Fabien Moris, né le à Paris et mort le à MarseilleRelevé des fichiers de l'Insee à l'hôpital d'instruction des armées Laveran, est un sous-officier français. Engagé volontaire dès 18 ans dans la cavalerie à cheval, au 20e régiment de dragons, il devient spécialiste des transmissions radio. Les Transmissions constitueront le fil conducteur de toute sa carrière militaire. Dans le cadre du second conflit mondial, il participe à la bataille de France en 1940, au débarquement de Provence et à la campagne de France 1944-1945. Il participe également aux campagnes d'Indochine et d'Algérie. En parallèle de ses engagements militaires, il tente d'embrasser une carrière artistique comme parolier de chansons françaises, encouragé par ses débuts au Music-hall dès son plus jeune âge. En effet, en 1929 et 1930, lui et son frère cadet, sous le nom des Guett's brothers, sont à l'affiche au Palace dans la revue Paris-Madrid avec en vedette Raquel Meller et au Casino de Paris dans la revue Paris-Miss avec en vedette Mistinguett.
Biographie Roger, Fabien, Pierre, Théophile Moris est né le au 19 place Saint Pierre, à Montmartre dans le arrondissement de Paris. Il est décédé à Marseille le à l'Hôpital d'instruction des armées Laveran. Il est le fils d'Edmond Moris, commerçant, décédé à Cannes le , dans un accident de la route (fabien Moris est alors âgé de 7 ans) et de Renée Saffroy son épouse, décédée à Neuilly-sur-Marne le .
Il a été marié plusieurs fois et n'a pas eu d'enfants.
Jeunesse : des feux de la rampe au métier des armes Fabien Moris est issu, par son père, d'une ancienne famille de militaires et par sa mère d'une famille d'entrepreneurs et de commerçants.
Il est par sa grand-mère paternelle (née Petit de Gatines), un des descendants de François René Cailloux dit Pouget, général français de la Révolution et de l’Empire. Son grand père paternel, Charles Emile Moris était capitaine d'infanterie.
Son oncle, Théophile Paul Emile Moris, lieutenant au régiment d'infanterie a été tué en Belgique, le lors de la bataille de Charleroi.
Un autre de ses oncles, Albert Emile Gabriel Moris était capitaine et pilote de l'escadrille MF 8. Le , il réussit à rejoindre miraculeusement sa base alors que son appareil a été gravement endommagé par les tirs ennemis. Criblé de près de 400 impacts de balles et d'éclats d'obus, son biplan sera exposé dans la cour d'honneur des Invalides. Le de la même année, blessé en vol, il pose son avion endommagé derrière les lignes allemandes et sera capturé et interné en Allemagne jusqu'à la fin du conflit.
Enfin son père, Edmond Moris, a été engagé volontaire en 1904 dans le régiment de cuirassier puis dans la réserve à partir d'. Mobilisé en 1914, il participe au conflit au sein du 14 régiment de chasseurs à cheval.
Son arrière grand-père maternel, Pierre Ernest Saffroy, installé à Paris au 54 rue du Temple, est fabricant de bourses, porte-monnaies et maroquinerie. Il inventera les fermetures à boules pour porte-monnaies et laissera un confortable héritage dont continueront de bénéficier ses descendants dont Renée Saffroy, mère de Fabien.
Son grand père maternel, Ernest Saffroy est banquier, puis mandataire en fonds de commerce
Enfin sa mère, Renée Saffroy, n'est autre que l'aventurière renée Saffroy, veuve Moris, alias la marquise de Rozycki qui défraiera pendant plusieurs années les chroniques mondaines et ensuite judiciaires de l'entre-deux-guerres.
