fontevraud, aux confins de l'Anjou et de la Touraine. Richard Cœur de Lion (1189-1199), qui succède à son père , repose dans ce même monastère, qui est devenu la nécropole des Plantagenêts.
C'est à partir du règne de Jean sans Terre (1199-1216) que s’opéra un glissement du cœur de l'Empire Plantagenêt vers l'Angleterre. Ce roi perdit en effet la Normandie, l'Anjou, le Maine et le Poitou en 1204-1205 et gouverna depuis l'île.
Après le règne désastreux de Jean sans Terre, l'Angleterre fut dirigée par les rois Plantagenêt : (1216-1272) (1272-1307), qui met la main sur le pays de Galles et l'Écosse (1307-1327) (1327-1377), qui revendique la couronne de France face à Philippe VI à partir de 1337, entraînant la guerre de Cent Ans Richard II (1377-1399), qui est renversé et remplacé en 1399 par un cousin germain, le duc de Lancastre, devenu , fondateur de la maison de Lancastre.
Division de la famille Plantagenêt entre maisons de Lancastre et d'York L'usurpation d' entraîna une division de la famille Plantagenêt qui conduisit finalement à une guerre civile. En effet, la maison de Lancastre et la maison d'York sont deux branches de la famille des Plantagenêts. À partir du règne désastreux d' et en dépit du prestige d', la maison d'York contesta le pouvoir de la maison de Lancastre et cette contestation aboutit à la guerre des Deux-Roses.
Après la guerre des Deux-Roses et l'accession au trône des Tudors en 1485 avec , le nom de Plantagenêt disparut, la branche mâle prétendante directe au trône étant éteinte.
Postérité de la famille Plantagenêt Richard III fut le dernier roi Plantagenêt. Le lignage des Plantagenêts fut revendiqué par la maison de Beaufort, mais d'après les tests génétiques le lien de paternité fut brisé au cours des générations suivantes.
Suite à la découverte du corps de Richard III, des travaux sont entrepris par la généticienne Turi King sur les haplogroupes du chromosome Y, qui se transmettent de père en fils, auprès de descendants de Jean de Gand (1340-1399), dont fait partie la mère de Richard III. Quatre individus de cette lignée ont été identifiés, et leurs résultats sont cohérents entre eux, mais ils ne correspondent pas à ceux du squelette, même si l'ADN-Y de ce dernier est en partie dégradé. Cette absence de correspondance signifie que, quelque part dans les 19 générations qui séparent Richard de Henry Somerset ( de Beaufort, 1744-1803), un enfant n'était pas le fils de son père déclaré ; la fréquence de ce genre d'événement est comprise entre 1 et 2 % par génération, d'après les travaux de King et d'autres chercheurs.
Généalogie
De Geoffroy Plantagenêt à Édouard
D'Édouard à Édouard III
D'Édouard III à Richard III
Arbre généalogique
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie
, , .
, , . . . , . . Olivier Guillot, Le comte d'Anjou et son entourage au , Tome I : Études et appendices, Tome II : Catalogue d'actes et index, Paris, Éditions A. et J. Picard, 1972. François Lebrun (dir.), Histoire des pays de la Loire (Orléanais, Touraine, Anjou, Maine), Privas, coll. « Univers de la France », 1972, présentation en ligne. , , .
Douglas Richardson, Plantagenet Ancestry : A Study In Colonial And Medieval Families, Baltimore, Genealogical Publishing Company, 2004, 945 p. .
Articles connexes Ingelgeriens Maison de Châteaudun Souverains anglais Guerre de Cent Ans Armorial des Plantagenêts Conflit entre Capétiens et Plantagenêts Empire Plantagenêt Rôles gascons
*1 Catégorie:Histoire de l'Anjou Catégorie:Duché de Bretagne Catégorie:Duc de Normandie Catégorie:Anjou médiéval Catégorie:Grande famille du Moyen Âge Catégorie:Filiation prouvée au Xe siècle Catégorie:Extinction au XVe siècle