Tony Shalhoub est un acteur, producteur et réalisateur américain, né le à Green Bay (Wisconsin, États-Unis).

Après avoir joué au théâtre et obtenu quelques petits rôles au cinéma, notamment dans Barton Fink des frères Coen (1991), sa carrière commence véritablement au cours des années 1990 grâce à la sitcom de 1991 à 1997. Il participe ensuite à deux comédies de son ami Stanley Tucci : À table (1996) et Les Imposteurs (1998), puis enchaîne les seconds rôles au cinéma dans (1997) et (2002), Couvre-feu (1998), Préjudice (1998), (1999), (2001) ou encore (2001), tout en étant la tête d’affiche du film d’épouvante 13 fantômes (2001).

À partir du début des années 2000, il se fait connaître du grand public grâce à son rôle de détective dans la série Monk pour lequel il remporte un , trois et deux aux États-Unis. Tout en continuant de jouer son personnage d’Adrian Monk à la télévision, il participe au film d’animation réalisé par les en 2006, et joue dans de nombreux courts et longs métrages comme Dans les cordes (2004), Chambre 1408 (2007) et (2008).

Lorsque la série Monk s’achève en 2009, Tony Shalhoub fait un retour remarqué sur les planches en jouant à Broadway dans les pièces (2012-2013), (2014) et (2017-2018) pour laquelle il remporte le en 2018. Il continue également à doubler le personnage de Luigi dans (2011) et (2017), ainsi que le personnage de Splinter dans (2014) et (2016). De 2017 à 2023, il tient à nouveau un rôle récurrent dans une série comique intitulée , femme fabuleuse pour lequel il a remporté un en 2019.

Marié à l’actrice Brooke Adams depuis 1992, il a réalisé avec elle un long métrage intitulé en 2002 et assume régulièrement les fonctions de producteur. Personnalité engagée en faveur du parti démocrate, il participe à une meilleure intégration des Arabo-Américains dans l’industrie cinématographique hollywoodienne, notamment en raison de ses origines libanaises.

Biographie Jeunesse et débuts au théâtre (1953-1985) vignette|alt=Vue aérienne de la baie de Green Bay bordée par la Fox River.|Tony Shalhoub est né à Green Bay (ici en 2014), une ville de l’État du Wisconsin où la baie longe les rives du lac Michigan.

Tony Shalhoub est d’origine libanaise . Son père Joseph, orphelin à l’âge de huit ans, immigre aux États-Unis en en passant par .. Après sa naturalisation américaine, il réussit à trouver un emploi comme transporteur et vendeur de viande dans le Wisconsin. Il se marie ensuite à Helen et fondent ensemble une famille à Green Bay, où Anthony naît le . Leur quatrième garçon grandit au milieu d’une fratrie de dix enfants... , se souvient l’acteur. Sa grande sœur Susan lui fait vivre sa première expérience de théâtre à six ans en le faisant participer à une représentation de la comédie musicale Le Roi et moi dans son lycée. , raconte Tony Shalhoub.

Une fois sa scolarité au lycée terminée, il entre à l’université du Wisconsin à Green Bay.. Grâce à un programme d’échange, il étudie le théâtre à l’université du Maine du Sud à Portland et en sort diplômé en 1977.. Il parvient ensuite à intégrer l’école d’art de l’université Yale à New Haven. , déclare-t-il. À partir de 1977, encore étudiant, il participe à sept productions pour le théâtre du répertoire de Yale, puis rejoint en 1980 la compagnie professionnelle de l’ à Cambridge pendant quatre saisons.. Il joue notamment dans Les Trois Sœurs mis en scène par Andrei Șerban en 1982, En attendant Godot et Mesure pour mesure mis en scène par Andrei Belgrader en 1983, L’École de la médisance mis en scène par Jonathan Miller en 1983 et Six personnages en quête d’auteur mis en scène par Robert Brustein en 1984. L’année suivante, il part à New York et fait ses débuts à Broadway dans la pièce mise en scène par Gene Saks avec Rita Moreno et Sally Struthers.. La carrière de Tony Shalhoub est désormais lancée.

