Nicole Martin, née le à Donnacona et morte le à Montréal, est une auteure-compositeure-interprète, animatrice de télévision, réalisatrice et productrice québécoise.
Chanteuse québécoise, elle est d'abord et avant tout une interprète, mais il lui arrive aussi parfois de se transformer en auteure, compositrice, animatrice, de même que réalisatrice ou productrice, pour elle-même ainsi que pour d'autres artistes.
Biographie Enfance Nicole Martin naît le à Donnacona, près de Québec. Ses parents, Simone Brousseau et Joseph Martin, élèvent par la suite leur petite famille dans la Vieille Capitale. Nicole a un frère aîné, Michel, et deux sœurs plus jeunes, Céline et Marie.
Initiée très tôt à la musique et au chant par sa mère qui travaille déjà elle-même comme chanteuse au Château Frontenac ainsi que dans les salles paroissiales pour des mariages et des noces d'or, la jeune Nicole décide elle aussi de tenter sa chance dans le métier. Après avoir étudié le piano, l'accordéon, les percussions et autres instruments de musique pendant dix ans, elle débute en 1963, à l'âge de 14 ans, comme chanteuse et comme animatrice dans les clubs de Québec. Étant mineure et voulant se faire engager, elle n'hésite pas, avec la complicité de sa mère comme chaperon, à se maquiller et à s'habiller de façon à passer tout naturellement pour une fille de 18 ans.
Début de carrière (1965 - 1970) À compter de 1965, Nicole s'associe au chanteur Frédéric Boudreau et au vibraphoniste Louis McKinley et ensemble ils font le tour du Québec, se produisant dans tous les cabarets. C'est l'époque du duo Nicole et Frédéric, et ce dernier est aussi le premier grand amour de la chanteuse. Ils travaillent ensemble avec le groupe musical Les Sages pendant cinq ans, et vont endisquer une série de 45 tours en 1967 et 1968 dont Heureux tous les deux, Je t'aime une fois, deux fois, Playboy, Karcasson, Dans l'année 2525 et Premier amour. En 1969, ils lancent même un album 33 tours intitulé Nicole et Frédéric en spectacle, un disque enregistré en public au défunt cabaret « Le Café de l'Est », rue Notre-Dame Est à Montréal. Et donc au bout de cinq années de cette vie passée dans les valises à vivre régulièrement dans des chambres d'hôtels et à se produire dans toutes les régions du Québec, Nicole décide en 1970 qu'il est temps pour elle de passer à autre chose.
Le couple Nicole et Frédéric se sépare donc, et Nicole rencontre le chanteur et producteur Tony Roman qui la transforme en Zerra, un personnage étrange qui chante du rock à la Janis Joplin. Zerra est maquillée outrageusement, coiffée comme une tigresse, et avec ses allures de chasseresse psychédélique à la tête en délire, elle entre nu-pieds sur les scènes des arénas et de l'Autostade de Montréal et chante California de Robert Charlebois, puis du Janis Joplin, du Joe Cocker, du Julie Driscoll… et ce en première partie de, notamment, Johnny Winter, Procol Harum, Jethro Tull et du groupe Chicago. De plus, Zerra devient, avec Robert Charlebois, la seule artiste québécoise à monter sur la scène du mythique Esquire Show Bar de Montréal. Elle endisque même quelques titres (Je vais me marier, Si j'avais ton amour) mais Zerra ne passe pas auprès du public. Elle est arrivée trop tôt, et de plus elle est une femme. Charlebois, lui, peut créer et délirer à souhait, mais pas Zerra. Le Québec, en 1970, n'est pas prêt à évoluer en ce sens, mais il le sera toutefois quelques années plus tard en acceptant d'autres artistes féminines telles qu'Emmanuëlle et la grande Diane Dufresne.
