Stanislas Kubacki est un résistant communiste d'origine polonaise, membre des Forces françaises de l'intérieur et des Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée, né le à Siąszyce, fusillé le au Mont-Valérien (commune de Suresnes). C'était un soldat volontaire des FTP-MOI au sein du Groupe Manouchian-Boczov-Rayman des FTP-MOI de la région parisienne, dont une dizaine avaient leur portrait sur l'Affiche rouge. Biographie Stanislas Kubacki naît le à Siąszyce dans la voïvodie de Grande-Pologne. Il est le fils de Stanislas et Francisca Kubacki, née Wajtysiak. Il arrive en France en 1925. Il épouse sa compatriote Geneviève Klébek. Ils ont un fils, Édouard, né le à Avion (Pas-de-Calais). La famille aménage à Livry-Gargan (Seine-et-Oise) puis à Sevran.

Stanislas milite au Parti communiste français. À la suite d'une manifestation devant l'église de Sevran, le , contre l'ancien chef d'État polonais Józef Piłsudski, lors de laquelle il moleste un militant nationaliste. Considéré comme , il fait l'objet de trois condamnations pour « vol, coups et blessures, port d’arme, défaut de carnet, rébellion » et d'un arrêté d'expulsion notifié le puis d'une nouvelle condamnation, pour un motif inconnu, à trois mois de prison à Céret (Pyrénées-Orientales) et d'un nouvel arrêté d’expulsion signifié le . Il parvient à s'enfuir et mène la lutte clandestine auprès de la communauté polonaise de Mitry-Mory.

Il s'engage dans les Brigades internationales. Il combat sur le front à Madrid, à la bataille de Guadalajara, à Saragosse. Affecté au bataillon Dombrowski puis à la XIII brigade, il est commissaire de compagnie puis chef de transport affecté au parc automobile pour lequel il n'hésite pas à procéder à des réquisitions forcées. À son retour d'Espagne, il est interné au camp du Vernet puis au camp de Gurs.

Déporté vers l'Allemagne, il s'évade et rejoint les combattants des Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée (FTP-MOI). Soupçonné de vol, il est interpellé et conduit au commissariat de Villeparisis (Seine-et-Marne) le . Les policiers saisissent sur lui deux feuillets de timbres de cotisation « Aidez les victimes du Fascisme », un carnet avec les mentions « Ne pas aller en Allemagne pour y travailler » et « Sabotage partisan », plusieurs fausses cartes d'identités et trois fiches de démobilisation en blanc du centre de Caussade (Tarn-et-Garonne). Il parvient à s'évader. Au début de l'été 1942, il travaille, sous le nom d'Ignace Kuba, comme bûcheron dans un chantier forestier à Montgeron (Seine-et-Oise). Se doutant qu'il est recherché, il quitte les lieux. Quelques jours plus tard le maire de Tremblay-les-Gonesse est agressé. Kubacki est soupçonné sans preuve. Le , Félix Kuc, ressortissant polonais, est tué. Kubacki est suspecté. Le , avec Gustave Migatulski et quatre autres hommes, il participe à l'attaque d'une ferme à Arnouville-lès-Gonesse où Tremblay-lès-Gonesse d'où, sous la menace des leurs armes, ils emportent dix mille francs en argent et en bijoux.

Le , des inspecteurs des Brigades spéciales l'arrêtent avec Antoine Kalita et Anna Finkelstein chez laquelle il loge à Puteaux. Il porte sur lui une fausse carte d'identité au nom de Stefan Piglovski et des feuillets avec des notes en polonais sur des opérations de sabotage dans le nord de la France. Sur ordre de l'officier allemand qui fait la liaison avec la préfecture de police, ils sont livrés à la Gestapo, 11 rue des Saussaies à Paris. Stanislas Kubacki y est interrogé et torturé à de multiples reprises pendant plusieurs jours. Il est ensuite incarcéré à Fresnes.

Il est l'un des vingt-quatre accusés qui comparaissent le devant le tribunal du Gross Paris rue Boissy-d'AnglasParis-Soir du 21 février 1944 : Paris-Soir du 22 février 1944 : .

