La maison de Noyers (prononcer Noïers/Noyère ) est une dynastie féodale du Moyen Âge, originaire de Noyers, dans le duché de Bourgogne, disparue à la fin de la période médiévale.

Histoire Origines L'origine des seigneurs de Noyers reste inconnue. Une légende raconte que son premier membre serait arrivé en France avec la reine Clotilde et qu'il aurait été celui qui convertit Clovis au christianisme, mais cette histoire est sans fondement.

Plusieurs hypothèses sont envisageables pour cette famille. Elle a peut-être été installée par les ducs de Bourgogne, à moins qu'elle ne soit issue des comtes de Tonnerre. Mais une donation de ces terres par un souverain quelconque ou une usurpation de ces territoires est également possible.

Les premiers seigneurs de Noyers sont mentionnés lors de donations à des institutions religieuses, soit comme témoin, soit comme donateurs.

Miles (Milon) est ainsi témoin en 1077 lors de la donation de l’église Notre-Dame d'Avallon à l'abbaye de Cluny, par le duc de Bourgogne, . L'année suivante, il abandonne ses droits, aux côtés de son fils Mile, sur la terre de Nitry à l'abbaye de Molesme. Parmi les témoins plusieurs personnages portent le nom de Noyers mais qui ne semblent pas appartenir à de la famille seigneuriale.

Le site Internet du projet MedLands mentionne un premier Milonis, d'après une charte de , comte de Tonnerre, datée du , en faveur de l'abbaye Saint-Michel de Tonnerre, d'après le Cartulaire général de l'Yonne (CGY ) . Toutefois, ni Petit (1874), ni Cayot (2013) ne le mentionnent. Le projet MedLands considère de fait que le Miles (Milon) mentionné en 1077/1078 serait numéroté [II].

L'acte de 1078 mentionne Hugues de Noyer, fils de Gisebert (de militibus Hugo, Hugo filius Gislberti de Nugerio (CGY ). Il donne, en 1099, les bois de Collan à Molesme (CGY ).

Affirmation du pouvoir Les historiens connaissent mieux le pouvoir des sires de Noyers, à partir du milieu du . Selon Petit (1874), on attribue à l'organisation d'une série de tournois à Chablis, mentionnée dans une charte de 1194. Ce seigneur s'empare de la viguerie ou avouerie de Chablis, dès 1151, et y fait construire un château-fort et une tour, fief des comtes de Champagne.

Ce seigneur est présent dans (Cayot), notamment à l'issue de l'insurrection des bourgeois de Vézelay contre l'abbé de Vézelay, lors de la création du monastère de Jully, l'établissement de la charte de Tonnerre (1174). Son frère cadet, Gui/, monte sur le trône archiépiscopal de Sens, en 1176.

Seigneurie de Noyers La seigneurie de Noyers est considérable et elle est libre de toute vassalité jusqu'en 1295.

En 1224, le , pour plusieurs petits fiefs (environ quatre-vingt).

Fin de la branche aînée et succession de la seigneurie Le dernier seigneur héritier de Noyers, Miles [XII], fils de Miles [XI], meurt un an avant son père, en 1369. Ce sont les deux sœurs de Miles [XI], Jeanne et Cécile, qui héritent de la seigneurie à sa mort en 1370. Isabeau ou Isabelle de Mello, veuve de Miles [XI] continue de porter le titre de dame de Noyers.

Toutefois, l'héritage est saisi par un marchand pelletier de Troyes afin de payer des dettes contractées. Le duc de Bourgogne accorde cependant un ajournement du payement au deux sœurs, afin qu'elles puissent ériger une chapelle pour le repos de leur frère. Jeanne avait obtenu du duc de garder les biens hérités de son époux, le chevalier Jean d'Augimont, par contre la seigneurie Noyers est en indivision avec sa mère et son nouvel époux, Jean de Saint-Verain. Après la mort de sœur sur et son beau-père écarté, Jeanne devient l'unique héritière de Noyers jusqu'à sa mort en 1394. Sans enfants, Jeanne fait des petits-fils du maréchal Miles IX ses héritiers partageant en trois la siegneurie entre Eudes de Grancey, Jean de Noyers, seigneurs de Rimaucourt et l'époux de Jeanne de Noyers-Joigny, Gui de Choiseul. Eudes de Grancey obtient ainsi le tiers de la seigneurie ainsi qu'un tiers de la bouteillerie de Bourgogne, charge héréditaire de la famille.

En 1419 et 1421, les droits sur la seigneurie de Noyers sont vendus à la duchesse de Bourgogne, Marguerite de Bavière.