Après le décès de son père, sa mère et son nouveau compagnon achètent le château de la Guette en Seine-et-Marne ou elle monte une ferme modèle, qu'un ministre de l'agriculture vint inaugurer et ou se tenait régulièrement de nombreuses fêtes et galas.Ayant ouvert à Paris un magasin de dégustation pour les produits de son domaine, sa mère reçoit fréquemment des personnalités du monde du théâtre et du music-hall parmi lesquelles Mistinguett, Henri Varna, Oscar Dufrenne, etc. Lors d'une visite au château de la Guette Henri Varna, directeur de plusieurs salles de spectacles parisiennes, découvre Fabien Moris et son frère cadet, qui élevés au sein du domaine, pratiquent l'escrime, la boxe, montent à cheval, étudient la diction et le chant. Il les engage et prennent le nom des Guett's brothers. En 1929 et 1930, Fabien Moris et son frère, sont à l'affiche au Palace dans la revue de music-hall Paris-Madrid avec en vedette Raquel Meller et au Casino de Paris dans la revue de music-hall "Paris-Miss" avec Mistinguett en vedette. Les deux enfants prodiges et leurs apparitions dans différents tableaux des deux revues s'attirent alors les éloges de la presse.
Sa mère a aussi l'ambition d'acquérir un théâtre parisien. Elle aura toutefois présumé de ses capacités financières et n'arriva pas à ses fins malgré les tentatives d'achats de plusieurs salles. en 1932, au décès de son compagnon, le domaine de la Guette est vendu pour éponger une partie des dettes
Elle sillonne alors la France entière accompagnée de ses enfants, mène grand train, fin de vouloir acheter châteaux et domaines en vente, descend dans les meilleurs hôtels, séjourne plusieurs semaines voire plusieurs mois, entreprend des travaux, paie à crédit les commerçants, et disparaît ensuite, laissant derrière elle, de nombreuses notes impayées. Cette folle aventure lui vaudra plusieurs procès et condamnations. Fin 1934, Fabien Moris et son frère cadet sont sous la menace d'un placement à l'assistance publique. Interrogé par un journaliste du Petit Parisien sur les affaires judiciaires de sa mère et sur son avenir personnel, il répond sans fanfaronnade .
Son plus jeune frère est pris en charge par leur ancienne gouvernante. Lui, trouve un emploi de contrôleur dans un cinéma de Dijon et attend ses 18 ans pour s'engager dans le métier des armes.
Carrière militaire Le il s'engage à l'intendance militaire de Dijon et rejoint le régiment de Dragons qui est une unité de cavalerie cantonnée à Limoges. Il suit ainsi l'exemple de son père qui, 30 ans auparavant, s'était engagé volontaire au titre du régiment de cuirassiers. Il est nommé Brigadier chef le et admis dans le cadre des spécialistes Transmissions le . Les Transmissions constitueront le fil conducteur de toute sa carrière militaire au cours des vingt années qui suivront.
À la mobilisation de 1939, il rejoint, avec le escadron à cheval du régiment de Dragons, le Groupe de Reconnaissance de Division d'Infanterie ( GRDI) rattachée à la division d'infanterie. Le , il est fait prisonnier mais réussit trois jours plus tard à s'évader et à rejoindre son unité à Limoges. Ce comportement lui vaut une lettre de félicitation du général de Division, commandant supérieur des Transmissions. En , il est nommé au grade de maréchal des logis et affecté successivement au dragons (qui deviendra le Cuirassiers) puis au régiment des chasseurs à cheval à Nimes. Il rejoint en , comme spécialiste des transmissions, le Régiment de Spahis Marocains (armée d'Afrique) à Meknes (Maroc). Son escadron sera intégré dans le Groupe Autonome Porté de Chasseurs d'Afrique ( GAPCA) jusqu'en , date de sa dissolution et devient le groupe du Régiment des Chasseurs d'Afrique ( RCA). alt=Barge de débarquement US 1141 sur la plage du dramont|vignette|Barge de débarquement sur la plage du Dramont lors de l'opération Dragoon (ici le LCT US 1141 le 15 août 1944)|gaucheDans le cadre de la constitution de la Première armée française commandée par le général de Lattre de Tassigny, il est affecté en , au Groupe radio de l’État Major de la division blindée (5 DB) qui prépare son débarquement en Provence. Le , il embarque à Oran (Maroc) pour Fréjus (Var) à bord de la barge de débarquement LCT - US 1141. Entre et Il participe avec la division blindée (5 DB) aux différents mouvements et combats pour la libération du territoire français : combats dans les Vosges et campagne d'Allemagne. En , il est nommé adjudant et est muté à l'appui aérien ( bureau de l’État Major de la 5 DB). Le , arrivé en fin de contrat, il est démobilisé et se retire à Strasbourg. vignette|En patrouille à bord d'un scout-car en octobre 1944, en région Franche-Comté . Ouvrage "Ana ! Frères d’armes marocains dans les deux guerres mondiales", Ed. 2014, p. 383.Le il se réengage au titre du régiment de Transmissions : Détaché l'EFOR De Mutzig jusqu'en , il est en suite affecté à la compagnie de Transmissions à Bayonne ( division aéroportée). D' à , il occupe plusieurs postes en région parisienne en particulier au titre du service technique des installations et l'exploitation des Transmissions. Arrivé en fin fin de contrat le 31/01/1952, il se retire à Pau.
