Didymopanax morototoni est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Araliaceae (famille du lierre et du ginseng), et qui est l'espèce type du genre Didymopanax Decne. & Planch., 1854. C'est un arbre néotropical.
Anciennement inclus dans le genre Schefflera, Didymopanax morototoni a été ré-intégré dans le genre Didymopanax en 2020.
Il est connu en Guyane sous les noms de Bois la Saint Jean (Créole), Malototo (Wayãpi), Ahamban (Palikur), Morototó (Portugais), Tobitoutou (Nenge tongo); Bois canon bâtard.
Au Suriname, on le désigne sous les noms de Bigi boesie papajahoedoe (Sranan tongo), Khobbé (Saramaka), Karoro, Karohoro (Arawak), Mollototto oe, Moretoto oe (Karib).
Au Venezuela, on l'appelle Morototó, Sunsún, Yarumo, Yaurumo de savanna (Espagnol), et au Brésil c'est Sambaqüim (dans le Pernambouc) ou Matatauba, Marupá.
Description Didymopanax morototoni est un arbre moyen à grand, atteignant de haut.
Les feuilles composées palmées portent (7)9-10(13) folioles, sur un pétiole long de . Les petiolules de longueur variable, mesurent de long. Le limbes des folioles est membraneux, de forme oblongue, la base arrondie à tronquée, l'apex mucronulé légèrement acuminé et les marges entières. Discolore, il est glabre sur la face supérieure, et pubescent brunâtre avec les nervures saillantes sur la face abaxiale. De taille variable elles mesurent pour celles internes, et pour celles externes. On compte 10-15 paires de nervure secondaires, généralement, qui ni se terminent dans la marge, ni se rejoignent en une nervure marginale. Les stipules forment une grande ligule intra-pétiolaire, généralement bifide.
L'inflorescence recouverte d'une pilosité feutrée grisâtre, longue de , est une panicule généralement 3 fois composée, avec 2–7 branches primaires rayonnantes allongées, les branches secondaires généralement racémiformes avec 2 ombelles ou plus dispersées sur chaque axe. Les pédoncules sont longs d'environ , et les pédicelles d'environ . L'ovaire à 2 loges porte 2 styles libres, persistants, se recourbant au stade du fruit.
Le fruit est généralement très comprimé, latéralement, côtelé : les 2(3) côtes sont glabres, arrondies aux deux extrémités, mesurant de de long, pour de large.
Variétés Didymopanax morototoni compterait 4 variétés : Didymopanax morototoni var. angustipetala Marchal in Mart. - petit arbre élancé, atteignant jusqu'à de haut, avec des inflorescences composées seulement deux fois, et parfois spécifiquement distinctes (ressemble à un intermédiaire entre Didymopanax morototoni et D. tamatamaensis (Maguire, Steyerm. & Frodin) Fiaschi & G.M. Plunkett) Didymopanax morototoni var. morototoni Didymopanax morototoni var. poeppigii (Decne. & Planch.) Marchal, 1878 Didymopanax morototoni var. sessiliflorus Marchal, 1878
Répartition Didymopanax morototoni est présent du sud du Mexique, au Brésil (Amapá, Roraima, Pará, Amazonas, Rondônia, Acre, Tocantins) en passant par l'Amérique centrale, les Grandes Antilles (sauf la Jamaïque), Trinidad, La Colombie, le Venezuela, le Guyana, le Suriname et la Guyane.
Écologie Didymopanax morototoni est un arbre pionnier poussant dans les milieux perturbés, les forêts sempervirentes secondaires, ou anciennes, les forêts de plaine, les forêts galerie, les forêts de montagne, et occasionnellement en bordure de savane. On l'observe autour de d'altitude au Venezuela.
