Renaix () est une ville de Belgique située en région flamande. Elle se trouve au cœur des Ardennes flamandes.
Toponymie
Histoire Le toponyme Renaix résulterait d'un transfert du nom d'une petite rivière toute proche, la Rhosnes , qui expliquerait le premier élément Ren-, et du suffixe -acum, suffixe d'origine celtique qui trouve son équivalence flamande dans le suffixe -seele ou -se par contraction.
De cette altération sont nés Rotnacum, Ronays ou Ronse, traduction flamandeO. Delghust : inspiré de Renaix à travers les âges - Leherte-Delcourt - Renaix 1936. Mais en réalité, la Rhosnes passe juste au sud de Renaix, ne traversant jamais son territoire, ce qui rend cette explication incertaine. Les toponymistes estiment aujourd'hui que le nom de Renaix peut très bien provenir du nom d'une rivière ou d'une personne, et que nous n'aurons jamais de certitude sur l'origine du nom de la villeFélicien de Tollenaere, Ronne en Ronse ?, dans les Annales du Cercle Historique et Archéologique de Renaix et du Tenement d'Inde, Renaix, t. LIII, 2004, pages 13 à 16..
Politique La question linguistique Il s'agit d'une des communes offrant des facilités linguistiques à sa population francophone.. Renaix, plus grande commune à facilités de Belgique, est située à la frontière du Hainaut et de la Flandre orientale, doit depuis , transmettre obligatoirement ses communications officielles en néerlandais et en français : le collectif citoyen « Ronse bilingue-Renaix tweetalig » a poursuivi la commune de Renaix devant le tribunal de première instance de Flandre orientale pour , reprochant au mayorat en place de refuser de transmettre directement des communications officielles en français. Le tribunal, en , a demandé à la Cour constitutionnelle, s’il peut être justifié de ne pas fournir de traduction française lors de communications officielles en raison d’une baisse du nombre d’habitants souhaitant bénéficier des facilités linguistiques proposées par la loi. Plaidant qu'elle pouvait légalement décider les critères pour déterminer quelle information doit nécessairement être communiquée dans les deux langues, Renaix ne faisant pas partie des communes à facilités - qui peuvent choisir de déterminer l’usage des langues sur leur territoire-, ne peut décider d'elle-même. Empêcher les facilités étant contraire à la Constitution, la Cour constitutionnelle a statué que les articles relatifs à l’emploi des langues en matière administrative ne violent pas la Constitution. La ville de Renaix doit depuis appliquer la loi et fournir ses communications officielles en néerlandais et en français..
En , la justice donne six mois à la commune pour respecter le bilinguisme des noms de rue, panneaux de signalisation et d'information ainsi que sur son site internet. Faute de quoi, une astreinte de mille euros par semaine de retard doit être appliquée..
Les différentes majorités et les différents bourgmestres +19401941194419511959196519711977198319891995200120072013201920222024majoritéBSP\CVPCVP\BSPSP\CVP CVP\SP\VLD CD&V\sp.a\GroenCD&V\N-VA\Groen\Liberale UnieCD&V\ N-VACD&V\ N-VA CD&V\ N-VA\ Vooruit Bourgmestre Ephrem Vanden Eede (échevin faisant fonction de Bourgmestre) Leo Vindevogel (bourgmestre de guerre) Eugène Soudan Eugène Soudan Jacques Piessevaux Marcel Vanderhaeghen Marcel Vanderhaeghen Robert Van Wingene Orphale Crucke Orphale Crucke Walter Kerckhove Luc Dupont Luc Dupont Luc Dupont Luc Dupont Ignace Michaux Ignace Michaux
Géographie Situation Renaix est la commune la plus méridionale de la province de Flandre-Orientale. Elle est située sur la frontière linguistique, qui sépare la Région flamande de la Région wallonne — en l'occurrence, la province de Hainaut — et ne possède aucune commune fusionnée (ou « commune avoisinante »), mais comprend à l'ouest (en néerlandais : De Klijpe), au nord-est, Louise-Marie (célèbre pour son tunnel ferroviaire) à l'est, le Breucq, ancien hameau détaché d’Ellezelles rattaché à Renaix en 1963 — et au sud-est Haute-Durenne (en néerlandais : Hoog Deurne) qui ne sont que des hameaux administratifs.
