L'ictus est le sommet rythmique du pied ; il frappe la partie du pied appelée arsis, par différence avec la thesis, partie du pied qui ne reçoit pas l’ictusMartin Litchfield West (Greek Metre, Oxford, 1982) recommande néanmoins de ne plus parler que d'ictus, et de délaisser les termes (Martin Drury in The Cambridge History of Classical Literature, vol. 1 part 2, 1986, ).. Il est à l'origine (latin ictus, du verbe icĕre) une notion de métrique antique, qui désigne en latin les frappements de mains ou de pieds utilisés pour orchestrer le battement de la mesure dans le vers antique, et en français l'accent marqué d'une syllabe, d'une note soulignant le rythme. Voici comment le définit Louis HavetCours élémentaire de métrique grecque et latine, édition, 1896, § 1. dans le vers épique : « le demi-pied fort est celui qui porte le temps marqué et sur lequel la voix appuie ».
Poésie
On distinguera tout d'abord ictus métrique d'un pied, intensif, et réalisation expressive du récitant. L’ictus métrique ne correspond pas forcément non plus à l’accent naturel fortement mélodique du mot, ni en grec ni en latin ; on appelle « homodyne » le mot dans lequel ictus et accent concordent, se renforçant l’un l’autre, et « hétérodyne » le mot dans lequel ils divergent en une sorte de contrepointQ. F. Jackson, Accentual Symmetry in Virgil, Oxford, 1939, ; José González Vázquez, "Homodinia y heterodinia en el hexámetro virgiliano y la lengua hablada de la época", in Juan Higueras Maldonado (dir.), Actas del I Congreso Andaluz de Estudios Clásicos (Jaén, 9-12 décembre 1981), Jaén, Instituto de Estudios Giennenses, 1982..
Exemple d'homodynie parfaite dans un vers phérécratien (ou phérécratéen) : | — — — ∪ ∪ — — | gráto Pýrrha sub ántroHorace, Odes, livre I, ode 5, vers 3. soit, en grasseyant les syllabes porteuses de l'accent de mot et en marquant les ictus de jaune : | — — | — ∪ ∪ | — — |
Exemple d'homodynie parfaite dans un hexamètre dactylique (avec hyporrhythme) : | — — — — — — — — — ∪ ∪ — — | spársis hástis lóngis cámpus spléndet et hórretEnnius, Varia, 14V. soit, en grasseyant les syllabes porteuses de l'accent de mot et en marquant les ictus de jaune : | — — | — — | — — | — — | — ∪ ∪ | — — |
Exemple d'homodynie globale dans un hendécasyllabe sapphique (l'ictus du spondée deuxième ne correspond pas à un accent de mot) : | — ∪ — — — ∪ ∪ — ∪ — — | óderit curáre et amára léntoHorace, Odes, livre II, ode 16, v. 26. soit, en grasseyant les syllabes porteuses de l'accent de mot et en marquant les ictus de jaune : | — ∪ | — — | — ∪ ∪ | — ∪ | — — |
Exemple d'hétérodynie globale dans un hexamètre dactylique (même si la fin du vers est homodyne) : | — — — — — — — — — ∪ ∪ — ∪ | hastati spargunt hastas ; fit ferreus imberEnnius, Annales, v. 284. soit, en grasseyant les syllabes porteuses de l'accent de mot et en marquant les ictus de jaune : | — — | — — | — — | — — | — ∪ ∪ | — ∪ |
Chant grégorien Ictus est aussi un terme utilisé en chant grégorien dans l'ancienne théorie rythmique grégorienne, de nos jours déconseillée à la suite des études sémiologiques.
Notes et références
Articles connexes Métrique antique Pied (poésie) Scansion
Liens externes
Catégorie:Littérature latine Catégorie:Poésie de la Grèce antique