L'invasion de l'Ukraine par la Russie est un conflit déclenché le sur l'ordre du président russe Vladimir Poutine, à partir de la Russie, de la Biélorussie et des territoires ukrainiens occupés par les Russes depuis le début de la guerre russo-ukrainienne en , à savoir la Crimée (annexée par la Russie) et les républiques populaires autoproclamées de Donetsk et de Lougansk.

L'invasion intervient huit ans après le déclenchement de la guerre russo-ukrainienne qui suit l'annexion de la Crimée par la Russie, ainsi que le début de la guerre du Donbass à partir du printemps ; ces actions sont nées de l'opposition russe au mouvement Euromaïdan de -. En , les tensions s'intensifient, dégradant fortement les relations entre l'OTAN et la Russie, d'abord par le renforcement du dispositif militaire russe à la frontière ukrainienne avec la Russie et la Biélorussie ainsi qu'en Crimée sous occupation russe, puis, le , par la reconnaissance russe de l'indépendance des républiques populaires de Donetsk et de Lougansk, deux zones séparatistes de la région du Donbass, dans l'est de l'Ukraine. Après une incursion des Forces armées russes dans le Donbass, une offensive générale aérienne, maritime et terrestre est déclenchée sur l'ensemble du territoire ukrainien le .

Malgré la chute de Kherson dans les premiers jours de l'invasion, les Ukrainiens repoussent les offensives russes contre Kyiv, contre Kharkiv et contre le nord. Ils retardent l'avancée des Russes avec les défenses prolongées de Marioupol et de Sievierodonetsk, contrecarrant les projets russes d'une victoire rapide et d'une décapitation du gouvernement ukrainien et de ses forces armées, transformant à terme le conflit en guerre d'usure.

À la fin de l'été , les Russes occupent des parties de cinq oblasts d'Ukraine. Cherchant à couper l'Ukraine de son accès à la mer, les Russes prennent le contrôle de la côte de l'Ukraine continentale sur la mer d'Azov ; cependant leur avancée vers Odessa et le Danube, le long de la côte de la mer Noire, est entravée par leur incapacité à s'emparer rapidement de Mykolaïv ou à tenir l'île des Serpents.

À son déclenchement, cette invasion est considérée comme la plus importante opération militaire qu'ait connue l'Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cette invasion est qualifiée par les observateurs de guerre d'agression contre l'Ukraine, et la Russie est dénoncée par la plupart des pays occidentaux ainsi que par le G7, et par la grande majorité de la communauté internationale. Une série sans précédent de sanctions est progressivement mise en place contre la fédération de Russie, tandis que plusieurs pays, parmi lesquels des États membres de l'OTAN et des États membres de l'Union européenne, apportent leur aide à l'Ukraine attaquée en fournissant notamment du matériel militaire, de la nourriture, du matériel médical et d'importantes aides financières. La solidarité européenne s'exprime également par l'accueil d'une partie des plus de de réfugiés ukrainiens, l'autre partie allant en Russie. En préalable aux discussions ou négociations, le gouvernement russe exige le renversement du gouvernement ukrainien, ce qu'il appelle la de l'Ukraine, la dissolution de son armée, la neutralité du pays, la reconnaissance de l'appartenance de la Crimée à la Russie et l'indépendance des deux du Donbass dont les séparatistes ne contrôlaient qu'une partie depuis .

De nombreux crimes de guerre sont commis par les forces russes, notamment des frappes visant délibérément les populations civiles dans les villes encerclées, ainsi que des massacres de civils (comme dans les environs de Kyïv), découverts après le retrait des forces russes. Ce repositionnement russe à l'est et au sud est destiné à conquérir l'intégralité du Donbass et créer une continuité territoriale le long de la côte de la mer d'Azov, jusqu'à la péninsule de Crimée annexée par la Russie en , voire jusqu'à Odessa et au-delà, pour rejoindre la république séparatiste russophone autoproclamée de Transnistrie.