Carrière solo, première partie (1971 - 1978) En 1971, après l'épisode Zerra, Nicole Martin est plus que jamais déterminée à tout faire pour réussir à s'imposer comme chanteuse populaire. Elle fait l'heureuse rencontre du producteur Yves Martin qui lui fait signer un contrat et qui lui fait enregistrer un premier album solo et sous son vrai nom. Le succès est enfin au rendez-vous. C'est en 1971 que va prendre forme la vraie carrière de Nicole Martin, celle qui fera d'elle une vedette de la chanson francophone. Ce premier album, intitulé La Première Nuit d'amour, comporte en effet les premiers succès de l'interprète. Outre la chanson titre, les pièces Une photo de toi, Toi mon ami mon amour et Tout tourne et tout bouge vont devenir rapidement très populaires et Tout tourne et tout bouge va être la toute première chanson francophone à tourner dans les stations radiophoniques anglophones du pays. Le succès se poursuit et Nicole Martin s'entoure de bons auteurs-compositeurs dont Pierre Létourneau qui lui signe dès 1972 quelques jolies chansons (Je n'partirai plus, Le monde est beau, Si c'est toi…). En 1973, Nicole enregistre trois titres qui grimpent à une vitesse folle au palmarès (Tes yeux, Jimmy Jimmy et Je t'oublierai) et déjà une compilation de ses plus grands succès est lancée ! Elle tombe amoureuse du chanteur et compositeur Jimmy Bond et elle s'associe avec lui le temps d'un album. Lancé en 1974, le disque Les cœurs n'ont pas de fenêtres est un autre succès et les quelques extraits de ce dernier, dont On est fait pour vivre ensemble, Je veux t'aimer toi, La chanson de notre amour et Nous sommes comme le rock'n'roll sont sur toutes les lèvres. Au Québec, Nicole n'a déjà plus à faire ses preuves, elle a déjà gagné son pari.
Mais en Europe, la partie ne fait que commencer. En , Nicole Martin se rend en France une première fois afin de participer au Festival de la Rose d'Or d'Antibes, un prestigieux festival de la chanson d'expression française qui a lieu sur la Côte d'Azur, à Juan-les-Pins, et elle y récolte un prix d'interprétation avec sa belle chanson Ce serait dommage, écrite par le parolier d'origine russe Boris Bergman. Fière de ce nouvel exploit, elle profite de son séjour en France et se rend à Paris pour l'enregistrement de quelques chansons, dont Tant pis (paroles et musique de Jean Musy) et Pour que l'on s'aime (paroles de Jean Robitaille et musique de Lee Gagnon), qui vont paraître au printemps 1975 sur un album éponyme (Nicole Martin). Ce disque va contenir, outre les titres déjà mentionnés, les succès Oui paraît-il, Mon amour pour toi, Jean-François et Dites-moi, dites-moi, et il va aussi marquer la fin de sa relation tant professionnelle que personnelle avec Jimmy Bond, dont la carrière en pâtira par la suite. Pour l'Année internationale des femmes, Nicole Martin publie à l'été 1975 le 45 tours Les femmes chantent et en 1976, elle s'entoure d'une toute nouvelle équipe constituée entre autres d'Angelo Finaldi, de Jocelyne Berthiaume, de Hovaness 'Johnny' Hagopian, de Germain Gauthier et bien sûr de ceux qui, au fil des années, sont devenus ses amis, Yves Martin et Pierre Létourneau. Elle fait paraître l'album L'Hymne à l'amour qui contient les succès Tu n'peux pas t'figurer, Il suffit, Tous les enfants, L'hymne à l'amour, Quand j’entends cette musique et surtout Au nom de l'amour, un blues sensuel qui devient très populaire à l'émission radiophonique de fin de soirée « Corps à corps » de Stéphan Deval… Sur ce disque se retrouve aussi son unique collaboration avec Luc Plamondon (Avez-vous vu mon chum ?) ainsi que sa très belle version de la chanson du poète acadien Calixte Duguay, Les aboiteaux.