Communes limitrophes
Section limitrophe left|thumb|Les entités limitrophes de Renaix a. Escornaix (Markedal) b. Etikhove (Markedal) c. Nukerke (Markedal) d. Zulzeke (Kluisbergen) e. Quaremont (Kluisbergen) f. Russeignies (Mont-de-l'Enclus) g. Wattripont (Frasnes-lez-Anvaing) h. Dergneau (Frasnes-lez-Anvaing) i. Saint-Sauveur (Frasnes-lez-Anvaing) j. Ellezelles (Ellezelles)
Histoire vignette|gauche|120px|Saint-Amand, le fondateur de la ville de Renaix. vignette|Renaix entre 1641 et 1644 vignette|Carte de Renaix et ses environs, éditée par Carte de Ferraris aux environs de 1777 vignette|Carte de Renaix et ses environs, éditée par Carte de Ferraris aux environs de 1777 thumb|La gare ferroviaire de Renaix, ici en 1844 à Bruges avant son démontage Origines
Les collines entourant Renaix conservent la trace d’activités humaines dès le Paléolithique. Au Néolithique, la région était peuplée d’agriculteurs et d’éleveurs de manière permanente. Divers fragments de construction témoignent aussi d’une occupation de la région de Renaix durant la période romaine.
Certains éléments de La Guerre des Gaules fournis par le général romain Jules César suggèrent que la population de la région de Renaix ne présente à l'époque des expéditions romaines aucune unité politique ou ethnique, sauf si l'on considère l'origine germanique des Morins peuplant les environs ; Renaix semble avoir fait partie du territoire occupé par les Nerviens. Les hameaux de Paillaert et de Tribury sont traversés par une voie romaine appelée aussi chaussée Brunehault, venant de Bavay et Blicquy, en direction de Kaster et Oudenburg.
Les habitants du territoire de Renaix ne furent que partiellement germanisés, à partir du . La ville fut fondée au par Saint-Amand, autour premièrement d'une chapelle dédiée à saint Pierre puis d'un monastère dédié à saint Pierre et saint Paul, après l'évangélisation des populations païennes.
Moyen Âge Renaix et son monastère furent donnés par Louis le Débonnaire à l'abbaye de Kornelimünster, près d’Aix-la-Chapelle. Celle-ci vendra ses possessions renaisiennes durant le . Les reliques de Saint-Hermès arrivèrent à Renaix durant le . À cette époque troublée par les raids vikings, les moines durent s’enfuir plusieurs fois de Renaix. Le monastère fut brûlé en 880 par les Normands. Les reliques de Saint Hermès furent récupérées en 940 et placées dans une crypte romane en 1089. L’église Saint-Hermès qui fut ensuite bâtie fut consacrée en 1129. Le pèlerinage en l’honneur de Saint Hermès, invoqué pour la guérison des maladies mentales, soutenait l’économie locale.
Le « Lundi des fous », carnaval dont la tradition remonte au Moyen Âge, se tient au début du mois de janvier, le premier lundi après l'Épiphanie (mais le grand cortège carnavalesque, dit des Bommels a lieu le samedi précédant ce lundi pour des raisons liées à la modernité) Le « Grand Tour de Saint-Hermès » — ou « Fiertel » — procession de , datant également du Moyen Âge, se déroule le dimanche de la Trinité: les reliques de Saint-Hermès, dans une châsse en argent, sont portées le long des limites de la ville, suivies ou précédées de plusieurs centaines de marcheurs — la légende veut que les gens nés sur le sol renaisien sont fous, et que les reliques du Saint-Hermès (Saint patron de la ville) guérissent et protègent de la folie.