Filiation Le tableau généalogique repose sur les sources mentionnées en « Bibliographie ». Miles est le , ou nom de lignée, retenu, mais l'on peut également trouver les formes Mile ou encore Milon, dans plusieurs travaux. La numérotation des Miles diffère selon les sources. La séquence présentée des numérotations tente de faire la synthèse des travaux d'Ernest Petit (1874), repris notamment par le projet Medieval Lands (M.L.) du site Internet de généalogie de Charles Cawley, et amendés dans le Dictionnaire biographique, généalogique et historique de l'Yonne (D.B.G.H.Y., 1996-2004), ainsi que le Dictionnaire de la France médiévale (1993) de Jean Favier.. Certains Miles de Noyers sont parfois écartés de la numérotation par les uns et non par les autres ce qui crée des séquences variables. Favier (1993) ne débute sa séquence qu'à partir de Miles (/1131). Celle-ci est reprise par exemple par le projet SIGILLA – base numérique des sceaux conservés en France.

Branche aînée Première partie

Miles (~1039-1078~), seigneur de Noyers, ∞ N.N. Miles II (~1077-1104~), seigneur de Noyers, ∞ Anna/Anne. Miles III (/1131) ou [], seigneur de Noyers, ∞ Agnès [famille des vicomtes de Sens], dont cinq (D.B.G.H.Y.), six (M.L.), voire sept enfants. Miles, mort jeune. Numéroté [IV] chez Petit, donné sans numéro dans Favier, D.B.G.H.Y. ou M.L.. Gui/ (/1194), archevêque de Sens (1176-1193/1194). (), ou [V] (Petit) ou [II] (Favier), seigneur de Noyers, prévôt de Chablis, ∞ (1) N.N., ∞ (2) Odeline de Chappes, dame de Lagesse et de Vanlay (Petit ne mentionnait qu'une épouse dont sont issus quatre fils et trois filles.) (1) Miles V (), ou [VI] (Petit), sans numéro dans D.B.G.H.Y. ou Favier, seigneur de Noyers, sans postérité. (1) Hugues (), évêque d'Auxerre (1183-1206). (2) Clarembaud/Clérembaud ( ?), seigneur de Noyers, ∞ Ada/Ade de La Ferté-Gaucher-Montmirail, fille d'André, seigneur de Montmirail et de La Ferté-Gaucher, et d'Hildiarde d'Oisy, vicomtesse de Meaux. (/1232) [VII] (Petit, M.L.), [V] (D.B.G.H.Y.), [III] (Favier), seigneur de Noyers, ∞ (1211) Agnès de Brienne-Ramerupt, fille d'André de Brienne, seigneur de Ramerupt, et Adélaïde de Traînel-Venizy. Miles VII (/1272), ou [VIII] (Petit, M.L.), [VI] (D.B.G.H.Y.), [IV] (Favier), seigneur de Noyers, bouteiller de Bourgogne, ∞ (1°) Hélissende (ou Héllissent, Hélissent, Alixende, Alyxant) des Barres, dame de Quenne, Augy, Chitry, ∞ (2° ?) Alixant (Alixende) d'Etampes (). (1/2 ?) Marguerite (), ∞ Jean de Vergy (), seigneur de Fouvent et Autrey, sénéchal de Champagne. (2) Miles VIII (), ou [IX] (Petit, M.L.), [V] (Favier), [VII] (D.B.G.H.Y.), seigneur de Noyers, bouteiller de Bourgogne, ∞ Marie de Châtillon, dame de Crécy, sœur de . Voir « Deuxième partie » (ci-après). (2) Marie, ∞ Philippe III, seigneur de Plancy (). (2) Alix, religieuse à l'abbaye Saint-Julien d'Auxerre. (2) Jean (), seigneur de Maisey (Maisy), bouteiller de Bourgogne (selon Petit), ∞ Marguerite de Durnay, dame de Courgis et de Vendeuvre. auteur de la dranche cadette dite de Maisey (voir ci-après) (2 ?) Agnès, ∞ Alexandre de Montagu, seigneur de Sembernon et de Malain (selon M.L.). Isabelle ou Elisabeth, dame de Vallan, ∞ (1°, 1230) , comte de Joigny ; ∞ (2°, 1249) Hugues II, seigneur de Saint-Vérain ; ∞ (3°) Jean III, seigneur de Arcy-sur)-Aube. Béatrix (), abbesse de Marcilly. Philippa ou Philipine (), ∞ Hugues de Til-Châtel, seigneur de Coublant Alix (), ∞ Erard de Chassenay (). Gauthier (), le pauvre homme. Élisabeth ou Isabelle. Odeline ou Adeline (), ∞ Guillaume de Courtenay, seigneur de Tanlay, fils de Pierre de France (sixième fils du roi des Francs Louis VI le Gros et d'Adèle de Savoie, il est la tige de la maison capétienne de Courtenay), seigneur de Courtenay, et d'Élisabeth de Courtenay, dame de Courtenay. Sibylle, ∞ Pons de Mont-Saint-Jean, seigneur de Charny et Châtel-Censoir, dont postérité. (2) Gui/Guy (), seigneur de Joux, de Lagesse, puis chevalier Templier. (2) Gilette ou Gille, ∞ Étienne de Mont-Saint-Jean (), seigneur de Charny, sénéchal de Bourgogne. (2) Agnès (), ∞ Guillaume, vicomte de Saint-Florentin. (2) Ode (~1206~), ∞ (a. 1176) Renaud II de Pougy (), seigneur de Saint-Valérien. Hugues (1145-1173). Agnès, ∞ Hugues d'Argenteuil, dont postérité. (?) Élisabeth, selon un acte de 1181, ce qui pose un problème de date. (?) Philippa, selon un acte de 1181, ce qui pose un problème de date. Mahaut/Mathilde, fondatrice de Jully-les-Nonnains (), ∞ (~1103) , comte de Bar-sur-Seine. Gui, seigneur de Joux, fondateur de Reigny, ∞ Tesceline/Téchine. deux fils, ermites. Joffroi, dit Jarenton, moine. Étienne. Rainard/Raynard, seigneur de Sennevoy et Gigny, puis moine, ∞ N.N., qui devient également moniale, d'où postérité probable, mais non attestée. (?) Olivier, moine de Molesme. (?) Désiré. (?) Hugues. (?) Seguin. (?) Théodéric (~1101~), ∞ Agnès. Gui/Guy (~1046~) Gaufroi (~1046~)

