Laurent de Gorrevod, ou Gouvenot (* en Bresse vers 1470 ; † à Barcelone)André Chagny, Correspondance politique et administrative de Laurent de Gorrevod, conseiller de Marguerite d'Autriche et gouverneur de Bresse, vol. I, 1507-1520, 1913, p. LXIV. est un noble savoyard qui fut le confident et envoyé du gouverneur Marguerite d'Autriche aux Pays-Bas espagnols. En 1518, il reçut un permis de l'empereur Charles Quint, qui marqua le début de la traite négrière transatlantique entre l'Afrique et les colonies espagnoles des Amériques. Il fut l'ambassadeur de Marguerite d'Autriche auprès d'Henri VIII d'Angleterre en 1520.
Il fut baron de Marnay et de Montenai, comte de Pont-de-Vaux et vicomte de Salins.
Biographie Laurent est le fils de Jean, seigneur de Gorrevod, et de Jeanne de Loriol de Challes.. Sa famille appartient à une branche collatérale des comtes de Pont-de-Vaux (Bresse) et qui a pris le nom du château de Gorrevod, originaires de la Bresse... Laurent de Gorrevod était un frère du cardinal Louis de Gorrevod, évêque de Bourg-en-Bresse. De ses ancêtres, Laurent de Gorrevod a hérité du comté de Marnay et de terres en Bresse. En 1497, il est au service de Philibert II de Savoie. En 1504, il devient gouverneur de la Bresse. Cette même année, Philibert meurt. Sa veuve Marguerite d'Autriche retourne aux Pays-Bas espagnols en 1507 et en devint gouverneur. Elle prend Gorrevod comme expert financier. Il était son confident, siège à son conseil personnel . En 1509, il épouse, en secondes noces, une de ses dames d'honneur, Claude de Rivoire. En 1512, il fait l'acquisition de la seigneurie de MarnayVoir chapitre Famille Gorrevod sur le site Marnay70.. Marguerite d'Autriche lui confie des missions diplomatiques, comme en 1513 lorsqu'il est présent avec les assiégeants anglais de Thérouanne à l'approche de la bataille de Guinegatte. Il remplit également, plus tard, des missions auprès du roi Henri VIII d'Angleterre. En 1516, Gorrevod est intronisé dans l'Ordre de la Toison d'or lors du chapitre à Bruxelles. Cette année-là, il succède à Guy de La Baume en tant que chevalier d'honneur de Marguerite. En , il accompagne l'empereur Charles Quint en Espagne en tant que second chambellan.
Le , Gorrevod reçoit une licence de l'empereur, sous la forme d'un un asiento de negros, pour expédier noirs et servantes d'Afrique vers l'Amérique. L'acte, signé par Francisco de los Cobos à Saragosse, lui accorde un monopole, qu'il monnaye immédiatement en le vendant à Juan López de Recalde, trésorier de la Casa de Contratación de Séville. Celui-ci a ensuite vendu la licence jusqu'à ce qu'elle se retrouve partagée entre trois marchands génois à Séville, qui l'ont payée Grete Klingenstein, Heinrich Lutz, Gerald Stourzh, EUROPÄISIERUNG DER ERDE? Studien zur Einwirkung Europas auf die außereuropäische Welt, 1980, p. 90.. Le monopole ne se révélera pas absolu, mais il s'accompagne d'une exonération fiscale accordée le . La licence aurait été destinée à compenser Gorrevod pour avoir refusé sa prétention, quelque peu cupide, de recevoir le Mexique, nouvellement conquis, en fief perpétuelHugh Thomas, The Slave Trade. The Story of the Atlantic Slave Trade, 1440-1870, 1997, p. 98.
En 1518, il assiste au couronnement de Charles Quint à Valladolid. En 1520, il devient vicomte de Salins. En 1521, il devient comte de Pont-de-Vaux. Lors de ses fréquentes visites à la cour, il fut l'un des médiateurs de Charles Quint dans le conflit entre l'archevêque et la ville de Besançon.