Une place à la télévision et au cinéma (1986-2002) Un habitué des sitcoms : et

L’acteur est repéré pour jouer plusieurs rôles à la télévision, notamment un terroriste dans un épisode de la série en 1986.. Mais le fait que ses origines arabes soient utilisées pour des personnages plutôt caricaturaux ne l’enchante guère : , dit-il en 2007. Au cours des années 1980, il participe également à de nombreux téléfilms comme Day One de Joseph Sargent où il interprète Enrico Fermi, un physicien italien à l’origine du premier réacteur nucléaire.. À partir de 1991, Tony Shalhoub pratique l’accent italien pendant six ans au sein de la sitcom où il interprète le conducteur de taxi Antonio Scarpacci, un personnage , déclare Tony Shalhoub à propos de ce rôle qui le fait pour la première fois connaître du grand public.. Au bout de six saisons, il annonce son départ de la série diffusée sur pour se consacrer à de nouveaux projets, deux ans après avoir participé en à l’épisode Ombre mortelle de ...

En 1999, il tient de nouveau un rôle récurrent à la télévision dans la série , toujours sur la chaîne . Tony Shalhoub interprète cette fois un auteur de romans d’horreur dont le caractère est complètement incompatible avec celui de son éditeur, joué par Neil Patrick Harris, débouchant ainsi sur des situations comiques.. La sitcom connaît de bonnes audiences, se classant à la place des meilleurs programmes télévisés américains de l’époque, et remporte même le de la nouvelle série de comédie préférée du public... Pourtant, la production est arrêtée au bout de vingt-deux épisodes.. Un chroniqueur de écrit : Les portes du cinéma se sont justement ouvertes pour le principal intéressé.

Un acteur récurrent chez les frères Coen et Stanley Tucci Tony Shalhoub obtient son premier rôle au cinéma en 1986 dans La Brûlure de Mike Nichols avec Meryl Streep et Jack Nicholson. , explique l’acteur à Stephen Colbert en 2018. Mais le réalisateur décide finalement de couper ses scènes au montage et celui-ci apparaît seulement comme figurant dans un avion. Tony Shalhoub a plus de chance avec ses films suivants, notamment Hold-up à New York en 1990. Il y donne la réplique à Bill Murray dans une scène en taxi où il a dû inventer ses propres dialogues pour qu’ils ressemblent à . Par la suite, ses premiers rôles marquants lui sont offerts par les frères Joel et Ethan Coen : celui de Ben Geisler dans Barton Fink, Palme d’or au Festival de Cannes en 1991, puis celui de Freddy Riedenschneider dix ans plus tard dans .. Pour ce rôle d’avocat dans la Californie des années 1940, certains critiques américains pressentent une nomination de l’acteur aux Oscars.. Celle-ci n’aura pas lieu, mais Tony Shalhoub se veut malgré tout reconnaissant envers les deux réalisateurs.

vignette|alt=Photo en noir et blanc d’un homme chauve portant des lunettes|Tony Shalhoub a tourné dans trois films réalisés par son ami Stanley Tucci (ici en 2009) : À table en 1996, Les Imposteurs en 1998 et en 2017.

Il l’est également envers Stanley Tucci, complice depuis leur rencontre en 1989 sur les planches du théâtre de l’université Yale.. En 1996, dans son film intitulé À table, ils jouent deux frères immigrés italiens essayant de faire prospérer leur restaurant dans le New Jersey des années 1950. Aux côtés de Minnie Driver, Isabella Rossellini et Ian Holm, acteur que Tony Shalhoub admire tout particulièrement, les deux comédiens s’inspirent du cinéma italien de Federico Fellini et notamment de son acteur fétiche : Marcello Mastroianni. Le film est acclamé par la critique et Tony Shalhoub reçoit le du meilleur acteur dans un second rôle.. Deux ans plus tard, les deux amis se retrouvent dans le film burlesque Les Imposteurs avec Oliver Platt, Allison Janney, Alfred Molina et Steve Buscemi. Nommé dans la sélection Un certain regard du Festival de Cannes en 1998, ce long métrage permet à nouveau à Tony Shalhoub de jouer avec l’accent italien et de révéler ses talents comiques... En 2016, alors qu’ils collaborent une troisième fois ensemble pour le film , Stanley Tucci explique sa relation privilégiée avec son ami : .Stanley Tucci est également apparu aux côtés de Tony Shalhoub comme dans l’épisode Monk et son double de la série homonyme..

