Le nom Sno-Cat s'applique à une série de véhicules à chenilles conçus pour circuler sur la neige et fabriqués par la société Tucker à Medford, Oregon.

Le Sno-Cat se distingue par son utilisation de quatre chenilles. Certains ont été utilisés pour des expéditions dans l'Antarctique au cours de la seconde moitié du .

Développement

Évolution Emmitt M. Tucker (1892-1964.) a d'abord expérimenté vers1925 avec un véhicule entrainé par deux pontons à vis pour finalement produire un modèle à une vis et trois skis en 1926. appelé « snow motor sled ».

Vers 1935, Tucker invente une chenille à barreaux d'acier ajourés qui tourne autour d'un ponton (comme les premiers chars d'assaut) et fabrique un véhicule léger à trois skis avec une chenille d'acier et un moteur refroidi par air, le Sno-Cycle, qui peut transporter trois passagers en ligne. Tucker expérimente et le 12 février 1941, il soumet une demande de brevet (no 2,284,075) pour un semi-chenillé (2 chenilles arrière et 2 skis avant) avec train chenillé triangulaire sur pneumatiques. Au début de 1942, il fabrique un semi-chenillé Sno-Cat avec train chenillé triangulaire à roulements à billes sur ponton d'acier qui évoluera pour devenir le modèle No 423.; sa demande de brevet est soumise le 3 juillet 1942 (no 2,341,000 émis le 8 février 1944). La manœuvrabilité étant très limitée par la direction primitive à essieu pivotant et à skis sans suspension, Tucker continue le développement. En 1948, le Sno-cat est muni de 4 chenilles lorsque Tucker invente le premier véhicule à chenilles, avec servo-direction articulée, inspiré du « bob sleigh ». un type de traîneau à quatre patins tiré par des chevaux.

Il existe au moins deux modèles de production qui n'utilisaient que deux chenilles: la série 220 du petit Tucker Kitten (sans ski, muni d'un moteur de 10 cv, à bas de portes arrondies jusqu'en 1957, puis bas de porte carré) et la série 320 quasi-expérimentale avec l'avant de la chenille de plus grand diamètre (modèles No 322, No 323 et No 322-A à cabine avancée surnommé « tank »).

Sno-Cat 4 x 4 et servo-direction articulée gauche|vignette|Prototype 1948. vignette|Brevet US2598863 soumis 1947-12-17. Les Sno-Cats à quatre chenilles sont considérés comme des classiques de l'histoire américaine. Ils se distinguent par le système de servo-direction articulée inventé par Tucker. Deux robustes plaques en X oscillantes (fifth wheel) sont fixées sous le châssis par deux chevilles ouvrières; les ponts sont boulonnés aux plaques par l'intermédiaire des ressorts de suspension à lames (note, le brevet et le prototype n'ont pas de lames). Un levier de direction en H (steering swing) est fixé sur pivot à un point central du châssis et peut basculer vers l'avant ou l'arrière sous la poussée du cylindre hydraulique de servo-direction. Le levier de direction en H transfère le mouvement oscillant aux plaques avant et arrière (en direction opposée) via une barre de direction. Les joints de cardan des arbres de transmission permettent la faible rotation.

La flexibilité du châssis et de la suspension à lames combinée aux pontons pivotants permettaient une traction exceptionnelle en terrains accidentés (sauf au-dessus des crevasses en Antarctique). Le Sno-Cat est devenu populaire même si les chenilles d'acier s'usaient rapidement et que leurs 240 roulements à bille (et plus) nécessitaient une lubrification aux (avec pose et dépose du raccord à graisser). C'est dû principalement à sa grande manœuvrabilité en neige profonde grâce à la servo-direction qui fait pivoter les deux essieux (en direction opposée, sans blocage de chenille ni ripage), ainsi qu'à sa mécanique de camion à 4 roues motrices très fiable, sa haute garde au sol, sa stabilité assurée par l'écartement des chenilles, sa grande capacité de remorquage et son faible rayon de braquage malgré le petit angle de rotation des essieux (rayon de braquage de pour le No 443 par rapport à plus de pour le No 423 à 2 skis qui était encore moins efficace en neige profonde).

