Le trafic sexuel est le recrutement de personnes par la coercition, la fraude ou la violence pour les livrer à l'exploitation sexuelle, qui est un esclavage sexuel et une forme d'esclavage contemporain ; il est souvent corrélé au crime organisé.
En Europe, la vente de jeunes femmes à des fins d'esclavage sexuel fait partie des activités criminelles en plein essor. La traite des êtres humains prend une tournure inquiétante dans les pays balkaniques d'Europe du Sud depuis la chute du Bloc communiste. Pendant la seule année 1997, jusqu'à issues d'anciens pays du bloc de l'Est, d'Europe de l'Est et d'Europe centrale sont vendues comme des marchandises pour l'industrie du sexe dans des pays développés d'Europe et du continent américain. Les difficultés économiques et les espoirs de prospérité ont rendu de nombreuses personnes très vulnérables aux dangers de la traite des êtres humains, soit à l'intérieur de leur pays, soit à destination d'autres pays en Europe et dans le monde. Les Nations unies annoncent que, chaque année, 4 millions de personnes sont vendues, contre leur gré, pour tomber dans une forme de servitude.
La lutte contre la traite des femmes repose surtout sur le durcissement de la législation et des peines ainsi que sur le renforcement de la coopération policière internationale. De vastes campagnes médiatiques visent à sensibiliser le public, les décideurs politiques et les victimes potentielles. Dans plusieurs pays où la législation contre la traite des personnes est encore naissante, ces campagnes d'information sont essentielles pour prévenir la traite.
Définitions
Selon le Protocole additionnel à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, la traite des personnes ..
Contexte historique
À partir de l'affaire de la traite des Blanches dans les années 1880, l'opinion publique devient plus sensible au trafic sexuel tant en Europe qu'aux États-Unis. À cette période, en Europe, des gouvernements participaient à des réseaux d'esclavage sexuel depuis plus d'un siècle. Plusieurs traités internationaux sont adoptés en 1904, 1910 et 1925 pour interdire le commerce de femmes.
Dans les années 1990, les problèmes du commerce du sexe et du tourisme sexuel prennent de l'ampleur et mobilisent l'attention publique à l'international quand des associations lancent des campagnes à ce sujet. Une entreprise appelée Big Apple Oriental Tours se spécialise dans les voyages touristiques à des fins sexuelles pour les hommes qui souhaitent se rendre aux Philippines, en République dominicaine, en Thaïlande, en Inde et au Sri Lanka pour s'y adonner à des activités sexuelles avec des personnes prostituées, puis qui communiquent leurs expériences auprès d'autres clients. Au Japon, des sociétés commencent à proposer des excursions de tourisme sexuel à Taïwan en guise de gratification aux directeurs. Après la chute de l'Union Soviétique, la demande d'esclaves sexuels connaît une explosion. Celle-ci se nourrit de l'austérité économique. Pour la première fois depuis la traite des Blanches au , un nombre important de femmes caucasiennes sont achetées et vendues à des fins d'exploitation sexuelle. Les bordels en Israël tirent profit de cette demande, ce qui est relevé par The New York Times et Dateline NBC.
En l'an 2000, l'Organisation des Nations unies adopte la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée, dite Convention de Palerme. Quelque 80 nations signent et ratifient ce traité. Depuis l'adoption de la Convention de Palerme, de nombreux scandales sexuels ont émergé concernant les casques bleus et les agences de défense. Dans un cas, au Liberia, des membres de l'administration onusienne sont éclaboussés par une fraude consistant à utiliser l'aide alimentaire comme moyen de forcer des femmes et des jeunes filles à se prostituer auprès des troupes et d'entrepreneurs locaux. Un nouveau scandale éclate en 2002, quand un employé de DynCorp témoigne devant le Congrès que ses collègues stationnés en Bosnie ont acheté des jeunes filles pour tenir leur maison et pour leur servir d'esclaves sexuelles. Le trafic sexuel demeure depuis en plein essor.
Aperçu par pays Origines D'après le Rapport sur le trafic des personnes émis par le Département d'État des États-Unis en 2018 ou 2019.
Pays Pays d'origine / de transit / de destination Catégorie Albanie origine, transit, destination 2 Bosnie-Herzégovine source, transit, destination 2 WLBulgarie origine, transit, destination 2 Croatie origine, transit, destination 2 Kosovo origine, destination 2 Macédoine du Nord origine, transit, destination 2 Moldavie origine 2 Monténégro origine, transit, destination 2 WL Roumanie origine, transit, destination 2 Serbie origine, transit, destination 2
En 2022, la guerre en Ukraine et les déplacements massifs de femmes et d'enfants qui s'ensuivent font de ces personnes des proies potentielles idéales pour les trafiquants, qui les guettent au passage des frontières.
Catégories Catégorie 1 : pays dont les gouvernements respectent entièrement les critères minimaux du Trafficking Victims Protection Act (TVPA) Catégorie 2 : pays dont les gouvernements ne remplissent pas entièrement les critères minimaux du TVPA, mais qui mènent des efforts importants pour s'y conformer Catégorie 2 à surveiller (tier 2 watchlist) : pays dont les gouvernements ne respectent pas entièrement les critères minimaux du TVPA, mais qui mènent des efforts important pour s'y conformer et a/ dont le nombre absolu des victimes d'une forme grave de trafic est très élevé ou connaît une forte croissance ; b/ où il n'existe guère d'indices probants d'efforts intenses pour lutter contre les formes graves de traite l'année précédente ou c/ le choix de rattacher le pays à cette catégorie se fonde sur les engagements à venir concernant les efforts pour faire reculer la traite. Catégorie 3 : pays dont les gouvernements ne respectent pas entièrement les critères minimaux du TVPA et ne prennent pas de mesures fortes pour lutter contre cette criminalité.