En Russie, l'invasion est officiellement appelée . Dans le cadre de la propagande d'État et du strict contrôle du récit imposé à la population, l'utilisation de plusieurs mots est réprimée par la loi et passible de prison, tandis que les réseaux sociaux sont censurés, tout comme l'ensemble des médias. Plusieurs de ces derniers qui ne sont pas dans la ligne du régime ont dû fermer. La Russie qualifie en outre cette invasion de guerre préventive visant à freiner l'extension de l'OTAN à ses frontières, et ce afin de préserver son intégrité et l'équilibre des forces internationales.

L'invasion a des répercussions internationales, aussi bien dans la crise énergétique mondiale de 2021-2023 que dans la crise alimentaire de 2022. En , après une contre-offensive de l'armée ukrainienne qui lui a permis de reconquérir plusieurs milliers de kilomètres carrés dans la région de Kharkiv, Vladimir Poutine décrète la « mobilisation partielle » de la population masculine russe, tandis que des référendums sont organisés à la hâte dans quatre régions occupées de l'est et du sud ukrainiens. Ceux-ci, reconnus comme fictifs et illégaux par la communauté internationale, débouchent sur un processus d'annexion au territoire russe et sur la menace russe de les défendre comme telles, en n'excluant pas l'usage de l'arme nucléaire. La seule capitale régionale occupée (puis annexée) par la Russie, Kherson, est reprise en par les forces ukrainiennes. Le même mois et le suivant, la Russie mène une intense campagne de bombardements sur toutes les infrastructures civiles (électricité, eau) du pays.

En , Vladimir Poutine est poursuivi pour crimes de guerre par la Cour pénale internationale. Une contre-offensive ukrainienne commencée en échoue en malgré l'arrivée d'équipements militaires occidentaux dont des chars, les Russes ayant construit d'importantes infrastructures défensives. L'armée russe reprend localement l'offensive sur Avdiïvka dont elle s'empare en après le retrait des troupes ukrainiennes. À partir de , le conflit est considéré comme étant dans une impasse, évoluant dans une guerre de tranchées où l'utilisation massive de drones change complètement la stratégie sur le champ de bataille, tandis que la Russie effectue de nombreux bombardements sur les infrastuctures militaires, civiles et la population ukrainienne, pendant que l'Ukraine risposte par des raids de drones sur des cibles miltaires et énergétiques russes.

Contexte Événements survenus après l'effondrement de l'URSS

Ukraine et Russie, nouveaux pays Dislocation de l'URSS et conséquences

Avant la dislocation de l'Union soviétique, la république socialiste fédérative soviétique de Russie conclut, le , avec la république socialiste soviétique d'Ukraine un traité de reconnaissance mutuelle de la souveraineté de chaque État., puis un accord de reconnaissance des frontières ukrainiennes par la Russie entériné par les accords d'Alma-Ata du et l'accord établissant la Communauté des États indépendants. Après la dislocation en , l'Ukraine et la Russie continuent à entretenir des liens étroits. En 1994, l'Ukraine accepte d'abandonner son arsenal nucléaire et signe en échange les Mémorandums de Budapest assurant le respect de son intégrité territoriale et de son indépendance politique par la Russie.. Cinq ans plus tard, la Russie est l'un des signataires de la charte de sécurité européenne, où sont notamment affirmés l'inviolabilité des frontières et des territoires, ainsi que .. Le , un traité d'amitié russo-ukrainien est signé, réaffirmant un engagement bilatéral à , plus contraignant que le mémorandum qui incluait d'autres pays et ne créait pas d'obligation réciproque. D'autres traités bilatéraux sont signés après 2000, comme l'accord sur la frontière entre l'Ukraine et la Russie du ou encore les accords concernant la flotte de la mer Noire, donnant à la Russie des droits de location sur des bases en Crimée, ce qui implique de facto une reconnaissance de la souveraineté de l'Ukraine sur la péninsule.

vignette|redresse|La révolution de , en Ukraine.