Le système de direction articulé de Tucker ne permettait pas l'usage d'une lame chasse-neige à l'avant, à moins de risquer de graves avaries aux joints à rotule des barres de direction et aux chevilles ouvrières. La défaillance des roulements de chenille était la seule véritable faiblesse du Sno-Cat. Pourtant, une excellente chenille (à travers d'acier boulonnés sur courroies de caoutchouc) existait déjà, celle des autoneiges de Bombardier qui a été utilisée avec succès par d'autres grands manufacturiers comme Foremost Nodwell, et Thiokol. Il semble que Tucker et ses clients attribuaient les performances exceptionnelles du Sno-Cat, en neige profonde, aux chenilles sur ponton sans reconnaître l'importance de la direction articulée, sauf par C. J. Nuttall Jr en 1964. Aujourd'hui, l'usage de chenilles de caoutchouc sur les Sno-Cats a démontré le contraire.

Chenille sur ponton (brevet Tucker) gauche|vignette|Chenille-ponton. Levier de direction en H visible en haut, à gauche. vignette|Angle maximum de rotation. Le train chenillé est de type triangulaireVoir "chenille (mécanique)".. Les modèles classiques utilisaient tous une chenille en acier munie de roulements à billes et qui révolutionnait sur un ponton rigide tout en acier formant traineau (dont les côtés ont été remplacés ultérieurement par des panneaux en fibre de verre pour contrer la corrosion). Les chenilles, en forme de chaîne, sont entraînées par un pignon double situé en haut, au centre du ponton. La chenille, très ajourée, sert principalement à la traction alors que la base du ponton agit comme patin et assure la plus grande partie de la portance sur la neige.

Évolution des chenilles Tucker invente la chenille d'acier sur ponton en 1935 et adopte la configuration triangulaire qui permet le chevauchement des dos d'âne en 1938; elle sera disponible jusqu'en 1980 et Tucker en fabrique encore pour la rénovation de Sno-Cats anciens. Vers 1973, les Sno-Cats adoptent la chenille à travers d'acier boulonnés sur quatre courroies de caoutchouc renforcées. Vers 1996, la chenille moulée d'une seule pièce (Terra) est utilisée.

Modèles classiques (à pontons) et utilisation Utilisation Les premiers semi-chenillés de Tucker ont principalement servi aux skieurs et aux propriétaires de chalets en montagne pour accéder à des sites dont les chemins étaient ensevelis sous la neige en hiver. Il y a eu quelques essais pour faire de l'arpentage ou pour aller faire de l'entretien d'équipements situés en des endroits inaccessibles en hiver. Ce n'est qu'avec le Sno-Cat à quatre chenilles et ses capacités exceptionnelles que les utilisations commerciales se sont multipliées.

Les Sno-Cats ont été utilisés dans des domaines variés: l'exploration de l'antarctique, l'entretien d'équipements situés dans les montagnes enneigées, l'entretien des pistes de ski et des sentiers de motoneige ainsi que l'usage industriel, entre autres, pour la suppression des incendies, la prospection de gaz et de pétrole.

Modèles Le premier chiffre désigne la série, le deuxième le nombre de chenilles (2 ou 4) et le dernier le nombre de portes (0, 1, 2 ou 3); 0 pour aire ouverte sans cabine, 1 avec toit seulement (sans porte), 2 avec cabine courte à 2 portes, 3 avec cabine allongée dont la troisième porte est à l'arrière (qui peut accueillir une civière dans les grands modèles comme les fourgons de l'expédition antarctique). Les premiers semi-chenillés n’ont pas de toit. Vers 1948, Tucker utilise la grille avant supérieure de la camionnette Dodge (1939-1947) et fabrique des cabines sans toit, puis de plus en plus complètes. Plusieurs configurations deviennent disponibles: berline (sedan), fourgon à espace de chargement fermé, plateforme ouverte (flat deck) et cabine avancée (cab forward); certains ont été fabriqués sur mesure pour des clients particuliers. Dans les anciens pamphlets publicitairesVoir tableau des spécifications, la série 400 est appelée « utility » et la série 700 « freighter ». Le A qui suit certains numéros de série indique l'utilisation, sur la chenille, de roulements à billes de 1 pouce plutôt que le 3/4 de pouce standard.