Deuxième partie

Miles VIII (), ou [IX] (Petit, M.L.), [V] (Favier), [VII] (D.B.G.H.Y.), seigneur de Noyers, bouteiller de Bourgogne, ∞ Marie de Châtillon, dame de Crécy, sœur de . Miles IX ( ), ou [X] (Petit, M.L.), ou [VIII] (D.B.G.H.Y.), [VI] (Favier), dit le Grand, chevalier, seigneur de Noyers, maréchal de Bourgogne (1291), bouteiller de Bourgogne (1296), maréchal de France (1302), Grand bouteiller de France (1341), ∞ (1°) Jeanne de Rumigny/de Rimogne (), dame de Montcornet, ∞ (2°) Jeanne de Dampierre/de Flandre, dame de Saint-Dizier, Moëslains, Esclaron, ∞ (3°) Jeanne de Montfaucon-Montbéliard, dame d'Antigny. (1) Miles X (), ou [XI] (Petit, M.L.), ou [IX] (D.B.G.H.Y.), [VII] (Favier), dit le Bossu, seigneur de Noyers, de Montcornet, de Monmort et Fresnes, ∞ Marguerite de Thianges (), dame de Montmort, fille de Gui de Thianges et d'Hélissent des Barres. Miles XI (), ou [XII] (Petit, M.L.), ou [X] (D.B.G.H.Y.), [VII] (Favier), dit Milot, seigneur de Noyers et de Montcornet, ∞ Isabeau ou Isabelle de Mello, dame de Pacy(-sur-Armançon), veuve de Louis de Sancerre. Miles XII (), ou [XII] (Petit, M.L.), ou [X] (D.B.G.H.Y.), [VII] (Favier), seigneur de Noyers et de Rimaucourt. Sans postérité, fin de la branche aînée de la maison de Noyers. Sa sœur, Jeanne, lui succède. Érard ou Érart, chevalier (1356), seigneur de Villebertin, mort jeune, avant son frère aîné. Sans union, ni postérité. Cécile, dame de Montmort et de Seigny (Saigny), ∞ Jean de Montigny-en-Ostrenan, mais qui n'a probablement pas de postérité. Jeanne (), dame de Noyers et Watefalle(-en-Champagne), à la suite de la mort de son frère aîné, ∞ Jehan ou Jean d'Augymont ou Augimont, chevalier, banni pour ses exactions comme routier et assassiné en 1373. Probablement pas de postérité. (2) Gautier (), seigneur d'Esclaron, ∞ Marie ou Marguerite de Picquigny, vidamesse d'Amiens, veuve de Jean de Roucy, seigneur de Pierrepont. Sans postérité. (2) Hélissant ou Alixende (), moniale à l'abbaye de Jully-les-Nonnains puis abbesse de Notre-Dame de Jouarre après sa tante homonyme. (2) Marguerite (), ∞ . , qui succède à son père comme seigneur de Châteauvillain et d'Arc. Jeanne de Châteauvillain, dame de Châteauvillain, qui succède à son fère, ∞ (1°) Jean de Thil, seigneur de Thil et de Marigny et connétable de Bourgogne, ∞ (2°) Guillaume de Chalon, seigneur de Chavannes et de Dramelay, gouverneur d'Auxerre, ∞ (3°) Hugues [VI] de Vienne, ∞ (4°) Arnaud de Cervole, dit l'Archiprêtre, seigneur de Châteauneuf et Concressault, chambellan du Roi Charles V (1) Jean V de Thil, seigneur de Châteauvillain, vend 1/6 de la seigneurie de Noyers à la duchesse de Bourgogne, ∞ Jeanne de Grancey, petite-fille de d'Eudes VI, seigneur de Grancey, et Mahaut ou Mathilde de Noyers. (3) Guillaume de Vienne, seigneur de Saint-Georges. (4) Philippe de Cervole, bailli de Vitry, chambellan du Roi Charles VI.