Renaix obtint de son seigneur Gérard de Waudripont, avoué de l’abbaye d’Inde, les privilèges d’une ville en 1240. Jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, la seigneurie de Renaix — puis baronnie en 1549 — comprendra une enclave, la Franchise de Renaix, qui était administrée par le Chapitre de Saint-Hermès, avec une totale indépendance juridique et fiscale, et qui avait sa propre justice. Renaix était une ville très florissante dès le milieu du et particulièrement au . Son économie était fondée sur la fabrication et la préparation de draps. La ville fut brûlée et pillée le par les troupes françaises. Vers le milieu du , Renaix devint un important foyer calviniste dans les Pays-Bas espagnols. Les troubles religieux du , avec la terrible répression du Duc d'Albe, obligèrent nombre de tisserands et foulons renaisiens à quitter définitivement la ville pour la Hollande, l’Allemagne et l’Angleterre. L’incendie du finit de ruiner la ville. Renaix profita ensuite de la période de paix sous les Archiducs Albert et Isabelle pour se relever (début du ). C’est à cette époque qu’y fut construit l’un des plus beaux châteaux (détruit en 1823) des Pays-Bas méridionaux pour le Comte Jean de Nassau-Siegen, baron de Renaix depuis 1629. La peste de 1635-1636 rendit la ville presque déserte.
Époque moderne
Malgré la contestation du roi d'Espagne, Renaix est annexée à la France de 1680 à 1700. Durant la période autrichienne, le , un terrible incendie réduit à nouveau la ville en cendres. Grâce à la ténacité de ses habitants, Renaix peut reprendre son rang parmi les villes, l’industrie et le commerce, toujours fondés sur le textile.
La victoire de Fleurus le permet à la France d’occuper le pays, puis de l'annexer. Renaix doit faire face à d'importantes réquisitions, ce qui vide les finances de la ville. En 1796, l'ancienne administration de Renaix est supprimée et l'on crée une « municipalité ». La législation française s’applique dorénavant à Renaix jusqu'à la création du royaume des Pays-Bas en 1815. En 1798, la « Guerre des Paysans », réaction à la conscription militaire imposée par les Français, coûte la vie à plusieurs Renaisiens. En 1799, Renaix compte environ habitants, mais environ un tiers de la population vit alors dans la pauvreté.
Époque contemporaine vignette|Vue aérienne de Renaix en 2014 En 1840, dans le nouveau Royaume de Belgique, plus de 55 % de la population de Renaix vivait d'une activité liée au textile. La mécanisation engendra un grave crise économique à Renaix durant les années 1845 à 1855. Beaucoup de Renaisiens quittèrent Renaix pour les usines textiles du Nord de la France (Lille—Roubaix—Tourcoing) ou pour des travaux agricoles en France dans la (Somme ou dans l'Oise…).
Ces difficultés s'estompent provisoirement, avec le développement de l'industrie textile, marqué par des crises comme les « Troubles de Renaix » en 1886www.lavenir.net Des troubles, il y a .. Parmi les pionniers de l'industrie textile à Renaix, on citera entre autres la famille Dopchie, famille d'entrepreneurs industriels d'origine athoise, dont le fabricant Achille Dopchie, qui fut chargé par le bourgmestre Jean-Baptiste Dekeyser de la mission d'implantation en 1901. L'essor rapide que connut Renaix fut détruit par les deux guerres mondiales ; Renaix, après la désindustrialisation des villes entreprise en Belgique dans la seconde moitié du , ne dispose plus que d’atouts touristiques, tels la crypte et la collégiale Saint-Hermès, et quelques musées. L'histoire de la ville de Renaix a été rapportée par le Docteur en médecine Oscar Delghust, bourgmestre de RenaixSon œuvre principale, écrite en français, Renaix à travers les âges (partie 1 : « Des origines jusqu'à la fin de l'Ancien Régime » et partie 2 : « La conquête française, le Consulat et l'Empire, le Royaume des Pays-Bas ») a été publiée en 1936 et 1948. Une réédition de l'ouvrage a été effectuée en 1975..
Une étude de Guy Gadeyne, réalisée en français, traite un aspect très important de l'histoire de la ville : Aperçu de l’histoire de l’industrie textile à Renaix jusqu’en 1900. Cette étude a été publiée dans les Annales de Renaix(C.H.A.R.T.I.), tome XXV, 1976. En 1963 et 1988, Renaix accueille les Championnats du monde de cyclisme sur route.