220, 221, 222 : Appelé « Kitten » (chaton), petit Sno-Cat à 2 chenilles (virage par blocage d'une chenille), les premiers modèles ont le bas de porte rond (plutôt que carrées) et celui du fils d'Emmitt Tucker (aussi à portes rondes) est muni de 2 pontons de la série 400. 321, 322, 322-A (tank), 323 : Série expérimentale à 2 chenilles (châssis trapézoïdal plutôt que rectangulaire comme le Kitten, ou triangulaire comme tous les autres). Le prototype de 1956 (appelé tank) est un 322-A à moteur central et cabine avancée. Tous les autres sont de type sedan et n'ont été produits qu'à peu d'exemplaires. Conçus vers 1965, les modèles 342 et 343 (à 4 chenilles) sont une version compacte des 442 et 443; leur cabine exiguë a limité les ventes. 420, 421, 422, 423, 424, 440, 442,443, 443 (châssis tubulaire): Série originale dérivée du prototype de 1942 ( semi-chenillé Sno-Cat style 420 sans cabine), dont le sedan 423 avec skis à l'avant et le modèle 442 à 4 chenilles et plateau arrière. 523, 524, 540, 542, 542CF, 543, 544 : La série, conçue à la même époque, se veut une version robuste de la série 400 et se distingue par ses larges chenilles de 28" au lieu de 18" (71 cm vs 45,7 cm); elle est aussi disponible en cabine sur moteur (cab over). 623, 643 : Sur Internet, la photo d'un modèle à 2 skis et cabine allongée, serait un 623. 722, 740CF, 742, 743 : La série 700 est originellement appelée « freighter ». Vers 1957, des modèles 743 avec cabine sur moteur ont été fabriqués pour accueillir 20 passagers (style autocar aux lignes avant arrondies). 800 : Les modèles de la série 800, sortis en 1959, sont les plus gros Sno-Cat et sont équipés d'un moteur diesel Cummins 6 cylindres. De style autocar, mais aux angles de carrosserie carrés et inclinaison inversée du pare-brise, ils seront surnommés « boîte à chaussure » (chenille 32" x 125" ou 813 mm x 3175 mm); la plupart ont été vendus au U. S. Antarctic Research Program et un, à la station de ski Timberline Lodge. Le pamphlet de Tucker indique qu'ils ne sont fabriqués que sur commande et sont aussi disponibles avec une cabine avancée plus conventionnelle du style de la série 700 mais aux surfaces plates. 942 : Vers 1969, la série 900 est ajoutée comme une version utilitaire (plus courte) de la série 700, très semblable à la série 500 mais avec des chenilles moins larges. Les pamphlets des années cinquante listaient une série de remorques portant les numéros 925, 926, 927, 948 et 949; cette dernière pouvait accueillir 25 passagers.

Modèle222342-A400-A500-A700-A800942-APassagers22-46-8212-152 (6-8)Puissance25 cv115 cv115 cv180 cv180/235Diesel180 cvCapacité (lb)6501000165018002750100002500Remorque10002000410050007500180006000Ponton (po)13¾x8218x7618x8428x8424x10332x12524x84Largeur47½"76"76"96"89"113"90"Longueur83"184"190"195"238"288"194"Hauteur70"78"89"89"90"88"Poids (lb)13953500452054007000210006500

Concurrents historiques Tucker est toujours en activité avec ses « Sno-Cat » à quatre chenilles. Parmi ses premiers concurrents qui fabriquaient tous des véhicules à deux chenilles, Thiokol, KRISTI (Snowcat) et le fabricant suédois Aktiv (Snow Trac) ont cessé leurs activités. Bombardier s'est diversifié et Foremost s'est spécialisé dans les véhicules de transport tout-terrain de grande capacité.

Bombardier gauche|vignette|Muskeg avec chenilles larges à double roue et entrainées par barbotin double, (chenilles conçues vers 1942 pour le Bombardier Mark I livré à l'armée canadienne). vignette|Intérieur d'un B-12. vignette|B-12 1951 à carrosserie de bois.