Le goût du grand écran et l’amour du théâtre Pendant dix ans, entre 1992 et 2002, Tony Shalhoub enchaîne les seconds rôles aux côtés de nombreuses stars hollywoodiennes : James Caan dans Lune de miel à Las Vegas en 1992, Will Smith dans en 1997 et en 2002, Ethan Hawke et Jude Law dans Bienvenue à Gattaca et Ewan McGregor dans Une vie moins ordinaire en 1997, John Travolta dans Préjudice en 1998, Antonio Banderas dans en 2001, ou encore Angelina Jolie dans 7 jours et une vie en 2002.. Parmi les films tournés pendant cette période, trois d’entre eux marquent durablement sa carrière au cinéma. Tout d’abord, dans Couvre-feu en 1998, il joue avec Denzel Washington un agent du d’origine libanaise enquêtant sur des terroristes islamistes à New York. Le président du comité anti-discrimination arabo-américain de l’époque dénonce le film comme relevant de l’incitation à la haine raciale.. L’acteur lui répond en précisant que l’œuvre permet plutôt de s’interroger sur les situations d’état d’urgence et sur la stigmatisation des Arabo-Américains. Il estime que son rôle s’éloigne des stéréotypes auquel est généralement habitué le cinéma hollywoodien.. Dans en 1999, il fait partie d’une distribution d’ensemble composée de Tim Allen, Sigourney Weaver, Alan Rickman, Sam Rockwell et Daryl Mitchell. Cette parodie de film de science-fiction, qu’il considère comme l’une de ses œuvres préférées, reçoit des critiques très favorables, notamment en France.. Enfin, en 2001, Tony Shalhoub est pour la première fois la tête d’affiche d’un long métrage : 13 fantômes, un du film d’horreur homonyme réalisé par William Castle en 1960. Toutefois, le film est descendu en flèche par la critique, Roger Ebert écrivant notamment : Tony Shalhoub est malgré tout capable de se renouveler en poursuivant intensément sa carrière théâtrale.

, déclare-t-il dans une interview en 1995. En effet, six ans plus tôt, c’est en remplaçant Peter Friedman dans la pièce de Wendy Wasserstein, mise en scène par Daniel Sullivan à Broadway, qu’il fait la rencontre de sa future femme : l’actrice Brooke Adams.. Plus tard, en 1992, il partage la scène avec Judd Hirsch dans de Herb Gardner. En jouant Charlie, le fils d’un immigré juif d’origine russe ayant essayé de s’intégrer à Manhattan, Tony Shalhoub est nommé pour le du meilleur second rôle dans une pièce.. Après ce succès, il quitte temporairement le théâtre de Broadway pour jouer de David Mamet avec sa femme Brooke au en 1997, puis En attendant Godot de Samuel Beckett pour les cinquante ans de la pièce avec John Turturro et Christopher Lloyd au en 1998.. Mais malgré sa passion pour la scène, c’est à la télévision que Tony Shalhoub va rencontrer son plus important succès.

Le succès de la série Monk (2002-2009) Adrian Monk : un rôle marquant devenu culte vignette|redresse|alt=Photo d’un homme dévalant des escaliers avec un costume et un manteau.|Tony Shalhoub sur le tournage de l’épisode Monk dans la course à San Francisco en .

Au début des années 2000, le producteur de cinéma David Hoberman souhaite pour la première fois se lancer dans la création d’une série à la télévision. Il imagine une série policière avec un personnage inspiré de l’inspecteur Clouseau qui souffrirait en permanence de troubles obsessionnels compulsifs. Le scénariste Andy Breckman, passionné par Sherlock Holmes, écrit l’histoire du détective Adrian Monk, enquêtant avec la police sur les crimes perpétrés à San Francisco, tout en essayant de résoudre l’affaire de sa vie : celle de la mort de sa femme Trudy...

Au départ, la production pense à l’acteur Michael Richards pour jouer le rôle-titre, puis elle choisit finalement Tony Shalhoub. David Hoberman déclare : En effet, comme le fait remarquer l’acteur, Monk est un et c’est pour cela qu’il ne voulait pas jouer un personnage de détective caricatural :