Didymopanax morototoni a été étudiée sous divers aspects : sa relation avec les oiseaux frugivores : sa dissémination ornithochore à Porto Rico, dans une forêt de la transition Cerrado-Amazonie au Mato Grosso (Brésil), ainsi que les guildes trophiques qui consomment ses fruits, et son rôle d'espèce clé pendant la saison sèche dans le "Parque Nacional da Amazônia" (Pará, Brésil), le pouvoir germinatif de ses graines, leurs conditions de germination, leur levée de dormance et l'origine de leur faible taux de germination, et dans cela, le rôle de la maturité de ses fruits, le rôle de son architecture dans sa physiologie hydraulique (capacité de stockage d'eau des feuilles et des tiges, potentiel hydrique des feuilles, transpiration, et vulnérabilité des tiges à la cavitation et à la perte de conductivité hydraulique par embolie), et les flux de sève dans son tronc au "Parque Natural Metropolitano" (Panama City), et à Manaus (Brésil), son potentiel pour la reforestation d'espaces dégradés et la restauration d'une ambiance forestière, et l'influence de variations de luminosité sur le développement de ses plantules, le charbon de son bois (caractéristiques anatomiques, pouvoir calorifique teneur en matières volatiles et en cendres), sa culture in vitro, sa pollinisation par Scaptotrigona fulvicutis Moure 1964 (Meliponini) en Amazonie, sa phylogénie au sein du groupe Didymopanax/Schefflera, son influence sur les flux de et de du sol en saison humide dans le centre de l'Amazonie, sa dominance dans des plantations de café abandonnées à Porto Rico, sa colonisation par les champignons mycorhiziens à arbuscules, etc.
Utilisation Le bois clair, léger et peu durable de Didymopanax morototoni est utilisé pour de nombreux usages : aggloméré, jouets, manches à balais, caisses, menuiserie, contreplaqué, construction (doublure, lambris, charpente), emballage léger, caisse, spatule à glace, instruments de musique (table de guitare, corps et manche de guitare), radeau, stratifié, crayon, menuiserie, noyau de porte, meuble, cadre, panneau, cure-dents, allumettes et urne funéraire. Ce bois peut également être utilisé pour la production de pâte à papier (rendement de 52,5 %).
En Guyane, le rachis des feuilles était employé pour fabriquer des flèches. Ses feuilles serviraient à soigner les luxations sous forme de cataplasme. Les Haïtiens s'en servent comme tonifiant et pour soigner les rhumatismes et la lombosciatique. On lui prête des vertus proches de celles du ginseng chinois.
Les petites graines plates et discoïdes contenues dans les petits fruits anguleux sont employées en perlerie, tissées avec des plumes et de petites perles de couleurs, pour fabriquer des pagnes, des sacs et de ceintures, colliers, bracelets, etc. par les communautés amérindiennes d'Amazonie et des Guyanes.
Les Amérindiens du nord-ouest du Guyana emploient l'écorce et la sève de Didymopanax morototoni comme fébrifuge, et pour soigner les piqûres de scorpion et les plaies.
Les feuilles, les fruits et le bois de Didymopanax morototoni sont employés traditionnellement, pour divers usages (nourriture, bois de feu, construction, technologie, poison), par les communautés rurales de la ferme "Serra D’Água" (Rio Formoso, Pernambuco, Brésil).
Didymopanax morototoni contient des saponines, mais apparemment en faible quantité.
Les fruits de Didymopanax morototoni sont consommés et ses feuilles employées pour fabriquer des (cages à oiseaux) dans le "Parque Municipal da Boa Esperança" (Ilhéus, Bahia, Brésil).
Les extraits de Didymopanax morototoni ne montrent pas d'activité cytotoxique significative.
Histoire naturelle
Protologue vignette|gauche| Didymopanax morototoni par Aublet (1775) Planche 360. - 1. Baie. Calice. Diſque. Styles. - 2. Baie à deux ailes. - 3. Baie à trois ailes.
En 1775, le botaniste Aublet propose le protologue suivant :
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Liste des plantes décrites par Fusée-Aublet
Liens externes
Catégorie:Aralioideae Catégorie:Espèce d'Araliaceae (nom scientifique) Catégorie:Espèce de feuillus (nom scientifique) Catégorie:Arbre en Guyane Catégorie:Dicotylédone de Guyane Catégorie:Arbre au Brésil Catégorie:Dicotylédone du Pernambouc Catégorie:Plante décrite par Aublet Catégorie:Plante décrite en 1854