L'économie de l'Afrique du Sud est une économie de marché relativement diversifiée. L'Afrique du Sud est un pays émergent, la deuxième plus grosse puissance économique d'Afrique quant au PIB, cependant le pays est considéré comme le plus industrialisé et avec les technologies les plus avancées du continent. Bien que l'industrie d'extraction de ressources naturelles (notamment chrome, manganèse, or et platine) reste une des plus importantes du pays avec une contribution annuelle au PIB de 13,5 milliards de dollars, l'économie d'Afrique du Sud s'est diversifiée depuis la fin de l'apartheid notamment dans les services. En 2019, l'industrie financière a contribué 41,4 milliards de dollars au PIB de l'Afrique du Sud. En 2021, les institutions financières basées en Afrique du Sud géraient plus de 1,41 mille milliards de dollars en actifs. En , la capitalisation boursière totale de la Bourse de Johannesbourg s'élève à 1,28 mille milliards de dollars.

Selon l'indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l'Afrique du Sud a reculé de dans leur classement entre 1990 et 2021, constatant l'appauvrissement général de la population. Au Zimbabwe et en Côte d’Ivoire, ces dernières ont généré des vagues d'immigration vers l'Afrique du Sud. De nombreux Africains immigrent en Afrique du Sud pour gagner plus d’argent que dans leurs pays d’origine.

En 2023, l'Afrique du Sud se heurte à des contraintes persistantes d’approvisionnement en électricité, la mauvaise gouvernance des entreprises publiques et le ralentissement de l’économie mondiale. Des difficultés persistantes dans le transport ferroviaire de marchandises, telles que des déraillements fréquents, une pénurie de locomotives et des vols de câbles pénalisent également l'économie. Le déficit commercial s'est dégradé en raison de la baisse des prix à l'exportation et de la hausse des prix à l'importation.

Historique Avant 1652 A l'origine, l'économie de ce qui allait devenir l'Afrique du Sud était dominée par l'agriculture de subsistance et la chasseJörg Baten, A History of the Global Economy. From 1500 to the Present, Cambridge University Press, 2016 p. 318.

Dans le nord, le centre et l'est du pays, les tribus bantous occupent les terres sur une base communautaire organisées en chefferies tribales. C'est alors une économie essentiellement pastorale et la richesse se mesure par le nombre de bovins détenus. Entre le 11e et le 13e siècle, au confluent des rivières Shashe et Limpopo, la vitalité du royaume de Mapungubwe, seule entité territoriale constituée en Afrique du Sud sous une forme similaire à un État, repose sur le commerce de l'or et de l'ivoire ainsi que sur la production de bijoux et de pierre taillée.

Dans le sud et l'ouest du pays, les peuples San mènent de leur côté une vie nomade basée sur la chasse tandis que les Khoikhoi mènent une existence pastorale.

Développement de l'économie durant la colonisation L'économie formelle de l'Afrique du Sud débute avec l'arrivée des hollandais en 1652, envoyés à l'origine par la Compagnie néerlandaise des Indes orientales pour établir une station de ravitaillement pour les navires de passage. Au fur et à mesure que la colonie s'agrandissait, avec l'arrivée des huguenots et des colons allemands, plusieurs d'entre eux furent libres de se lancer dans l'agriculture commerciale, conduisant à la domination de l'agriculture dans l'économie.

A la fin du XVIIIe siècle, les Britanniques annexent la colonie du Cap. Cela conduit une partie de la population boer (descendants des premiers colons néerlandais et français) au Grand Trek vers l'intérieur des terres, au delà de la chaine montagneuse des Drakensberg pour y développer l'agriculture au sein de républiques indépendantes (le Transvaal et l'État libre d'Orange).

En 1870, des diamants sont découverts à Kimberley, puis, en 1886, certains des plus grands gisements d'or du monde sont découverts dans la région du Witwatersrand, au Transvaal, transformant rapidement l'économie locale. La région connait alors un afflux de capitaux internationaux pour financer les opérations minières. En raison de sa grande quantité de mines d'or et de diamants, l'Afrique du Sud attire alors la majorité (55,8 %) des investissements étrangers sur l'ensemble du continent africain Jörg Baten, A History of the Global Economy. From 1500 to the Present, Cambridge University Press, 2016, p. 327. Parmi les personnalités qui viennent développer le capitalisme industriel, minier et financier en Afrique du Sud figurent Barney Barnato, Alfred Beit ou encore Cecil Rhodes, qui fonde la De Beers et l'Anglo American.

Les Britanniques annexent le Transvaal et l'état libre d'Orange à la suite de la Seconde guerre des Boers (1899-1902), un conflit meurtrier opposant les Boers aux Britanniques, lesquels n'hésitent pas à recourir à la politique de la terre brulée .

L'Afrique du Sud entre ensuite dans une période d'industrialisation, marquée par l'organisation des premiers syndicats sud-africains.

Les débuts de l'Union sud-africaine L'Union sud-africaine est fondée en 1910 (South Africa act).