Il est fusillé au Mont-Valérien le avec les vingt-deux autres condamnés à mortParis-Soir du 6 mars 1944 : . Il laisse à sa femme et à son fils une lettre dans laquelle il écrit : « je meurs pour la liberté, pour la France et pour la Pologne ». Il est inhumé dans le carré des corps restitués aux familles dans le cimetière parisien d'Ivry. Son nom figure sur les plaques commémoratives dédiées au groupe Manouchian y compris au Panthéon.

Sa tombe porte la mention « Mort pour la France », attribuée par le Secrétariat général aux Anciens Combattants en date du . La Médaille de la Résistance française lui est octroyée par décret du publié au Journal officiel du . Il a le grade militaire de sous-lieutenant des Forces françaises de l'intérieur. Le bataillon polonais qui participa à la libération de Paris porte le nom de Stanislas Kubacki.

Liste des membres du « groupe Manouchian » exécutés La liste suivante des du « groupe Manouchian » exécutés par les Allemands signale par la mention (AR) les dix membres que les Allemands ont fait figurer sur l'Affiche rouge.

Le nom de chacun des 23 est gravé sur la plaque de la crypte et cité avec la mention « Mort pour la France » lors de l'entrée de Missak et Mélinée Manouchian au Panthéon le Cérémonie d'entrée au Panthéon de Missak et Mélinée Manouchian.. vignette|Mémorial de l'Affiche rouge à Valence.

Celestino Alfonso (AR), Espagnol, Olga Bancic, Roumaine, 32 ans, seule femme du groupe, elle n'est pas fusillée mais guillotinée en Allemagne le Joseph Boczov [József Boczor; Wolff Ferenc] (AR), Hongrois, - Ingénieur chimiste Georges Cloarec, Français, Rino Della Negra, Italien, Thomas Elek [Elek Tamás] (AR), Hongrois, - Étudiant Joseph Epstein, polonais, 32 ans, il est le supérieur de Missak Manouchian ; arrêté avec lui il est fusillé au Mont-Valérien le Maurice Fingercwajg (AR), Polonais, Spartaco Fontanot (AR), Italien, Jonas Geduldig, Polonais, Emeric Glasz [Békés (Glass) Imre], Hongrois, - Ouvrier métallurgiste Léon Goldberg, Polonais, Szlama Grzywacz (AR), Polonais, Cesare Luccarini, Italien, Missak Manouchian (AR), Arménien, Arpen Tavitian, Arménien, Marcel Rajman (AR), Polonais, Roger Rouxel, Français, Antoine Salvadori, Italien, Willy Schapiro, Polonais, Amedeo Usseglio, Italien, Wolf Wajsbrot (AR), Polonais, Robert Witchitz (AR), Français,

Stanislas Kubacki, Polonais, , interné à Fresnes un an auparavant, bien que fusillé avec eux il n'appartient pas au « Groupe Manouchian »

Décoration

, à titre posthume par le décret du .

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Parti communiste français Brigades internationales Forces françaises de l'intérieur Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée Groupe Manouchian Affiche rouge Missak Manouchian

Liens externes

Catégorie:Naissance dans la voïvodie de Grande-Pologne Catégorie:Naissance en mai 1908 Catégorie:Résistant polonais Catégorie:Résistant communiste Catégorie:Personne torturée pendant la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Prisonnier au centre pénitentiaire de Fresnes Catégorie:Décès en février 1944 Catégorie:Décès à 35 ans Catégorie:Décès dans le département de la Seine Catégorie:Personne fusillée en France Catégorie:Fusillé au fort du Mont-Valérien Catégorie:Personnalité exécutée par le Troisième Reich Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière parisien d'Ivry Catégorie:Affiche rouge Catégorie:Personnalité étrangère dans la Résistance française Catégorie:Membre des Brigades internationales (Pologne) Catégorie:Titulaire de la médaille de la Résistance française Catégorie:Mort pour la France Catégorie:Personne citée au Panthéon de Paris Catégorie:Groupe Manouchian-Boczov-Rayman Catégorie:Résistance en Île-de-France