Juana Tomás Herrera ou Juana Montijo y de Herrera, qui a pris le nom de Juana de la Encarnación (Murcie, 1672-1715), est une religieuse augustinienne et mystique espagnole.
Biographie Juana Tomas Herrera naît à Murcie le .
Ses parents sont Juan Tomás Montijo et Isabel María de Herrera, tous deux issus, selon Ceballos, de familles nobles et riches , et ses ancêtres militaires avaient le rang de maréchaux et, en matière politique, de conseillers municipaux, d'alguacils et de corrégidors. Ils s'étaient mariés au Pérou, mais retournèrent dans la péninsule avant la naissance, le , de la future religieuse, qu'ils baptisèrent Juana de la Concepción.
Éduquée selon son rang, à neuf ou dix ans, elle lit le latin et connait son catéchisme. Avant même d'entrer au couvent, à l'âge de onze ans, ayant été courtisée par un adolescent, elle connaît des tentations qui l'inclinent à la vanité et qui s'accroissent après les vœux conventuels. En la provoquant à la luxure, le Diable lui aurait représenté des images de femmes et d'hommes nus dans des attitudes malhonnêtes tandis qu'elle regarde celles de Jésus et de la Vierge . À l'âge de douze ans, elle entre au couvent du Corpus Christi des Augustines déchaussées après une première vision de Jésus avec la croix sur les épaules, qui lui aurait dit : .
vignette|, illustration de (gravure de Juan Bernabé Palomino, 1726). Grâce à sa formation humaniste et monastique et à son inclinaison spirituelle précoce, elle accepte sa vocation religieuse et commence son noviciat à l'âge de quinze ans, le . Elle abandonne tous ses biens hérités de sa mère et fait sa profession de foi sous le nom de le . Au couvent, elle travaille pendant plus de trente ans comme infirmière, sacristaine et ; en 1711, elle refuse le poste de prieure, pour lequel elle avait été élue à l'unanimité, et passe les quatre dernières années de sa vie comme maîtresse des novices.
Sa méditation sur la Passion et son désir intime de souffrir avec le Christ atteignent leur apogée au cours de la Semaine sainte de 1714, un an seulement avant sa mort. Les visions et les révélations qu'elle aurait reçues au cours de cette semaine constituent le matériau sur lequel elle a construit son récit, écrit par obéissance et, comme il est caractéristique du genre ascétique-mystique de l'écriture biographique auquel elle appartient, proclamant sa valeur limitée en tant qu'écrivain ainsi que son incapacité à exprimer l'ineffable et à décrire avec précision et avec les mots justes ce qu'elle avait vécu et ce qui lui avait été révélé. Avec un réalisme parfois brutal, et en ajoutant des détails et des souffrances jamais révélés auparavant, Juana de la Encarnación raconte par écrit chaque moment de la Passion du Christ, qu'elle accompagne spirituellement des Rameaux au Calvaire, souffrances qui lui seront communiquées et qu'elle aurait ressenties physiquement dans son propre corps, découvrant parfois des hématomes.
De santé fragile, elle meurt au à Murcie le .
Œuvre , avant d'être oubliée, jusqu'à ce qu' l'étudie., la définissant
(Madrid : Imp. de Francisco Fernández, 1720) (Madrid : Oficina Real de Nicolás Rodríguez Franco, 1723) (Madrid : Imp. de Geronimo Roxo, 1727) (Madrid : Miguel de Rézola, 1727) (Madrid : Imp. de Jerónimo Rojo, 1728)
Historiographie vignette|, dans (Madrid, 1726). Bibliothèque nationale d'Espagne.
Sa biographie a été écrite par son confesseur, le jésuite Luis Ignacio Ceballos, qui l'a publiée à Madrid en 1726 sous le titre (« Vie et vertus, faveurs du ciel, prodiges et merveilles de la vénérable Mère Jeanne de l'Incarnation, religieuse augustine déchaussée, originaire de Murcie, dans son couvent du Corpus Christi de la même ville »).
Ceballos lui-même est chargé d'ordonner et d'éditer les révélations reçues par Juana de la Encarnación pendant la Semaine Sainte de 1714 qu'il lui avait ordonné de mettre par écrit ; il compose d'après elles (« Passion du Christ communiquée par un admirable bienfait à Mère Jeanne de l'Incarnation, sœur augustinienne déchaussée », Madrid, 1720 Luis Ignacio Ceballos, , Madrid : imprenta de Francisco Fernandez, 1720 (lire en ligne sur le site de la Biblioteca Digital Hispánica, de la bibliothèque nationale d'Espagne).), illustré d'un portrait en taille-douce de la mère embrassant les instruments de la Passion signé par Juan Bernabé Palomino d'après un dessin d'un certain Fernando Palomino, sur lequel il n'existe aucune autre information.. Deux autres éditions de l'ouvrage paraissent avant la fin du : la première en 1726, illustrée de huit gravures consacrées aux visions de Juan de la Encarnación, probablement aussi de Palomino, dont la signature apparaît sur la première des gravures, la page de titre en taille-douce. Ceballos réalise également une sélection adaptée au Triduum pascal : (« Dissipateur de l'âme religieuse », Madrid, 1723) et un extrait avec les révélations du Jeudi saint et du Vendredi saint, (« Une veille douloureuse... tirée de la passion et de la mort de notre Rédempteur », Madrid, 1727), dont de nouvelles éditions sont réalisées à Murcie en 1753 et 1772.
Notes et références Notes
Références
Annexes Bibliographie
. J. M. de la Cruz, Historia de la Literatura mística en España, Burgos : Tip. de la Ed. “El Monte Carmelo”, 1961, p. 383.
E. Eguiarte, « Otra visión mística sobre la Pasión: el Relox doloroso de la Madre Juana de la Encarnación », dans Mayéutica, (2004), p. 311-374. Q. Fernández, « Jeanne de l’Incarnation », dans le Dictionnaire de spiritualité ascétique et mystique: doctrine et histoire, vol. VIII, Paris : Beauchesne, 1974, col. 854-855. . G. Ochoa, Historia general de la Orden de Agustinos Recoletos, vol. VII, Saragosse : Tip. de F. Gambón, 1924, p. 77-83.
Isabelle Poutrin, La voile et la plume: autobiographie et sainteté féminine dans l’Espagne moderne, Madrid : Casa de Velázquez, 1995, p. 318-319, 431-434, 453. M. Serrano, Apuntes para una biblioteca de escritoras españolas desde el año 1401 al 1833, vol. II, Madrid : Sucesores de Ribadeneyra, 1903, p. 632-635. P. Tejera, Biblioteca del murciano o Ensayo de un diccionario biográfico y bibliográfico de la literatura en Murcia'', vol. I, Madrid : Tip. de la Revista de Archivos, Bibliotecas y Museos, 1922, p. 193-194, 841.
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