Lémigration corse à Porto Rico au découle des changements économiques et politiques généralisés en Europe qui ont rendu la vie difficile aux classes paysannes et agricoles de la Corse mais ce phénomène se retrouve aussi dans d'autres régions. La deuxième révolution industrielle provoque le déplacement massif de populations rurales vers les zones urbaines en quête de travail ou simplement d'une vie meilleure. De plus, les mauvaises récoltes se sont généralisées en raison de longues périodes de sécheresse et de la prolifération de maladies ravageant les cultures. Cela entraina un important mécontentement politique au sein des populations les plus modestes.
Au début du , l'Espagne a perdu la plupart de ses possessions dans le Nouveau Monde, car une grande partie de ses anciennes colonies ont obtenu leur l'indépendance. Craignant des rébellions dans ses deux dernières colonies caribéennes : Porto Rico et Cuba, la Couronne espagnole promulgua le décret royal des grâces de 1815 (Real Cédula de Gracias) qui favorisait et encourageait l'immigration de catholiques européens, Espagnols ou non, dans ses colonies des Caraïbes.
Des centaines de familles corses ont émigré vers Porto Rico répondant à l'appel de la couronne.
Les Corses et les Portoricains d'origine corse ont joué un rôle déterminant dans le développement de l'économie de l'île, en particulier dans l'industrie du café.
Premières documentations des immigrants corses Juan Fantauzzi a été le premier immigrant Corse documenté à Porto Rico. Il est né vers 1734 à Morsiglia, en Corse. Il a immigré dans la ville d'Aguadilla dans les années 1760, où il a épousé Josefa Martínez. Deux de leurs enfants connus sont Francisco et Juan María Fantauzzi. Il mourut le 5 novembre 1798. Son acte de décès confirme son origine corse.
La Corse du gauche|vignette|250x250px| Type de bateau à vapeur dans lequel les Corses sont arrivés à Porto Rico. La Corse est une île située à l'ouest de l'Italie et au sud-est de la France métropolitaine en mer Méditerranée. Bordée par la mer Tyrrhénienne à l’est, et par la mer Ligure à l’ouest, la Corse, île stratégique du carrefour méditerranéen, a été conquise par plusieurs puissances Italiques de l’époque, telles que Pise ou la république de Gênes (avant l’unification territoriale de l’Italie en 1861). La plus longue domination étrangère reste celle de Gênes 1284-1768 (près de 500 ans). La république de Gênes connait son déclin au . Criblée de dette les Génois sont d’avantage affaibli par l’émergence de revendications Paolistes Corses indépendantistes. Les revolutionnaires Corses triomphent, la république est proclamée (1755 à 1769). Gênes en 1768 accepte de céder l’administration de la Corse à la France en échange de l’effacement de ses dettes. Les habitants de l'île dépendaient alors en grande partie d'une économie agricole vivrière.
À partir de la fin du jusqu'au début du , des changements important se produisirent en Europe qui allaient grandement affecter la vie des Français et des Corses. Pendant la deuxième révolution industrielle, de nombreux travailleurs agricoles ont commencé à s'installer dans les grandes villes dans l'espoir de trouver des emplois mieux rémunérés et d'avoir une vie moins pénible, ce phénomène se nomme l'exode rural. Des mauvaises récoltes se sont généralisées en raison de longues périodes de sécheresse et de la prolifération de nouvelles maladies phytosanitaires (par exemple, l'épidémie de phylloxéra a détruit l'industrie viticole corse). Il y eut en plus une importante épidémie de choléra avec une mortalité élevée, ces catastrophes contribuèrent à une détérioration générale des conditions économiques. Dans ce contexte défavorable de nombreuses fermes en Corse ont commencé à faire failliteReview: Second Industrial Revolution in France by Hubert Bonin, H-Net, consulté le 31 juillet 2007.
