Le d'infanterie coloniale (), puis d'infanterie de marine (), est une unité de l'Armée de terre française.

À partir de 1964, il est stationné dans sa garnison d'origine, Perpignan, où il fut créé en 1902 ; il porte donc l'appellation de « Royal Catalan », non officielle.

Historique Création Le d'infanterie coloniale est créé le à Perpignan. Il est issu, par dédoublement, du RIC, l'un des « quatre vieux » régiments des Troupes de marine, stationné à Toulon depuis sa création en 1854. Ce dernier s'était illustré en Crimée, en Indochine, à Madagascar et enfin en Chine. Cette filiation lui permet d'avoir sur son drapeau quatre inscriptions, les mêmes que celles qui figurent sur celui du RIC.

Jusqu'à la Première Guerre mondiale

Campagne du Maroc de 1908 à 1913 :

La conquête du Maroc commence en 1907, et nécessite des effectifs croissants. Dès 1908, le RIC met sur pied de forts détachements de renforts, environ, destinés à la formation des trois régiments de marche fournis par les troupes coloniales ; de plus, des officiers et sous-officiers sont mis en route pour assurer l'encadrement des bataillons de tirailleurs Sénégalais venus d'AOF en renfort.

Cette campagne contre un adversaire mobile, mordant, dura six ans.

Le colonial de marche, auquel avaient été affectés les renforts en provenance du RIC, s'illustra principalement dans les opérations de la Chaouia 1908-1909 ; la prise de Kasba Tadla 1910 ; la colonne Mangin et délivrance de Marrakech 1912.

En 1913, la situation étant stabilisée, les détachements purent rejoindre leurs corps et garnisons d'origine.

Le drapeau du régiment put ajouter une cinquième inscription: « Maroc 1908-1913 ».

La Première Guerre mondiale À la mobilisation en 1914, le RIC est en casernement à Perpignan, le à Sète ; il forme avec le RIC, la coloniale, laquelle, avec la ( et RIC) constitue la d'infanterie coloniale, elle-même composante du corps d'armée colonial. Elle est devenue CAC en 1915, après la création du d'armée colonial à la Armée. Son effectif est 72 Officiers et 3290 sous-Officiers et soldatsB.O.E.M.nI/TC - Édition de 1938 - Imprimerie Lavauzelle - Paris.

Année 1914 Les et Armées et le Corps de Cavalerie Sordet combattent le , à Neufchâteau, le 22 août, dans les combats de Rossignol, le , dans les combats de Jaulnay, de Hatillon, le , de Bussy-Le-château le )

Le , le régiment est sur le canal de la Marne. Le combat de Jaulnay coûte au régiment 9 officiers et ; le chef de corps, le Colonel Bethouart, est grièvement blessé le .

Pour la Bataille de la Marne, le régiment est sous les ordres du Commandant Bourda. Au sud de Frignicourt, Le 6 au , le Mont Morêt, glorieux fait d'armes, a coûté cher au régiment : 8 officiers et . Le , pour la poursuite au nord de Valmy, le Lieutenant-Colonel Jannot prend le commandement du régiment. Le , le RIC a pu s'emparer de Virginy et de Massiges, côte 199 (Mont Tetu), et côte 191 ; cette lutte acharnée et meurtrière coûte au régiment 10 officiers, dont 2 chefs de bataillon, et .

Le , le RIC est placé en réserve ; le , il est sur le front Ferme Beauséjour - côte 191 - tenu jusque-là par trois régiments d'infanterie. L'effectif du régiment est tombé à 21 officiers et .

Le , la situation est la suivante : le front de Beauséjour, Ruisseau de L'Étang sur deux kilomètres, est tenu par un bataillon en avant-postes (bataillon de la Gletais) ; les deux autres bataillons, le et , sont en réserve d'avant-poste à Minaucourt.

Le , à , une fusillade violente éclate sur le front du RIC. Au point du jour, sur les lisières de Minaucourt, tout indique que l'ennemi occupe les crêtes de la côte 180, à du village. Les deux bataillons en réserve sont lancés à l'assaut de ces crêtes ; un bataillon du RIC, cantonné à Minaucourt, est mis à la disposition du chef de corps du RIC.