Au printemps 1521, il rend compte à Marguerite d'Autriche devant la Diète de Worms. Il y exerce une grande influence et soutint la nomination de Mercurino Arborio di Gattinara au poste de chancelier. Grand-maître d'hôtel de Charles Quint, il occupe, en 1522, une place importante à sa cour. En 1526, il signe le traité de Madrid mettant fin à la captivité de François Ier.
En 1527, il signe un testament à son château de Marnay. Il réussit à organiser la création cardinalice de son frère Louis. Il meurt à Barcelone après avoir participé aux négociations qui conduisirent à la paix de CambraiPeter G. Bietenholz, Thomas B. Deutscher, Contemporaries of Erasmus: A Biographical Register of the Renaissance and Reformation, 2003, 1495 pages, p. 119.. Il est enterré dans une petite église de Brou où il avait aménagé une chapelle pour sa tombe dans la nouvelle église Saint-Nicolas-de-Tolentin de Brou. Ses deux épouses, Claude de Rivoire et Philiberte de la Palud, y sont également enterrées.
Mariage et descendance Il épouse Philiberte de la Palud qui décède en 1508 sans lui laisser de descendanceLeur unique enfant est mort en bas âge.. En secondes noces, il épouse Claude de Rivoire avec laquelle il n'aura pas d'enfant.
Il a une fille illégitime ("naturelle"), Pernette de Gorrevod, mentionnée dans sa correspondance et présente dans son testament. Celle-ci sera "Dame de Nanc" et épousera Charles De Montjouvent du fief du même nom, fils d'Antoine, ami et témoin du premier mariage de Laurent. À noter que la maison forte de Nanc-Les-Saint Amour a appartenu auparavant a la famille Champdivers dont le blason est le même que celui des Gorrevod.
En l'absence d'héritier légitime, il organise sa succession auprès d'un de ses parents, Jean de Gorrevod, sieur de Salins. Il en fait son héritier universel, ainsi que ses descendants, si jamais ce dernier décédait avant lui. Parmi eux, Laurent II de Gorrevod, père de Charles-Emmanuel de Gorrevod (1569-1625), duc de Pont-de-Vaux, (1623). Ce dernier aura comme fils, Charles-Emmanuel de Gorrevod, archevêque de Besançon et abbé de Baume-les-Messieurs.
Héraldique
Ascendance
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Samuel Guichenon, Histoire généalogique de la royale maison de Savoie, vol. II, 1778, p. 189 et 441. Georges Scelle, La traite négrière aux Indes de Castille. Contrats et traités d'Assiento, vol. I, Les contrats (), 1906, et p. 755. André Chagny, Correspondance politique et administrative de Laurent de Gorrevod, conseiller de Marguerite d'Autriche et gouverneur de Bresse, 2 tomes, 1913 (vol. I, 1507-1520). Enrique Otte, "Die Negersklavenlizenz des Laurent de Gorrevod. Kastilisch-genuesische Wirtschafts- und Finanzinteressen bei der Einführung der Negersklaverei in Amerika", in Spanische Forschungen der Görresgesellschaft, 1965, . Robert Wellens, « de Gorrevod, Laurent », dans Nouvelle Biographie Nationale, vol. 3, Bruxelles, Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, 1994, p. 108-110. C.H.L.I. Cools, Mannen met macht. Edellieden en de Moderne Staat in de Bourgondisch-Habsburgse landen, ca. 1475 - ca. 1530, proefschrift Universiteit van Amsterdam, 2000, . Florence Beaume, « Les Gorrevod, de la Bresse à l’Empire », dans Actes du colloque international La noblesse des marches de Bourgogne et d’ailleurs au temps de Marguerite d’Autriche (XVe-XVIe siècle), monastère royal de Brou, 14-15 septembre 2016, Annales de Bourgogne, tomes 89-3 & 4, Dijon, 2017, p. 19-32. Cédric Mottier, « Gorrevod (Laurent de) », dans Paul Delsalle (dir.), Maxime Ferroli (collab.), Dictionnaire de la Franche-Comté sous les Habsbourg, tome 1, Les personnages, Besançon, Editions Cêtre, 2022, p. 181-185.
Articles connexes Liste des chevaliers de l'ordre habsbourgeois de la Toison d'or
Liens externes
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