Toutes une série de mesures sont alors prises favorisant l'agriculture commerciale des Blancs aux dépens de l'agriculture pratiquée par les populations noires. Ainsi en 1913, le Natives Land Act limite la propriété foncière de ces dernières à 7,8 % du territoire, décrète que les Blancs ne sont pas autorisés à acheter des terres aux autochtones et inversement. Les exceptions doivent être autorisées par le Gouverneur général. La surface des terres agricoles appartenant aux populations noires est ensuite étendue à 13,7 % (Native Trust and Land Act de 1936), alors que ceux-ci représentent 67 % de la population totale du pays.. Avec cette loi, quatre millions de paysans perdent les terres qu'ils possédaient et deviennent généralement métayers ou mineurs, une main d’œuvre peu couteuse pour les propriétaires. Dès lors, en dehors de ces terres, les Noirs ne peuvent plus vivre que dans des fermes appartenant à des Blancs et sont contraints de travailler pour eux. La pression à la vente causée par la loi force de nombreux Noirs à chercher un travail salarié loin de chez eux et de leurs traditions. Leur destination sont les grandes fermes des Blancs et les villes, principalement les centres urbains industrielsManfred Short, Indirect rule and violence in South Africa, Hambourg, German Overseas Institute Foundation, coll. « Work from the Institute of African Studies » (no 30), 1981, p 27Place de l'agriculture dans la stratégie de développement de l'Afrique du Sud, p 87, Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, 1995.

Une économie marquée par l'apartheid Si l'activité extractive en Afrique du Sud de l'or et du diamant remonte au milieu du , le développement industriel ne commence véritablement que durant la Seconde Guerre mondiale quand l'économie tout entière de l'Afrique du Sud est réorientée vers l'effort de guerre et au soutien à la Grande-Bretagne. De 1946 à 1974, le pays connait un taux de croissance économique continue de 5 % en moyenne par an. tandis qu'à partir de 1961, l'Afrique du sud connait un afflux de capitaux étrangers, surtout américains et anglais.

Durant cette période, l'expansion économique repose sur une structure de production adaptée à l'exploitation des ressources naturelles et sur une main d'œuvre disponible et à très bas coûts. La politique d'apartheid, alors menée de 1948 à 1991, entretient cependant de fortes tensions sociales et maintient un développement réduit du marché intérieur inhabituel pour un pays industriel moderne. La moitié de la population noire, majoritaire dans le pays, subvient à ses besoins via l'économie parallèle.

Le gouvernement avait pendant longtemps réussi à maintenir des échanges internationaux très intenses avec ses partenaires commerciaux mais l'application de sanctions internationales dans le domaine de l'économie à partir surtout de 1986 entrainent une diminution des investissements étrangers, un exode des capitaux, une baisse de la croissance économique (0,7 %) et une augmentation du chômage. Ainsi, en 1985, à la suite du non-renouvellement de prêts à l'Afrique du Sud par la Chase Manhattan Bank, suivies par plusieurs autres banques prêteuses, le rand perd 50 % de sa valeur tandis qu'au fil des mois, plusieurs sociétés étrangères liquident leurs avoirs en Afrique du Sud. Cependant, en 1986, l'Afrique du sud réussit à renégocier un rééchelonnement de sa dette grâce à l'appui des banquiers européens et la valeur du rand se stabilise tandis que le taux d'inflation élevé diminue de 18 % à moins de 15 %. En 1987, le niveau des investissements est toutefois inférieur de 70 % au niveau de 1981 alors que se creuse la dette fiscale. .

En 1985, les activités du secteur industriel représentent 22 % du PNB et dépassent les valeurs minières (15 %). L'extraction des minerais est le monopole de puissants conglomérats internationaux ou sud-africains tels la De Beers pour le diamant. L'Afrique du Sud est alors le premier pays extracteur d'or et de platine (67 % de la production totale mondiale en 1985). La présence de minerais rares (65 % des réserves mondiales de chrome, 25 % du marché mondial de manganèse) recherchés pour les industries de défense, scientifiques et pour la production énergétique font alors de l'Afrique du Sud un pays indispensable à maintenir dans la zone d'influence des pays occidentaux. Le charbon fournit plus de 93 % de l'énergie électrique qui est alors l'une des moins chères au monde en raison des faibles couts de l'extraction de ce minerai de base. Le secteur des industries de transformations, qui fournit 75 % de la production et de l'emploi en 1988, est de loin le plus solide et le mieux organisé du continent africain, parvenant sur de nombreux aspects au niveau des pays européens.

Le secteur agricole connait pour sa part un grand déséquilibre entre la main d'œuvre et la production. Avec 11,2 % de surface cultivables, l'Afrique du Sud présente un visage contrasté où coexistent des exploitations modernes appartenant à des blancs et établies sur les meilleures terres du pays et des exploitations sous-développées appartenant à des agriculteurs noirs et situés dans des bantoustans surpeuplés. Surtout, la superficie des surfaces cultivables ne peut s'étendre en raison des conditions naturelles (sol aride) et d'un processus de dégradation des terres dans les zones où persistent des techniques traditionnelles de culture et d'élevage et dans les zones où des monocultures spéculatives ont entrainé un déboisement radical. L'élevage (principalement de bœufs et de moutons) constitue un secteur clef important (les pâturages représentent 65 % du territoire).

Le pays présente à la fin des années 1980 un système de transport interne efficace et bien structuré, inégalé sur le continent africain. Le réseau routier compte plus de km dont de routes goudronnées reliant tous les centres urbains. Les lignes de chemins de fer comptent plus de km et relient le Botswana, le Zimbabwe et la Namibie. Le pays possède trois grands aéroports internationaux à Johannesbourg (Jan-Smuts), Le Cap (Daniel-François-Malan) et Durban (Louis-Botha).

L'économie de l'Afrique du Sud après l'apartheid Black Economic Empowerment lang=fr|upright=1.7|thumb|right|Revenu personnel par habitant annuel, par groupe raciaux en Afrique du Sud par rapport aux niveaux du groupe racial blanc.