Le bataillon d'assaut de droite progresse rapidement, mais les Allemands sont en force sur la crête 180, qu'ils ont occupé solidement après une lutte acharnée ; ce bataillon réussit à déborder les Allemands sur le flanc gauche ; ceux-ci, encerclés et décimés, s'enfuient en laissant entre les mains du RIC le drapeau du Allemand du Corps, et plus de 300 prisonniersDurant la guerre de 1914 à 1918, l'armée Française conquit treize drapeaux sur l'armée Allemande, dont douze Prussiens, et n'en perdit que trois..

Le bataillon de gauche ne peut progresser que lentement, les Allemands, maîtres de la ferme de Beauséjour, prenant d'enfilade le ruisseau de Marson ; en fin de journée seulement, grâce à la progression à droite, et l'appui de l'artillerie, les lignes tenues par les Allemands peuvent être occupées. Cette journée, glorieuse pour le Colonial, lui a coûté 3 officiers et ; en outre, le Commandant et l'adjudant-Major du bataillon du RIC, en réserve, ont été tués aux côtés du Colonel Jannot. Quelques jours après, le général Commandant l'armée publie le décret décernant la Légion d'honneur au drapeau du RICCroix De Chevalier de la Légion D'Honneur "Ordre général de la armée du 13 octobre 1914" signé Général de Langle De Cary. Il convient de rappeler que la tradition d'attribuer la Légion D'Honneur au drapeau d'un régiment ayant accompli l'exploit de prendre un drapeau ennemi remonte au Second Empire, lors de la Campagne d'Italie contre l'Autriche et plus précisément à la bataille de Magenta (1859). Après que Napoléon III décora le Zouaves, Régiment d'infanterie et le Bataillon de Chasseurs à pied. 7 drapeaux de régiments arborent la croix de Chevalier de la Légion d'Honneur, dont pour les Troupes Coloniales, le RICM, le RIC et le RIC, décoré lui, au titre de la tradition de 1859, ainsi que deux autres régiments d'infanterie ( et le RI).

Année 1915 vignette|Soldats et mitrailleurs du , vers mai 1915.En Champagne, du au , le Régiment occupe le Fortin de Beauséjour. Du 25 septembre au 6 octobre, il livre la seconde bataille de Champagne, La Main de Massiges

Année 1916 vignette|Portrait d'un soldat du , 1916.Le , le RIC est dirigé par voie de terre sur le front de la Somme. Il doit occuper le secteur de Herleville, mais, le , les Allemands, dans une attaque puissante, enfoncent nos premières lignes entre Frise et Dompierre. Le , le réussit, au prix de pertes sérieuses, à arrêter la progression de l'ennemi.

Dans la Bataille de la Somme (juillet à octobre), le , le régiment relève le RI dans le secteur du Bois de Loges.

Année 1917 L'attaque est déclenchée le , au Chemin des Dames. Les pertes, pendant cette période d'usure, sont de 15 officiers et . Le , le RIC quitte définitivement le Chemin des Dames. Envoyé au repos, il y restera jusqu'au .

Année 1918 Du au , le régiment est à l'eEst du fort de la Pompelle, à l'est de Reims. Du au , il met en échec la tentative de l'ennemi de déborder Reims par l'Est. Le , un ordre de la , rappelant les hauts faits du RIC depuis 1916, cite le régiment à l'ordre de l'arméecitation à l'ordre de l'armée de la date du 10 juillet 1918.

Le , l'ennemi abandonne Reims. Le RIC puis le Corps d'Armée Colonial sont cités à l'ordre du corps l'arméeCitation à l'ordre du corps d'armée, ordre général du Corps d'Armée Colonial en date du 8 août 1918.

Le , à la suite de son brillant succès à Suippe, le RIC est à nouveau cité à l'ordre de l'arméeOrdre général de la en date du 29 décembre 1918.

Le , le régiment se dirige par voie de terre sur le Palatinat ; il y arrive après un mois de marche et s'installe, le , dans la région de Grunstadt. Le le Colonel Garday prend le commandement du régiment. Entre le et le il montera des gardes puis des services sur le Rhin, au sud de Germersheim, puis dans la région d'Apheilgen.

À cette dernière date, le séjour du RIC en pays occupé prend fin. Le régiment regagne, par voie ferrée, ses garnisons du temps de paix.

