Luigi Carlo Filippo Russolo est un peintre et compositeur italien, né le à Portogruaro (Province de Venise) et mort le à Cerro di Laveno. Il est considéré comme le père de la musique bruitiste.

Biographie

Luigi Russolo grandit dans une famille de musiciens : son père, qui est horloger de profession, joue de l'orgue à l'église et ses deux frères sont pianiste et violoniste. Il commence l'étude du violon mais l'abandonne alors qu'il est âgé de seize ans en faveur de la peinture.

Le peintre vignette|Synthèse plastique des mouvements d'une femme, peinture a l'huile, 86 x 65 cm, Musée de Grenoble En 1909, il expose à la Famiglia artistica, une galerie de Milan. C'est à cette occasion qu'il rencontre Umberto Boccioni et Filippo Tommaso Marinetti, fondateur du futurisme, auquel il adhère en signant le Manifeste des peintres futuristes () et le Manifeste technique de la peinture futuriste ().

, il participe aux expositions futuristes en traitant de thématiques liées à la ville, à la vie nocturne, à la vitesse, au travail, au portrait. Son langage plastique est très varié : voir ses tableaux réalisés entre 1910 et 1913 : Éclairs, Synthèse plastique des mouvements d'une femme, Solidité du brouillard, Dynamisme d'une automobile, Autoportrait futuriste, Lignes-forces de la foudre, La musica...

thumb|center|Luigi Russolo, Carlo Carrà, Filippo Tommaso Marinetti, Umberto Boccioni et Gino Severini à Paris en 1912

Le musicien

En réponse au Musica Futurista de son ami, le musicien futuriste Francesco Balilla Pratella, Luigi Russolo écrit le un manifeste intitulé L'Art des bruits, où il théorise notamment l'emploi du son-bruit dans le domaine musical et prévoit l'avènement d'une musique nouvelle qui trouvera son inspiration dans les nouveaux bruits produits par les machines inventées par l'homme. Ce manifeste et l'ensemble des théories développées par Russolo constituent aux yeux de certains « les bases du renouveau musical du ».. Russolo étend la musique jusqu'à lui faire accepter tous les sons et bruits imaginables.

Par la suite, il réalise avec Ugo Piatti des machines sonores baptisée « intonarumori » (littéralement « joueur de bruits »), qui préfigurent ce que seront plus tard la musique concrète et la musique électronique. Luigi Russolo abandonne la peinture pour se concentrer sur la musique. Les concerts futuristes qu'il dirige à partir d', dont celui de Paris en 1921, attirent un public nombreux, parmi lesquels Igor Stravinsky, Darius Milhaud, Maurice Ravel, Alfredo Casella, Piet Mondrian.

Refusant de s'inscrire au parti fasciste à l'époque où le mouvement futuriste tente de devenir l'art officiel sous Mussolini, il est mis à l'écart du futurisme, mais s'en rapprochera de nouveau plus tard.

Ses influences

Les enregistrements phonographiques de ses performances novatrices sont restés peu nombreux et ces dernières sont jugées peu convaincantes par certains., et c'est avant tout le texte de L'Art des bruits (dont une édition française est parue en 1975, préfacée par l'historien Giovanni Lista), qui est considéré comme un acte fondateur d'une bonne partie de la musique du nouveau siècle, de la musique bruitiste à la musique industrielle. L'influence des idées de Russolo est indéniable chez certains créateurs, en particulier Vivenza qui théorisa et mit en pratique l'idée de musique bruitiste en référence aux théories de Russolo, et groupes comme Test Dept, Throbbing Gristle, Die Krupps ou Einstürzende Neubauten qui composent de véritables « odes aux aciéries ». et chantent l'ère industrielle au moyen d'« instruments » aussi incongrus que des bétonnières, tronçonneuses ou marteaux piqueurs.

Galerie centré|vignette|Souvenir d'une nuit, 1911

Œuvres Peintures

Illumination, 1910, huile sur toileL'Œil 604, juillet-août 2008, 114. La rivolta (« la révolte »), 1911Le Monde diplomatique 652, juillet 2008, 11. La musica (« la musique »), 1911 Solidità della nebbia (« solidité du brouillard »), 1912 Synthèse plastique des mouvements d'une femme, 1912, musée de Grenoble Automobile in corsa (« dynamisme d'une automobile »), 1912-1913, musée national d'art moderne Bulles de savon, 1929, musée d'art moderne de la Ville de Paris Dynamisme d'un train, 1912

Œuvres musicales

Corale (par Antonio Russolo), dans An Anthology Of Noise & Electronic Music/First A-chronology Volume # I - Sub Rosa (enregistré en 1921) Risveglio Di Una Città, 1913

Écrits

L'Art des bruits, 1913 Textes réunis et préfacés par Giovanni Lista, bibliographie établie par Giovanni Lista, L'Âge d’Homme, Lausanne, 1975 Éditions Marguerite Waknine, édition bilingue italien-français Éditions Allia, Paris, 2003, 48 p. Au de-là de la matière 1938, édition Française Bruit de la neige, http://prixrussolo.blogspot.com/

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Giovanni Lista, Le Futurisme : création et avant-garde, Éditions L’Amateur, Paris, 2001 Giovanni Lista, Journal des Futurismes, Éditions Hazan, Paris, 2008

Liens externes

Livres de Luigi Russolo numérisés sur Internet Archive par l'Archivio del '900 du Mart Museum, Rovereto, Italie.

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