Il se réengage en , au titre de la Compagnie De Transmissions Parachutistes qui fournit les spécialistes des transmissions aux unités aéroportées du corps expéditionnaire français en Indochine. Il embarque pour l'Indochine à Marseille le à bord de l'AthosII et est affecté à la compagnie coloniale de transmissions (CCT). À la dissolution de cette unité il est transféré au Bataillon de Transmissions et à partir de au BT 821/5 (détachement Transmissions du Régiment de tirailleurs Marocains) jusqu'en , date de son retour en France (embarqué le sur le Paolo Toscanelli).
En , il est mis à la disposition du commandement des Transmissions en Afrique du Nord et rejoint la compagnie de transmissions (CT) de la division parachutiste pour participer à l'encadrement du détachement de la maintenance de la compagnie. il rejoint Alger en et est affecté, à partir de , à la compagnie de Transmissions ( division parachutiste). Il reste rattaché à cette unité jusqu'en . Il écrira les paroles de la Marche de la division parachutiste (mis en musique par le Capitaine Dalenne). Le marque la fin de ses engagements militaires. Il est alors âgé de 42 ans.
Parolier de chansons françaises alt=Fabien MORIS- Parolier - non daté|vignette|Fabien MORIS- Parolier - non daté À plusieurs occasions, en parallèle de sa carrière militaire, il renoue avec ses premières expériences de music-hall et sous le nom de « Fabien Moris » ou encore « Claude Fabien », il écrit les paroles de nombreuses chansons romantiques ainsi que plusieurs textes en rapport avec son engagement militaire, comme les paroles du chant de Marche de la division parachutiste et la chanson Pour être Para.
Les dernières années De retour à la vie civile, il occupe plusieurs emplois de commercial sur Marseille et sa région. Fabien Moris décède à Marseille le à l'Hôpital d'instruction des armées Laveran. Il est inhumé au cimetière du Canet à Marseille.
Œuvres principales Marche de la Division Parachutiste, paroles adjudant Moris, musique Capitaine Dalenne Pour être Para, paroles Adjudant Moris, musique capitaine Jean D'Ably Ce cher Séraphin, paroles Claude Fabien (12/01/1951) Douce, douce, doucette, paroles Claude Fabien, musique rené Cousinier (SACEM 23/08/1951) C'est fête à Bayonne, paroles Claude Fabien, musique rené Cousinier (SACEM 31/05/1951) La valse de Paname, paroles Claude Fabien, musique rené Cousinier (SACEM 07/08/1951) Dans les rues de Paris, paroles Claude Fabien, (sujet examen d’admission à la SACEM 3/11/1951) Vestiaire, paroles Claude Fabien, musique rené Cousinier (SACEM 20/12/1951) La ronde des cœurs, paroles Fabien Moris Le nez sur la vitre, paroles de Moris Je ne sais plus rien, paroles Fabien Moris, musique Gigi Gelmini Frimoussette, paroles Claude Fabien Te souvient-il ? paroles de Claude Fabien Ne te joue pas de moi, paroles Fabien, Moris, musique Fernand Bekand Je t'ai aimé, paroles Fabien Moris Si tu savais, paroles Fabien Moris, musique Gigi Gelmini Ni quand, ni pourquoi, ni comment ! paroles Claude Fabien Loin vers le nord, paroles Claude Fabien Bergeronnette, paroles Fabien Moris Madame Solange, paroles Claude Fabien Toi, paroles Fabien Moris, musique Elio Mauro Dans un rayon de soleil, paroles Fabien Moris Si tu voulais, paroles Fabien Moris Ah mes amis quelle fille, paroles Fabien Moris, musique michel XX (SACEM 28/07/1961)