L'entre-deux-guerres Jusqu'en 1925, le R.I.C. reprend ses activités du temps de paix dans ses garnisons de Sète (à l'époque Cette) et de Perpignan. Il occupe ses anciens casernements laissés en au dépôt du régiment, à l'exception de la caserne Saint-Jacques, situés place du Puig, vieille construction datant de 1685, cédée à la ville en 1919.

La fin de la Première Guerre mondiale est marquée par une réorganisation des Troupes Coloniales. La pénurie de main d'œuvre, les pertes du conflit mondial ( et ), expliquent cette situation. Le recrutement des jeunes engagés ralentit. Les rigueurs budgétaires, l'effort de reconstruction, et l'absence de menace, ont raison d'une grande partie de l'infanterie française. Les Troupes Coloniales voient près de 80 % de ses régiments dissous. Subsistent, en tant que régiments blancs, les , , RIC en métropole, les et RIC en Indochine, et le RIC en Chine. Le , le RIC disparaît. Il s'était illustré pendant le conflit, perdant plus de et décrochant la croix de la Légion d'honneur.

Des soldats indigènes (Sénégalais, Malgaches et Indochinois) y sont incorporés. En 1926, sous l'appellation générique de Tirailleurs Sénégalais, sont créés les , (Toulon), (La Rochelle), (Mont-de-Marsan), (Montauban), et de tirailleurs sénégalais (RTS) (Perpignan), le à Pamiers et le à Carcassonne. Ces deux derniers régiments deviennent les et de Mitrailleurs Malgaches et Indochinois ; ils seront implantés dans des garnisons du sud de la France. Tout comme les unités Nord-Africaines (Tirailleurs Algériens, Tunisiens, Marocains), les RTS s'avèrent plus économiques et plus dociles que les unités blanches. Perpignan récupère un régiment colonial, le de tirailleurs sénégalais, régiment qui, malgré sa nouvelle appellation et sa composition, hérite des traditions et du drapeau aux huit inscriptions de son prédécesseur. La plus grande partie de l'effectif hommes de troupe est constituée par des soldats Africains, communément appelés « Tirailleurs sénégalais » ou soldats indigènes, tous originaires des diverses colonies de l'Afrique Occidentale Française (AOF). Les soldats « européens », en petit nombre, tiennent les emplois de spécialistes (transmissions, servant d'engins, secrétaires) et sont destinés, en principe, aux pelotons d'élèves-gradés, caporaux et sergents.

Le , le RIC devient, par changement d'appellation, le RTC « régiment de tirailleurs coloniaux », puis « de tirailleurs sénégalais ».

La Seconde Guerre mondiale

En 1939, le Régiment Mixte Colonial est recréé au Levant (Syrie-Liban-Chypre). Il reprend le drapeau conservé de 1924 à 1939 par le RTS engagé en métropole.

mixte colonial (1939-1941) Insigne régimentaire du 24e Régiment d’Infanterie Coloniale

Combats du Levant (1941) Ce régiment des troupes coloniales mixtes comporte environ 50 % de tirailleurs sénégalais dans ses effectifs troupe. Il a été mis sur pied en , au Levant, dans le cadre des mesures de renforcement de l'armée du Levant (Liban et Syrie). Son commandant en chef était le général d'armée Weygand, rappelé à l'activité en 1939.

Les deux bataillons du régiment stationnés en Syrie prirent part, en , aux combats contre les forces anglo-australiennes et néo-zélandaises (ANZAC) ; ils furent submergés par le nombre lors de la défense de Damas ; il fut dissous après l'Armistice de Saint-Jean-d'Acre, le . La plupart des cadres européens furent rapatriés en métropole, les Sénégalais en Afrique du Nord, quelques volontaires s'engagèrent auprès des Forces françaises libres et continuèrent à servir dans les rangs des bataillons de marche de la DFL.

Forces françaises libres Le régiment était stationné en Syrie, mais avait détaché un bataillon à Chypre. Ce bataillon passa aux Forces françaises libres dès et devint le d'infanterie de marine. Il fusionna, le , avec le bataillon du Pacifique, pour former le bataillon d'infanterie de marine et du Pacifique (BIMP).

Résistance - Libération (1944-1945)