Le mécontentement politique généralisé qui en a résulté, a évolué en un conflit entre le peuple et ses gouvernements, conduisant à des révoltes armées, en particulier lors des révolutions de 1848. Pendant ces révolutions, le roi Louis-Philippe de France a été renversé et une République a été déclarée avec un gouvernement provisoire. Trois nouveaux groupes politiques ont émergé à cette époque : les libéraux, les radicaux et les socialistes. La combinaison de catastrophes d'origine humaine et naturelle en Corse a laissé un sentiment aigu de désespoir et d'abandonDocuments of the Revolution of 1848 in France, consulté le 31 juillet 2007. Tout cela s'est produit à un moment où l'Espagne craignait de plus en plus la possibilité d'une rébellion dans ses colonies des Caraïbes, principalement à Porto Rico et à Cuba.
Décret royal espagnol des grâces droite|vignette|247x247px|Décret royal des grâces, 1815. En 1825, l'Espagne perdit l'intégralité de ses territoires au Mexique, en Amérique centrale et du Sud. Désormais elle lutta par tous les moyens d'empêcher ses colonies des Caraïbes de se révolter et d'accéder à l'indépendance. C'est pour cela qu'elle a décidé d'encourager l'immigration vers les îles de catholiques européens, par exemple d'Irlande, de Corse et d'Italie, en pensant qu'ils pourraient établir une base loyale et reconnaissante sur laquelle elle pourrait s'appuyer en échange de terres. En 1815, la Couronne espagnole avait publié le décret royal des grâces (Real Cédula de Gracias) qui favorisait l'immigration de catholiques européens non espagnols dans ses colonies des Caraïbes.
Comme l'île de Porto Rico est très similaire géographiquement à la Corse, elle a attiré de nouveaux immigrants. En vertu du décret royal espagnol des grâces, les Corses et les autres immigrants ont obtenu des terres et ont initialement reçu une «lettre de domicile» après avoir juré fidélité à la couronne espagnole et allégeance à l'Église catholique. Par la suite et après cinq ans, ils pouvaient demander une « lettre de naturalisation » et devenir sujets espagnols.
Ce sont donc ces raisons qui ont poussé les Corse à quitter leur île et une vie difficile pour rejoindre Porto Rico dans l'espoir d'une vie plus favorable.
Influence dans l'industrie du café Des centaines de Corses et leurs familles ont immigré à Porto Rico dès 1830, et leur nombre a culminé au début des années 1900. Les premiers colons espagnols s'étaient installés et possédaient les terres dans les zones côtières, car ils voulaient accéder à la mer. Les Corses avaient tendance à s'installer dans la région montagneuse du sud-ouest de l'île, principalement dans les villes d'Adjuntas, Lares, Utuado, Ponce, Coamo, Yauco, Guayanilla et Guánica. Mais c'est Yauco, avec une riche région agricole, qui a attiré la majorité des colons corsesA Little History of Coffee and Agriculture in Puerto Rico. Les trois principales cultures de base à Yauco étaient le café, la canne à sucre et le tabac.
Les nouveaux colons se sont consacrés à la culture de ces plantes et, en peu de temps, certains ont commencé à économiser suffisamment d'argent pour posséder et exploiter leurs propres épiceries et commerces. Le café était le moyen par lequel certains ont fait fortune. La culture du café à Yauco a commencé à l'origine dans les secteurs Rancheras et Diego Hernández, et s'est ensuite étendue aux secteurs Aguas Blancas, Frailes et Rubias. Dans les années 1860, les colons corses étaient les leaders de l'industrie du café à Porto Rico : sept plantations de café sur dix appartenaient à des Corses.
gauche|vignette|250x250px| Ancienne plantation de café Yauco (avant 1920). La famille Mariani de Yauco a utilisé deux tactiques pour renforcer sa position dans l'industrie du café. Tout d'abord, ils ont converti une égreneuse de coton afin de l'utiliser pour le décorticage mécanique des cerises de café, un processus nécessitant beaucoup de main-d'œuvre. Deuxièmement, ils ont envoyé deux membres de leur famille en tant que représentants commerciaux pour visiter les principaux centres d'achat de café européens et y établir des relations. Ces visites en Europe ont été un succès et Mariania a conduit Porto Rico à devenir un membre important de l'industrie mondiale du café[, Retrieved July 31, 2007.