Bien que l'Ukraine soit un pays indépendant reconnu depuis 1991, elle est perçue par les dirigeants russes comme faisant partie de leur sphère d'influence en raison du fait qu'elle est une ancienne république constitutive de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). En 2008, le président russe Vladimir Poutine se prononce contre l'adhésion des anciennes républiques socialistes soviétiques de l'URSS à l'Organisation du traité de l'Atlantique nord ().. Les États-Unis sont favorables à l'adhésion de l'Ukraine., tandis que d'autres pays, notamment la France et l'Allemagne, s'y montrent réticents à la suite de la guerre russo-géorgienne, qui avait éclaté cette même année en Géorgie..

Évolution des relations entre la Russie et l'Ukraine après Euromaïdan

Après des semaines de manifestations de grande ampleur lors du mouvement Euromaïdan (entre et ), la situation se durcit lors de la révolution ukrainienne de : plus de le lors de la répression des manifestations place de l'Indépendance à Kyïv. Viktor Ianoukovytch, le président ukrainien prorusse de l'époque, et les dirigeants de l'opposition parlementaire ukrainienne signent, le , un accord de règlement prévoyant des élections anticipées. Mais le lendemain, Ianoukovytch fuit Kiev après un vote du parlement ukrainien le destituant de sa fonction présidentielle..

Cependant, les dirigeants de certaines régions russophones de l'est de l'Ukraine déclarent rester fidèles à Ianoukovytch, ce qui provoque des manifestations.. L'abrogation, le , de la loi de sur les langues régionales, retirant le statut de langue officielle à de nombreuses langues dont le russe dans 13 des , provoque un émoi dans ces communautés russophones de par leur attachement culturel à la Russie., menant à la création de en opposition avec les brigades révolutionnaires à Kyïv..

Ces événements sont suivis par l'annexion de la Crimée par la Russie en . Ensuite vient la guerre du Donbass, qui débute en avec la création des républiques populaires de Donetsk (la RPD) et de Lougansk (la RPL) par des forces séparatistes qui s'autoproclament État, et qui sont soutenues militairement par la Russie.., marquant ainsi le début du conflit russo-ukrainien.

Les deux pays ont accru leurs dépenses militaires depuis . Elles pesaient en pour 4,1 % du PIB en Russie et pour 3,2 % en Ukraine, soit une hausse de 72 % depuis pour ce pays.

Évolution des relations après l'arrivée au pouvoir du président Zelensky Le , le président de la République française Emmanuel Macron réunit au palais de l'Élysée à Paris le président de l'Ukraine Volodymyr Zelensky, le président de la fédération de Russie Vladimir Poutine, et la chancelière de la République fédérale d'Allemagne Angela Merkel, pour relancer le processus de paix dans le Donbass, dans une configuration de format Normandie. Au terme de cette journée, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait regretté le peu d'avancées obtenues : , de son côté, Vladimir Poutine s'était voulu plus optimiste, saluant un vers une désescalade.

Le , le président ukrainien Volodymyr Zelensky approuve une nouvelle stratégie de sécurité nationale de l'Ukraine qui prévoit .. Le , il signe un décret approuvant la .

En , Poutine publie un essai intitulé De l'unité historique des Russes et des Ukrainiens, dans lequel il réaffirme son opinion que les Russes et les Ukrainiens sont « un seul peuple » (Nation de tous les Russes).. L'historien américain Timothy Snyder qualifie les idées de Poutine d'impérialistes.. Le journaliste britannique Edward Lucas les décrit comme du révisionnisme historique.. D'autres observateurs arguent que le dirigeant russe a une vision déformée de l'Ukraine moderne et de son histoire....

Concentration de troupes aux frontières Alertes des États-Unis