Pendant l'année 1976, elle consolide ses contacts en France et s'entoure de grands noms, dont Francis Lai, Magali Déa, Jean Musy, Eddy Marnay, Michèle Vendôme, Laurence Matalon et Catherine Desage. Avec eux, elle travaille à Paris et lance deux albums importants et très populaires. Le premier, Je lui dirai, paraît en et contient dix chansons qui deviennent toutes des classiques de son répertoire. Rien n'est impossible, Cet enfant de toi, La fin du monde, Vivre d'amour, Quand on s'en va le cœur oublie, J'ai peur, Maintenant ou jamais, Je lui dirai, Bravo et Prends-moi… que des succès et rien que des succès ! Le deuxième, Ne t'en va pas, lancé celui-là au printemps 1978, obtient un égal succès. Il suffit de penser à des titres comme Ne t'en va pas, De la pluie à l'amour, Ta vie, Vivre libre, Quelques pas dans la ronde, Ça fait partie des choses, De l'autre côté du mur, Blessée, Un autre jour ou C'est pour lui pour le réaliser. Nicole travaille à Paris, mais aussi parfois à Los Angeles où le compositeur Angelo Finaldi l'amène enregistrer quelques-unes de ses chansons, notamment celles au style plus « groove » que « ballade ». C'est ainsi qu'elle a la chance d'enregistrer Rien n'est impossible, Bravo, Maintenant ou jamais et Prends-moi aux célèbres Record Plant Studios.
Au faîte de sa gloire, Nicole Martin s'envole pour le Japon en pour participer cette fois au « Yamaha World Popular Song Festival » (appelé aussi le « Yamaha Music Festival ») à Tokyo où elle décroche les grands honneurs avec la magnifique chanson Bonsoir tristesse. Élue meilleure chanteuse mondiale, elle ne peut rêver mieux ! Un album au titre de Bonsoir tristesse est alors lancé au pays du Soleil Levant et paraît sur étiquette des Disques Martin ainsi qu'Elektra et Warner. Après une longue tournée au Japon à chanter ses succès et ceux de Francis Lai (Vivre pour vivre, Love Story, Un homme et une femme), la chanteuse, qui est plus populaire que jamais, et qui a même vendu un million de disques en Russie (avec les 45 tours La fin du monde et L'hymne à l'amour), revient au Québec pour donner de nombreux récitals au Grand Théâtre de Québec et à la Place des Arts de Montréal, en 1978, 1979 et 1981. Elle est alors sur toutes les couvertures de magazines et fait l'objet de nombreux spéciaux télévisés. Parallèlement à cela, Yves Martin, son producteur, lance en 1978 le 33 tours Dix ans de ma vie, qui se vend à plus de .
Carrière solo, deuxième partie (1979 - 1987) L'année 1979 est particulièrement chargée pour Nicole Martin. En plus de participer à la toute première soirée du Gala de l'ADISQ afin d'y interpréter le pot-pourri des chansons finalistes, elle fait paraître trois microsillons: l'album Laisse-moi partir, qui inclut la chanson jazz Soleil ainsi que la chanson disco Tu donnes et je prends et la ballade Mon homme à moi, l'album Collection d'Or - Tout seul au monde et un disque de Noël qui va s'écouler à plus de (Noël avec Nicole Martin).. Elle décide de travailler davantage avec les auteurs-compositeurs du Québec et épuisée par tout ce succès, elle abandonne définitivement sa carrière internationale pour ne se consacrer désormais qu'à son public québécois.
Malheureusement, Yves Martin décède en 1980 à l'âge de 32 ans et, devenue orpheline de producteur, elle décide de continuer sa route et de se produire elle-même. Elle enregistre sous l'étiquette « Les Disques Nicole Martin Inc. » deux albums ambitieux avec plus de 80 musiciens, des disques plus « rock », plus rythmés que ce qu'elle avait fait auparavant (Laissez-moi chanter, 1980, et Une affaire de cœur, 1982) et elle collabore alors avec André Gagnon (pour la chanson Mannequin), Jacques Michel (pour la chanson Comme une fenêtre ouverte), Daniel Mercure (pour le titre Je suis une femme musique), Gilles Valiquette (Cœur usagé, Un jour à la fois, La fille en amour…), le parolier Normand Morin (Je veux chanter / Réflexion, J’ai besoin de toi, Cinéma, L’amour au singulier…), Mouffe (Fais-moi confiance, Vivre ma vie…) et Pierre Bertrand (Sans toi), ainsi qu'avec Stéphane Venne qui lui signe l'une de ses plus belles chansons, Il était une fois des gens heureux (1981) qui devient la chanson thème du film et de la minisérie « Les Plouffe » de Gilles Carle.. La chanson remporte le « Prix Génie de la meilleure chanson au cinéma » de l'année 1981 et Nicole l'enregistre aussi dans la langue de Shakespeare pour la version anglaise du film, « The Plouffe Family » ().