Les descendants des colons corses sont également devenus influents dans les domaines de l'éducation, de la littérature, du journalisme et de la politique. L'historien colonel Héctor A. Negroni, (à la retraite de l'USAF), a fait des recherches sur la connexion corse-portoricaine et a documenté des informations substantielles sur les liens de Porto Rico avec la Corse. Aujourd'hui, la ville de Yauco est connue à la fois comme « la ville corse » et « la ville du café ». Un mémorial a été installé à Yauco avec l'inscription « À la mémoire de nos citoyens d'origine corse, France, qui au se sont enracinés dans notre village, qui ont enrichi notre culture de leurs traditions et aidé notre progrès par leur travail dévoué – la municipalité de Yauco leur rend hommage. » Les noms de famille corses tels que Paoli, Negroni et Fraticelli sont courants dans l'îleCorsican Immigrants to Puerto Rico, retrieved July 31, 2007.
Monuments à Yauco et Ponce gauche|vignette|200x200px|Mémorial dédié aux Corses à Yauco. Plusieurs propriétés à Yauco et Ponce, qui appartenaient autrefois à des immigrants corses, sont inscrites au registre national des lieux historiques de Porto RicoLa Oficina Estatal de Conservación Histórica (Spanish), Retrieved September 6, 2007..
Casa Franceschi Antongiorgi La Casa Franceschi Antongiorgi (Maison Franceschi Antongiorgi) a été construite en 1907 par l'architecte français André Troublard pour Alejandro Franceschi Antongiorgi, riche propriétaire terrien et amateur d'art. Il organisait fréquemment des banquets, des concerts et des rencontres avec des artistes invités dans sa maisonCasa Franceschi Antongiorgi, Retrieved July 31, 2007.
Casa Antonio Mattei Lluberas La Casa Antonio Mattei Lluberas, également appelée La Casona Césari (Maison Césari) a été construite en 1893 par Antonio Mattei Lluberas. Cette maison est également connue sous le nom de « La Maison aux Douze Portes ». Plus tard, elle a été acquise par Ángel Césari Poggi, mari d'Ángela Antongiorgi Rodríguez. La famille Césari Antongiorgi a joué un rôle déterminant dans le développement de l'industrie sucrière dans la région sud de l'îleCasa Antonio Mattei Lluberas, Retrieved July 31, 2007..
Chalet Amill Le Chalet Amill a été construit en 1914 par l'architecte Tomás Olivari Santoni pour Ángel Antongiorgi Paoli. Antongiorgi Paoli a offert le chalet à sa fille Ana Lucía comme cadeau de mariage lorsqu'elle a épousé Juan Amill Rodríguez. Mais le couple a rapidement divorcé. Au milieu des années 1920, le chalet a été transformé en hôtel, d'abord nommé hôtel Auristela puis hôtel de Paris. Cet hôtel appartenait à Lola Bartolomei, la fille de Francisco Bartolomei. La famille Bartolomei était une première génération d'immigrants corses qui possédaient des plantations de café dans cette région.
Mansion Negroni La Mansion Negroni (Negroni Mansion), également connue sous le nom de Casa Agostini (Maison Agostini), a été construite vers 1850 par Antonio Francisco Negroni Mattei. Plus tard, elle passa à la famille Agostini par le mariage de María Victoria Negroni, fille d'Antonio Francisco, et d'Ignacio Agostini Felipi. La famille Agostini a fait fortune dans l'exportation de café. Ils étaient les propriétaires de "Sobrinos de Agostini y Compañía" (Neveux d'Agostini & Co.). Ángel Pedro Agostini Natali, membre de la famille, est reconnu comme l'inventeur du moulin à café. Cette machine a révolutionné l'industrie du café. Grâce à cette machine, l'île a pu répondre à l'énorme demande de café portoricain, qui a abouti à « l'âge d'or » de l'économie de Yauco. Cette maison a été achetée par l'école du Saint Rosaire de Yauco ; une plaque de bronze décrit son histoireMansion Negroni Retrieved August 3, 2007.
Résidence Lluberas Negroni gauche|vignette|Résidence González Vivaldi.
Casa Paoli vignette|250x250px|Casa Paoli.