Destinations L'Allemagne est devenue .
Poids économique
La traite des êtres humains est, après le trafic de drogue, l'activité criminelle la plus lucrative dans le monde. Ce « marché » présente une offre et une demande abondantes. Les risques sont réduits car, dans les pays où la loi pénalise la traite, les criminels parviennent souvent à se soustraire aux poursuites et aux condamnations. Les trafiquants s'adonnent à ce commerce en raison de ses retombées économiques. L'Organisation internationale du travail, dans son rapport de 2005 A Global Alliance Against Forced Labor, estime que chaque année, à l'échelle mondiale, la traite des êtres humains rapporte environ 31,6 milliards de dollars aux trafiquants. Ce chiffre représente une moyenne de récoltés chaque année, ou par mois, pour chaque victime de trafic. La moitié de ces bénéfices est recueillie dans les pays industrialisés.
Causes
La majorité des victimes de traite des êtres humains en Europe sont de jeunes femmes adultes et, le plus souvent, leur asservissement vise leur exploitation sexuelle. Toutefois, le trafic à des fins de travail forcé représente un tiers de l'ensemble de la traite ; les victimes sont affectées aux travaux dans l'agriculture, le bâtiment, l'industrie de la pêche, la production industrielle et l'industrie textile. D'autres sont réduits à la servitude domestique. Le trafic d'enfants en Europe livre les victimes à l'exploitation sexuelle, au mariage forcé et à la mendicité forcée.
Chute de l'Union soviétique
L'effondrement de l'Union soviétique est considérée comme l'un des principaux facteurs qui sous-tendent la hausse récente de la traite des êtres humains. La dissolution a favorisé l'expansion en fournissant d'une part un réservoir humain et d'autre part des opportunités régionales. Après la phase de renversement, les victimes de la traite, qui sont principalement des femmes, se sont multipliées à des fins plus diverses ; ce phénomène s'est appuyé sur le développement du crime organisé et de corruption ainsi que sur le déclin des bordels. Les frontières poreuses ainsi que la forte proximité avec l'Europe occidentale ont favorisé le transport des victimes à l'échelle régionale et internationale.
Pauvreté
Les femmes et les filles sont particulièrement exposées à la traite lorsqu'elles vivent dans la pauvreté. Comme les personnes démunies ont souvent des choix restreints pour assurer leur survie, nombre d'entre elles se tournent vers des moyens extrêmes pour subvenir aux besoins de leurs familles. Les enfants sont eux aussi exposés au trafic si leur famille subit de grandes difficultés socio-économiques. Les filles risquent davantage d'être vendues et asservies parce que, dans de nombreuses cultures, les parents privilégient les garçons, qui sont vus comme plus précieux. Les filles ne sont pas scolarisées et elles sont envoyées travailler hors du domicile. La traite des êtres humains perpétue le cycle de travail forcé et renforce la pauvreté mondiale. Les pays où prévalent de faibles revenus sont souvent le lieu d'origine des jeunes filles, qui sont achetées dans des pays plus prospères. Il existe de nombreux pays d'origine et de destination dans le trafic sexuel. Les principaux pourvoyeurs du trafic sont la Russie et l'Ukraine. Les principales destinations des victimes, hors d'Europe, sont le Moyen-Orient, le Japon, la Thaïlande et l'Amérique du Nord.
Guerre et militarisation
Autre facteur concourant à la recrudescence du trafic de femmes : la militarisation et la guerre dans la région des Balkans. La présence de nombreux hommes étrangers dans les Balkans à l'issue des guerres de Yougoslavie a favorisé le trafic de milliers de femmes et de jeunes filles à des fins d'exploitation sexuelle. Le rapport entre la présence de militaires et le travail du sexe est un phénomène bien connu et la présence des soldats a concouru à la hausse pour la demande de bordels dans cette région.
Embrigadement des victimes
La vente de jeunes femmes en situation de précarité économique et sociale est une activité criminelle en pleine expansion à l'échelle mondiale.
Poussées par la misère, des jeunes femmes doivent souvent quitter leur domicile pour trouver une embauche dans les villes. Les jeunes filles voyageant seules représentent des proies faciles pour les trafiquants. Souvent, les jeunes femmes qui s'efforcent de trouver un travail honnête sont dupées par des intermédiaires qui leur promettent un emploi. Une fois qu'elles sont parvenues à destination, leurs papiers leur sont confisqués et elles sont contraintes de subir l'esclavage sexuel et la prostitution. Les jeunes femmes qui pénètrent illégalement dans un autre pays risquent elles aussi de tomber dans l'exploitation, tout comme celles qui séjournent plus longtemps que leur visa ne les y autorisent. Dans la servitude pour dettes, l'une des méthodes courantes chez les trafiquants consiste à annoncer à la victime qu'elle leur doit de l'argent pour son transport et ses frais de séjour et qu'elle ne sera libérée qu'après remboursement de la dette.